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Proche-Orient, Jérusalem, histoire

Ecrit en novembre 2000

 Nous sommes inquiets

Nous sommes inquiets des affrontements entre Palestiniens et Israéliens. Jets de pierres d’un côté. Riposte d’armes lourdes en face. Le petit Mohamad El Dirah mitraillé par les Israéliens aux côtés de son père. Deux soldats Israéliens, massacrés par une foule de Palestiniens. Plus de 100 morts Palestiniens en 15 jours. Ehoud Barak fait appel au pire des faucons, Ariel Sharon, pour entrer dans son gouvernement. Yasser Arafait libère les extrémistes du Hamas. La paix en cette région, (la paix dans le monde ?) ne tient plus qu’à un fil. L’accumulation des haines, d’un côté et de l’autre compromet les chances d’un accord entre ces deux peuples qui se disputent la même terre. Avec des retombées directes en France où des actes à caractère antisémite ont été perpétrés en divers points du territoire, sans que l’on sache d’ailleurs qui en sont les auteurs : ceux qui veulent semer la pagaille, ou monter les communautés juives et musulmanes l’une contre l’autre, et ceux qui, dans l’extrême droite, ont intérêt à exciter les antagonismes.

Lionel Jospin et Jacques Chirac ont lancé un appel au calme et à la raison. « Nous ferons preuve de la sévérité la plus grande à l’égard de tous ceux qui pourraient perpétrer des actes de violence, tenir des slogans racistes ou antisémites », a déclaré le premier ministre.

« Nous sommes déjà suffisamment inquiets par la flambée des passions au Proche Orient pour que celle-ci ne concerne pas notre pays », a poursuivi le Premier Ministre, jugeant « absolument indispensable que nous vivions dans le respect des valeurs de la République ».

Les responsables des grands courants religieux de France ont appelé, de leur côté, à la responsabilité et à la maîtrise.

Ne nous y trompons pas, le conflit au Proche-Orient n’est pas un conflit religieux même si la concentration des Lieux Saints (réels ou mythiques) communs au catholicisme, au judaïsme et à l’Islam, complique les choses. Le conflit est politique, il porte sur l’étendue d’un Etat Palestinien à créer, sur les colonies juives, sur le retour des réfugiés palestiniens partis ou chassés de leurs foyers en 1948 et 1967.

Bien sûr, il existe des extrémistes religieux dans les deux camps qui essaient de se lancer dans une guerre de religions, bien sûr il y a eu des dérapages à connotation religieuse, mais la colère des Palestiniens n’est pas antijuive, elle est anti-israélienne, elle vise à dénoncer les conditions qui leur sont proposées pour une paix avec l’Etat d’Israël.

Espérons que le sommet israélo-palestinien de Charm-el-Cheikh puisse au moins calmer les esprits, et mettre fin aux actes de violence.

Avec l’espoir d’une reprise des négociations de paix durable et juste

BP  


 Jérusalem

A qui appartient cette ville ? Le mensuel « Sciences et Avenir » de décembre 2000 retrace l’histoire de cette ville créée au IVe millénaire avant J.C. Un document essentiel pour comprendre les enjeux actuels.


Ecrit en novembre 2000 :

L’information

Une fois de plus, comme au moment de la Guerre du Golfe (1991), comme au moment de la guerre au Kosovo, se pose le problème de l’information. Qu’est-ce qui est vrai, qui manipule qui ? Dans quel but ?

C’est Télérama, du 25 octobre 2000 qui pose le mieux le problème. Rappelez-vous : d’un côté la mort en direct d’un enfant palestinien le 30 septembre à Gaza. De l’autre, toujours en direct, le lynchage de deux soldats israéliens le 12 octobre à Ramallah. Effrayante symétrie des images d’un conflit fratricide, armes visuelles utilisées d’un côté comme de l’autre pour entretenir la haine. Fausse symétrie : 2 morts du côté Israéliens, 145 morts du côté Palestinien sans compter les milliers de blessés, Palestiniens eux aussi.

