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Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Crise 2008 à 2015 > Crise : les patrons voraces ; bonus et stock-options

Crise : les patrons voraces ; bonus et stock-options

Ecrit le 1er avril 2009

 Les patrons voraces

La vie est mal faite : ce sont les patrons voraces qui font actuellement le plus de mal aux patrons ! Car tous ne sont pas voraces, loin de là ! Ils sont légion ceux qui se préoccupent de l’emploi de leurs salariés.

 Générale pas gênée ...

L’annonce, le 18 mars, de l’attribution de stock-options à quatre hauts responsables de la Société Générale avait déclenché de très vives réactions. Sous la pression, ils avaient accepté, le 20 mars, de ne pas « exercer » leurs stock-options, c’est-à-dire de ne pas les convertir en actions, tant que l’établissement continuerait à bénéficier de l’aide de l’Etat, qui lui a déjà prêté 1,7 milliard d’euros. Dimanche 22 mars, sous la pression médiatique, ils ont fini par y renoncer.

Il aura donc fallu quatre jours au Directeur Général pour renoncer à 150 000 stock-actions. Miraculeuses stock-actions permettant à des cadres ou dirigeants d’acheter des actions à un cours avantageux et d’engranger des gains importants si le cours de Bourse de leur société a grimpé, sans perdre d’argent s’il a reculé.

 Comment ça marche ?

Mais comment ça marche ? On attribue à quelqu’un 150 000 stock-options à 25 €. Et dans 4 ans, l’action de l’entreprise vaut 52 €. Alors la personne achète 150 000 actions à 25 € et les revend tout de suite à 52 €. Elle empoche donc la différence soit 150 000 fois 27 €, soit 4 050 000 €.

Et dans cette histoire nous n’exagérons même pas car l’action de la Société Générale, évaluée à 24,45 € en moyenne, en ce moment, valait 67,08 € sur la même période de l’an dernier. Elle a même dépassé les 120 euros.

Et alors : 67,08 - 24,45 ça fait 42.63 et 150 000 x 42.63 : cela représente une espérance de gain de 6 394 500 €.

Oui, il a fallu 4 jours parce que, sans doute, l’attribution d’une prime potentielle de 6 394 500 € est quelque chose de « normal ».

 Valéo … trop haut

Mais le 24 mars on apprenait que le patron de Valéo, remercié au bout de 8 ans, partait avec un parachute de 3 260 000 € soit 2 ans de salaire. Pourtant la société vient de supprimer 1600 postes en France ! C’est trop gros ! Cela a fini par scandaliser les membres du gouvernement.

 Cheuvreux … scandaleux

Pourtant, mercredi 25 mars on apprenait que la société Cheuvreux , filiale du Crédit Agricole, voulait distribuer 51 millions d’euros de bonus à ses cadres et dirigeants. Pourtant cette société a annoncé, fin février, la suppression de 75 postes, dans l’espoir d’économiser 31 millions d‘euros !

 Gaz étouffant

Et, ce même mercredi 25 mars, on apprenait que Gaz-de-France avait versé des stock-options à deux de ses cadres dirigeants : 830 000 à l’un et 300 000 à l’autre. Valeur : 32,75 €. Mais si l’action monte jusqu’à 43.76 € comme cela s’est produit le 21 juillet 2008, il sera possible d’empocher 11,01 € par action …
830 000 x 11,01 = 9 138 300 €.

 Natixis !

Natixis, filiale des Banques populaires et des Caisses d’épargne, déficitaire de 2,8 milliards d’€, l’an dernier, a versé 70 millions d’euros à 3000 de ses salariés. Cela fait une « petite » prime de 23 000 euros chacun, en moyenne ! Pourtant cette entreprise a licencié 1250 personnes en 2008 et l’Etat doit lui injecter 5 milliards d’euros prochainement. De plus Natixis prévoit 1600 départs « volontaires » supplémentaires !

Mais qu’on se rassure, les patrons ne sont pas tous goulus comme ça !

