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Accueil > Thèmes généraux > Energie > Pétrole : le manque. Le pic de Hubbert

Pétrole : le manque. Le pic de Hubbert

Ecrit le 1er septembre 2004

 On va manquer de pétrole : Le pic de Hubbert

Le prix du baril de pétrole ne cesse de monter. Les économies mondiales sont menacées. Mais une menace plus importante encore va advenir dans quelques années ? Le franchissement du pic de Hubbert pétrolier.

“ Redonne-moi le mur de Berlin
Redonne moi Staline et Saint Paul
J’ai vu l’avenir, mon frère :
C’est la mort “
Poème de Leonard Cohen
The Future (1992)

Qu’est-ce que le pic de Hubbert ?

C’est le début de la décroissance de la production mondiale de pétrole tandis que la demande deviendra supérieure à la production. Selon certains géologues patentés, cet évènement commencera avant la fin de cette décennie (on parle de 2007).

Le marché pétrolier mondial connaîtra alors un choc, une longue et définitive hausse des prix du pétrole. Certains géologues ou économistes évaluent le baril autour de 100 dollars dans moins de dix ans. (actuellement autour de 45 dollars).

JPEG - 127.6 ko
Le Pic de Hub
(graphique tiré de la revue décroissance)

Quelques conséquences prévisibles

L’économie mondiale est basée sur l’hypothèse de transports bon marché à longue distance. Tant pour les biens (croissance du trafic de poids lourds, fruits exotiques sur nos marchés toute l’année, fringues fabriquées par les esclaves du Sud...), que pour les personnes. Le slogan qui résume la philosophie actuelle est : « plus vite, plus loin, plus souvent, et moins cher ». Dans moins de dix ans, ce sera nécessairement : « moins vite, moins loin, moins souvent, et plus cher ». Les pays de l’OCDE, susceptibles de payer cher et chèrement (la guerre !) la conservation de leur économie matérielle tenteront d’affronter le choc en important le pétrole dont ils sont dépendants et donc en exportant la famine pétrolière à l’extérieur de l’OCDE. Les pays pauvres, déjà fragiles, seront fortement déstabilisés au point, par exemple, de dissuader toute compagnie d’assurance de garantir quoi que ce soit sur ces territoires et d’inciter les entreprises transnationales à fuir ceux-ci dans un mouvement général de relocalisation des établissements au Nord. La mondialisation va se démondialiser.

Effondrement du Sud

L’agriculture et l’alimentation humaine sont très dépendantes du pétrole bon marché. On peut estimer que, dans l’Europe actuelle, il faut 10 kWh utilisés dans la production, le transport et la distribution agroalimentaire pour un kWh servi sur la table. Comptons qu’un européen moyen avale environ 1000 kWh de nourriture par an. Déduisons que cet européen réclame 10 000 kWh annuels pour s’alimenter. La composition de cette énergie est beaucoup de pétrole, un peu de gaz naturel et un peu d’électricité. L’agriculture productiviste européenne est très sensible au prix du pétrole brut.

Plus généralement, tous les secteurs de nos sociétés « modernes » sont plus ou moins dépendants du pétrole, donc plus ou moins vulnérables.

8 8 22 22 40

Retenons la suite des cinq chiffres : 8, 8, 22, 22, 40, qui exprime la composition de la consommation mondiale d’énergie primaire :
8 % d’énergies renouvelables
(hydraulique, éolienne, etc),
8 % d’uranium (nucléaire),
22 % de charbon,
22 % de gaz naturel,
40 % de pétrole.

Il faut des dizaines d’années pour modifier sensiblement une telle composition. Cette seule donnée numérique permet de saisir à quel point l’ordre du monde actuel dépend des énergies fossiles (84 %), notamment du pétrole.

« Donne moi le Christ
Donne-moi Hiroshima
Détruisez tous les bébés maintenant
Nous n’aimons pas les enfants
J‘ai vu l’avenir, bébé
C’est la mort »
Leonard Cohen

Changer le positionnement des Verts

Comme tous les partis politiques, Les Verts sont gradualistes et félicistes. Gradualistes au sens où ils espèrent que leurs actions avec les « mouvements sociaux » ainsi que celles de leurs élus dans les institutions parviendront progres-sivement à orienter la société vers le “développement durable”. Félicistes au sens où ils écrivent dans leurs tracts qu’en votant pour eux ça ira mieux demain. Bref, c’est ce qu’on appelle redonner confiance à la population en réenchantant l’imaginaire collectif par un programme souriant.

