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Proche orient : attenta à Tel Aviv

Ecrit le 15 janvier 2003 :

Attentat à Tel Aviv
un crime contre la paix

Le MRAP (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) condamne avec la plus grande fermeté le double attentat perpétré le 5 janvier 2003 à Tel Aviv. « Une fois encore des civils ont été arrachés à la vie, des dizaines de blessés resteront marqués à jamais par ces ennemis de la paix aux agissements aveugles et criminels. Alors que pour la première fois depuis longtemps il est proposé aux électeurs israéliens de se prononcer pour des initiatives de paix, ces attentats ne peuvent que désespérer les partisans israéliens de la paix et tous ceux qui luttent pour une solution politique et juste du conflit. »

« Alors aussi que l’autorité palestinienne et son président ont condamné ce double attentat, il est le prétexte à des représailles, des destructions, à la répression contre des civils palestiniens : le MRAP ne peut que condamner cette spirale de la violence. »

« Le MRAP demande une fois de plus aux autorités françaises et européennes de prendre des initiatives hardies en faveur de la paix, de la justice, du droit et de la coexistence. Parce que ce qui se passe au Moyen Orient nous concerne directement, ici, en France où ces mêmes ultras de tout bord, cherchent à importer ce conflit. » (communiqué)

Attentat à Paris

Le rabbin Gabriel Farhi, qui officie dans une synagogue parisienne, a été en quelques jours la cible de deux étranges agressions. Il a reçu un coup de couteau, heureusement sans gravité, le 3 janvier 2003, d’un homme casqué qui était entré dans la synagogue. [L’agresseur a crié, selon le témoignage du rabbin, « Allah Akbar » avec un accent français]. Trois jours plus tard la voiture de M. Fahri a été brûlée le 6 janvier dans le parking de son immeuble (aucune autre voiture n’a été incendiée). Le rabbin Farhi, membre du Mouvement Juif Libéral de France, est connu pour être un partisan du dialogue isaraélo-palestinien. Une fois l’an, sa synagogue accueille des musulmans qui y récitent des sourates du Coran. Les ennemis de ce dialogue sont nombreux et de tous horizons.


Comme chaque jour ...

(Message de Claude Léostic du 6 janvier) : Hier, l’attaque suicide meurtrière à Tel-Aviv, au moment où les pourparlers du Caire envisageaient la trêve d’opérations de ce genre, laissait craindre une réaction violente du gouvernement Sharon. Netanyaou, Mofaz et leurs affidés réclamaient encore une fois de se débarrasser du président Arafat. Sharon, en campagne électorale, jouait le modéré. Mais à Naplouse, d’où seraient venus les meneurs de l’attentat, les chars réinvestissaient la ville et le couvre-feu aujourd’hui y est total.

Hier cependant les Palestiniens avec une centaine d’Internationaux y ont mené une belle opération. Armés de pioches et pelles puis avec l’aide de bulldozers, ils ont réussi à démolir le barrage qui depuis des mois empêchait l’accès à la ville en venant de l’Est. De même la population de Naplouse avait réussi à abattre il y a une quinzaine de jours la porte métallique érigée par les Israéliens, qui barrait l’autre rue accédant au centre et qu’on ne leur ouvrait qu’au bon ( !) vouloir des soldats. Deux victoires contre l’Occupation qui empêche Naplouse de vivre depuis des mois.

Mais à Gaza les hélicoptères ont encore porté la destruction et la terreur tandis que les chars entraient une fois de plus à Rafah.

Hébron est exsangue, bouclée, soumise à la haine de colons meurtriers. Hier comme avant-hier, à Bethléem, les jeeps parcourent les rues jonchées de débris, de verre et de pierres mais déjà désertées. Le couvre-feu qui devait être levé a été réinstauré.

Et aujourd’hui, à Ramallah où j’ai dû rester alors que je devais me rendre à Naplouse, inaccessible, tout à coup dans une rue tranquille, une scène banale et terrifiante : 4 grosses jeeps remontent la rue et s’arrêtent devant un grand bâtiment moderne, de bureaux et logements. Sur les trottoirs, les gens qui vaquaient paisiblement à ce que l’Occupation leur laisse de vie, se mettent à courir. On sait trop bien les risques quand les soldats viennent, gaz et balles sont monnaie courante. Six autres jeeps, plus petites, ordinaires derrière leur grillage, les rejoignent et bloquent la rue et celle, plus bas, derrière le bâtiment, sous mes yeux. Les soldats israéliens lourdement armés en sortent en courant, certains se postent dans les encoignures de portes proches. Je m’attend au pire, mais tout se passe vite et sans résistance, les Israéliens ressortent avec des hommes ligotés et les yeux bandés, 5 ou 6, et les embarquent dans les jeeps sous les yeux résignés des rares passants coincés à proximité. Le pire n’a donc pas eu lieu. Jour ordinaire.

