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USA : l’attentat du 11 septembre 2001

(publié le 17 septembre 2001)

  Pleurer avec les victimes, sans hurler avec les loups

Un acte de terrorisme, que rien ne peut justifier, s’est produit mardi 11 septembre 2001 : des avions pirates se sont attaqués aux symboles et à la puissance de l’Amérique, des milliers de victimes innocentes ont péri de façon horrible, insoutenable.

Après le premier choc psychologique, après le temps de la réflexion, il nous a paru indispensable, dans La Mée, de donner des points de repère. Exercice difficile, il nous faut à la fois pleurer avec les familles des victimes, et ne pas hurler avec les loups. Nos lecteurs ont le droit à une réflexion différente. Ils ont aussi le droit de n’être pas d’accord avec ce qui suit.

Les faits

8 h 45 (heure de New York) : la tour Nord du « World Trade Center », à Manhattan est touchée dans sa partie supérieure par un Boeing 767 de la Compagnie American Airlines, détourné de Boston avec, à bord, 81 passagers et 11 membres d’équipage.

9 h 03 : la tour Sud est touchée par un Boeing 767 de la Compagnie United Airlines détournée de Washington, 56 passagers et 9 membres d’équipage. Le choc provoque une violente explosion

10 h 05 : effondrement de la tour Sud

10 h 28 : explosion et effondrement de la tour Nord.

Qui a fait ça ?

Il n’y a pour l’instant que des hypothèses, des accusés bien commodes, et sans doute des ressorts cachés.

1) Les Palestiniens ?

Première idée, venue à l’esprit de beaucoup de gens : les Palestiniens. Leur désespoir est si profond qu’ils ont pu souhaiter transporter leur guerre et leur détresse sur la scène internationale. Le mot scène est approprié. Les médias du monde entier ont gardé les yeux rivés sur l’Amérique laissant le champ libre à d’autres actions : ce n’est que par hasard qu’on apprend que par exemple, le mercredi 12 septembre, un raid israélien a eu lieu dans le secteur de Jénine. Des blindés ont fait irruption dans le centre de la ville et fait un mort et 49 blessés. Puis 9 morts dans des localités voisines et un autre dans le secteur de Gaza. Là aussi, comme à New York, il y a eu des victimes innocentes, victimes d’une guerre qui les dépasse. Il ne faut pas pleurer sur les unes et ignorer les autres. Or le raid israélien du 12 septembre est quasiment passé inaperçu dans la grande presse, à la radio et à la télévision.

Certes, après l’attentat à New York, il y a eu quelques manifestations de joie, déplacées, en quelques coins de la Palestine. Mais ces manifestations ont été largement condamnées par les autorités Palestiniennes, cela n’a pas empêché les médias américains de passer en boucle les mises en scène télévisées de ces « réjouissan-ces ». Pour créer un réflexe anti-arabe ?

2) Oussama Ben Laden

Seconde idée : Oussama Ben Laden. Il s’agit d’un richissime Saoudien de 44 ans, un organisateur hors pair, qui a été longtemps entraîné par la CIA, soutenu à fond par les Etats-Unis qui ont vu en lui l’un des éléments d’une politique tournée contre les Soviétiques, au temps où existait encore l’URSS, au temps où le communisme était « Satan », l’ennemi du monde capitaliste.

Oussama Ben Laden est un homme profondément religieux, il n’a pas supporté l’agression de l’Occident contre l’Irak, « l’invasion des troupes infidèles sur le sol sacré de l’Arabie qui abrite les lieux les plus sacrés de l’Islam, la Mecque et Médine ».

Alors il s’est retourné contre les Etats-Unis et a mis sa puissance financière et intellectuelle contre eux. Le « Grand Satan » a changé de nom. En d’autres siècles des chrétiens sont aussi partis aux Croisades pour défendre leurs lieux saints.

Mais Oussama Ben Laden n’est pas un saint homme. Sa puissance s’est construite sur le trafic d’armes et de morphine base. Il a mis sur pieds une filière d’opium et pilote un groupe aux intérêts diversifiés : finance, voitures, machines-outils, chimie, travaux publics. C’est loin d’être un philanthrope. Il a créé une multinationale du terrorisme, gère 12 camps d’entraînement et a des succursales dans 50 pays.

Les moyens de la guerre ont changé : le temps n’est plus où Ben Laden recrutait, pour des camps d’entraînement en Afghanistan, les jeunes désoeuvrés des banlieues de Paris ou d’Alger . Il a été rejoint par des spécialistes en communication, en électronique, en informatique, des pilotes d’avion aussi ..., formés aux USA, qui plus est !

Le bien
contre le mal ?

A entendre Bush, la riposte américaine sera celle du Bien contre le Mal. Parce que l’Amérique c’est le Bien ?