J’ai été longtemps gradualiste et féliciste. Il est trop tard pour le demeurer désormais. Si le mouvement réel du monde de 2004 est dominé par l’avènement proche du pic de Hubbert, comme je le crois, alors parlons franc : ça ira plus mal demain, mais nous pouvons atténuer le choc par une mobilisation de tous et dans tous les domaines - en commençant par l’agriculture et les transports - orientée vers la décarbonisation de nos modes de production et de consommation (ceci n’est en aucun cas une publicité masquée en faveur du nucléaire, bien sûr).

Je plaide pour la vérité, c’est-à-dire pour une posture churchillienne d’annonce de lendemains qui ne chanteront pas avant longtemps, pour la conception et la diffusion par les Verts de nouveaux projets Alter, c’est-à-dire de perspectives d’autosuffisance décentralisée, de minimisation des échanges de matières et d’énergie, pour une mobilisation générale de la société autour d’une sorte d’économie de rationnement organisé et démocratique (une décroissance soutenable, si vous voulez).

Dans cette économie nécessaire pour réduire les effets du choc, les rations de base étant calculées par personne et non plus laissées au pouvoir d’achat comme aujourd’hui, les inégalités sociales seraient fortement réduites. Bref, une triple responsabilité pour les Verts : l’annonce des difficultés, les scénarios Alter, la mobilisation générale.

Exercice individuel d’application : Méditez ce proverbe saoudien contemporain : « Mon père chevauchait un chameau. Je conduis une voiture. Mon fils vole en jet. Son fils chevauchera un chameau ».

Yves Cochet

Chiffres :

Barils consommés mondialement par an : 29 milliards (2003).

Barils découverts mondialement par an : 6 milliards de conventionnels, plus 8 milliards de non conventionnels.

Proportion de l’énergie finale mondiale fournie par le pétrole : 40%.

Quelques fausses idées

Première fausse bonne idée : investir plus dans l’exploration pour trouver et produire plus. Après plus d’un siècle d’exploration géologique, les ressources pétrolières sont à peu près connues. Depuis plus de trente-cinq ans, le volume des découvertes diminue. Aucun investissement ne créera du pétrole qui n’existe pas.

Seconde fausse bonne idée : la technologie trouvera des énergies de substitution lorsque le pétrole déclinera. Vraie il y a trente ans, cette assertion est aujourd’hui fausse : il est trop tard pour substituer au pétrole, en moins de cinq ans, une énergie aussi bon marché, aussi transportable, aussi répandue, aussi facile et universelle d’usage. Les avions ne décollent pas avec de l’uranium ou de l’éolien. Lorsque le pétrole commencera à décliner pour toujours, de l’ordre de 3 % par an, il n’y aura aucun fluide aussi énergétique pour compenser le manque annuel de 900 millions de barils de pétrole. La seule alternative viable est la sobriété (décroissance de la demande globale), tandis que la population mondiale s’accroît annuellement de 70 millions de personnes. Inédit et sévère.

Troisième fausse bonne idée : le gaz naturel remplacera le pétrole. Le gaz ne représente que 22 % de la consommation mondiale d’énergie finale. Il commence, lui aussi, à disparaître dans certaines régions (Amérique du Nord). Ses modes d’extraction, de transport, de stockage et d’utilisation sont assez différents de ceux du pétrole. Le gaz naturel ne peut pas être la matière première de substitution des centaines de milliers de produits de la pétrochimie. Par ailleurs, le pic de Hubbert du gaz adviendra quelques années après celui du pétrole.

Quatrième fausse bonne idée : une autre source d’énergie remplacera le pétrole. Le charbon ? Le nucléaire ? L’hydrogène ? L’hydroélectricité ? Le solaire et l’éolien ? La biomasse ? Oui, un effort considérable en faveur des renouvelables permettrait de se passer de pétrole dans cinquante ans, pas dans cinq ans.

Bref, le temps rend désormais le choc inévitable.

(Etude des Verts)


Ecrit le 8 septembre 2004 :

 La place du pétrole dans nos vies

Nous consommons de plus en plus de
pétrole. Non seulement les pays riches, mais aussi les pays « émergents », comme l’Inde et la Chine, alors que nous avançons inéluctablement vers l’épuisement des ressources. Quelle vie menons-nous avec le pétrole ?

