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Grappillages, avril 2008

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Mée-disances du 2 avril 2008

Bonheur National Brut

Le Monde du 26/03 : La démocratie menacerait-elle « le bonheur national brut » promis à ses sujets par l’ancien roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuck ? En imposant des élections parlementaires aux 670 000 Bhoutanais, la monarchie a créé des sujets de discorde. La population, troublée, a eu bien du mal à se laisser convaincre des bienfaits d’un partage des pouvoirs. « Comment tout cela va-t-il finir ? Deviendrons-nous comme l’Inde ou, pire, comme le Pakistan ? Les gens vont-ils descendre dans la rue chaque fois qu’un politicien le leur demande ? », interrogeait, inquiète, Phuntso Lhamo, une étudiante de 23 ans qui attendait, lundi 24 mars, son tour pour voter.

Sujets obéissants, les Bhoutanais se sont toutefois rendus nombreux aux urnes. Tshewang Dema, une femme de 65 ans, peut se prévaloir du record mondial du civisme puisqu’elle a marché quatorze jours pour atteindre son bureau de vote à 600 kilomètres de la capitale, Thimphu. Elle a affirmé, selon le quotidien local Bhutan Times, qu’elle répondait ainsi au vœu du jeune roi Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, 28 ans et diplômé d’Oxford, qui avait exhorté ses sujets à se rendre massivement aux urnes. […]

Harcèlement : deux cadres condamnés

lefigaro.fr du 27/03 : « Je suis très heureux puisqu’il a été prouvé que j’ai été harcelé. J’avais confiance en la justice. Cela fait 7 ans que je me bats pour ce jugement ». C’est en ces termes que Stéphane Tagliavacca, 40 ans, a réagi à la décision du tribunal de Bonneville, qui a condamné deux cadres d’un hypermarché Carrefour à Sallanches à 6 mois de prison avec sursis pour harcèlement moral à son encontre. Suite à cette décision, Stéphane Tagliavacca a annoncé porter plainte contre son employeur pour « faute inexcusable ».

Les deux cadres, un chef de secteur de 47 ans et le directeur de l’hypermarché de l’époque, 56 ans, étaient poursuivis pour avoir harcelé Stéphane Tagliavacca, chef de rayon, de septembre 2001 à mai 2002. Celui-ci s’était vu prescrire un arrêt de travail de plus d’un an que la Sécurité sociale a attribué à sa situation de « stress au travail » et de « harcèlement moral ».

Selon lui son supérieur hiérarchique cherchait à lui nuire continuellement, le suivant partout, même « à la porte des toilettes », l’espionnant sans arrêt, lui supprimant des congés et l’appelant régulièrement chez lui pour lui demander de rendre des comptes. Le directeur de l’hypermarché relayait ensuite les reproches du chef de secteur en le convoquant régulièrement.

Le harcèlement moral, délit souvent difficile à établir, est puni par une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison.

Hirsch craint l’abandon du RSA  

LEXPRESS.fr du 25/03 : Selon le haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch, le gouvernement pourrait laisser tomber le dispositif « RSA   » évitant aux Rmistes de perdre de l’argent lorsqu’ils trouvent un travail à temps (très) partiel.

Martin Hirsch pointe des « tentations de refermer le couvercle sur les allocataires de minima sociaux et les travailleurs pauvres ».

« Aujourd’hui l’Etat doit décider s’il mettra ou non le paquet pour aller jusqu’au bout en 2009. Depuis trois ans que je défends le RSA  , je n’ai jamais prétendu que l’on pouvait faire une réforme de si grande ampleur avec des clopinettes », déclare Hirsch.

L’ancien président d’Emmaüs   France estime que « le scénario est compris entre 2 et 3 milliards d’euros ». « Je mets toute mon énergie pour convaincre. (...) J’ai mis sur la table tout un panier de financements possibles. On doit pouvoir les trouver sans accroître les déficits ».

Expérimenté dans 26 départements au 1er février, le RSA  , doit permettre à « près d’un million de personnes » à terme de passer au dessus du seuil de pauvreté, selon Hirsch. Il doit (devrait … ) être mis en place sur toute la France en 2009.

