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Sida : elles ont cédé

Ecrit le 24 avril 2001 :

 Le fric a mis les pouces ?? _ eh bien non !

Victoire : la mobilisation a gagné, la santé l’emporte sur le profit ! La nouvelle est tombée ce jeudi 19 avril 2001 : les compagnies pharmaceutiques retirent la plainte qui bloquait depuis trois ans l’application d’une loi sud-africaine favorisant les médicaments génériques. Les ONG (organisations non gouvernementales) parlent d’une grande victoire pour la commercialisation de médicaments moins onéreux auprès de populations pauvres durement frappées par le virus du sida. (relire La Mée du 14 mars 2001).

Ainsi, les grandes compagnies pharmaceutiques internationales, malgré tout le fric dont elles disposent, ont mis les pouces devant la réprobation internationale dont elles étaient l’objet. Elles étaient accusées en effet de faire passer leurs profits avant la vie des malades, en particulier des millions de malades du sida dans les pays pauvres. Déjà, le 16 mars, plusieurs laboratoires avaient annoncé des baisses de tarifs sur ces médicaments anti-sida, pour tenir compte de la proposition du laboratoire indien CIPLA qui proposait de fournir à bas prix huit des quinze médicaments disponibles, ce qui permettait une trithérapie à 600 dollars par patient, au lieu des 10 000 à 15 000 dollars que demandaient les laboratoires américains.

Le procès ouvert à Prétoria le 5 mars ayant été suspendu, pour permettre des tractations entre les parties, finalement les 39 firmes multinationales engagées dans le procès ont renoncé, annonçant même qu’elles prenaient en charge tous les frais de justice du gouvernement sud-africain.

La ministre sud-africaine de la Santé, Manto-Tshabalala-Msimang, a déclaré, après cette annonce des compagnies : « Nous voulons dire merci au monde entier pour son soutien à l’Afrique du Sud ».

Il reste que, depuis 1998, est bloquée la loi qui donnait au ministre sud-africain de la Santé le pouvoir d’importer, d’attribuer des licences ou de produire des versions à bas prix des médicaments de marque. Combien de malades sont morts depuis ?

0,04 % des malades

Selon l’Organisation mondiale de la santé, sur les 25 millions d’Africains infectés par le VIH, 5 millions devraient et pourraient être traités compte tenu de leur état. Actuellement seulement 10 000 reçoivent des traitements soit 0,04 % des malades

Le retrait des 39 firmes pharmaceutiques n’a sûrement pas des causes humanitaires. Il montre seulement que les multinationales, si puissantes soient-elles, sont fragilisées par les campagnes internationales et sont susceptibles d’évoluer pour préserver à la fois leur réputation et le cours de leurs actions.

Car il est vraisemblable que de savants calculs ont été faits au cours des récentes semaines et que les capitaines de cette industrie ont réalisé que le vieil adage - « un îlot de perte dans un océan de profits » - pouvait aussi s’appliquer à l’Afrique.

En clair, les labos ont mesuré que les coquets profits réalisés dans le monde développé - qui compte à peine 10 % des malades - pouvaient permettre de baisser considérablement le prix de leurs produits dans les pays du Sud, l’idée étant, au pire, de faire une opération blanche, au mieux de faire quand même des bénéfices, en tablant moins sur les prix de vente que sur le nombre des malades.

Sur le marché des médicaments, l’Afrique ne représente que 1,3 % des ventes, soit 3,5 milliards de dollars, contre 100 milliards pour l’Europe, et 169 milliards pour l’Amérique du nord.

Mais c’est pas fini

Pour contrer l’arrivée de copies des médicaments génériques, les laboratoires utilisent parfois les grands moyens. Outre les plaintes comme celle dont faisait l’objet l’Afrique du sud - et celle qui vise encore le Brésil - les labos ne se sont pas privés d’exercer ou de faire exercer des pressions économiques. L’article 301 de la loi américaine de 1988 sur le commerce a déjà été utilisé contre plus de 30 pays afin de protéger des compagnies américaines et d’infliger des sanctions commerciales aux « contrevenants » à cette loi.

Par exemple la Thaïlande et la République Dominicaine ont été instamment invitées à limiter le nombre de leurs copies de médicaments. Faute de quoi, leurs exportations vers les Etats-Unis seraient drastiquement revues à la baisse.

Pourtant, l’offensive des pays désireux d’utiliser des médicaments génériques a eu des effets positifs. Le Brésil, par exemple a réussi à diminuer de 80 % le prix de certains traitements contre le sida. Et à réduire de moitié les décès liés à cette maladie.