Pétrole et agriculture
Nous mangeons du pétrole.

L’alimentation, telle que fournie par l’agriculture productiviste (la PAC), dépend crucialement du pétrole. Le gazole pour les tracteurs et autres engins agricoles, le fioul pour les bateaux de pêche, le gaz naturel pour les fertilisants, le pétrole pour les pesticides, le diesel pour les camions de transport et de distribution (je sais : nous ne voulons pas de tout cela, mais cela existe massivement).

– Rendement du maïs productiviste : 80 quintaux à l’hectare.
– Rendement du maïs sans hydrocarbure : 20 quintaux à l’hectare.

– Pourcentage de céréales utilisées pour l’alimentation du bétail : 70%.
– La production de viande sur pied consomme cinq fois plus de pétrole que celle de céréales, à équivalence alimentaire.

La raréfaction et la cherté du pétrole rendront l’agriculture plus chère et plus extensive. Les villes devront s’alimenter en produits plus locaux. L’alimentation deviendra plus végétarienne.

Pétrole pour les transports

A plus de 90%, les transports dépendent du pétrole. A 100 % pour l’aviation. Lorsque les cours du brut augmentent, les prix des transports augmentent.

– Voitures dans le monde : 800 millions.
– Camions dans le monde : 8 millions.
– Bus et cars dans le monde : 3 millions.
– Avions (de plus de cent passagers) dans le monde : 11 000.
– Bateaux et cargos dans le monde : 85 000.
– Caboteurs de pêche dans le monde : 1,2 million.

– Commerce mondialisé : bientôt fini (pétrole trop cher).
– Tourisme   mondialisé : bientôt fini (pétrole trop cher).

Pétrole pour
l’industrie et la vie quotidienne

Plus de 500 000 types de produits contiennent du pétrole : médicaments, cosmétiques, lubrifiants, ordinateurs, téléphones, jouets, plastiques, bitume des routes et des toits, isolants, colles, peintures, pneus, bottes, caoutchoucs, moquettes, vêtements...

Alimentation, transports, système de santé, chauffage, réfrigération, climatisation, traitement et transmission de l’information... La triple crise pétrolière (géologique, économique, géopolitique) qui s’annonce éclipsera tout ce que nous avons connu.

Conséquences sociales dévastatrices...
Hausse des cours du pétrole. Inflation. Augmentation des taux d’intérêt. Dette. Création de monnaie. Dévaluation. Baisse du pouvoir d’achat, baisse des achats. Récession. Tensions internationales... Le pétrole cher, c’est la guerre.

La sobriété.

Aujourd’hui pour permettre de réduire les tensions mortelles du choc, les ensembles économiques régionaux doivent être organisés autour des thèmes suivants :

– autosuffisance locale et régionale

– décentralisation géographique des pouvoirs

– relocalisation économique et protectionnisme

– planification concertée et rationnement

L’autosuffisance concerne l’indépendance économique : « produire ce que l’on consomme ».

La décentralisation des pouvoirs, c’est-à-dire l’équilibre régional visé, sera mesuré par le niveau de maîtrise qu’auront les habitants sur le fonctionnement et l’évolution du territoire et de l’organisation qui les portent, notamment sur les cycles naturels de sustentation de la vie (eau, carbone, azote, phosphore...).

La relocalisation économique indique la possibilité régionale, hors domaines agriculture-alimentation et énergie-transports, de pourvoir éventuellement à la production et à la consommation.

Le protectionnisme, entendu comme réglementation des échanges physiques extérieurs, implique l’abandon du critère de rentabilité aux prix du marché mondial en faveur de critères et de valeurs intérieurs adaptés à l’objectif de sobriété. Ce protectionnisme nouveau est un moyen nécessaire de résistance aux ravages du choc énergétique. Il ne doit pas être compris comme une limitation des échanges culturels.

La planification concertée enfin.. Seul un immense effort collectif, tendu vers l’objectif de société sobre ci-dessus esquissée, pourra décrire cet avenir désirable, en impliquant les spécialistes, les militants et les habitants.

