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Proche Orient : contre l’oppression

(écrit le 26 janvier 2002)

Des combattants israéliens se dressent contre l’oppression imposée aux Palestiniens

Tandis que les Etats-Unis ne cherchent qu’à accuser Yasser Arafat de renforcer la terreur contre Israël, tandis que l’Europe se tait, tandis que l’ONU est incapable de faire appliquer ses résolutions, des réservistes israéliens font savoir dans une pétition, qu’ils refusent de participer à « l’oppression » des Palestiniens

Ce texte, publié par la presse du 25 janvier 2002, constitue un véritable appel au refus de servir dans les territoires palestiniens.

« Nous continuerons à servir dans l’armée quand il s’agira de défendre l’Etat d’Israël mais pas dans des tâches d’oppression et d’occupation des Palestiniens », écrivent ces militaires de réserve. Les cinquante-deux contestataires signent de leur nom et précisent leur grade, de soldat deuxième classe à lieutenant. Ils appartiennent presque tous à des unités combattantes, notamment de parachutistes, de blindés et d’unités d’infanterie d’élite.

En préambule, ils soulignent leur attachement au « sionisme et à l’Etat d’Israël » et affirment avoir « toujours servi en première ligne pour la défense du pays ».

« Les territoires (Cisjordanie et bande de Gaza) ne font pas partie d’Israël et en fin de compte les colonies juives qui y ont été établies seront démantelées. Nous ne continuerons donc pas à nous battre pour elles », poursuivent les signataires.

« Nous ne continuerons pas non plus à nous battre au-delà de la ligne verte (entre Israël et les territoires palestiniens) dans le but d’opprimer, d’expulser, d’affamer et d’humilier un peuple tout entier », souligne le texte.

« On m’accusera de saper le moral de l’armée, mais l’armée sape mon moral. Je ne suis plus prêt à me taire davantage. Oui, l’armée commet des crimes de guerre », explique le sergent-chef de réserve Amir Bar-Tzedek, dans une interview au journal Yediot Aharonot.

Ce quotidien présente également le témoignage du lieutenant de réserve Chouki Sadeh : « J’ai servi au Liban, j’ai servi dans les territoires (palestiniens) et personne ne pourra me dire que je suis un dégonflé et que j’essaie de me défiler. Mais je me suis réveillé et je sais que dans 10 où 20 ans les gens se demanderont avec honte ce qu’ils ont fait », confie-t-il.

« Nous avons été envoyés pour protéger des colons de la colonie de Tapouah en Cisjordanie, alors qu’il lançaient des pierres contre des voitures palestiniennes », témoigne de son côté le sous-lieutenant de réserve Yishaï Sagui.


(écrit le 26 janvier 2002)

Le nouvel antisémitisme.

Décidément, on parle beaucoup d’antisémitisme ces jours-ci.(1) Le gouvernement d’Ariel Sharon se permet d’affirmer que « la France est le pire des pays occidentaux en matière d’antisémitisme » et se dit prêt à accorder une aide financière aux juifs français désirant fuir les persécutions et venir s’installer en Israël.

Il faut bien entendu dénoncer sans relâche l’antisémitisme. Mais lequel ?

Lorsque Begin traitait les Arabes (qui sont des sémites) de « bipèdes », c’était inacceptable, c’était raciste, c’était antisémite et pourtant on n’a pas, à l’époque, entendu la moindre protestation, ni en Europe, ni en Amérique, ni en Israël.

Lorsque Rafael Eytan, militant tshahalien, comparait les Arabes à des cafards, cette odieuse manifestation d’antisémitisme ne lui fut reprochée par personne (sauf par les cafards en question, mais qui écoute ces sales bestioles ?).

Lorsque Joseph Ovadia, guide spirituel des sépharades, affirma que les Arabes étaient pires que les animaux et que Dieu s’était repenti de les avoir créés, ces déclarations ont provoqué quelques remous, mais Ovadia n’a pas été inquiété par la justice de son pays, à croire qu’Israël ne dispose pas d’une législation réprimant l’antisémitisme.

Le ministre Zeev prônait depuis des décennies l’expulsion de tous les Sémites palestiniens d’Israël : tous des poux, selon sa propre expression. Avant qu’il ait pu gazer les poux, ceux-ci lui firent la peau. Que croyez-vous qu’il arriva ? On fit à l’antisémite Zeev des funérailles nationales.

Son ami Sharon fait tirer impunément sur des enfants sémites et utilise des F-16 pour bombarder les huttes où cette sale engeance se terre.

Quant à l’antisémitisme d’Hollywood, qui le dénonce ? Autrefois, le méchant était l’Indien, mais, depuis que les Native American votent et ont des avocats, le méchant est devenu le sémite, coiffé d’un turban ou d’un keffieh, et qui n’a que deux objectifs dans la vie : violer la femme blanche et poser des bombes un peu partout. Qu’un antisémitisme aussi primaire rapporte des milliards de dollars à l’industrie du film américain justifie amplement la notion d’exception culturelle française. Au moins les réalisateurs français (et leur public) ne s’abaissent pas à cela.

L’antisémitisme, dont le cœur est à New York, est puissant et immensément riche. Le combat sera donc long et difficile. L’antisémitisme était odieux et dangereux quand il s’attaquait aux Juifs, autrefois. Aujourd’hui que des millions de racistes américains ou israéliens s’attaquent aux sémites arabes, la lutte contre l’antisémitisme est plus que jamais nécessaire.

FOUAD LAROUI

Extrait du journal tunisien « Jeune Afrique-l’Intelligent » du 22 au 28 janvier 2002


NOTES:

(1) les Sémites sont un groupe ethnique originaire d’Asie occidentale et parlant des langues apparentées. Les Arabes sont des Sémites. Certains Juifs aussi.