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Solange Leroy au Bénin

Ecrit le 27 mai 2009

 Solange Leroy au Bénin

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Solange L

Solange Leroy, conseillère pédagogique en retraite, s’est engagée
avec le GREF (groupement des Retraités Educateurs sans Frontières) pour offrir aux autres ses compétences. « C’est une amie qui m’a fait connaître cette association. Au début j’étais sceptique. Maintenant
je suis convaincue » dit-elle.

Constitué dans un esprit de solidarité, de partenariat et d’échange, le GREF propose sa contribution bénévole, dans les domaines éducatifs, à tous les projets qui visent, dans un esprit de laïcité à :
– PROMOUVOIR une éducation permettant le meilleur développement des potentiels individuels,
– FAVORISER l’apprentissage concret de la démocratie,
– ENCOURAGER le libre ré-inves-tissement des savoirs acquis au service de la collectivité.

C’est ainsi que Solange est déjà allée 4 fois au Cameroun, 3 fois au Bénin et une fois au Niger, dans le cadre de missions bien précises. « le 8 mars 2009 je suis partie pour 7 semaines à Grand Popo au Bénin pour former des formateurs ».

 Des formateurs à Grand Popo

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Formation de formateurs

Tout commence avec une demande d’une association locale ou d’un pays souhaitant, dans le cas présent, faire la promotion de l’école maternelle. « Le projet passe ensuite devant une commission du GREF à Paris. S’il est accepté, on définit l’action … et on cherche les financements. Car nous sommes bénévoles mais il faut bien payer notre voyage ».

Dans les villages du secteur de Grand Popo, comme sur le lac Nokoué, les femmes portent les enfants sur le dos pendant très longtemps, ce qui ne leur permet pas d’aller travailler. Les villageois se sont organisés pour créer des écoles maternelles communautaires, de façon à pouvoir libérer les mères.

Dans les classes il y a environ 50 enfants inscrits, de 2 à 5 ans, mais seulement une trentaine de présents. Au début les mamans se relayaient. Maintenant elles ont embauché des éducateurs, hommes et femmes, ayant le niveau BEPC ou le niveau Baccalauréat. « Ils sont logés dans un petit coin, dans l’enceinte de l’école, une pièce aussi peu luxueuse que l’école » dit Solange.

Les éducateurs sont payés par deux structures : « ID-Pêche » (initiative   développement de la pêche), une association s’occupant de développement du monde rural en général et du développement intégré des pêches — et des AGR (Activités Génératrices de Revenus) : des femmes vendent lapins, nattes, sel au marché, pour aider au financement des maternelles communautaires.

 Promotion de l’école maternelle

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Une école maternelle

« Là où nous sommes allés, dans la cité lacustre de Granvié, il y a quatre villages sur le lac, et quatre écoles. On se déplace uniquement en pirogue. L’école est un grand bâtiment en planches posé sur pilotis. Les éducateurs font ce qu’ils peuvent, mais ils n’ont souvent connu qu’un enseignement traditionnel : les formateurs leur apprendront d’autres méthodes, avec une meilleure prise en compte des enfants pour les rendre actifs et les aider à s’exprimer sauf que …. il n’y a pas souvent de table, ni de tableau, ni de papier pour écrire. Le menuisier local a fabriqué des ardoises en isorel, peintes avec de l’ardoisine. Pas de jeux éducatifs, pas de livres de lecture. Comme partout les petits enfants sont turbulents mais les parents ont très envie que leurs gamins apprennent quelque chose ! ».

A la demande du village, Solange Leroy a donc participé à la formation de formateurs, pour que ceux-ci, à leur tour, forment les éducateurs quand le GREF ne sera plus là. « Nous avons parlé de développement de l’enfant. Nous avons montré toutes les activités que l’on peut faire, avec les moyens du bord, sans oublier qu’une des tâches de l’école est d’apprendre le Français, langue officielle du Bénin, à des enfants qui ne connaissent que leur dialecte local et qui, souvent, ne se comprennent pas entre eux ».

« Nous avons montré aussi comment construire une matinée de classe, en variant les activités, en veillant à la progression des apprentissages ».

 Hygiène et nutrition

Solange est allée visiter les écoles, comme elle le faisait en France dans son activité de conseillère pédagogique, pour découvrir les façons de travailler, mais aussi les moyens dont peut disposer l’éducateur en faisant appel aux ressources de son milieu de vie. « L’école, ils y croient. J’ai trouvé beaucoup d’enthousiasme là-bas. Les enfants apprennent des poésies, du chant, ils font des activités motrices. Avec les crayons de couleur que nous avons apportés, ils dessinent, sur leurs genoux, ou en utilisant les bancs comme des tables basses ».

Les éducateurs sont très désireux de savoir ce qui se fait ailleurs. « Il ne s’agit pas pour nous d’exporter nos façons de faire. Il s’agit de montrer aux éducateurs qu’ils peuvent aller plus loin dans l’éducation des enfants ».

« Nous avons travaillé sur l’hygiène aussi, dans cette cité lacustre où le lac sert d’égout à ciel ouvert. Les petits garçons vont uriner dans un coin. Les petites filles se soulagent directement sur le sol : les planches disjointes évacuent l’urine vers le lac ». Le GREF a offert des bacs à eau. Le premier pour se laver les mains, après avoir fait pipi, avant de manger ; le deuxième pour se rincer. Tous les enfants dans la même eau, mais c’est déjà un progrès.

Autre point important, dans ces écoles de village : la nourriture. « Les mamans se relaient pour cuire les repas, en variant les façons de faire, en essayant d’équilibrer, malgré le peu de diversité des produit de base. L’école assure un repas par jour aux enfants, mais en échange d’un petit paiement ».

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Solange L
sortant d’une école

Le GREF insiste aussi sur les « premiers secours » : plaies, bras cassé. Une trousse de premiers secours est désormais dans chaque école.

La suite de la formation des formateurs aura lieu en septembre prochain. Mais d’ores et déjà les formateurs sont allés voir les éducateurs dans leurs écoles. Ils s’occupent en plus d’alphabétisation d’adultes.

Cette action concerne 4 écoles sur le lac Nokoué et 7 autres écoles de villages dans la commune de Grand Popo qui fonctionnent sous des paillotes.

« Expérience enrichissante avec des partenaires de travail et des enfants très attachants » conclut Solange Leroy.