Rationnement

Cependant, une contrainte immédiate est celle de l’organisation du rationnement en matière alimentaire et énergétique. Des quotas (ou rations) de consommation alimentaire et énergétique devront être alloués à chaque famille selon le nombre de personnes qui la composent. Les différences de revenus entre riches et pauvres seront immédiatement neutralisées par cette modalité de la justice sociale.

Reste une question cruciale à laquelle je ne sais pas répondre : quel sera le niveau technologique d’une telle société post-carbone ? Cela dépendra sans doute de la sévérité du bouleversement global induit par le choc. Tout est possible, depuis une transition drastique à faible coût humain jusqu’au chaos général (décimation massive, troisième guerre mondiale...).

L’ordinateur sur lequel je tape ces symboles typographiques est impensable sans de multiples échanges de matières et d’énergie mondialisés ; il n’y a pas d’ordinateur breton fabriqué avec des ressources naturelles bretonnes.

La responsabilité des Verts...

Que penser des informations et perspectives qui précédent ? Devant la nouveauté sidérante d’un tel avenir si proche, ne sommes-nous pas tentés d’en nier l’avènement ou, au moins, d’en minimiser l’ampleur ?
La crise à venir, à très brève échéance, est globale, planétaire.
Tous les grands cycles biogéochimiques, tous les équilibres écologiques de base seront simultanément perturbés, avec des effets irréversibles. Contrairement à d’autres affaires humaines - telles que la paix et la guerre, censées être régulées par l’ONU, ou le commerce, supposé régulé par l’OMC - la crise environnementale globale ne bénéficie d’aucune instance de régulation mondiale à la hauteur. Cette crise n’est pas d’abord un conflit d’intérêts entre groupes humains, elle affecte des nécessités, des lois de la nature. Elle est nouvelle : jamais l’humanité n’a eu à les connaître précédemment.

Bref, malgré trente ans de militantisme persévérant, nous avons échoué. Tous les rapports scientifiques - ceux de l’ONU, de Greenpeace, du WWF... - montrent que la situation de la biosphère s’est aggravée depuis 1974 (ozone, climat, biodiversité...).

Il n’est jamais fructueux de crier au loup avant l’heure. Mais il est toujours irresponsable de nier l’existence du loup lorsqu’il est à notre porte.

Yves Cochet (Etude des Verts)


 Pic de Hubbert

Dans Le Monde du 8 septembre 2004, Yves Mathieu, géologue à l’Institut Français du Pétrole estime que « depuis vingt ans, les volumes [de pétrole] découverts sont inférieurs à ceux consommés ». Dans son rapport « sociétal et environnemental », publié en mai 2004, Total fixe la date d’arrivée du « Pic de Hubbert * » entre 2020 et 2030, en ajoutant que cette estimation est « optimiste » (Relire La Mée du 1.09.2004)

*Quand le « Pic de Hubbert » sera atteint, les quantités de pétrole ne pourront plus que diminuer inexorablement.


Ecrit le 14 septembre 2005

 Le prix du pétrole ne cesse de grimper

 Carburant : Gagnez un portable

Jusqu’à maintenant, lors des multiples jeux proposés par les télévisions et les stations de radio, il était proposé de gagner ...... un téléphone portable.
Les temps changent ! Il est proposé de gagner maintenant le plein de la voiture. L’essence se fait chère.

Il y a même un site internet qui propose aux clients de verser 15 € moyennant quoi il leur sera remboursé 90 euros. Chouette, on va gagner 75 € se disent les bonnes gens. Sauf que cette opération n’était valable que jusqu’au 26 août. Ceux qui ont joué depuis .... ont perdu leurs 15 euros. Ils n’ont pas été perdus pour tout le monde !

 Variations

L’automobiliste qui remplit son réservoir à 1,59 euro le litre de super sans plomb 98 dans un garage du centre de Nantes, peut faire le plein pour 20 centimes de moins le litre, soit dix euros de moins, dans une station-service Leclerc de la périphérie.

Mais nul besoin de faire des kilomètres. Dans une même ville le super sans plomb peut coûter 1,51 € chez Total et 1,30 € à Carrefour ou Intermarché. Dans un contexte d’extrême tension sur les marchés pétroliers, avivée par le passage du cyclone Katrina aux Etats-Unis, les stations-service de la grande distribution, pour qui les carburants sont des produits d’appel vendus à prix coûtant, vendent bien moins cher que les petites stations ou celles des groupes pétroliers. Résultat : dans les zones géographiques où les grandes enseignes de la distribution, comme Carrefour, Auchan ou Leclerc, sont absentes, les étiquettes des carburants s’envolent, faute de concurrents.

