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Gisèle Ouinsavi, au Bénin

Ecrit le 4 novembre 2009

 Gisèle Ouinsavi

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G-Ouinsavi

L’association Arcade est née en 1987. A cette époque une femme médecin, Annick Chauty, après une période de stage à Châteaubriant, est allée au Bénin où, avec deux médecins béninois, elle a souhaité réaliser un centre de santé sur le lac Nokoué. Joseph Michaud, un prêtre ouvrier, retraité du bâtiment, l’a rejointe pour former des maçons sur place. Au retour il a créé ARCADE, association de retraités qui récupèrent toutes sortes de matériels, les remettent en état et les envoient à Cotonou. Un groupe Arcade existe à Châteaubriant et a noué un partenariat avec le lycée Etienne Lenoir. Chaque année les retraités récupèrent du matériel scolaire, des dictionnaires (un par classe au moins, soit un dictionnaire pour 120 élèves !) et fabriquent des ardoises en contreplaqué pour les enfants des écoles primaires. Sur le lac Nokoué les enfants se déplacent en barque. Une ardoise en contreplaqué a l’avantage de flotter quand un enfant l’a perdue !

L’association envoie aussi des machines à coudre, des ordinateurs et photocopieurs, et tout le matériel nécessaire à l’installation de latrines sèches dans les villages lacustres. Dans la région nantaise Arcade compte 400 adhérents (et une centaine au Bénin)

Pour parler du Bénin, une femme est venue tenir une réunion à Châteaubriant : Mme Gisèle Ouinsavi, sociologue, est responsable des groupements de femmes au niveau du Programme Développement Rural de la Caritas (organisation religieuse du diocèse de Cotonou, qui lutte contre toute forme de détresse, en travaillant avec tout le monde).

Le Bénin compte 52 % de femmes. En zone rurale, elles sont également majoritaires. Gisèle Ouinsavi s’occupe de 83 groupements dont 54 de femmes. Aidées par des appuis techniques, des formations et un système de micro-crédit, des personnes se regroupent pour acheter des matières premières et démarrer une activité. Alors le crédit de la Caritas sert à acheter de l’équipement de travail du groupe et à renforcer le fond de roulement du groupe. « Ce crédit est collectif, dit Gisèle OUINSAVI : il s’agit d’apprendre à travailler en groupe, à s’accepter, à échanger sur les difficultés, sur les perspectives et finalement à s’épanouir ».

 Epargne solidaire, épargne scolaire

L’activité des groupes ne permet cependant pas à chaque femme d’avoir un revenu personnel suffisant. Les femmes ont donc recours à un système de « tontine » (ou épargne solidaire) : elles se cotisent pour pouvoir offrir à chacune, à tour de rôle, le capital dont elle besoin. « Elles sont très motivées, plus que les hommes » dit Gisèle Ouinsavi, en notant que les femmes remboursent très bien les prêts qui leur sont faits. « Ce sont des femmes très courageuses, la charge du foyer retombe sur elles, tandis que les hommes vont vers la ville »

Autre type d’épargne : une épargne scolaire, surtout destinée aux filles. Depuis quelques années la gratuité de l’école primaire est accordée aux filles, pour rattraper le retard de scolarisation de celles-ci. La Caritas fait une action complémentaire : fournitures scolaires, tenues.

Le Bénin a un nouveau Président depuis 2006 qui fait beaucoup pour la santé, l’éducation, l’agriculture. Par exemple pour assurer la sécurité alimentaire des populations, il a acheté des machines agricoles (tracteurs, motoculteurs et accessoires). Au Bénin les populations utilisent encore la houe à mains. la traction animale est très difficile à pratiquer dans le Sud du Pays alors qu’elle se développe dans le Nord : les populations passent directement à la motorisation (tracteurs, motoculteurs) avec un objectif : l’auto-suffisance alimentaire

Depuis des décennies le Bénin a cultivé le coton et les palmiers (pour l’huile) mais ces cultures sont très concurrencées au niveau mondial et, pendant ce temps-là, les cultures vivrières manquent. Il y a donc une « révolution agricole » à faire. Mais cela suppose une formation (notamment sur l’utilisation et l’entretien des matériels agricoles) et des crédits pour remplacer le matériel.

 Payées à la bassine

Il est nécessaire de créer des puits aussi. Gisèle Ouinsavi raconte que, pour un chantier de ce type où il fallait descendre jusqu’à 70 m de profondeur, il a été nécessaire de fabriquer des buses en béton. L’eau nécessaire pour brasser le béton, les femmes allaient la chercher à 2 km, dans des bassines ! Car en milieu rural l’eau est vendue à la bassine !

La santé est toujours un problème au Bénin. Les pays occidentaux envoyaient encore des médicaments, jusqu’à une date récente. Entreprise louable sauf que des détournements avaient lieu : les médica-

ments étaient alors vendus à l’unité, au bord des routes, en fonction de leur couleur et sans s’occuper de l’adaptation du traitement, de la durée de celui-ci voire de la vente de médicaments périmés.

 Autres axes de combat

– installer des jardins familiaux, pour améliorer la qualité de l’alimentation.
– installer des panneaux solaires pour l’électrification rurale, voire pour l’alimentation de pompes sur les puits.
– conserver et transformer les produits alimentaires : il y a en effet des périodes de surproduction de fruits et légumes et des périodes de pénurie liées au climat.

L’association Arcade tout en continuant son ramassage de matériels envisage soutenir le micro crédit de la CARITAS. Pour Châteaubriant s’adresser au 06 85 14 95 17