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USA : l’attentat, qu’en pensent-ils ?

(publié le 25 septembre 2001)

 Qu’en pensent-ils ?

Une Québécoise

Quel qu’en soit l’élément déclencheur, les actes terroristes qui ont eu lieu à New York le 11 septembre 2001 sont absolument impardonnables. Des milliers d’innocents y ont trouvé la mort, des familles ont été brisées à jamais sans même avoir eu la chance de se dire adieu.

Pour éviter que d’autres vies ne soient ainsi détruites et que d’autres événements aussi tragiques ne surviennent de nouveau, je souhaite que les principaux dirigeants concernés prennent le temps de réfléchir afin d’adopter des sanctions NON VIOLENTES.

Ce n’est pas avec la violence qu’on peut régler les différents conflits du monde. Avec tout l’armement militaire dont disposent la plupart des nations, on court vraiment à la catastrophe : si les États-Unis répliquent avec des bombes, on risque ni plus ni moins d’assister en direct au commencement d’une troisième guerre mondiale. Pour échapper à la destruction, nous devons nous mobiliser et pousser les dirigeants qui tiennent notre destin entre leurs mains à trouver des solutions positives et intelligentes ne mettant pas la Terre en danger.

Karine Vilder, Montréal, Québec


Un Israélien

15 septembre 2001 : Après que la fumée se sera dissipée, que la poussière sera retombée et que la folie initiale se sera calmée, l’humanité se réveillera et prendra conscience d’une réalité nouvelle : il n’existe aucun lieu sûr sur la Terre. Une poignée de kamikazes a réussi à paralyser les États-Unis, à obliger le Président à se cacher dans un bunker sous une montagne éloignée, à porter un terrible coup à l’économie, à clouer tous les avions au sol et à vider tous les bureaux des administrations sur tout le territoire. Ceci peut se produire dans n’importe quel pays. Les Tours jumelles sont partout.

Non seulement Israël mais le monde entier est maintenant envahi par des débats interminables sur la façon de « combattre le terrorisme ». Des hommes politiques, des « experts en terrorisme » proposent de frapper, détruire, annihiler, etc. et d’allouer encore des milliards à la « commu-nauté du renseignement ». Ils font de brillantes suggestions. Mais rien de cela n’aidera les nations menacées, pas plus que cela n’a aidé Israël. Il n’y a pas de remède miracle au terrorisme. Le seul remède est de supprimer ses causes.

Les moustiques

On peut tuer un million de moustiques, et d’autres millions les remplaceront. Pour s’en débarrasser, il faut assécher les marais qui les génèrent. Et le marais est toujours politique. Une personne ne se réveille pas un matin en se disant : Aujourd’hui, je vais détourner un avion et me tuer. Pas plus qu’une personne ne se réveille un matin en se disant : Aujourd’hui je vais me faire sauter dans une discothèque de Tel-Aviv. Une telle décision se développe dans son cerveau au travers d’un long processus, qui prend des années. Ce qui se trouve derrière cette décision est soit national soit religieux, social et spirituel.

Aucun combat clandestin ne peut exister sans des racines populaires et un environnement qui le soutienne, prêt à lui fournir de nouvelles recrues, de l’assistance, des caches, de l’argent et des moyens de propagande. Une organisation clandestine veut gagner le soutien populaire et non le perdre. Par conséquent, elle lance des attaques quand elle pense que c’est ce que désire le peuple qui l’entoure. Les attaques terroristes témoignent toujours d’un état d’esprit de l’opinion. Cela est également vrai aujourd’hui.

Les auteurs des attaques ont décidé d’appliquer leur plan après que l’Amérique eut suscité une haine immense à travers le monde. Pas à cause de sa puissance, mais à cause de la façon dont elle utilise cette puissance. Elle est haïe par les ennemis de la globalisation qui la rendent responsable du terrible fossé entre les riches et les pauvres dans le monde. Elle est haïe par des millions d’Arabes à cause de son soutien à l’occupation israélienne et à cause de la souffrance du peuple palestinien. Elle est haïe par des multitudes de Musulmans à cause de ce qui ressemble à son soutien à la domination juive sur les sanctuaires islamiques à Jérusalem. Et il y a beaucoup plus de gens en colère qui croient que l’Amérique soutient leurs persécuteurs.

Jusqu’au 11 septembre 2001 - une date à retenir - les Américains pouvaient entretenir l’illusion que seuls les autres étaient concernés, dans des lieux lointains au-delà des mers, que leur vie protégée chez eux ne pouvait en rien être atteinte. Un point c’est tout. Voilà l’autre face de la globalisation : tous les problèmes du monde concernent chacun dans le monde. Tout cas d’injustice, tout cas d’oppression. Le terrorisme, l’arme des faibles, peut facilement atteindre n’importe quel point de la terre. Toute société peut facilement être visée, et plus une société est développée, plus elle est en danger. De moins en moins de gens sont nécessaires pour infliger des souffrances à de plus en plus de gens. Bientôt une seule personne suffira pour porter une valise avec une bombe atomique miniature et détruire une mégapole de dizaines de millions d’habitants.

C’est la réalité du 21e siècle qui a vraiment commencé cette semaine. Elle doit conduire à la globalisation de tous les problèmes et à la globalisation de leur solution. Pas dans l’abstrait, par des déclarations stupides aux Nations unies, mais par un engagement général à résoudre les conflits et à établir la paix, avec la participation de toutes les nations, les États-Unis jouant un rôle central.

