Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-disances - mai 2010 (2)

Mée-disances - mai 2010 (2)

Ecrit le 19 mai 2010

 EDF : le courant passe mal

Le Parisien du 11/05 : « La qualité du service s’est sensiblement dégradée ». Telle est la conclusion d’un rapport confidentiel de la commission de régulation de l’énergie (CRE), l’autorité qui surveille le marché de l’électricité. Elle constate que « 57% des dépenses totales de maintenance sont correctives ». Les électriciens d’ERDF, la filiale d’EDF en charge de la maintenance du réseau électrique, passent donc la majorité de leur temps à réparer des pannes, plutôt que d’entretenir le réseau.

Premières victimes de cet entretien insuffisant du réseau, les zones rurales ont vu le temps moyen d’une panne exploser. Le département de Lozère est le plus touché, avec 35h de pannes cumulées en 2008. Suivi par la Haute-Loire (11h de panne), l’Aude (8h48), l’Ardèche (6h08), l’Aveyron (5h26) et le Cantal (4h51).

Cette dégradation du réseau est en grande partie due aux choix stratégiques d’EDF, qui a surtout investi à l’étranger. « Cette expansion internationale a été financée aussi par une réduction de la maintenance et de l’investissement sur le territoire national », analyse le rapport.

Suite à la grande tempête de 1999, EDF avait promis 240 millions d’euros par an dès 2006 pour entretenir son réseau. Mais entre 2006 et 2009, seuls 170 millions par an ont été investis…

 Extraterrestres

Lemonde.fr du 12/05 : Depuis plusieurs années déjà, Kirsan Ilioumjinov, le président de la république de Kalmoukie - un sujet de la Fédération de Russie, dans le sud du pays - raconte à qui veut bien l’entendre sa rencontre inopinée, à Moscou, avec de petits hommes venus d’outre-ciel.

Reçu, fin avril, par le journaliste Vladimir Pozner, qui accueille chaque semaine un invité de marque sur la première chaîne d’État russe, le président Ilioumjinov a évoqué de tendres souvenirs avec ses petits amis qui, à défaut d’être verts, portaient « une sorte de combinaison jaune ». « On peut ironiser, mais je l’ai vu », assure le président kalmouk, qui est également, à la ville, président de la très officielle Fédération internationale des échecs. « J’étais assoupi devant la télé et, du balcon, quelqu’un m’a appelé. Je l’ai suivi dans une sorte de tube, où nous communiquions par la pensée ». […]

Un député russe s’est adressé au président Dmitri Medvedev, afin de savoir « si Kirsan Ilioumjinov avait fait un rapport en haut lieu » sur ses rencontres   paranormales. Le député Lebedev remet en cause les capacités intellectuelles du président kalmouk. « Nos hommes d’Etat doivent être en bonne forme, encore devrait-on vérifier leur santé mentale », estime-t-il.

Ndlr : il devrait se muscler le périnée !

 L’Italie boycotte Cannes

Rue89 du 09/05 : En annonçant qu’il boycotterait Cannes en raison de la sélection d’un « film de propagande […] qui offense la vérité et le peuple italien dans son entier », le ministre italien de la Culture, Sandro Bondi, a royalement servi la « promo » d’un documentaire sur Berlusconi et le séisme de l’Aquila.

« Draquila - L’Italie qui tremble », de Sabina Guzzanti est en sélection officielle, mais hors compétition. Le film dénonce la mainmise d’hommes proches du pouvoir sur les projets de reconstruction de la ville des Abruzzes frappée par le séisme l’an dernier.

Pas de quoi fouetter un chat en principe, sauf que l’image du « Cavaliere », identifiée par ses partisans à l’image de l’Italie, est un sujet qu’on ne traite pas à la légère, et Sabina Guzzanti, visiblement, a commis un crime de lèse-majesté aux yeux des lieutenants de Berlusconi.

La décision du ministre est loin de faire l’unanimité en Italie, même au sein du Parti de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. Fabio Granata, un député du PDL, s’est étonné que l’Italie renonce à être représentée à un événement culturel de la portée du festival de Cannes.

 Une profession mal en point

D’après Les Échos, un rapport remis à Eric Woerth, ministre du Travail, met en lumière la gravité de la situation de la médecine du travail et plaide pour des mesures immédiates. Ses auteurs, Christian Dellacherie, membre CGT du Conseil économique et social, Paul Frimat, professeur de médecine du travail, et le médecin Gilles Leclercq, écrivent que « la médecine du travail est en danger. D’ici à 5 ans, si rien n’est fait pour anticiper les départs à la retraite, ce dispositif unique au monde pourrait s’éteindre ».

