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Colombie

Ecrit le 10 octobre 2000

 Sous prétexte de lutter contre la drogue

La Colombie est l’un des pays où se cultivent « la coca » et l’opium de pavot dont on fait la cocaïne et un certain nombre de drogues illégales. Aucun pays n’a été aussi dévasté par le trafic de stupéfiants que la Colombie. La croissance des foyers de violence et la promotion de sous-cultures basées sur la recherche de l’enrichissement facile, la destruction brutale des forêts et jungles tropicales et la distorsion perverse de l’économie sont quelques-uns des graves dommages que le trafic de stupéfiants a provoqués dans une nation en voie de formation.

Le 3 juillet dernier, le Congrès des Etats-Unis d’Amérique a décidé, avec l’accord du gouvernement colombien, une guerre totale qui prétend éliminer 100 % des cultures dans un délai de cinq ans au moyen d’une combinaison de programmes de développement alternatif, d’éradication manuelle, d’aspersion aérienne d’herbicides chimiques, d’essais d’herbicides fongiques (avec un champignon comme le Fusarium oxyporum). La destruction des laboratoires de traitement des stupéfiants illégaux sur le territoire colombien est aussi programmée, (ce qui est une bonne chose si elle est mise en application !)

Génétique

Mais ce qui inquiète les populations colombiennes c’est la « stratégie de contrôle biologique » car les organismes utilisés peuvent subir des mutations génétiques et attaquer d’autres espèces telles que les cultures alimentaires ou les plantes sylvestres.

Cette inquiétude est si réelle que les Etats-Unis ont refusé d’appliquer, chez eux, dans l’état de Floride où se cultive la Marijuana, un programme analogue étant donnés les risques de mutation et de libération de toxines fongiques potentiellement dangereuses pour les écosystèmes et la santé humaine et animale. Ce qu’on refuse aux USA serait-il bon pour d’autres ?

Le projet qui concerne la Colombie a été dénoncé par plusieurs organisations internationales de défense de l’environnement comme attentatoire à la santé humaine et à la biodiversité. Pour eux, l’éradication manuelle concertée avec les communautés est la seule méthode socio-économique et environnementale sûre, qui ne porte pas atteinte à l’Etat social de droit et qui suscite des processus de participation citoyenne à des projets communs.

Elles pensent aussi qu’il faut « prévenir » la plantation de cultures illicites en appuyant les projets alternatifs intégraux qui utilisent rationnellement la biodiversité et qui suscitent des ressources différentes de celles provenant de l’économie illégale des drogues.


Ecrit le 18 octobre 2006 :

 Michel Neveu en Colombie

Le nord de l’Amérique latine était autrefois peuplés de tribus indiennes : les Chibchas (ou Muiscas), les Taironas et d’autres. Les Espagnols conquirent le pays vers 1500 et y construisirent des colonies. De nombreuses guerres marquent l’histoire de cette région.

 Violences

La Colombie est toujours en proie à la guerre civile, ravagée par des groupes armés aux intérêts divergents.

D’un côté les « para-militaires » au service des grandes puissances financières qui convoitent des terres riches en métaux et pétrole, et des terres susceptibles d’être plantées de palmiers (production d’huile de palme). Près de 80 % des ressources minières et énergétiques du pays (eau, minerais, pétrole, biodiversité) sont concentrées sur les 27 % du territoire national détenus en propriété commune inaliénable par les peuples indigènes colombiens.

D’un autre côté, les FARC, groupe politico-militaire qui déclare représenter les pauvres du monde rural contre les classes riches de la Colombie et s’opposer à l’influence américaine en Colombie, mais qui n’hésite pas à financer ses activités par la prise d’otages (1 600 estimés), l’extorsion, le détournement et la participation directe ou indirecte au marché de la drogue.

