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Tout va mal donc la Bourse va bien

Ecrit le 25 novembre 2009

Les chiffres de l’emploi d’octobre 2009 aux Etats-Unis sont très mauvais : l’économie américaine a perdu 190 000 jobs supplémentaires, ce qui porte le total à -7,3 millions depuis le début de la récession, le pire score en 26 ans. En incluant les salariés sous-employés ou effectuant des durées inférieures à un mi-temps, le taux grimpe à 17,5% (au plus haut depuis 1995). En rajoutant les 3% de chômeurs qui ne figurent plus sur aucune liste officielle, la barre des 20% est allègrement franchie.

Et la Bourse américaine monte ! On constate que l’évolution des indices boursiers des matières premières ne dépend que du dollar, rien que du dollar. La corrélation ne se vérifie pas sur la base de données quotidienne, ni même horaire : c’est à la minute près — pire même, à la seconde !

 Gouvernés par la liquidité

C’est une relation mécanique totalement ubuesque qui démontre que les marchés ne sont gouvernés que par la liquidité et non par un quelconque raisonnement économique inspiré du plus élémentaire bon sens.

L’« opinion » des investisseurs concernant la rentabilité future des entreprises n’a en fait aucune importance. Tout ce qui compte, c’est l’évolution de la masse d’argent disponible pour spéculer. Et cette dernière dépend de la possibilité de vendre le dollar à découvert pour acheter n’importe quelle autre classe d’actif de substitution.

Plus les statistiques américaines sont mauvaises, plus il y a de chômage (c’est le cas), plus les consommateurs capitulent

(les ventes de détail sont en recul de 3,2% en 2009), plus le nombre d’emprunteurs en difficulté augmente (les faillites personnelles sont en hausse de 8,9% par rapport à septembre et de 27,9% sur un an), plus le dollar chute... et plus Wall Street (c’est-à-dire la Bourse de New York) monte !

Et l’argent va continuer à ne s’investir que là où les effets de levier offrent les meilleurs rendements, sans le moindre risque apparent dans l’immédiat.

 Emprunter à 0 %, placer à 3.5 %

Rien n’est plus juteux que d’emprunter du dollar à 0% pour le placer instantanément là où il rapporte 3,5% ou plus... c’est-à-dire hors des Etats-Unis. Il devient ainsi hors de portée de ceux qui en ont le plus besoin, sinon à des taux voisins de 20% sur le crédit revolving.

Wall Street (c’est-à-dire la Bourse de New York) redoute plus que tout une véritable embellie économique et préfère de très loin parier sur un scénario en U... et même — en poussant le cynisme encore plus loin — , sur une reprise en W. Une rechute du PIB au quatrième trimestre 2009 puis au premier semestre 2010, ce serait l’assurance d’une poursuite des mesures monétaires non conventionnelles : assouplissement quantitatif et monétisation de la dette américaine... ou si vous préférez, impression massive de monnaie de singe.

Donc en résumé : tout va mal donc la Bourse se porte bien !

Source : Philippe Béchade, Chronique Agora, et le site http://www.la-chronique-agora.com

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