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Nicaragua

Ecrit le 12 avril de quelle année ?

 Lucila Cuadra

Octobre 1998 : le cyclone Mitch a fait des milliers de morts en Amérique Centrale : au Honduras, au Nicaragua, au Salvador, au Guatemala, trois millions de personnes ont tout perdu, maisons et récoltes, routes et écoles. La solidarité internationale a joué, mais de nombreuses personnes vivent encore sous des tentes de fortune.

L’aide au Nicaragua est l’un des chantiers soutenus par le CCFD : des enfants de Châteaubriant et Soudan ont couru pour récolter des fonds à envoyer là-bas.

Là-bas ? Pas pour n’importe quoi. Le CCFD soutient des projets élaborés par les habitants eux-mêmes. L’une des responsables de projet, Mme Lucila Cuadra, est venue témoigner à Châteaubriant le vendredi 7 avril. Lors d’une rencontre à la mairie de Châteaubriant, elle a expliqué les conditions de cette aide. « Avec l’argent, nous avons reçu des grains, pour relancer des cultures destinées à l’alimentation. Des familles ont reçu un lot d’animaux de basse-cour : poules et coq, truie et verrat. Dès que ces animaux se sont reproduits, les petits ont été donnés à d’autres familles. Les aides vont à la reconstruction, par les habitants eux-mêmes, des maisons, des puits, des écoles, des chemins. Nous fournissons des compléments de nourriture, haricots rouges, riz, bananes, pour assurer un repas par jour. Nous fournissons aussi des médicaments aux villages éloignés des pharmacies. Tout est fait pour que les habitants se prennent en charge eux-mêmes » Elle a expliqué aussi les multinationales, provoquent un désastre écologique au Nicaragua : celles du Canada s’approprient le bois, celles de Taïwan pillent des crevettes par milliers, sans souci du renouvellement des richesses naturelles, et en exploitant les travailleurs au maximum.

« La venue de Lucila Cuadra, qui a rencontré des enfants à Châteaubriant et Soudan, nous permet d’élargir notre vision du monde » a dit Marie Billon du CCFD.

Anecdote : pour la reconstruction, le titre de propriété de la terre a été donnée aux femmes. Car là-bas, les hommes ont plusieurs femmes, s’ils étaient propriétaires de la terre, il y aurait risque qu’ils mettent une femme et ses enfants à la rue


Ecrit le 24 novembre 2004

 Jo Brégeon : 8 ans au Nicaragua

Nicaragua : un petit pays, le quart de la France, situé au centre de l’Amérique Centrale. Un pays pauvre, où le taux d’analphabétisme atteint les 30-40 %, et le taux de chômage 60 %. L’Etat, dans ce pays, est très faible, en raison de problèmes économiques. Il y a donc peu d’organisation de la vie collective et ce sont souvent les habitants eux-mêmes qui doivent s’organiser pour vivre le mieux possible.

Pour son repas-partage 2004, le CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement) a demandé le témoignage de Jo Brégeon, actuel Curé de Châteaubriant, qui a passé 8 ans et demi au Nicaragua, en charge de deux paroisses.

Rien à voir avec la vie en France ! A la Libertad, par exemple, il y a 3500 habitants agglomérés et 12 000 habitants disséminés, un habitat plutôt isolé. « Pour aller rendre visite aux habitants de la montagne, il faut partir en tournée : 90 min. en voiture d’abord, puis le reste à cheval pendant 3 à 4 heures » dit Jo Brégeon.

Dans ce pays où l’Etat est défaillant, la religion prend une place importante. « A Santo Domingo, il y a 11 églises de confessions différentes : catholiques, évangélistes, baptistes, etc » dit Jo Brégeon, « les gens sont très croyants mais pas forcément très pratiquants ! ».

Commission des Droits
de l’homme

Dans certains diocèses du Nicaragua, comme souvent en Amérique Centrale ou Latine, l’Eglise catholique joue un rôle social, en aidant les populations à s’organiser. « Dans chaque paroisse  , il y a une commission des Droits de l’homme avec un double objectif :
– . Défense des citoyens face aux injustices
– . Médiation »

Les injustices, en effet, sont nombreuses : policiers véreux, juges corrompus qui créent des vices de forme pour pouvoir libérer les prisonniers qui ont les moyens. La médiation permet aux citoyens de régler un certain nombre de différends sans avoir à passer par des avocats.

Dans chaque paroisse   il y a aussi une « pastorale des femmes » : « De nombreuses jeunes filles sont mises enceintes encore adolescentes, puis abandonnées. Il n’y a pas de travail pour elles, donc pas de revenus. Et quand elles trouvent du travail, personne pour s’occuper des enfants. Ceux-ci errent dans les rues, souvent dénutris ». Jo Brégeon explique alors l’organisation de formations couture, artisanat et élevage de porcs.

Du pain et des livres

« Avec un système de micro-crédits, les femmes ont pu acheter une machine à coudre, voire un cheval pour aller livrer leur production. Elles ont réussi à emporter le marché des uniformes que portent les élèves à l’école. Une salle des vente a été mise en place, ainsi qu’un atelier pour que les femmes puissent travailler ensemble. Cet atelier favorise la vie de groupe et les rencontres   ». Pour les enfants ont été organisées des « cantines-maternelles » pour nourrir et éduquer à la fois. Seule la formation « cuisine » a dû être abandonnée : les femmes mangeaient les produits ou les apportaient à la maison.

L’église catholique a suscité aussi la formation d’animateurs-paysans, et d’animateurs-santé, avec connaissance des plantes médicinales et ouverture d’une pharmacie communautaire. « On y trouve des médicaments moitié moins chers qu’ailleurs, tout en rémunérant la personne qui s’en occupe ». On est loin du système pharmaceutique français. « en montagne il y a des dépôts des 22 médicaments essentiels, contre la diarrhée, les parasites, les fièvres. Les animateurs santé jugent eux-mêmes de la nécessité, ou non, de transporter la personne malade à la ville. S’il le faut, le transport se fait à pied, sur un brancard porté par des hommes. Cela demande des heures ... ».

A part ça, là où il y a l’électricité (produite souvent par des panneaux solaires), les habitants ont la télévision et découvrent, par CNN, le mode de vie à l’américaine. Le choc de deux mondes ...

Marie Billon, Jo Brégeon

Jo Brégeon racontera bien d’autres choses lors du repas partage du CCFD, le 26 novembre 2004 à 19.30 à la Halle de Béré  . Un repas symbolique, avec pain et confiture, sera offert en échange d’une certaine somme d’argent qui servira à financer les projets de développement du CCFD. Contact : 02 40 81 27 79

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