Les pétroliers enregistrent des bénéfices records. Le groupe Total a dégagé au deuxième trimestre 2005 un bénéfice net ajusté de 2,91 mds d’€, en hausse de 33 % par rapport à la même période en 2004

Le gouvernement a proposé de taxer les bénéfices des sociétés pétrolières. Alors, comme par hasard, TOTAL et BP   ont baissé les prix à la pompe (oh, modestement, 2 à 3 centimes le litre).

Ce n’était que pur hasard.

 Une prime de 75 €

Une « aide à la cuve » de 75 euros, est mise en place par le gouvernement pour alléger la facture de chauffage des ménages les plus modestes. Ele concerne les ménages non imposables qui se chauffent au fuel.

Les formulaires nécessaires sont disponibles dans les trésoreries et sur internet. Pour tout dossier complet déposé avant le 15 novembre, le chèque ou le virement de 75 euros sera versé avant fin 2005. Sinon il faudra attendre mai 2006


Ecrit le 19 octobre 2005 :

 De quoi péter un plomb

C’est une histoire incroyable mais vraie. Un modèle d’enquête journalistique. Un formidable uppercut à tous ceux qui prétendent que le principe de précaution, c’est du bidon (1)...

Le plomb est un merveilleux poison : il s’accumule dans le sol, l’air, l’eau, les organismes vivants, et ne disparaît jamais. Particulièrement insidieux, il attaque le système nerveux et provoque à la longue, notamment chez les enfants, des troubles graves, difficultés à lire et à apprendre, altérations auditives, hyperactivité, troubles du comportement, etc. En cas de forte intoxication, cela va jusqu’à la cécité, les crises de démence, les maladies des reins, les cancers et la mort.

En 1921, le chimiste Thomas Midgley cherche désespérément un additif à l’essence qui permette de réduire le cliquetis des moteurs à explosion interne. L’éthanol (l’alcool) s’impose : il est non toxique, bon marché, mais souffre d’un défaut majeur :

« n’importe quel idiot avec un alambic pouvait en fabriquer chez lui, et à l’époque beaucoup ne s’en privaient pas ».

Scandale : ne pouvant être breveté, il ne rapporte pas un cent !

Or l’employeur de Migley, la firme General Motors, dont les héritiers DuPont de Nemours sont les principaux actionnaires, exige une trouvaille lucrative.

Le chimiste découvre que le plomb, ajouté en petites quantités à l’essence, fait l’affaire. Ce plomb sera rejeté dans l’atmosphère et atterrira dans des poumons humains ? Tant pis...

A partir de cette date, et pendant près de quatre-vingts ans, l’essence au plomb va rapporter des fortunes et faire des ravages sur toute la planète. Rien qu’aux États-Unis elle a tué près de 5 000 personnes par an. Ce n’est qu’en 1986 qu’elle y fut interdite. Et en 2000 en Europe.

Ce que met au jour cette enquête,
ce sont les techniques qui permettent à une big-company de répandre sciemment et en toute impunité
un poison mortel :

– D’abord nier en bloc les risques.

– Jouer sur les incertitudes scientifiques

– Contrôler la recherche sur le sujet.

– Par lobbying et subventions aux partis politiques, obtenir la complicité active du
gouvernement.

– Nier qu’il existe des alternatives.

– Surestimer les bénéfices obtenus et minimiser les nuisances.

 Tricher sans hésiter :

La thèse centrale de Robert Kehoe, le médecin appointé par General Motors, était que le plomb existe à l’état naturel dans le corps humain, d’ailleurs sa population-test de Mexicains ruraux éloignés de toute autoroute n’en avait-elle pas dans le sang ? Il fut prouvé par la suite qu’elle était hautement exposée au plomb des glaçures utilisées sur les poteries locales...

Les aventuriers de l’essence plombée, dit l’auteur, ont tellement bien réussi leur coup qu’ils ont servi de modèle aux industries de l’amiante, du nucléaire, du tabac et des pesticides .......

.... et aux firmes multinationales qui aujourd’hui cherchent à introduire les OGM avant que soient menées des recherches scientifiques indépendantes.