La Colombie vit une situation de violence générée à 70 % par les para-militaires, à 20 % par les FARC et à 10 % par l’armée. Une tragédie humanitaire lente et peu médiatisée qui rapporte chaque jour son lot de victimes, d’enlèvements et de combats. Toute opposition sociale sérieuse aux visées des groupes paramilitaires, des FARC ou simplement du gouvernement est pour ainsi dire muselée, voire annihilée. Pire : que ce soit pour le compte des guérillas, des narcotrafiquants, de la classe politique colombienne ou encore pour la santé économique du complexe militaro-industriel américain, la guerre civile semble rapporter actuellement beaucoup trop à ceux qui la font pour qu’une paix durable soit envisagée !

Le pays compte un grand nombre d’habitants : 43.800.000 en 2002, avec un taux de croissance de 1,7 % par an.

Peuple Kankh

Photo : Une femme et un homme du peuple Kankhuamo

60 % de la population a moins de 30 ans !

72 % de la population colombienne est « Métis » issue du métissage entre les colons espagnols, les Indigènes et les Noirs amenés comme esclaves des côtes occidentales d’Afrique aux XVIe et XVIIe siècles.
– Blancs : 19 %
– Noirs : 6 %
– Indiens : 3 % répartis dans les quelque 400 communautés indigènes qui vivent sur les territoires protégés par la Constitution.

... « Territoires protégés » ... en principe car la réalité est tout autre !

Les peuples indigènes représentent 3 % de la population et sont dispersés sur 30 % des terres,. Ils sont victimes d’exactions répétées. Ils sont souvent « priés » de quitter la terre sacrée de leurs ancêtres et, s’ils ne le font pas de leur « plein gré » ils sont victimes de violences, de destruction aérienne de leurs plantations, et d’assassinats.

Michel N

Michel Neveu en Colombie, à la demande de l’ONIC

Ici au village de Valledupar : Camp d’indigènes déplacés d’autorité.

Les peuples indigènes se sont organisés en créant l’ONIC (organisation nationale indigène de Colombie). Celle-ci déclare : « nous regroupons 84 communautés ethnique, de 64 langues différentes. Nous rêvons encore du temps où l’eau, la terre et l’homme étaient frères et où nous vivions en harmonie complète avec notre Mère la Terre. L’équilibre a été cassé, l’Indien a été injurié, la nature violée et nos croyances asservies, cependant dans chacun de nous se maintient allumée une lumière d’espérance qui nous encourage chaque jour à respirer des bouffées de sagesse et à continuer de lutter pour nos principes ».

Le terme « indien » est désormais synonyme d’oppression et d’exploitation, « mais pour nous, Paeces, Wayúus, Sikuanis, Emberas, Guambianos, Tikunas, Nukak, il peut vouloir dire solidarité et union » dit-on à l’ONIC.

Ils rêvent les Indiens ! Sans doute ont-ils raison. Mais combien de temps vont-ils exister ? Une mission internationale, qui s’est déroulée du 19 au 29 septembre 2006, n’hésite pas à écrire : « Depuis la visite du Rapporteur (en 2004), la situation des peuples indigènes de Colombie s’est aggravée à tel point qu’il ne s’agit plus seulement d’une grave crise humanitaire mais bien d’une menace claire d’extinction »

Michel Neveu, maire de Soulvache et Conseiller Général, a participé à cette « Mission de Vérification Internationale sur la situation humanitaire et les Droits humains des peuples Indigènes de Colombie » qui, pour effectuer son travail, s’est rendue dans cinq régions colombiennes. Dans chacune la Mission a eu des entretiens avec les communautés indigènes et leurs organisations, a recueilli des témoignages de personnes dont les droits humains ont été violés ou qui ont subi des violations du Droit International Humanitaire.

En outre, la Mission a participé au Forum National des Femmes Indigènes et a eu accès à des études de cas et à des rapports sur les violations des droits humains des peuples indigènes.

 CONSTATATIONS

Les délégués ont fait état de leurs conclusions, le 29 septembre 2006 :

1.- « Les peuples indigènes (hommes, femmes, enfants et leurs organisations) sont victimes de violences et de crimes de lèse humanité tels que : assassinats politiques, détentions massives et arbitraires, tortures et traitements cruels, disparitions forcées, violations de domicile, diffamations, accusations infondées, barrages permanents et limitations à la mobilité et poursuites judiciaires. Les droits à un procès juste sont également violés ainsi que le respect à l’autonomie, aux coutumes et aux territoires » commente Michel Neveu.

Les mesures mises en œuvre par le gouvernement (réseau d’informateurs, soldats paysans, bataillons de haute montagne, brigades mobiles, escadrons anti-émeutes et groupes d’opérations spéciales) aggravent encore la difficile situation à laquelle doivent faire face les peuples indigènes et leurs territoires.

 Des guérites, des tranchées

2.- Les peuples indigènes souffrent des conséquences de la guerre civile qui ravage le pays.

La Mission a pu observer sur le terrain que « la force publique construit des postes de police et militaires, des guérites, des tranchées et des postes avancés dans les lieux de vie et dans les réserves des indigènes. Elle établit également des barrages militaires et des contrôles au cours desquels les membres de la force publique confisquent des aliments, des médicaments et d’autres produits nécessaires à la survie des peuples indigènes ».

3.- Un processus de démobilisation des groupes paramilitaires est engagé, mais il garantit pas la justice et la réparation des crimes commis par les paramilitaires contre les peuples indigènes qui vivent toujours une situation critique.

Dans plusieurs territoires indigènes, les paramilitaires ne se sont pas démobilisés et continuent à commettre des crimes et à intimider la population. « Dans d’autres cas, les paramilitaires démobilisés ont formé de nouveaux groupes armés et développent les mêmes pratiques que par le passé contre les communautés ».

 Des mégaprojets

4. -. Des mégaprojets sont entrepris dans les territoires indigènes sans consultation préalable ni respect des critères établis par les conventions internationales. Ces projets comprennent :
– l’infrastructure routière, fluviale et maritime,
– l’extraction de minerais et d’hydrocarbures,
– la construction de barrages et de grands projets hydroélectriques,
– le contrôle et l’exploitation de la biodiversité
– ainsi que des projets agro-industriels tels que les monocultures de palme et de caoutchouc.

Colombie9

Ces mégaprojets, outre le fait qu’ils génèrent de graves et irréparables impacts environnementaux, brisent l’équilibre naturel et spirituel que les peuples indigènes ont maintenu depuis des années. Ils déstructurent les territoires, en portant atteinte à la santé, en affectant les cycles de production alimentaire et la vie communautaire des peuples indigènes.

 PREOCCUPATIONS PARTICULIERES

5.- La Mission exprime sa préoccupation particulière concernant les lois récemment approuvées ou qui sont en passe de l’être telles que la loi sur les forêts, la loi sur les eaux et la loi sur le développement rural « qui marquent une régression des droits conquis par les peuples indigènes, généreront une exclusion socioculturelle et une violence accrue et établiront des scénarios d’extinction des peuples indigènes ».

6.- La Mission a pu observer la situation particulière dans les domaines de l’éducation et de la santé des communautés indigènes et manifeste sa préoccupation quant au désintérêt des entités régionales et de l’Etat central et à l’absence de mécanismes de concertation visant à respecter et à appuyer les propositions émanant des communautés indigènes à partir de leur cosmovision, de leurs pratiques traditionnelles, de leur savoir ancestral et de leurs projets en matière d’éducation et de santé propres.

7.- La Mission a entendu d’abondants témoignages sur la situation spécifique des

 femmes indigènes

 : La Mission est hautement préoccupée et dénonce les pratiques de harcèlement, d’abus et de violations sexuels, de mystification et de séduction de femmes et de jeunes filles indigènes de la part de membres de la force publique.

La Mission a recueilli des témoignages faisant état de mineures enceintes sans qu’il existe la moindre responsabilité de la part des militaires et/ou des policiers responsables.