Soudain la mort

Le pire c’est ce qui s’est passé fin décembre, en plein centre de Ramallah, en période d’affluence, en fin de matinée.

Une voiture palestinienne, des hommes en keffieh en sortent et soudain la mort : ce sont les services spéciaux israéliens, camouflés et bientôt rejoints par leur contrepartie en uniforme, qui tuent deux hommes. L’un « recherché » est abattu et l’autre qui s’était déjà rendu, achevé au sol. Dans la foule dense qui s’égaille, c’est la panique et puis les pierres volent, les balles y répondent avec les grenades lacrymogènes, redoutables, et les bombes sonores, une fois de plus. Un jeune étudiant qui se trouvait là est abattu. Les jeeps évacuent les tueurs, le sang répandu sur le sol, les pierres et les débris témoignent de la violence de leur attaque. En ville c’est la consternation, les gens rassemblés sur la place n’arrivent pas à quitter les lieux, on parle, on partage la douleur et la colère.

Meurtre à l’hôpital

Et puis, suite de l’horreur, vers 16 heures, les mêmes peut-être, en civil, accompagnés de soldats identifiables, eux, pénètrent dans l’hôpital de Ramallah. Dans l’enceinte de l’hôpital, une petite bâtisse abrite les gardes qui surveillent l’entrée. Quatre d’entre eux, des gens ordinaires, y jouent aux cartes quand les tueurs arrivent et tirent à travers la fenêtre. Puis ils y entrent et continuent à tirer et font un mort, et 3 blessés. Sous les yeux d’autres employés de l’hôpital, ils sont emmenés par les meurtriers, même le mort. Le corps ne sera restitué que plus tard. Quand nous arrivons, tout de suite après, le sang coule sur le sol dehors et dans le petit bâtiment, dans un désordre violent, on ne peut pas l’éviter. On marche dans le sang, il est partout.

Les employés de l’hôpital, tous les gens présents sont en état de choc. Plus de sanctuaire. L’armée démocratique d’Israël qui avait attaqué sauvagement en avril l’église de la Nativité à Bethléem, bombardé les statues religieuses qui la surplombent, cette armée d’un peuple éduqué qui se permet d’entrer dans les universités, comme à Naplouse récemment, pour les faire fermer sous la menace des armes, ose maintenant entrer et tuer dans un hôpital. Quoi d’autre après ça ?

Les règles mondialement reconnues de l’inviolabilité d’un lieu religieux, universitaire ou hospitalier ne sont pas plus acceptées par Israël que les résolutions du droit international.

Pendant combien de temps encore la communauté internationale, tellement soucieuse de faire respecter les résolutions de l’Onu par Saddam Hussein, se déconsidèrera-t-elle ici par sa lâcheté voire sa complicité avec des crimes odieux, faisant le lit de l’intégrisme et perpétuant la violence ?

Claude Léostic


Calamiteux

A trois semaines des élections législatives (28 janvier), la campagne électorale d’Ariel Sharon vire à la catastrophe. Accusé de corruption (financement occulte, pots-de-vin, achat de voix), le provocateur a été victime de ses provocations : le président de la Commission centrale des Elections a fait interrompre brutalement la retransmission d’une conférence de presse dans laquelle Sharon attaquait ses adversaires, de façon hystérique, en dehors des créneaux officiels prévus pour la propagande électorale. Il existe donc de plus en plus d’incertitudes sur l’issue de ces élections ... et sur la paix en Palestine


(écrit le 26 février 2003)

Les étudiants font le mur

A l’initiative   du Président de l’association « El Salam », Monsieur Abdelsalam Abu Rmeilh, qui a aussi la fonction de directeur administratif du collège Ibrahimieh de Jérusalem-Est, est venu à Châteaubriant le 10 février 2003. Il a parlé de la vie quotidienne en Palestine, évoquant les barrages aléatoires placés par les militaires israéliens, à des endroits imprévisibles, à des heures imprévisibles, compliquant à l’extrême la vie des Palestiniens. Il a expliqué que le couvre-feu est instauré, que Jérusalem est désormais entourée d’un mur qui oblige à de longs détours pour le contourner (ce qui est souvent impossible quand un barrage a été placé par les militaires israéliens). Les familles sont séparées, la scolarité normale est impossible et, malgré tout, est notable la volonté des professeurs et des enfants d’arriver à acquérir connaissances et formation.