Du côté du gouvernement, encore une fois, on se scandalise. Facile ! Se souvient on de ce que déclarait un certain Sarkozy Nicolas, en campagne électorale : « Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l’été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes, parce que c’est contraire aux valeurs qui sont les miennes. » (Réunion publique Marseille, le 19 avril 2007) ?

En été 2007 il a fait voter le bouclier fiscal, mais rien sur les parachutes dorés. Ca doit être qu’il a oublié.

 550 000 euros

François Pérol, nommé à la tête des Caisses d’Epargne-Banques Populaires, a reconnu, devant l’Assemblée Nationale, qu’il allait recevoir un salaire de 550 000 euros par an (soit 37 500 €/ mois, mais que peut-il faire de tout cela ?). Il a ajouté que son salaire ne comportait pas de « part variable », autrement dit de bonus « au titre de l’année 2009 ». Il n’a rien dit pour les années suivantes.

 En Allemagne aussi

La question des disparités de revenu et notamment des très hauts revenus, se pose en France, mais aussi en Allemagne où les grands patrons se voient contraints de renoncer à leurs bonus jugés déplacés en ces temps de crise. Selon une étude publiée par le Financial Times Deutschland (FTD), vingt-quatre grands patrons allemands sur les trente entreprises cotées à l’indice DAX sont affectés par ces baisses de salaire.

Selon Le Figaro, le plus grand perdant est Josef Ackermann, patron de la Deutsche Bank, qui a vu ses revenus fondre de 90 % et qui ne perçoit plus que 1,4 million d’euros en 2008 après avoir renoncé à un juteux bonus. Ah le pauvre ! Ca fait quand même 116 000 euros par mois.

 Auto-infligée

Dans l’automobile, le chef de BMW, Norbert Reithofer, a subi une chute de 40 % de ses revenus et perçoit encore 2,3 millions d’euros (soit 192 000 €/mois). Et le patron de Daimler, Dieter Zetsche, a connu une baisse de 55 %, mais touche encore un confortable salaire de 5 millions d’euros par an (416 000 €/mois).

Guidés par la décence et par souci d’éviter le tollé suscité par ces revenus mirobolants en période de crise, les patrons allemands sont de plus en plus nombreux à prendre l’initiative   d’une baisse de salaire auto-infligée. Il est des punitions plus difficiles à supporter.

 Céréaliers

La question des revenus touche tous les secteurs d’activité. Et cela risque de provoquer une implosion à la FNSEA qui tient congrès le 30 mars. Le 25 mars les plus grands céréaliers des régions les plus riches, ayant les plus gros revenus et aussi les plus gros soutiens publics, ont manifesté à Paris, pour conserver et faire perdurer leurs privilèges.


Ecrit le 1er avril 2009

 SMIC

Ces jours ci le « million d’euros » devient monnaie courante. Heuliez, Crédit Agricole, victimes du nucléaire, parachutes dorés etc etc .... Le smic horaire net est à 6,84 euros.

 817 euros

Le collectif « Ni pauvre ni soumis » réclame un revenu au niveau du Smic brut pour « des centaines de milliers de personnes handicapées, atteintes de maladie invalidante ou victimes d’accident du travail, qui ne peuvent pas ou plus travailler et sont condamnées à vivre toute leur vie sous le seuil de pauvreté » (817 euros par mois pour une personne seule).


Ecrit le 8 avril 2009

 C’est la lutte fiscâââle, .......

Une « Nuit du 4 août » au printemps ? La presse longtemps complice orchestre les fuites sur les avantages de certains hauts personnages, ce que le Canard Enchaîné fait depuis des années. Et on en apprend de bien belles !

 Un paradis historique

Par exemple, la revue Alternatives économiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40, surtout les banques, sont fortement présentes dans les paradis fiscaux, avec quelque 1 500 filiales. Marianne révèle de son côté que ensemble, les banques françaises disposaient au 30 juin 2008 de plus de 532 milliards de dollars (environ 370 milliards d’euros) dans ces paradis. Un chiffre qui, sous l’effet de la spéculation, a explosé en cinq ans : + 300 %.