Voir à ce sujet le dessin de Placide :
http://www.leplacide.com/dessin-de-presse/dessin-de-presse.php?dateplus=2008-04-03

Peu de solidarité asiatique pour Lhassa

Courrier International du 23/03 : C’est avec inquiétude que les gouvernements d’Asie du Sud et du Sud-est ont observé les récentes manifestations anti-chinoises qui ont éclaté au Tibet et dans plusieurs provinces avoisinantes. Après avoir appelé les deux parties à la retenue, ils ont tenu à rassurer Pékin en rejetant toute éventualité de boycott ou de manifestation d’hostilité lors des prochains Jeux olympiques cet été.

Les voisins de la Chine sont fébriles. Contrairement à la lointaine Europe ou aux États-Unis, leur priorité au Tibet est la stabilité, pas les droits de l’homme. L’expansion économique du géant chinois a largement profité à ses voisins du Sud et du Sud-est. […]

L’année dernière au Tibet, des géologues chinois ont découvert de vastes réserves de cuivre, de plomb, de zinc et de fer, autant de minerais que la Chine doit aujourd’hui importer massivement. En outre, le Tibet est la principale source d’eau douce du pays. La Chine contrôle ainsi l’amont des plus grands fleuves de l’Asie du Sud et du Sud-Est : le Brahmapoutre, le Mékong et la Salouen prennent leur source dans les hauts glaciers du Toit du monde. Ils irriguent l’Inde, le Bangladesh, le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam...

Ndlr : que valent les droits de l’homme face à ces arguments ?

Franchises médicales et bogue informatique

Le Parisien du 21/03 : On connaît les « trop-perçus », quand l’Assurance maladie verse plus que ce qu’elle doit (ce qui est quand même rare…). Avec les franchises, on va maintenant parler de « trop-retenus »… Depuis le début de l’année, plusieurs milliers de patients se sont vus retenir des sommes supérieures au plafond annuel de 50 euros prévu pour les franchises médicales.

La CNAM invoque un problème informatique qu’elle déclare avoir résolu, mais dont elle ne s’était pas aperçu avant que les caisses locales soient assaillies de protestations de la part des victimes de ce hold-up. Il paraît que celles-ci vont être remboursées…

A voir à ce sujet :
– le blog de Claude Frémont ancien directeur de la CPAM   :
http://www.claude-fremont.fr/

– le diaporama du Syndicat de la Médecine Générale :
http://www.smg-pratiques.info/IMG/pdf_La_nouvelle_convention_en_janvier_2008.pdf

Embauche défenseur des libertés

Cela fait 5 mois que la loi a confié les libertés à un grand manitou, comme le droit européen l’oblige, pour contrôler prisons, hôpitaux psychiatriques, cellules de garde à vue ou centres de rétention. Mais, selon le Canard Enchaîné du 26 mars, le poste de « Contrôleur général des lieux de privation de liberté » est toujours vacant. Les ministres Rachita Dati, Alliot-Marie, Bachelot ou Hortefeux ne sont pas pressés de recruter celui ou celle qui risque de leur compliquer la vie.

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Mée-disances du 9 avril 2008

Licenciement à la Ligue Communiste

Marianne.fr du 28/03 : A l’aube de sa rénovation, le Parti d’Olivier Besancenot ferait-il le ménage à grands coups de karcher dans ses propres rangs ? Christian Picquet, leader du courant minoritaire, qui conteste les choix stratégiques de la direction, vient d’être licencié de son poste de permanent. Ce militant convaincu a toujours combattu contre la personnalisation du Parti autour d’Olivier Besancenot, qu’il estime pourtant beaucoup, et pour l’ouverture de la LCR à d’autres courants. Alain Krivine promet un reclassement à cette figure du Parti et assure qu’il n’y a « pas de répression politique à la Ligue ». Mais après une vie entière vouée à la cause, le coup est rude pour ce trotskyste de la première heure.

Nazillon

Lexpress.fr du 31/03 : Les associations juives britanniques se sont indignées après la diffusion d’une vidéo montrant le président de la fédération internationale de l’automobile (FIA), Max Mosley, lors d’une séance sado-masochiste évoquant, selon la presse, un camp de concentration nazi. […]

« C’est un comportement dérangeant. C’est incroyable, spécialement quand on connaît son histoire familiale », a estimé Edie Friedman, directrice du Jewish Council for Racial Equality. « Cela semble démontrer un certain attachement aux symboles nazis. Ce n’est jamais loin de la surface, même après tant d’années », a-t-elle ajouté.