Depuis que les États-Unis sont devenus une puissance mondiale, il ont dévié du chemin tracé par leurs fondateurs. C’est Thomas Jefferson qui a dit : Aucune nation ne peut se conduire sans respect de l’opinion mondiale. (Je cite de mémoire.) Quand la délégation américaine a quitté la conférence mondiale à Durban, afin de faire échouer le débat à propos des plaies de l’esclavage et afin de faire plaisir la droite israélienne, Jefferson doit s’être retourné dans sa tombe.

S’il est confirmé que l’attaque sur New York et Washington a été perpétrée par des Arabes - et même si ce n’est pas le cas ! - le monde doit enfin s’occuper de soigner la blessure purulente que constitue le conflit israélo-palestinien qui empoisonne le corps entier de l’humanité. Un des petits malins de l’administration Bush a dit il y a seulement quelques semaines : « Laissons les saigner ! » - en parlant des Palestiniens et des Israéliens. Maintenant c’est l’Amérique qui saigne.

Celui qui fuit le conflit est rattrapé par lui, même dans sa propre maison.

Les Américains, et les Européens aussi, devraient retenir cette leçon. La distance de Jérusalem à New York est courte, tout comme la distance de New York à Paris, Londres et Berlin. Non seulement les multinationales se trouvent partout sur le globe, mais les organisations terroristes aussi. De la même façon, les instruments pour la solution des conflits doivent être globalisés. À la place des édifices de New York détruits, il faut bâtir les tours jumelles de la Paix et de la Justice.

Uri Avnery, Israël


Un étudiant américain

Ce qui est arrivé ce matin est une tragédie que je n’arrive pas encore à réaliser. Cette perte immense de vies dépasse mon imagination, dépasse mes cauchemars, et ma raison. J’adresse mes condoléances à tous ceux qui souffrent de la perte de leurs proches ou de leurs ami(e)s.

Je pense que cette tragédie est aussi l’occasion étrange de réfléchir un peu, réfléchir à nous en tant qu’individus, et à nous en tant qu’américains. Il nous faut faire une pause et relativiser ce qui s’est passé. Pourquoi un être humain peut-il planifier et commettre ces actes ? Ne sommes-nous pas tous des êtres humains avec des idées simples sur ce qui est bien et mal ?. N’avons nous pas tous le désir de vivre en paix et dans la prospérité ?

Je ne pense pas que ces gens, ceux qui ont causé ce naufrage sur la côte-Est ce matin, soient si différents de nous : nous vivons tous sous le même ciel et avons les mêmes besoins fondamentaux.

Mais ces gens en ont marre de l’Amérique et de ce qu’elle représente. On nous a dit qu’en tant qu’américains, nous jouissions de certains droits. Ces droits finissent par signifier que nous aurions un accès illimité à tout ce que nous voudrions matériellement et politiquement. De temps en temps nous sommes allés dans d’autres pays, y détruisant les vies de tant de gens, y soutenant même des régimes militaires fascistes ou y créant les soi-disant « réformes économiques ». Nous avons nié le droit à l’accès aux médicaments de base et à l’habillement aux pays qui se sont opposés à nos politiques. Nous maintenons encore des bases militaires dans des lieux dont la plupart d’entre nous n’ont jamais entendu parler, occupant et détruisant des coins reculés de la terre. Nous avons détruit les anciennes forêts d’antan, percé des trous dans les montagnes pour extraire des minéraux, creusé dans les terres sacrées pour puiser du pétrole. Nous avons mis au travail des millions de gens hors de tous droits sociaux afin d’avoir des biens moins chers.

Non, je ne pense pas qu’aucun d’entre nous souhaite que cette parodie continue mais en tant qu’américains, nos impôts permettent à cette insanité de se poursuivre. Dans notre quête du toujours plus, (plus de pouvoir, et plus de choses), nous avons fait beaucoup de dégâts et causé tant de souffrance et de mort. Mais ces choses là ne sont pas aussi excitantes que les explosions d’immeubles ; Les médias privés, amateurs de sensationnel, savent qu’ils ne retireront aucun profit de ces choses-là, aussi ils ne font des reportages que sur ce que les gens aiment entendre et sur les explosions qui ont tout éventré, mais pas sur la souffrance quotidienne.

Ce qui est arrivé aujourd’hui est une tragédie, mais nous vivons une époque où tant de tragédies se passent, que les américains ignorent. Il est temps pour nous de prendre conscience des répercussions de notre « progrès ». Il est temps pour nous de préoccuper d’autre chose que de notre bien-être. Nous devons mettre fin à la violence cyclique qui est en nous et dans le monde. Si nous parlons de progrès, qu’il soit celui de toutes et tous, et non pas seulement celui des Américains en bonne santé. Nous pouvons le faire, en étant des consommateurs responsables, en n’achetant pas des marchandises pro-duites en dehors de tous droits sociaux, en nous procurant des marchandises qui ne nuisent pas à l’environnement. Nous pouvons voter pour des politiques justes. Nous pouvons protester et écrire des lettres. Nous pouvons être créatifs et ne pas accepter tout ce qu’on nous dit. Nous pouvons apprendre l’empathie envers les gens très différents de nous, et peut être alors nous découvrirons qu’ils ne sont pas si différents.

Si nous faisions cela peut-être que les gens ne seraient pas aussi pleins de haine vis à vis de notre nation, et nous pourrions éviter d’autres tragédies.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire ce message. Je vous aime tous beaucoup et je vous envoie mes bénédictions et mes prières.

Lori Ann Burd. US Student


Note du 11 septembre 2006 :

  Et si ce n’était qu’une horrible machination ?

Il y a des éléments troublants

Une autre vidéo pose des questions

Si vous préfèrez la version originale en anglais, c’est ici :

http://video.google.fr/videoplay?docid=1336167662031629480&q=Painful+Deception