 Défoliants

8.- La Colombie est le pays où l’on épand la plus grande quantité d’herbicides et de défoliants dans le monde. En effet la Colombie est une véritable « usine de cocaïne et d’héroïne » : les Etats-Unis et le gouvernement colombien ont décidé de détruire les plantations illicites de pavot et de coca directement sur le sol colombien en les empoisonnant aux pesticides. comme le paraquat (agent orange utilisé au Vietnam), le glyphosate (Roundup) etc.

Les territoires indigènes sont victimes de ces fumigations, sans consultation préalable des communautés, qu’il y ait des cultures illicites ou non. Les fumigations détruisent les produits alimentaires et ont des effets négatifs sur la santé : dans les régions arrosées, les populations, déjà pauvres et démunies, font face à des taux élevés de cancers et de maladies respiratoires et cutanées.

9. - Les peuples indigènes ont entamé une campagne visant à la « libération de la terre mère » qui est liée à la nécessité et à l’exigence d’un agrandissement de leurs territoires pour assurer leur survie. Mais en réalité, les Indiens sont peu à peu dépossédés de leur terres, et la mort frappe ceux qui défendent le droit à la terre et aux territoires pour les peuples indigènes.

Le gouvernement colombien, malgré les accords signés avec les organisations indigènes, n’a pas mis en œuvre les mesures qui visent à rendre et à titulariser les terres ancestrales qui ont été usurpées aux peuples indigènes.

10. - Est-ce un hasard : la Mission n’a pas pu rencontrer les autorités gouvernementales compétentes : la Vice-présidence, la Direction des ethnies du Ministère de l’Intérieur et le Ministère des Mines et de l’Energie. « Les membres de la Mission interprètent ce fait comme la preuve d’un manque de volonté politique de la part du gouvernement colombien concernant ses obligations de respecter et de protéger les droits des peuples indigènes de Colombie » dit Michel neveu.

 CONCLUSIONS

Depuis 2004, la situation des peuples indigènes de Colombie s’est encore aggravée, à tel point que la Mission évoque la menace de leur disparition. « Le caractère systématique des violations des droits humains, du droit international humanitaire et des crimes de lèse humanité auxquels ont dû faire face les peuples indigènes de Colombie préfigurent un génocide contre ces peuples » .

Uribe est le nom du Président de la Colombie.
Il avait promis d’aider les minorités. Vaine promesse

La Mission a élaboré des recommandations à l’attention du gouvernement colombien, des groupes armés illégaux et des organisations sociales, nationales et internationales afin de protéger les peuples en voie d’extinction, qu’il s’agisse des indigènes ou des communautés afro-colombiennes et paysannes qui vivent des situations similaires à celles des peuples indigènes.

(Pour savoir plein de choses sur la Colombie : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/colombie/)


 L’amour ou le fusil

Sous ce titre le journal Libération du 9 octobre 2006 rapporte la grève d’une trentaine de jeunes femmes des quartiers populaires de la ville de Pereira, qui ont décidé de refuser toute relation sexuelle à leur compagnon, tant qu’il ne déposera pas les armes. Dans l’espoir d’affaiblir les effets de la guerre des bandes dans cette ville qui abrite 80 gangs. Agressions gratuites, représailles, sur fond de drogue : même les gosses de 10 ans fument de « l’herbe » ou du « bazuco » : les réseaux des grands cartels colombiens de la cocaïne ont infiltré la ville et utilisent les groupes d’adolescents sans le sou comme réservoir à dealers et à tueurs.

Mais quelle autre « solution » ont-ils ? « Maçons ou cordonniers, rarement éduqués au-delà du primaire, ils ne trouvent que des petits boulots à la journée, et le
nom du quartier est un stigmate qui pèse à l’heure de l’embauche » écrit Michel Taille
dans Libération.

Peuple Arah
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Maison d’un village dép
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