Ecrit le 4 décembre 2001 :

4 minutes et 6 secondes

Le 1er décembre était la journée mondiale contre le sida. Les associations de lutte contre cette maladie font le parallèle entre les 3.948 morts du World Trade Center et les milliers de vies quotidiennement volées par l’épidémie, devenue, selon ONUSIDA, la maladie « la plus dévastatrice que l’humanité ait jamais connue ».

Si « l’hommage rendu aux personnes mortes tragiquement à New York le 11 septembre s’est traduit par trois minutes de silence, les trois millions de morts du sida de l’an 2000 mériteraient 4 minutes et 6 secondes de silence chaque jour de l’année », estime ainsi Philippe Levêque, directeur général de l’association de solidarité CARE. Vingt ans après l’identification du SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise), cette maladie a tué plus de 20 millions de personnes.

En 2001, le SIDA aura causé la mort de 3 millions de personnes et un peu plus de cinq millions de nouvelles infections, portant à 40 millions le nombre des personnes vivant avec le virus dans le monde, dont près des trois-quarts en Afrique sub-saharienne, selon le rapport annuel publié mercredi par l’ONUSIDA (le programme des Nations-Unies pour le SIDA) et l’OMS (Office mondial de la santé)

« Un tiers environ des personnes vivantes infectées ou malades ont entre 15 et 24 ans, et la plupart ignorent qu’elles sont porteuses du virus », souligne le rapport.

« Depuis le début de l’épidémie, plus de 60 millions de personnes ont été infectées par le virus. Le SIDA est maintenant la première cause de décès en Afrique sub-saharienne, et figure dans le monde au quatrième rang des maladies les plus meurtrières », précise le rapport.

Dans des pays déjà accablés par d’énormes problèmes socio-économiques, le sida menace le développement et la stabilité sociale à une échelle sans précédent, selon l’ONUSIDA.

L’Europe orientale et l’Asie centrale, et en particulier la Russie, s’illustrent par « la croissance la plus rapide de l’épidémie dans le monde » et « un nombre de nouvelles infections qui monte en flèche ».

La situation est explosive en Russie où « le total des infections notifiées dépasse les 129.000 cas depuis le début de l’épidémie », selon le rapport. Un chiffre qui se situerait en réalité entre 600.000 et 800.000, selon les experts.

L’Afrique sub-saharienne reste la région du monde la plus touchée. Dans des pays comme la Chine, l’Inde ou l’Indonésie, même une progression des infections apparemment modeste, de l’ordre de 1%, se traduirait en millions de victimes.

Dans les pays riches qui peuvent s’offrir les traitements dernier cri les plus chers, la négligence en matière de prévention favorise une reprise de l’épidémie.

Sur le front politique, une session extraordinaire de l’assemblée générale des Nations Unies en juin dernier a fixé des objectifs pour réduire l’expansion de l’épidémie, notamment parmi les jeunes et les nouveaux-nés. ll s’agit maintenant de concrétiser ces engagements.


(écrit le 1er janvier 2003)

Mourez et Taisez-vous

Les USA, sur la pression de Bush, et à la demande des multinationales pharmaceutiques, a fait capoter l’accord entre pays de l’Organisation Mondiale du Commerce, qui devait permettre aux pays pauvres d’acheter des médicaments bon marché pour lutter contre le SIDA. Cet accord avait été signé à Doha il y a un an et l’on se souvient des grands discours de l’époque : « voyez comme les pays riches savent être généreux ».

Discours bidons ! Comme dit Le Figaro (du 23 décembre), c’est Bush lui-même qui a fait capoter l’accord. Dame ! Si on accepte que les nombreux malades du SIDA, de la malaria ou de la tuberculose bénéficient de copies de médicaments moins chères que les médicaments brevetés, vous imaginez la perte de profit pour les actionnaires ? D’autant plus que les hypertendus, asthmatiques et diabétiques aux poches vides vont demander la même chose !

Eh bien non ! Qu’ils crèvent ! Cela fera des pauvres en moins.

C’est ça la médecine à deux vitesses ... D’un côté on choisit le fric. De l’autre côté la vie.


Pour sa part le Mouvement Français pour le Planning Familial, investi dans la lutte contre le SIDA, plus particulièrement en direction des femmes, premières victimes de l’épidémie dans le monde, exige que le Gouvernement Français et que les instances européennes au sein desquelles il est représenté fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour inciter les États- Unis à revoir leur position dans le sens d’une plus grande humanité. L’attitude de blocage des USA doit être dénoncée et combattue dans toutes les instances internationales.Tél : 06 88 52 09 10 .


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Voir le document VIH

VIH-et-SIDA-dec2007