« Une fois de plus, il incombe à ceux qui émettent des doutes de fournir la preuve de ce qu’ils avancent, pendant que le monde entier sert de cobaye. ».

Simple rappel : l’essence au plomb est toujours commercialisée dans les pays du Tiers-monde.

D’après Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné

 Jeunes légumes contre vieux fossiles

PRODUIRE un litre d’essence tel qu’il est vendu à la pompe nécessite l’énergie de 1,1 litre d’essence. Un calcul qui tient compte de l’extraction, du transport et du raffinage du pétrole. Les bio-carburants, eux, lors de leur combustion, restituent deux à cinq fois plus d’énergie qu’ils n’en consomment au cours de leur production (culture, irrigation, récolte, transport).

Telles sont les conclusions décoiffantes d’une étude réalisée sous l’égide du cabinet PriceWaterhouse, de l’Agence de l’environnement et du ministère de l’Industrie. Cette étude, qui date de la fin 2002, fait toujours autorité, et elle a été confirmée depuis par des recherches en France et aux États-Unis.

Le biocarburant semble donc mériter son label « écolo », d’autant que, même après combustion, il contribue moins à la pollution de l’air et à l’effet de serre que l’essence et le gazole. A ce jeu, le grand vainqueur est l’huile de tournesol, carburant possible des moteurs Diesel, qui relâche six fois moins de gaz dans l’atmosphère (type dioxyde de carbone) que le gazole. Et la fleur à grands pétales est aussi celle qui restitue le plus d’énergie.

Ces arguments n’empêchent pas certains défenseurs de l’environnement - comme les Verts - de qualifier de « poudre aux yeux gouvernementale » la politique favorisant (un peu) ces cultures.

D’abord, expliquent-ils, elles sont gourmandes en engrais et en pesticides, surtout la betterave, le maïs et le blé, d’où provient l’éthanol, concurrent ou complément du super.

Conclusion : en voulant épargner les cieux, on pollue l’eau et le sous-sol. L’argument est moins recevable pour le tournesol et le colza, qui, en outre, réclament très peu d’irrigation.

A ceci près, ajoutent les détracteurs écolos, que ces végétaux, surtout les plantes « à huile », ont besoin d’immenses surfaces pour pousser. « Si la totalité des terres cultivables était dédiée aux bio-carburants, seule la moitié des besoins serait couverte », affirme Yann Wehrling, des Verts.

L’estimation est un peu exagérée, commente Benoît Gabrielle, chercheur à l’Institut national de recherche agronomique. « Pour arriver à un quart de la consommation française, soit 10 millions de « tonnes équivalent pétrole », on table sur 4 millions d’hectares ».

Autrement dit, pour se passer totalement de carburant pétrolier, il faudrait « réquisitionner » 16 millions d’hectares, soit un peu plus de la moitié des terres cultivables.

Les représentants du monde agricole (notamment les gros céréaliers), souhaitent reconvertir en culture d’immenses jachères, offrir des débouchés aux exploitations en péril et donner ainsi un coup de jeune au monde rural. Selon une étude de la Commission européenne, « le remplacement de seulement 1 % des carburants fossiles par les biocarburants conduirait à la création [en Europe] de 45 000 à 75 000 emplois ».

L’objection la plus gênante reste celle du coût. Selon un rapport parlementaire de juin 2004 « aucune des personnes rencontrées n’a fourni de données précises sur ce point ». L’Institut français du pétrole « donne une idée plus détaillée » : le coût de production de l’éthanol serait trois fois plus élevé que celui d’un carburant pétrolier type, et celui du diester (substitut du gazole) presque deux fois.

Des chiffres contestés - là encore - par les producteurs agricoles. D’autant, poursuit le rapporteur, que d’importants « gains de productivité sont à attendre » de cette filière récente, et que ces dépenses, elles, n’alourdiront pas notre déficit commercial.

Et puis, ironise un fonctionnaire de l’Environnement, « si on laissait ce genre de dossiers au seul ministère des Finances, on continuerait à jeter les ordures à la décharge et on se dispenserait de nettoyer les rivières ».

D’après Jean-François Julliard, Le Canard Enchaîné

 Quand la nature fait des siennes :

le lac KIVU

Le lac Kivu, à la frontière du Rwanda et de la République Démocratique du Congo, présente une spécificité unique au monde :

ses eaux profondes contiennent
une gigantesque quantité de gaz
dissous (3/4 de gaz carbonique,
1/4 de méthane)

Dans son état statique, ce lac est stable et inoffensif. Une perturbation importante provenant de l’activité volcanique du Nyiragongo situé sur la rive nord du lac pourrait provoquer une remontée des eaux profondes chargées en gaz dissous.

Ces eaux relâcheraient alors des gaz asphyxiants, soit sous forme d’émanations limitées et localisées, soit sous forme d’une explosion cataclysmale concernant une forte partie du lac, menaçant la sécurité des populations avoisinantes.

Rappelons que le lac Nyos, au Cameroun, a été le siège d’une explosion gazeuse le 21 août 1986 qui a fait 1800 victimes par asphyxie dans un périmètre de 30 km autour du lac. Le lac Kivu renferme 1000 fois plus de gaz que le lac Nyos et ce sont des millions de personnes qui vivent sous cette menace.

La récente crise volcano-tectonique du volcan Nyiragongo (République Démocratique du Congo) qui a détruit une partie de la ville de Goma le 17 janvier 2002 a mis en évidence un nouveau type de risque en relation avec la présence du gaz dissous dans les profondeurs du lac Kivu.

Si le phénomène n’est pas contrôlé, il se produit à la surface du liquide une véritable explosion, comme ce qui peut être observé lorsqu’on débouche une bouteille de champagne ou de limonade : en faisant chuter la pression à l’intérieur de la bouteille les bulles du gaz qui était dissous se forment brutalement et remontent à la surface en entraînant le liquide.

Le dioxyde de carbone, à cause de son volume important, aurait un impact catastrophique.

Le méthane constitue donc le détonateur de la bombe à retardement représentée par l’énorme volume de CO2 dissous.

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Ecrit le 4 janvier 2006 :

Pétrole !

Les prix du pétrole se sont stabilisés, vendredi 30 décembre, après deux jours de gains importants, clôturant l’année 2005 en hausse de plus de 40%.

Les prix de l’or noir ont battu record après record en 2005, dopés par des craintes de pénurie, accentuées par la saison des ouragans la plus intense jamais enregistrée dans l’Atlantique. Les cours ont bondi de 70 % entre janvier et août, pour culminer à 70,85 dollars à New York et 68,89 dollars à Londres le 30 août, un jour après le passage dévastateur du cyclone Katrina dans le golfe du Mexique.

Mis à part les stocks de brut, toutes les réserves des Etats-Unis - fioul de chauffage, gaz naturel, essence - sont en baisse, tandis que la demande pétrolière américaine est apparue très vive. « Cela risque de faire pression sur les stocks d’essence qui sont déjà bien en dessous de leur niveau de l’an passé », ont remarqué des analystes

Les stocks d’essence sont de 13 millions de barils inférieurs à ceux de l’an dernier, et ils reculent alors qu’ils sont censés se reconstituer à cette époque de l’année. Le marché commence donc déjà à redouter une pénurie de carburant en 2006.

Plus que jamais il importe d’étudier les solutions les plus économiques, notamment pour le travail (co-voiturage).


 Le vivoleum, solution alternative au pétrole

Les Yes men, connus pour l’ampleur de leurs canulars, ont piégé les respectables participants à une grande conférence sur l’énergie, le 14 juin 2007, au Canada.

Ils ont expliqué, avec force documents, que la politique énergétique des Etats-Unis, en favorisant le réchauffement climatique, va faire des millions de morts, mais que l’industrie a un « plan B », pour remplacer le pétrole appelé disparaître, ExxonMobil, a dit le conférencier, a lancé la technologie Vivoleum, qui permet de transformer la chair humaine en dérivé pétrolier. Les auditeurs y ont cru, un certain temps, jusqu’à ce que les compères distribuent des bougies faites à partir de cadavres. Expulsés par un vrai directeur de Exxon, les Yes Men n’ont écopé que d’une petite amende : 247 dollars canadiens, les forces de l’ordre considérant qu’aucune infraction majeure n’a véritablement été commise.

Source : http://infoblog.samizdat.net

Nucléaire

Energie éolienne

Comment on bouffe du pétrole dans les fraises et les langoustines

Le jour du dépassement

3794 km avec un litre d’essence


NOTES:

(1) L’histoire secrète du plomb, Jamie Lincoln Kitman, Allia, 155 pages, 6,l0 euros