Max Mosley est le fils d’Oswald Mosley, fondateur de la British Union of Fascists (BUF) et leader des « chemises noires » britanniques dans les années 1930. Les parents de Max Mosley se sont mariés en 1936 chez Joseph Goebbels à Berlin. Oswald Mosley a été emprisonné par les autorités britanniques durant la Seconde guerre mondiale.

Selon le Times, Mosley compte porter plainte pour atteinte à sa vie privée par le News of the World.

Ndlr : chassez le naturel … !

Cumul, quand tu nous tiens !

Liberation.fr du 31/03 : Avec l’élection de Rachida Dati à la mairie du VIIe arrondissement, la liste des ministres-maires (à temps très partiel) s’allonge.

Nos élus [de tous bords] se seront débrouillés, à l’occasion de ces élections municipales et cantonales, pour évacuer la question du cumul des mandats. […]

Depuis plus de dix ans, toutes les enquêtes confirment pourtant que les Français sont contre ces pratiques : selon un sondage OpinionWay de février, les deux tiers des habitants des villes de plus de 10 000 habitants jugent que la candidature d’un ministre aux municipales « est une mauvaise chose ».

Pour en finir avec cette « anomalie française » , Lionel Jospin avait interdit à ses ministres de rester maires. […]

Le 12 novembre dernier, dans la « lettre d’orientation » adressée au Premier ministre, relative à la réforme des institutions, le chef de l’État, Sarkozy, écrit : « Je suis favorable à la proposition du comité Balladur consistant à interdire le cumul d’une fonction ministérielle avec tout mandat électif, à tout le moins avec tout mandat exécutif ».

Les ministres candidats, Wauquiez et Darcos en tête, ont aussitôt protesté qu’ils n’iraient pas à la bataille sans l’assurance qu’on les laisserait cumuler en paix. Avec l’appui de Matignon, ils ont obtenu satisfaction. […] Du cumul, ils ont même fait un argument de campagne.

Ndlr : avec le succès pour certains !

Chaude tempête

Lemonde.fr du 28/03 : Sur la chaîne tahitienne TNTVA, la diffusion de sept minutes d’un film pornographique juste après un entretien avec le président de l’Église protestante est devenue un motif de grève du personnel depuis quelques jours. L’erreur serait due à un technicien qui aurait diffusé à l’antenne une séquence qu’il souhaitait pourtant visionner seul.

Ndlr : un stage de remise à niveau s’impose !

Un cancre nommé Allègre

Dans son dossier sur les « nuls », Marianne.fr du 28/03 lui réserve une petite place au milieu de la grande galerie de l’évolution de la connerie. Le géochimiste Claude Allègre s’aventure souvent sur des terrains scientifiques qu’il ne connaît pas et, pris en flagrant délit d’ignorance ou de mauvaise foi, au lieu de reculer, s’enfonce. Jouant à merveille le rôle du grand savant incompris de ses pairs, la grande gueule submerge les plateaux de télé et les journaux d’un raz-de-marée de contrevérités sur le réchauffement climatique. L’idée de revoir Claude Allègre aux commandes de la recherche a fait sortir de leur réserve les chefs de laboratoires. Ils ont écrit une lettre à Monsieur le Président qui l’a lu peut être, s’il a eu le temps, entre deux voyages au bras de Carla…[…]

OGM

Leparisien.fr du 03/04 : Le bureau de l’Assemblée a condamné les propos du sénateur UMP Jean-François Legrand : « Le Bureau s’est vivement ému des propos accusateurs et choquants tenus par le sénateur Legrand mettant en cause l’indépendance des parlementaires et laissant entendre qu’ils ne débattraient pas en toute liberté ».

Arnaud Montebourg (PS) et Noël Mamère (Verts) ont salué le « courage du sénateur Legrand, sa liberté » et demandé la création d’une « commission d’enquête » sur les accusations lancées par le sénateur de la Manche.

M. Legrand avait dénoncé ceux qui « ont fait main basse sur l’UMP afin de défendre des intérêts mercantiles » lors de l’examen du projet de loi OGM en février au Sénat.

Ndlr : lobby…, vous avez dit lobby ?