Ces 370 milliards génèrent un manque à gagner d’environ 20 milliards d’euros chaque année pour la France. Quand on sait que le fameux plan de relance de Sarkozy, lancé en décembre 2008, atteint 26 milliards !

Les banques françaises s’installent dans les centres financiers offshore pour faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées, gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales. Total reconnaît avoir des fonds placés dans les paradis fiscaux. Parce que cela permet d’échapper à l’impôt ? Non, non, « parce qu’il y a des sociétés qui historiquement sont dans des paradis fiscaux » dit-il. Ah bon, si c’est historique, on s’incline !

 Indispensables

Même Gilles Carrez, UMP, rapporteur général de la commission des finances, s’indigne : « Là où on intervenait sur la part variable du salaire, on nous répondait bonus. Si on encadrait les bonus, on nous sortait les parachutes dorés et les stock-options. Et ensuite, c’était les retraites chapeaux. Les rémunérations ont dépassé les limites de l’imagination. Il était urgent d’atterrir » a-t-il confié à un journaliste.

Mais voilà du nouveau : la retraite bouton. Daniel Bouton PDG de la Société Générale (oui, celui qui s’était vu remettre 70 000 stock-options avant d’avoir dû y renoncer sous la pression médiatique), est assuré d’avoir une retraite d’un million d’euros par an. En supposant que les impôts lui en piquent la moitié, il lui restera quand même 40 000 € nets par mois environ. A peine suffisant pour vivre.

De même la retraite du président de BNP Paribas, Michel Pébereau, atteindra 800.000 euros par an, dont 700.000 seront versés par la banque, a indiqué à l’AFP un porte-parole du groupe.

Et on nous raconte que la France a besoin de ces grands patrons très bien payés, car, sans eux …. Sans blague ! Si tous les salariés arrêtaient de travailler on verrait si ces grands patrons feraient à eux seuls la fortune de leur entreprise ! La réalité c’est qu’il y a des patrons qui se goinfrent de manière surréaliste en ne se souciant que d’eux-mêmes !

Et ces cons de retraités qui se contentent de 700 € par mois !

 Retenus !

– Le patron de Sony France retenu pendant plusieurs heures par les salariés en colère de l’usine des Landes qui doit fermer.

– Le directeur de la société de chimie et pharmacie 3M implantée à Pithiviers, séquestré aussi …

– Les salariés de Caterpillar retiennent leur direction …

– François-Henri Pinault, président du groupe de distribution et de luxe PPR et l’un des plus grands patrons français, a été bloqué dans un taxi ..

Quelles bonnes nouvelles !

Les mauvais jours finiront 
Et gare à la revanche ...
Quand tous les pauvres s’y mettront ! (bis)

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusques à quand les gens de Bourse
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Jusques à quand la Sarko clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail ?
(Le Cri du Peuple)

C’est la lutte fiscâââle, ....... groupons-nous et demain .......


Ecrit le 12 mai 2010

 Bonus

Baudouin Prot, administrateur-directeur général de la banque BNP Paribas, et Michel Pébereau, président, prétendent respectivement à un bonus de 1,4 million d’euros et 560 000 euros au titre de 2009, selon le journal Les Echos du 7 mai 2010. La moitié de ces sommes sera versée en 2010 et l’autre moitié sur trois ans, et elle sera conditionnée à la réalisation d’objectifs financiers.

Comme dit une lectrice : « Chaque époque a les riches qu’elle mérite. Ce peuvent être les proxénètes, les vendeurs de drogues, les banquiers …. Pendant ce temps, les plus utiles à l’humanité, les chercheurs, les savants et les ouvriers passionnés du travail bien fait, par exemple, sont des traîne-misère !

Le système des bonus indécents continue de pourrir notre société. Quand le seul leitmotiv, c’est de faire le maximum d’argent pour la banque, dans le minimum de temps, et peu importe comment, on se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas !