Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Sous-développement, famine > Rapport sur le développement humain

Pays sous-développés

Rapport sur le développement humain

Ecrit le 28 septembre 2005 :

 Programme des Nations Unies pour le développement
Le compte n’y est pas

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a présenté son Rapport Mondial 2005 sur le Développement Humain (RMDH 2005) aux dirigeants mondiaux à la veille du Sommet mondial 2005 du 14 au 16 septembre.
Ce rapport est une évaluation sévère des coûts humains-des coûts qui se mesurent en millions de vies pouvant être sauvées au cours des 10 prochaines années- si l’on n’atteint pas les objectifs mondiaux adoptés en 2000 pour sortir les peuples de la pauvreté extrême. Il montre que, malgré des progrès importants à l’échelle mondiale, le retard se creuse dans de nombreux pays.

Le Sommet 2005 a raté l’occasion d’évaluer les progrès et de recommander les mesures à prendre en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) formulés dans la Déclaration du Millénaire adoptée à l’unanimité par les dirigeants mondiaux au cours du Sommet du Millénaire des Nations Unies en 2000.

 Les Objectifs du Millénaire pour le Développement

Les OMD reposent sur les engagements pris (0,7 % du PIB des États « riches ») :

pour réduire de moitié l’extrême pauvreté,
réduire des deux tiers la mortalité infantile,
scolariser tous les enfants dans l’enseignement primaire d’ici à 2015.

 Le bilan du développement humain

Il est en amélioration, mais trop lentement pour atteindre les Objectifs du Millénaire :

50 pays représentant une population de près de 900 millions d’habitants reculent par rapport à au moins un des objectifs.

65 autres pays représentant une population de 1,2 milliard d’habitants risquent de ne pas réaliser au moins un des OMD avant 2040. Autrement dit, il est possible qu’ils ratent la cible sur une génération entière.

L’objectif de réduction de la pauvreté : En 2015, d’après les tendances actuelles, 827 millions d’habitants vivront dans la pauvreté extrême-380 millions de plus que si l’objectif adopté à l’échelle internationale était atteint. De plus, 1,7 milliard d’habitants vivront avec 2 dollars par jour.

L’objectif de réduction de la mortalité infantile de deux tiers : D’après les tendances actuelles, l’objectif de réduction des décès d’enfants de moins de cinq ans sera atteint en 2045 et non en 2015.

L’objectif d’universalisation de l’enseignement primaire : En 2015, 47 millions d’enfants ne seront toujours pas scolarisés.

L’objectif d’améliorer l’accès à une eau potable salubre et à des installations sanitaires : Au lieu de réduire de moitié la proportion de la population privée d’accès à l’eau potable, si les tendances actuelles se poursuivent, 210 millions de personnes n’auront toujours pas accès à l’eau potable en 2015. Plus de deux milliards de personnes n’auront pas accès à des installations sanitaires appropriées.

Les pays de l’Afrique subsaharienne sont les plus touchés.

  Les inégalités extrêmes ralentissent le progrès

Le Rapport attire l’attention sur l’inégalité des richesses mondiales : 40 % des populations les plus pauvres-soit 2,5 milliards de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour-représentent à peine 5 % du revenu mondial.

Il met en lumière l’interaction entre les inégalités liées au revenu, aux divisions rurales-urbaines, à l’ethnicité et au sexe. Ainsi, en Inde, le taux de mortalité infantile chez les enfants âgés de un à cinq ans est deux fois plus élevé chez les filles que chez les garçons.

La tiers-mondialisation des Etats-Unis

Le Rapport 2005 sur le développement humain n’épargne pas les États Unis. En termes globaux, le pays poursuit normalement son développement : une population en meilleure santé, mieux éduquée et plus riche. Mais, si l’on distingue les groupes sociaux, alors les minorités régressent de manière spectaculaire.

« Les indicateurs de santé publique aux États-Unis sont biaisés par des inégalités profondes liées au revenu, à la couverture par l’assurance santé, à la race, à l’origine ethnique, à la situation géographique et -ce qui est grave- à l’accès aux soins (...)

Les tendances au niveau de la mortalité infantile sont effarantes. Depuis 2000, la baisse de la mortalité infantile s’est d’abord ralentie et ensuite inversée ». Le taux de mortalité infantile des Afro-Américains de la capitale Washington est descendu au niveau de celui des Indiens du Kerala.

« Les États-Unis sont le seul pays riche qui ne possède pas de système de sécurité sociale universelle ».

Taxation perverse

Le Rapport dénonce ce qu’il appelle « la taxation perverse » en vertu de laquelle les pays les plus pauvres du monde sont soumis aux tarifs douaniers les plus élevés dans les pays riches.

Les pays donateurs dépensent un milliard de dollars par an pour l’aide agricole aux pays en développement et un milliard de dollars par jour pour des subventions nationales qui mettent en danger les agriculteurs les plus pauvres du monde.

Le PNUD épingle notamment les subventions versées par les pays riches à leur agriculture, qui « leur permettent de garder un quasi-monopole sur le marché mondial des exportations agricoles ».« Les pays en développement perdent environ 19,7 milliards d’euros par an en raison du protectionnisme agricole et des subventions » pratiqués par les pays riches.

Le PNUD cite par exemple les producteurs européens de sucre : « Payés quatre fois plus que le prix mondial , [ils] ont provoqué la chute des prix mondiaux et infligé un manque à gagner de 494 millions de dollars au Brésil et de 151 millions de dollars à l’Afrique du Sud. »

Selon le rapport, les effets des mesures agricoles protectionnistes et des subventions dans les pays riches coûtent aux pays en développement près de 72 milliards de dollars par an-ce qui correspond au montant total de l’aide publique en 2003... !

Les conflits armés

Ils sont une entrave au développement. La grande majorité des pays dans la catégorie « faible » du développement humain-22 sur 32 d’après le Rapport-ont connu des conflits violents depuis 1990.

« L’interdépendance entre la pauvreté et la guerre dans de nombreux pays en développement coûte d’innombrables vies humaines ».

Des progrès

Au cours des 15 dernières années, les habitants des pays en développement sont en moyenne en meilleure santé, mieux éduqués et moins pauvres-et ils ont également beaucoup plus de chances de vivre dans une démocratie multipartite.

L’espérance de vie dans les pays en développement a augmenté de deux ans et l’on compte deux millions de décès d’enfants de moins chaque année. Dans le même temps, 30 millions d’enfants supplémentaires sont scolarisés et plus de 100 millions d’habitants sont sortis de la pauvreté extrême.

Depuis 1995, 1,2 million de personnes ont eu accès à une eau potable salubre, et le taux d’alphabétisation dans les pays en développement a augmenté de 70 à 76 % au cours de la dernière décennie, d’après le Rapport.

Peut mieux faire

Plus d’aide, de réformes commerciales en faveur des pauvres et le maintien de la paix à long terme sont des éléments vitaux pour éradiquer l’extrême pauvreté.

L’aide promise n’atteint pas toujours les 0,7%.Certains états sont vertueux ; d’autres ...

Mais actuellement, l’ONU semble en crise : l’Union Européenne est désunie, les Etats Unis en difficulté en Irak...

« Ce qui manque c’est le souffle » commente un ambassadeur.

R. le Gall

Autres articles

Aide au Tiers-Monde

Ascadé


NOTES:

PNUD : programme des Nations Unies pour le développement
RDMH : rapport mondial sur le développement humain
OMD : objectifs du Millénaire pour le développement