« Plus de la moitié des professionnels en exercice ont plus de 55 ans et moins de 80 étudiants sont formés chaque année. La durée des études, rend impossible à court ou à moyen terme de remédier à cette hémorragie en augmentant les effectifs des étudiants en médecine ».
Les auteurs appellent à des mesures immédiates : « Il faudrait mettre en place une formation diplômante de 2 ans pour permettre à des praticiens expérimentés de se reconvertir en médecine du travail en deuxième partie de carrière. […] ».

Le rapport suggère un enseignement spécifique dans la formation de tous les futurs médecins. […] Et de rendre obligatoires des stages dans les services de santé au travail.

Le gouvernement en tiendra-t-il compte ?

 Les dangers du bitume sortent de l’ombre

L’Humanité.fr du 11/05 : Alors que l’amiante est souvent l’arbre qui cache la forêt des produits cancérogènes, une brèche vient de s’ouvrir dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, avec un premier jugement dans une affaire de bitume. Le tribunal des affaires sociales de Bourg-en-Bresse (Ain) a reconnu la « faute inexcusable » de la société Eurovia, filiale du géant Vinci, poursuivie par la famille de l’un de ses ouvriers embauché en 1986, décédé en juillet 2008, à cinquante-six ans, d’un cancer de la peau.

 Kangourou en rut

Nouvelobs.com du 14/05 : Un kangourou en mal d’amour s’en est pris à des promeneuses dans le Territoire du Nord en Australie, suscitant un afflux de plaintes auprès des autorités. Selon la police locale, le kangourou a importuné plusieurs habitants des montagnes Honeymoon, près de la petite ville de Tennant Creek, dont une femme qui effectuait sa promenade matinale « Ce que voulait ce vieux dégoûtant ne fait aucun doute », a expliqué cette dernière. Visiblement très excité, l’animal s’est enfui à l’approche d’autres promeneurs.
 
Dans la soirée du même jour, une mère de famille a aperçu le kangourou sur une voie à grande vitesse, tandis qu’un homme a voulu éloigner le marsupial en rut qui a riposté en boxant d’un rapide coup de patte. La police du Territoire du Nord a indiqué qu’elle ne comptait pas poursuivre l’animal coupable d’obscénité, à moins qu’il ne continue à faire des siennes.

Ndlr : suffit de lui mettre un slip !

 De 1940 à 2012

Le Canard enchaîné du 12/05 : François Fillon en est à paraphraser Churchill en 1940 pour annoncer la suite :
« en 2012, ceux qui seront candidats ne pourront promettre que de la sueur, du sang et des larmes. On ne peut pas faire de bonneteau en racontant des conneries aux Français et faire des promesses comme en 2007 ».

On ne pourra même pas leur promettre une augmentation de leur pouvoir d’achat ? !!!

(sélection faite par R.Le Gall)


Ecrit le 26 mai 2010

 Les adieux de la commission de déontologie

Libération.fr du 19/05 : Explosion du nombre des gardes à vue, banalisation des fouilles à nu, injures ou violences volontaires : le rapport annuel de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) épingle sévèrement les manquements des forces de l’ordre. L’an dernier, sur 120 affaires examinées, 78 ont révélé une ou plusieurs violations des règles ; 48 d’entre elles ont été transmises aux ministres de tutelle ou à la justice pour des poursuites pénales ou disciplinaires.

Bien que très sollicitée, la CNDS remet probablement son dernier rapport. Elle est en effet condamnée à disparaître au profit d’un Défenseur des Droits, une nouvelle entité inscrite dans la Constitution et déjà largement critiquée. Le projet de loi, qui doit être débattu au Sénat avant l’été, serait loin de présenter « les mêmes garanties de contrôle », selon ses détracteurs. Le périmètre des compétences du Défenseur des Droits est considérablement réduit. Davantage tourné vers la médiation que l’enquête, il pourrait se voir refuser toute investigation « pour des motifs de sécurité publique ou des circonstances exceptionnelles ». Une définition assez floue pour bloquer toute enquête.

La suppression du caractère collégial de l’organe de contrôle et sa nomination en Conseil des ministres suscitent également des interrogations. « C’est un changement d’esprit total. L’image d’indépendance serait sérieusement écornée », explique à Libération Roger Beauvois, président de la CNDS. Poil à gratter des agents de sécurité, la Commission a souvent gêné depuis sa création en 2001. Aurait-elle péché par excès de zèle ? « Les réactions face à notre travail ont toujours été virulentes », assure, amer, Roger Beauvois. Les saisines, elles, ont augmenté de 50% cette année.

 … et de la Halde aussi

La Ligue des Droits de l’homme s’inquiète après l’adoption par la Commission des lois du Sénat d’amendements visant à diluer la Halde dans le futur Défenseur des Droits et à réduire son champ d’action.

La HALDE, Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité est une institution publique qui demeure la dernière à agir en faveur des victimes de ces injustices.
 