Coup de frein

Lemonde.fr du 29/03 : Dette et déficits publics mettent en péril trois grands chantiers ouverts par le chef de l’État.

François Fillon avait évoqué des déficits publics « sans doute un peu supérieurs » aux 2,4 % du PIB promis par son gouvernement. L’addition présentée par l’Insee, vendredi 28 mars, et directement notifiée aux autorités européennes, balaie cet euphémisme :
Le déficit public a finalement atteint 2,7 % du PIB en 2007. La dette publique a augmenté de 5,2 %, à 1 209,5 milliards d’euros, pour s’élever à 64,2 % du PIB, après 63,6 % fin 2006. Ces chiffres sont bien supérieurs aux objectifs évoqués en juillet 2007 par Nicolas Sarkozy devant l’Eurogroupe.

Sans vouloir le dire officiellement, le gouvernement va devoir adapter le budget de l’État au nouveau contexte économique mondial. Trois grands chantiers sociaux de Nicolas Sarkozy pourraient en faire les frais :
– le revenu de solidarité active (RSA  ) promu par Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives,
– la loi pénitentiaire de la garde des sceaux, Rachida Dati,
– et la loi sur le logement, de la ministre Christine Boutin.

Le ministre du budget, Eric Woerth, a indiqué que la généralisation du RSA   était « sur la table », en soulignant la nécessité d’« intégrer les contraintes techniques et budgétaires ».

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Mée-disances du 16 avril 2008

Représentativité syndicale

Le Monde du 11/04 : C’est une « position commune » qu’ont arrêtée, à 2 heures du matin jeudi 10 avril, patronat et syndicats, bouclant ainsi la négociation sur « la représentativité, le dialogue social et le financement du syndicalisme. » Le problème posé était le suivant : comment faire pour que les syndicats soient plus représentatifs et leur financement plus transparent, sans trop compliquer la conclusion d’accords au niveau de l’entreprise, des branches ou du pays ?

La réponse tient dans un texte de vingt articles, soutenu côté syndical par la CGT, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (mais critiqué par FO), et côté patronal par le Medef et la CGPME (mais dénoncé par l’Union professionnelle artisanale). Il prévoit que tout syndicat obtenant 10 % aux élections professionnelles en entreprise et 8 % dans les branches et au niveau national sera considéré comme représentatif. Les accords sociaux seront adoptés s’ils sont signés par des syndicats représentant « au moins 30 % des suffrages exprimés » et « ne rencontrent pas d’opposition des organisations ayant recueilli la majorité des suffrages ». De nouvelles règles de transparence et de publicité des comptes s’appliqueront aux syndicats, mais aussi aux organisations d’employeurs.

Reste à faire approuver ces changements par les différentes organisations, et à les traduire dans la loi.

Du tiers comme du quart

Du Canard enchaîné du 09/04 : enfin un domaine dans lequel la rupture est claire et nette. En 2002, Chirac, alors montré du doigt par le fringant Sarkozy, et désigné comme un vieux schnock à la ramasse, s’engage solennellement au sommet de l’ONU à Johannesburg : la France va rattraper son retard en matière d’aide publique au développement du tiers-monde ; en 2012 elle atteindra enfin le chiffre fameux de 0,7 % de son PIB que les pays riches promettent depuis quelques décennies.

Eh bien, Sarkozy vient de montrer de quel bois il se chauffe : l’aide française aux pays pauvres est en chute libre. L’an dernier, selon les chiffres publiés par l’OCDE, la France n’a donné que 0,39 % de son PIB, soit 15 % de moins que l’année précédente…

Ça, c’est de la rupture qui assure !

Privée de Japon

La secrétaire d’État à l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas accompagné François Fillon lors de sa visite au Japon, sa présence n’étant « pas souhaitable » après la polémique sur ses propos publiés dans Le Monde. Elle y dénonçait un « concours de lâcheté et d’inélégance » dans son camp au sujet du projet de loi OGM, incluant dans sa critique Borloo et Copé. Le patron du groupe UMP, Jean-François Copé, s’est déclaré « profon-dément attristé » par « l’injure » proférée contre lui par la secrétaire d’État à l’Écologie, ajoutant qu’il appartient au chef de l’État « d’apprécier » si elle doit quitter le gouvernement. […]

Obéissant à une injonction du premier ministre, la secrétaire d’Etat a présenté des « excuses » à Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle, et Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, tout en affirmant que les propos qui lui sont prêtés dans le Monde daté de jeudi avaient été « déformés ».

Pitesti ! Bravo !

Selon l’Humanité du 12/04, l’entreprise Renault aurait déjà perdu plus de 150 millions d’euros depuis le début du mouvement de grève des salariés de l’usine Dacia à Pitesti (Roumanie), soit largement plus que les revendications des grévistes. Ceux-ci, après trois semaines de conflit ont ontenu une augmentation de salaire de 97 € par mois, et une prime de 243 €. Pour un salaire moyen de 354 € c’est considérable !

Renault aussi a conscience que ce qui se joue aujourd’hui à Pitesti dépasse largement le cadre local, et pourrait donner naissance à d’autres Pitesti, ailleurs en Roumanie, en Europe et dans le monde.

Remise en cause

Le Monde du 10/04 : Nicolas Sarkozy a mis en cause, le 8 avril à Cahors, le coût des politiques sociales, les jugeant partiellement responsables du déficit et de la dette. […] Il a semblé ainsi confirmer que les réformes sociales seraient les premières victimes de la crise économique et d’une rigueur budgétaire qui ne dit toujours pas son nom. Le chef de l’État a visé explicitement le revenu de solidarité active (RSA  ). Actuellement expérimenté dans 34 départements, le RSA   pourrait être généralisé en 2009, mais à partir d’un dispositif moins ambitieux. Matignon confirme que l’objectif est une dépense annuelle d’un milliard d’euros, contre 2 à 3 milliards prévus à l’origine par M. Hirsch.

Autre dépense sociale dans la ligne de mire du chef de l’Etat : l’assurance-chômage. Confirmant un de ses engagements de campagne, M. Sarkozy a annoncé que « dans les prochains jours, le gouvernement présentera un texte qui permettra de tirer les conclusions du refus - par un chômeur - de deux emplois raisonnables ».

Le Parti Communiste a fait les comptes : " Menaces sur les tarifs sociaux destinés aux familles nombreuses à la SNCF, chasse aux chômeurs, coupes sombres sur les retraites, sur la santé et l’éducation : le Président de la République liquide tous les mécanismes de solidarité.

Dette fiscale

Le Point du 10/04 : A l’heure de la discipline budgétaire et de la chasse aux fraudeurs, la question mérite d’être reposée à Bercy : qu’est devenue la dette fiscale de 45 millions d’euros dont les Témoins de Jéhovah sont redevables depuis une décision de la Cour de cassation rendue en 2004 ?

Pénalités et intérêts de retard compris, la somme avoisinerait aujourd’hui 57 millions d’euros mais n’a toujours pas été recouvrée par le ministère du Budget-qui oppose le « secret fiscal » à toute question sur le sujet.

D’autres sources informées évoquent une négociation par laquelle l’association chercherait à obtenir l’abandon des pénalités. Parallèlement, les Témoins de Jéhovah ont formé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme, considérant que la taxation des « offrandes » des adeptes attenterait à la liberté religieuse. Ils ont aussi lancé une vaste quête. Paradoxe : cette fois, les donateurs bénéficieront de déductions fiscales en vertu du statut de mouvement cultuel dont disposent désormais les représentations locales des Témoins.

Ainsi, en définitive, leur dette fiscale sera peut-être réglée... avec l’aide de l’État !

Heures suppl.

La loi du 21 août 2007 (loi TEPA) qui conecrne notamment les heures supplémentaires, est entrée en application le 1er octobre 2007. D’après une étude réalisée pour la commission des finances de l’Assemblée nationale, le coût de cette loi, évalué après 3 mois d’application, serait de 4,1 milliards d’euros, procurant aux salariés un gain de 3,78 milliards d’euros.

Une étude de la DARES (ministère du Travail et de l’Emploi), révèle que le nombre moyen d’heures supplémentaires par salarié déclarées par les entreprises au quatrième trimestre 2007 était de 8,4 heures au dernier trimestre 2007, contre 6,5 heures un an plus tôt. Le fier slogan « travailler plus pour gagner plus » finirait-il en eau de boudin ?

Peut-être car l’étude de la DARES explique vraisemblablement la loi n’a pas accru les heures supplémentaires effectuées, mais seulement les heures supplémentaires déclarées. Nuance !