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USA - Droits de l’homme aux USA


(publié le 23 mai 2001)

L’affront

Les Etats-Unis ont perdu, jeudi 3 mai, leur siège au sein de la commission des droits de l’homme des Nations Unies, rejoignant ainsi l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Azerbaïdjan au nombre des pays exclus de cet organisme de 53 membres. Washington appartenait à cette organisation depuis sa création en 1947. Cette exclusion constitue une surprise et est interprétée comme un grave revers pour la diplomatie américaine.

En revanche, ces mêmes élections ont apporté un succès à la France qui, avec 52 des 53 suffrages, a obtenu un score sans précédent.

Les raisons de ce revers américain sont multiples. Il y a tout d’abord le fait que l’administration républicaine n’a toujours pas d’ambassadeur à l’ONU. Ensuite, la politique américaine au Proche-Orient a pu aussi constituer « un facteur important ». Enfin, les défenseurs des droits de l’homme attribuent ce mauvais résultat à la politique unilatérale de Washington sur des dossiers importants tels que le bouclier antimissile. On peut y ajouter l’opposition des Etats-Unis au Tribunal pénal international (TPI), au protocole de Kyoto sur le réchauffement de la planète, ou encore le refus de l’accès universel aux médicaments contre le sida.

Mais du coup, les Etats-Unis ne sont pas contents et pour « punir » l’ONU, la Chambre des représentants a décidé, jeudi 10 mai, de bloquer le paiement de 244 millions de dollars (1800 millions de francs) d’arriérés.

Une élection contre de l’argent

Les élus démocrates, pour la plupart, se sont élevés contre ce procédé d’échange d’une élection contre de l’argent : « Une superpuissance, ça paie ses dettes, s’est écriée une élue de Géorgie, Cynthia McKinney. Et une superpuissance ne pleure pas quand elle perd ses billes. »

En accord sur ce point avec les démocrates, le président Bush et le secrétaire d’Etat Colin Powell avaient fait clairement savoir, avant le vote, qu’ils désapprouvaient une telle approche, jugée trop risquée politiquement vis-à-vis de la communauté internationale.

Interrogé par une sous-commission du Congrès, M. Powell a reconnu que l’éviction de son pays de la commission des droits de l’homme l’avait « rendu fou. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais cela n’a pas été une journée très plaisante. J’étais perturbé et j’étais déprimé », a-t-il dit.

La bonne approche, à ses yeux, est de payer les arriérés comme prévu et, par ailleurs, de se remettre au travail pour être sûrs de se faire élire à la commission des droits de l’homme en mai 2002.