Le quotidien des Palestiniens est un parcours du combattant (mais civil !) y compris au sens physique quand les Palestiniens escaladent le mur pour aller à l’école. Tout est fait pour rendre ce quotidien de plus en plus compliqué et les inciter à émigrer.

Ce qui était frappant, c’était le mélange de sérénité et de détermination d’Abdelsalam. Pas de haine ni d’appel à la vengeance : simplement une volonté tenace de dire, de témoigner. Des faits. C’était d’autant plus impressionnant

Abdelsalam est venu aussi en France pour développer des échanges scolaires par l’intermédiaire de l’association Pays de Loire Gaza Jérusalem et du Comité Palestine Méditerranée du Pays de Châteaubriant  .

Un journal de liaison est créé qui a pour nom : le « stylo de l’étudiant Palestinien ». Les lycées et collèges de Palestine qui participent à la rédaction de ce journal pourront être en contacts avec le Collège St Joseph-Nazareth de Châteaubriant et d’autres lycées de l’agglomération nantaise.

Les lycées intéressés pour correspondre par courrier électronique avec les étudiants palestiniens peuvent s’adresser au Comité Palestine Méditerranée de Châteaubriant.

Abdelsalam Abu Rmeilh rêve dans un avenir proche à la Paix et de pouvoir développer les échanges franco-palestiniens dans les deux pays.

Ecrire à Françoise Guinchard : francoiseguinchard@mageos.com


Infos Gaza

du 6 au 20 février 2003

36 tués pour cette quinzaine du 6 au 19 février. Des blessés à ne pas pouvoir les compter. 6 tués dont la mort reste mystérieuse, des zones entières de terre cultivées saccagées, des maisons détruites dont le nombre est difficile à évaluer, l’utilisation de boucliers humains, des arrestations et des assassinats sauvages .
« SHARON n’osera pas déporter les Palestiniens » entend-on fréquemment. Mais que fait-il ou du moins qu’essaye-t-il de faire en ce moment ? Une déconvenue - de taille - le Peuple a décidé de rester.


Cessez le feu

Mahmoud Abbas, le bras droit du leader palestinien Yasser Arafat, a annoncé, vendredi 21 février 2003, que la direction palestinienne avait décidé de « démilitariser », pendant un an, l’Intifada. Cette trêve viserait à la fois les opérations terroristes en Israël et les attaques contre les militaires et les colons israéliens dans les territoires occupés.

Mais cette décision pourrait être difficile à mettre en œuvre : les mouvements radicaux palestiniens, dont le Hamas, ont rejeté cette proposition de trêve, tant qu’Israël ne met pas fin à l’occupation des territoires palestiniens (Cisjordanie et bande de Gaza) et à leur bouclage.

Il faut dire qu’Israël ne fait rien pour arranger les choses. Il se discute actuellement une « feuille de route », établie par le « quartette » composé des Etats-Unis, de la Russie, de l’ONU et de l’Union européenne, et qui prévoit la création d’un Etat palestinien en 2005. Mais Israël présente des demandes exorbitantes :

– une déclaration des Palestiniens renonçant au droit au retour des réfugiés palestiniens de la première guerre israélo-arabe de 1948 est exigée.
– La Palestine doit être totalement démilitarisée et disposera uniquement d’une force de police équipée d’armes légères.
– Ses frontières extérieures et son espace aérien devront être contrôlés par Israël.

Faut-il rappeler que l’ONU, le 29 novembre 1947, a partagé arbitrairement le territoire des Palestiniens, pour créer de toutes pièces un Etat Juif et que celui-ci ne cesse de réduire et d’occuper le territoire palestinien ? Les résistants français auraient-ils accepté une telle situation dans les années 1940-45 ? Le conflit n’est pas près d’être terminé ....


CCFD

Lettre au député

Le CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement) est allé présenter à Michel Hunault, député, une lettre demandant que le Parlement français suspende l’accord d’association Union Européenne/Israël, tant qu’Israël violera les droits de l’Homme et la clause des règles d’origine (celle qui concerne l’exportation des produits des territoires occupés).

La lettre du CCFD soutient la résolution votée le 10 avril 2002 par le Parlement Européen qui demande à l’Union Européenne d’exercer une pression « pour que le gouvernement israélien cesse de violer les droits de l’homme et les résolutions des Nations Unies, qu’il retire ses troupes de Territoires occupés et qu’il s’engage dans la voie des négociations politiques ».

Apparemment cette résolution du Parlement européen est restée lettre morte .... La menace de guerre en Irak ne doit pas faire oublier l’effroyable situation du Peuple Palestinien dont, sans approuver les attentats contre les civils, on ne peut que comprendre la rage et le désespoir face à l’Occupant.