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Restau - crise

Ecrit le 5 novembre 2002

Crise au Restau du cœur

Y aura-t-il encore un « Restau du Cœur » à Châteaubriant l’hiver prochain ? La question se pose avec acuité en raison des incidents qui se sont produits cet hiver 2002-2003

La Mée a interrogé l’ancien responsable, Daniel MARTIN, qui, ayant démissionné, n’a pas voulu répondre et a renvoyé sur la présidente départementale Mme GERVAIS. En l’absence de celle-ci, voilà les renseignements que nous avons pu glaner auprès de nombreux bénévoles qui travaillaient dans cette structure associative.

Tout est parti d’une histoire de local, celui que la CANA mettait gracieusement à disposition des Restau, dans la Rue Amand Franco à Châteaubriant. C’est Mme Gervais qui a révélé elle-même à la presse départementale, l’hiver dernier, que cette mise à disposition allait cesser puisque la CANA avait trouvé un locataire. Avait-elle trop parlé ? Sans doute ! En tout cas la presse a repris cette information qui a fait du bruit dans le landerneau local. Bruit qui a indisposé certaines personnes ... et le torchon s’est mis à brûler !

Lettre recommandée

C’est alors que Daniel MARTIN a été convoqué à Nantes, par lettre recommandée, pour aller s’expliquer sur la parution de l’info dans la presse locale (drôle de façon de faire dans une association de bénévoles !) Parution dont il n’était nullement responsable. La convocation par lettre recommandée, et le fait d’être reçu par un « tribunal » d’une douzaine de personnes, l’ont profondément choqué, de même que son adjoint Bernard Guéret. On ne traite pas ainsi, des bénévoles qui passent des heures et des heures, chaque semaine, au service des autres.

Daniel Martin a donc donné sa démission. Bernard Guéret n’a pas voulu, dans ces conditions, assurer l’intérim. Il n’y a plus personne actuellement pour reprendre les restau du cœur, sauf peut-être un « bénéficiaire » qui vient d’arriver à Châteaubriant et que personne ne connaît vraiment. De nombreux bénévoles, écœurés, refusent de continuer à travailler dans ces conditions. « Nous ne sommes pas d’accord avec le comportement des responsables nantais » nous ont dit des bénévoles, « ils veulent tout commander et nous considèrent, ici, comme des moins que rien. Ils ne veulent pas tenir compte des spécificités et efforts locaux ». Il nous a même été dit que le responsable local s’était fait réprimander parce que la presse avait parlé de lui comme « le président » et non pas comme « le responsable » ! Il y a des batailles sémantiques qui sont ridicules quand on fait œuvre sociale !

C’est dommage parce que, en fin de saison d’hiver, les restau du cœur ont distribué à Châteaubriant des produits alimentaires à environ 140 familles (400 personnes), selon les chiffres qui nous ont été donnés par des personnes s’occupant du pointage. Bien entendu « l’intercampagne » des restaus du cœur, qui commençait le 24 avril, n’a pas été lancée à Châteaubriant.

Dehors

De plus le local de la Rue Amand Franco (que l’on croyait, à tort, devoir être acheté par la mairie) a été déménagé lundi 21 avril. Et si le camion des Restau du Cœur est encore là, la photo de Coluche a été enlevée de la vitre de la porte d’entrée.Tout ce que contenait le local a été stocké dans un hangar en attendant ... En attendant quoi ? Bientôt il va y avoir, à la place, un commerce (un soldeur ?).

Quant aux jardins du cœur qui l’an dernier avaient fourni 5 tonnes de produits frais... ils sont en friche....

Et pourtant il y a de nombreux produits à ramasser dans les grandes surfaces, à la limite de leur date de fraîcheur. On estime qu’il y en a plus de 20 tonnes dans une année. Faut-il donc qu’ils soient jetés pendant que des personnes sont en grande difficulté ? Les associations caritatives locales reconnaissent qu’elles sont submergées de demandes nouvelles et dramatiques.

Quand même ...

Daniel Martin, que cette situation désole, a proposé de continuer le collectage des produits donnés par les grandes surfaces. La municipalité a mis le foirail à sa disposition plusieurs jours par semaine, pour trier et préparer les produits (enlever les feuilles fanées des salades par exemple).

Le Secours Populaire  , introduit par Daniel Martin, assure pour ses bénéficiaires, le collectage du jeudi.

Daniel Martin lui-même, avec une équipe de 5 ou 6 bénéficiaires, assure le collectage tous les lundis et mardis, (à partir de 6 h du matin, il faut le faire) avec le camion de la Société St Vincent de Paul, laquelle se charge de la redistribution.

Si les Restau du Cœur redémarrent en octobre prochain, le collectage du mardi leur sera réservé. S’ils trouvent des équipes pour le faire, s’ils trouvent un local, s’ils trouvent assez de bénévoles pour assurer la distribution. Dans l’immédiat, les bénévoles ont gardé un goût amer de cet hiver 2002-2003.

Les Restau du cœur, c’est une affaire de bénévoles, et ce n’est pas parce qu’ils sont bénévoles qu’il ne faut pas les traiter avec le respect qu’ils méritent surtout quand on sait le sérieux avec lequel ils se consacrent à une tâche qui est prenante, en temps, et éprouvante : car on ne reste jamais indemne quand on rencontre, quotidiennement la misère du monde, même dans nos pays riches. BP