Les amendements du Sénat témoignent de la défiance récurrente de la majorité parlementaire contre cette institution et permettent notamment de réduire le champ de la lutte contre les discriminations au seul secteur public, le défenseur étant incompétent en matière privée. Les victimes de discriminations du fait des entreprises, des gestionnaires de logements privés, des commerces ou des autres citoyens n’auraient plus cette possibilité de recours. La Halde a été saisie de 10 545 réclamations en 2009 et a mené une étude sur l’image des femmes dans les manuels scolaires ou encore un testing sur les entreprises du CAC 40 visant à prouver des discriminations. Cela agace ….

 My HLM is not rich

Libération.fr du 19/05 : Une grande menace pèse sur le XVIe arrondissement de Paris, où 20% des contribuables payent l’ISF et possèdent un patrimoine moyen de 2,95 millions d’euros. La municipalité veut y construire des HLM. Aussi est-ce la révolte dans ce quartier où le nombre de foyers riches est onze fois supérieur à la moyenne nationale.

Pour atteindre l’objectif légal de 20% de logements sociaux et amener, au passage, un peu de mixité sociale, l’équipe de Bertrand Delanoë a lancé quatre projets, totalisant 407 appartements, portes d’Auteuil et Dauphine, à La Muette et à Exelmans. Tous ont été stoppés par une mobilisation tous azimuts des habitants, soutenus publiquement par des élus UMP, dont le maire d’arrondissement, Claude Goasguen. La méthode ? Des recours, ou menaces de recours, déposés devant les tribunaux administratifs par des justiciables suffisamment armés sur le plan juridique pour être efficaces. […]

L’association Quartier Dauphine Environnement, qui a fait suspendre l’un des projets, a déjà « dépensé 25 000 euros en frais de procédures », a indiqué à Libération son président. Et elle entend continuer. « Ce projet n’a pas de futur. Nous voulons que le terrain sur lequel on souhaite construire les immeubles demeure un espace vert […]. Les gens qui habitent le quartier ont payé au prix fort leur appartement pour bénéficier d’un cadre de vie agréable », justifie-t-il. D’où viennent les fonds ? De cotisations de riverains déterminés à faire capoter la construction des 135 logements sociaux prévus sur place.

Riverains et élus jurent, la main sur le cœur, qu’ils n’ont « rien contre les logements sociaux ». Ni contre leurs bénéficiaires.

Ndlr : Vous avez dit ghetto ?

 Violences faites aux femmes

Libération.fr du 19/05 : La proposition de loi sur les violences faites aux femmes, votée le 25 février à l’Assemblée nationale, attend toujours d’être examinée par les sénateurs. Un délai, certes, ordinaire pour le passage d’un texte d’une chambre à l’autre. Sauf que son sujet a été déclaré « grande cause nationale » de l’année 2010 et que la proposition de loi, objet d’un consensus droite-gauche, avait été adoptée à l’unanimité par les députés.

Le réseau associatif « Osez le féminisme », plusieurs parlementaires et la secrétaire d’Etat, Nadine Morano, ont interpellé le Sénat et le ministre des Relations avec le Parlement, Henri de Raincourt, pour qu’il passe à la vitesse supérieure, le texte ne figurant toujours pas à l’ordre du jour. […]

Pour un collaborateur d’une parlementaire qui suit de près l’évolution d’un texte, « l’argument de l’encombrement ne tient pas », le texte, consensuel, n’exige pas une longue durée de débats : « Il a été examiné en une séance à l’Assemblée. »

Ndlr : le Sénat serait-il phallocrate ?

 Kiss-In

Rue89 du 19/05 : Mardi soir, deux assemblées bien distinctes ont dû être séparées par les policiers à un Kiss-In organisé à Lyon : d’un côté, 400 homosexuels et sympathisants de la cause LGBT (selon la Ligue des droits de l’homme) ; de l’autre, une centaine de catholiques et militants d’extrême droite. […]

Si pour certains participants catholiques, l’homosexualité est interdite dans la religion, un mouvement homosexuel chrétien (l’association David et Jonathan) s’est placé de l’autre côté de la barrière pour défendre le droit de s’aimer, même à travers la religion.

Au bout d’une heure et demie, les catholiques se mettent à genoux et commencent à prier sur le parvis de la cathédrale Saint-Jean. Les participants du Kiss-In continuent de scander des slogans pleins de jeux de mots comme « On est gay, vous êtes tristes ».

Entre les deux groupes, un policier tente un brin d’humour : « On reste là jusqu’à ce qu’ils sympathisent ».[…]

La fédération du Rhône de la Ligue des droits de l’homme interpelle la préfecture sur sa « gestion ubuesque » du Kiss-In :
« Pourquoi la préfecture n’a-t-elle pas fait respecter la loi, en acceptant des manifestants fascistes présents illégalement et multipliant les propos et gestes à connotation raciste et homophobe punis par la loi ? Pourquoi la préfecture a-elle utilisé sans sommation des moyens violents et disproportionnés contre des militants des droits des LGBT totalement pacifistes ? »
8