En France, les images de Gaza et Ramallah ont choqué les téléspectateurs, mais le temps passe et les émotions s’émoussent. Le conflit israélo-Palestinien ne fait plus guère la une des quotidiens. La vache folle, le procès du dopage, le conflit en Côte d’Ivoire, l’aéroport de Notre Dame des Landes voire la victoire des Canaris, une tentative d’évasion à la prison de Nantes et d’autres événements (ou non-événements), font les plus gros titres de la presse quotidienne régionale, chassant déjà de notre mémoire la vision du conflit au Proche Orient. On en garde des images chocs mais les morts quotidiens (Palestiniens) rejoignent l’oubli des massacrés d’Algérie ou de Tchétchénie.

Pour le sociologue juif Daniel Dayan, interviewé par Télérama, la télévision française donne une vision manichéenne du conflit, en montrant les extrémistes des deux bords, « alors que le vrai clivage oppose, en Israël comme chez les Palestiniens, les extrémistes aux partisans de la paix ».

L’info manichéenne

Au Proche-Orient, l’information est encore plus manichéenne. Télérama publie un document intéressant montrant comment un quotidien juif « Ha’aretz » (la Terre), est le seul journal israélien qui ose présenter le point de vue de « l’adversaire » au risque d’affronter son propre lectorat. Le chroniqueur politique de ce journal, commente : ¨« Quand plane le spectre de la guerre, (...) on attend du journaliste israélien, au minimum, une « impar-tialité ..... pro-israélienne » .

Or Ha ’aretz a le courage de publier, depuis des années, des articles décrivant, au jour le jour et sur le terrain, la politique d’apartheid dont sont victimes les Arabes sous la coupe israélienne non sans provoquer des conflits avec les lecteurs : « Sale traître, ton journal n’a rien de juif » ou même au sein de la rédaction du journal.

A côté, les deux chaînes de télévision israéliennes ont renoncer à tout souci d’équilibre. D’après Télérama, « sur la première chaîne (publique), le commentateur chargé des affaires arabes, délivre un message unique : il n’y a plus de partenaire pour la paix, il n’y a plus d’issue pacifique possible ». Du coup, l’audience de la télévision augmente « On me montre les courbes ascendantes d’audience et je prends cela comme un compliment » dit le journaliste de la télévision.

Cette guerre médiatique fut d’abord une guerre de mots car, la grande majorité des victimes se trouvant du côté palestinien, aucune image ne pouvait étayer les commentaires qui disaient « les Palestiniens sont en train de nous massacrer ». Le lynchage de Ramallah fut alors pain bénit pour les Israéliens extrémistes.

Les Palestiniens ont du mal à exister

Pourtant les efforts de ceux qui refusent la logique de guerre se multiplient de tous les côtés. Le fait qu’un accord, même fragile, ait pu être signé à Charm-el-Cheikh, entre Yasser Arafat et Ehoud Barak, (même s’il est pour l’instant « suspendu ») est un (mince) signe d’espoir, à condition qu’on n’en reste pas à la situation actuelle du pays : un « pays » palestinien fragmenté, sans continuité territoriale, au sein d’un pays israélien ; un manteau d’Arlequin provoquant des frictions perpétuelles pour passer d’une zone arabe à une autre zone arabe. Les accords d’Oslo ont planifié l’isolement des Palestiniens dans deux poches séparées (Gaza et Cisjordanie), entourées de frontières qu’Israël contrôle grâce aux colonies de peuplement et aux routes qui encerclent ces parcelles. En Cisjordanie, des colonies juives extrémistes, le plus souvent férocement anti-arabes se sont installées. D’implantation très récente pour certaines, elles ont une lourde responsabilité : protégées par de multiples barrages militaires, elles empoisonnent de façon quotidienne la vie des Palestiniens.

Même l’intégration de la minorité Arabe vivant en Israël a échoué : les Arabes israéliens doivent constamment prouver leur loyauté, 92 % d’entre eux sont nés en Israël, ils font leurs études en hébreu, ils travaillent en hébreu mais ils restent victimes d’une discrimination totale accompagnée parfois d’humiliation, ils ont pourtant fermement l’intention de rester citoyens israéliens, tout en ayant maintenu des liens profonds avec « l’ennemi » : leur propre peuple vivant de l’autre côté des frontières.

Ainsi, qu’ils soient en Israël ou aux portes d’Israël, les Palestiniens ont bien du mal à exister. L’histoire nous dit que, quoi qu’il arrive, le peuple palestinien ne sera pas vaincu. Dans son livre « La question de Palestine » cité par Politis du 19 octobre 2000, Henry Laurens remonte dans l’histoire jusqu’aux révoltes de 1811 et 1834, décrivant cette région comme perpétuellement insoumise, quel que soit l’occupant : ottoman, égyptien, britannique et maintenant israélien.

La démographie nous dit aussi que la population Palestinienne ne cesse de croître et que la disproportion avec les Israéliens se fait au bénéfice des premiers. Comme en Afrique du Sud, l’apartheid ne pourra pas durer éternellement.

Mais qui fera la paix ? Le sommet de la Ligue arabe, les 20-21 octobre 2000, a soutenu financièrement les familles des victimes palestiniennes et condamné, symboliquement, la politique d’Israël, mais n’a pas appelé à la Guerre Sainte comme l’espéraient les extrémistes (la Lybie en particulier). Cette modération suffira-t-elle à résoudre le problème du proche Orient ?

Ce qu’il faudrait c’est un dirigeant israélien capable de tenir tête aux colons israéliens (comme De Gaulle tint tête aux Pieds-Noirs) et un dirigeant Palestinien capable de défier les radicaux de son parti. Et surtout qu’Israël comprenne qu’il n’est pas pensable de ne laisser aux Palestiniens que le choix entre une paix aux conditions israéliennes et la guerre. L’ONU, l’Europe et les Etats-Unis se montrent, là encore, incapables d’aider à régler le problème. Le gâchis.

Mais Ehoud Barak l’israélien cherche à faire rentrer dans son gouvernement le faucon Ariel Sharon et Yasser Arafat, vieilli, ne peut sans doute plus contrôler ses Palestiniens, d’autant plus qu’il n’a rien à leur offrir en compensation : ni la fin du bouclage et du blocus qui les étouffe, ni la fin des empiètements de l’armée sur les territoires autonomes.

Ehoud Barak n’ pas réussi à faire alliance avec le faucon Ariel Sharon, et c’est une bonne chose, mais il n’a pas encore compris qu’il ne pouvait pas imposer aux Palestiniens le choix entre une paix aux conditions israéliennes et la guerre. L’ONU, l’Europe et les Etats-Unis se montrent, là encore, incapables d’aider à régler le problème.


Relevé dans le Courrier International (de Ha’Aretz de Tel-Aviv) sous le titre « vers une ségrégation totale » le jugement suivant : « Pour la plupart des Israéliens, les Palestiniens sont irréels et aussi légers que l’air . Le Chef du Likoud Ariel SHARON, ne s’est pas rendu sur le mont du temple pour provoquer les Palestiniens, mais pour les ignorer. Il a fait cela uniquement pour des raisons de politique intérieure, sans prêter attention à ce que cela susciterait chez eux.

Pour beaucoup de Palestiniens, cette indifférence est pire que la provocation ou l’humiliation. Israël exige qu’ils étudient la Shoah et comprennent les motivations des juifs, mais le sort et l’Histoire des Palestiniens n’ont aucun intérêt pour l’Israélien moyen. Pour une écrasante majorité d’Israéliens, de gauche comme de droite, la solution idéale est la hafrada (séparation, ségrégation) afin que les Palestiniens ne leur empoisonnent plus l’existence. Outre ses relents racistes, cette solution est impraticable ». En somme pour SHARON et le plus grand nombre des gens d’Israël, les Palestiniens sont des ectoplasmes !


(écrit le 25 novembre 2000)

Le Comité Palestine-Châteaubriant a tenté, vendredi 17 novembre, de favoriser, à son niveau, une rencontre entre Israéliens et Palestiniens, pour permettre aux castelbriantais de mieux connaître ce qui se passe là-bas. Du point de vue de la Paix, cette soirée fut un échec : d’un côté comme de l’autre, on s’est renvoyé les morts de cette guerre qui ne porte pas son nom, les attentats, les échanges de pierres et de mitraille. L’incompréhension était manifeste : les deux interlocuteurs n’étaient d’accord sur rien, même pas sur l’histoire et les castelbriantais assistaient, désolés, à la manifestation de cette incompréhension qui semble sans limite.

Du point de vue de l’information, la soirée a quand même eu son utilité : celle de faire toucher du doigt la réalité d’un conflit qui, sur le terrain, semble sans issue.

 Revenons un peu sur l’histoire.

L’histoire ancienne : c’est en l’an 70 que l’Etat Juif disparut de cette terre, la Palestine, qui avait été la Terre Promise des Hébreux. De nombreux Juifs émigrèrent alors, mais un certain nombre d’entre eux purent se maintenir assez librement jusqu’au début du IVe siècle dans ce territoire contrôlé par les Romains. La conversion de l’empereur romain, Constantin, au christianisme, inaugura une ère de persécution des juifs et accéléra leur départ de la Palestine. Cependant, les Juifs pieux conservèrent, de génération en génération, l’espoir de retrouver la terre de leurs ancêtres, d’autant plus que se produisaient, périodiquement, des persécutions anti-juives, dans de nombreux pays.

Peu à peu des juifs installèrent des colonies en Palestine, subventionnées par la Banque Coloniale juive et le Fonds National Juif. En 1910 fut fondée, à côté de la vieille cité arabe de Jaffa, la ville nouvelle, juive, de Tel Aviv où des écoles primaires et secondaires furent ouvertes, en hébreu. En 1914, la population juive atteignait 14 % de la population totale.

Lord Balfour

C’est alors, au cœur de la Première Guerre Mondiale, que l’Anglais Lord Balfour, le 2 novembre 1917, annonça que l’Angleterre, qui approchait de Jérusalem, favoriserait après la guerre « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif » à condition que ne soit porté aucune atteinte aux droits des Arabes.

Cette déclaration, assez contradictoire, relevait uniquement de la propagande puisque, au même moment, l’Angleterre multipliait les promesses aux Arabes pour les entraîner à la révolte contre les Ottomans (Turcs).

Lord Balfour prétendit par la suite qu’il entendait se limiter à un « foyer juif » mais les sionistes comprirent « Etat Juif ». Aussi, dès 1921, le territoire étant sous protectorat britannique, la déception fut forte d’un côté comme de l’autre et les premiers heurts sanglants entre Juifs et Arabes se produisirent en 1921.

Le Fonds colonial Juif, par la suite, continua à acheter des terres en Palestine, à bas prix (les Arabes étaient pauvres) et c’est dès 1909 que naquirent les premiers Kibboutz. Avec le soutien financier du judaïsme mondial, le fossé s’agrandit entre les colons juifs, riches et entreprenants, fermés sur eux-mêmes, et les Arabes mi-
sérables qui les considéraient comme des intrus et des colonisateurs étrangers.

L’arrivée d’Hitler au pouvoir provoqua une vague d’émigration des Juifs vers la Palestine, vite limitée par les Anglais. L’affaire de l’Exodus (été 1947), dont les passagers juifs furent réembarqués et ramenés en Allemagne, porta les passions à leur comble.

L’ONU, à deux voix près

C’est alors que le conflit fut porté devant les Nations Unies. A deux voix près, obtenues in extremis (en échange d’avantages économiques et financiers), le vote aurait pu faire basculer l’Histoire dans une tout autre direction. L’ONU, prenant l’une des décisions les plus graves de sa toute jeune histoire, émit ce qui, à première vue, pourrait s’apparenter à la tradition biblique du « jugement de Salomon » : deux peuples se disputent la terre de Palestine ? qu’ils en aient chacun un bout...

La création de ce qui est devenu l’Etat d’Israël apparut d’abord aux opinions d’Europe et d’Amérique comme une décision légitime et nécessaire après l’Holocauste nazi. Le soviétique Andreï Gromyko, fit, à sa façon, la même analyse.

Mais les habitants arabes, majoritaires en Palestine, eurent le sentiment que les Occidentaux payaient leurs dettes morales sur leur dos, alors qu’ils n’avaient rien à voir avec l’horreur de l’Holocauste, « affaire d’Européens ».

La formule choisie par l’ONU - deux Etats, une union économique et douanière, une internationalisation des lieux saints de Jérusalem - avait tout, sur le papier, de la solution idyllique, ouvrant la voie à une coexistence pacifique. Dans la réalité, elle ouvrit un conflit, dont nous ne sommes toujours pas sortis, dès lors que deux nationalismes se sont mis en branle, non sans légitimité l’un comme l’autre, pour revendiquer la même terre.

Deux fois et demie plus nombreux que les Juifs, les Arabes n’obtinrent que 43 % de la Palestine . Pour la première fois depuis les croisades, ils perdirent le contrôle de Jérusalem, troisième lieu saint de l’Islam.

Quant aux juifs ils n’acceptèrent pas le partage de la Palestine, ils voulaient toute la Palestine. Menahem Begin répéta que « la patrie est indivisible. [...] Quiconque ne reconnaît pas notre droit à la patrie tout entière ne reconnaît pas notre droit à l’une des parcelles qui la constituent ». Ses hommes multiplièrent les actes de terreur contre les forces britanniques et la population arabe.

Pour la Palestine, le cycle de la violence ne faisait que commencer.

Ha’Aretz

50 ans plus tard, malgré des tentatives de conciliation, et des « gestes de paix », le conflit est toujours aussi brûlant. Les accords d’Oslo, qui avaient fait naître l’espoir, ont profondément déçu les Palestiniens.

Amira Hass (1), journaliste israélienne, correspondante du journal israélien Ha’Aretz (La Terre), qui vit dans les territoires palestiniens, raconte l’occupation des territoires par les israéliens, les punitions collectives, les fouilles, les mères qui cherchent du lait pour leurs enfants quand il est interdit de sortir, et les mille petites humiliations qui sont le lot de l’occupé, celles qui, accumulées, engendrent le désespoir et la révolte. (Lire à ce sujet Le Monde du 22 novembre 2000)

« Ah qu’il est naturel pour nous Israéliens, que 40 000 personnes soient soumises au couvre-feu intégral durant plus d’un mois à Hébron, pour protéger la vie et le confort de 500 juifs. Que les écoliers y soient enfermés nuit et jour quand les enfants juifs se promènent librement. Qu’une mère palestinienne doive supplier le soldat de l’autoriser à aller chercher un médicament pour son fils asthmatique. Qu’il est évident que les snipers israéliens ouvrent parfois le feu sur des habitations, que les colons détruisent les vitres et les pneus des voitures de Palestiniens dans le seul but de montrer qui est le boss ici. Qu’un Palestinien ait besoin d’un permis spécial pour se déplacer à Jérusalem ou à Gaza quand les Juifs roulent librement sur des routes construites spécialement pour eux sur des terres de Palestiniens expropriés. Qu’en été l’eau soit rationnée pour les Palestiniens, quand les colons en ont à satiété. Ah ! Qu’il est facile de voir les Palestiniens comme des gens cruels et violents, et d’ignorer notre propre cruauté depuis trente-trois ans. »

C’est tout cela qu’il aurait fallu dire le 17 novembre à Châteaubriant, pour montrer que le quotidien des Palestiniens empire ; pour faire comprendre l’intifada, la colère des gosses qui se battent à jets de pierres contre les avions et la mitraille israélienne.

Amira Hass est fille de résistants communistes de la dernière guerre. Son père a été survivant d’un ghetto « liquidé » de Roumanie. Sa mère a été déportée à Bergen Belsen. Elle-même se définit comme culturellement juive, sociologiquement israélienne. Si elle décrit la vie des Palestiniens, c’est pour réveiller l’opinion publique israélienne (sans se faire trop d’illusions).

Dossier historique : http://radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/israel/index.htm

[A propos du film : O Jérusalem- >http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2006-10-20-O-Jerusalem]

Vidéo Palestine/Israël : histoire d’une terre
– http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=21537