Le « modèle américain » (qui est d’ailleurs celui de tout le monde occidental) s’est fondé sur l’individualisme, la réussite individuelle, ce qui a contribué à accroître les inégalités. Comme quoi il ne suffit pas de « faire » de la croissance et de créer des millions d’emplois dont l’expérience nous montre en ce moment qu’ils peuvent disparaître aussi vite qu’ils ont été créés.

Le « modèle américain » (et occidental) c’est aussi la mise en cause de toutes les régulations, publiques ou collectives, avec la volonté d’imposer à tous les pays « la démocratie » « la société de consommation », sans se soucier des déstructurations économiques et sociales massives engendrées dans ces pays, expropriant des paysans, renversant des gouvernements populaires pour mettre au pouvoir des Pinochet, des Marcos, des Mobutu qui n’ont pas hésité à massacrer leur propre peuple (mais c’était loin des caméras, et nous n’en avons pas ressenti la même émotion).

Le « modèle américain (et occidental) » c’est aussi l’impuissance à régler le conflit du Proche Orient, les attaques répétées contre l’Irak (ce dont souffre cruellement la population civile), la guerre des Balkans contre Milosevic avec le soutien aux Kosovars dont on découvre maintenant qu’ils sont la plaque tournante des ventes d’armes et de la mafia.

Le « modèle américain (qui est aussi le nôtre) » c’est les grosses firmes transnationales qui imposent leur loi en matière de médicaments, de semences, de commerce international.

L’Amérique, dans son hyperpuissance et son arrogance, n’attire plus les peuples à elle. Dans certains points du globe, elle semble attirer plutôt la haine. Et les pays occidentaux, surtout ceux du G8 (les pays les plus riches du monde) sont très près d’un tel rejet.

La plus grande puissance impérialiste, qui se vante depuis la chute du mur de Berlin d’être le gendarme incontesté de la planète, se trouve confrontée pour la première fois sur son propre sol à des attaques qui font des milliers de victimes civiles, comme les ont connues, de la part de l’armée américaine, à une échelle beaucoup plus grande, les peuples vietnamien, irakien, yougoslave et tant d’autres.


Note du 11 septembre 2006 :

  Et si ce n’était qu’une horrible machination ?

Il y a des éléments troublants

Une autre vidéo pose des questions

Si vous préfèrez la version originale en anglais, c’est ici :

http://video.google.fr/videoplay?docid=1336167662031629480&q=Painful+Deception


NOTES:

Note du 11 septembre 2011 :

Debout : le coup d’éclat du sous-ministre Frédéric Lefèvre, en inaugurant la Foire de Béré, fut d’inciter tout le monde à une minute de silence pour les victimes du 11 septembre Celles de New-York en 2001, bien sûr. Près de 3000 morts. Mais les victimes du 11 septembre 1973 au Chili sont, elles, oubliées. Trois mille morts aussi, disparus tragiquement dans les geôles militaires ; souvent torturés avant d’être exécutés de diverses façons comme d’être lâchés du haut d’un avion dans l’océan !

Le ministre n’a pas dit un mot sur les changements intervenus depuis 10 ans : et notamment sur la guerre en Afghanistant et en Irak. Ces guerres, avant tout payées par les peuples qui en ont été les victimes, pèsent sur les Etats-Unis et plus largement sur l’Occident. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l’élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l’utilisation sans restriction de drones. Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression.
Et puis ces guerres coûtent des sommes folles, entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis, selon le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Elles ont accéléré l’éclatement de la crise financière (favorisée aussi par les cadeaux aux banques) et réduit les marges de manœuvre de l’Etat.
(source : Alain Gresh, le diplo de septembre)

Matraquage : ce 11 septembre 2011 a été l’occasion d’un immense matraquage médiatique. Le journal Ouest-France par exemple lui a consacré 6 pages complètes et des articles en Pays-de-Loire, Loire-Atlantique, Châteaubriant, Ancenis, « Regards » et la moitié de la dernière page (le reste étant de la publicité : le fric c’est important). Mais pas un mot sur la manifestation ReOpen911 prévue à Montparnasse le 11 septembre « pour la paix et la fin du silence sur le 11 septembre ». Quelques Castelbriantais auraient bien voulu s’y rendre !

ReOpen911 est une association citoyenne à but non lucratif, laïque et indépendante de toute organisation politique. Elle défend les valeurs démocratiques et républicaines, les Droits de l’Homme, et condamne fermement toute forme de racisme. Ses objectifs sont d’informer les citoyens sur le 11 septembre 2001, d’œuvrer pour l’établissement d’un débat public et de militer pour l’ouverture d’une enquête indépendante sur cette tragédie.