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Le SRAS : à vos souhaits

Écrit le 21 mai 2003

 SRAS : syndrome respiratoire aigu sévère.

Il y a eu le SIDA (syndrome immuno-déficitaire acquis), puis le Sida, puis le sida. La maladie est entrée dans les mœurs (si on peut dire), dans notre univers quotidien, au point d’en avoir perdu sa majuscule.

Rapidement, le SRAS est devenu le sras, et cette épidémie nouvelle et fulgurante tue tous les jours (alors que la maladie de la vache folle a, heureusement, fait très peu de victimes).

Deux mois après l’alerte internationale lancée par l’office mondial de la santé, (OMS) l’épidémie de SRAS a, (chiffres arrêtés au 9 mai), touché 7 182 personnes. Parmi elles, 514 sont décédées.

Tous les jours viennent de Chine des informations inquiétantes : une dizaine morts supplémentaires, 140 à 150 cas confirmés. (Bien sûr, c’est peu, en pourcentage des 1,6 milliards d’habitants du continent chinois. Mais le pourcentage a-t-il un sens dans ce domaine ? )

Une trentaine de pays ont été touchés, un vaccin pourrait naître prochainement mais il n’empêche que la situation est grave à l’échelle mondiale, pas dans les pays où existe une médecine publique compétente, mais dans les pays pauvres, là où des populations sont difficiles à atteindre, là où la médecine laisse de côté des pans énormes de la société. Car le vaccin sera destiné en premier lieu aux populations qui auront les moyens de l’acheter. Mais qui va aller tester les migrants ruraux qui se presse aux portes des villes chinoises en quête d’un emploi ?

 Et l’Afrique ?

L’Afrique « ne peut pas se permettre » d’être infectée par l’épidémie de pneumonie atypique, car « les conséquences seraient dévastatrices »pour le continent et pour le reste du monde, a souligné, vendredi 2 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une des hantises de l’OMS est que la maladie s’implante dans des pays en développement, dont le système de santé est précaire ou déficient, a expliqué Christine McNab, une porte-parole de l’OMS. Ce serait d’autant plus dramatique qu’il existe actuellement une opportunité, d’une durée limitée, d’éradiquer la maladie si on fait les efforts nécessaires, a-t-elle réaffirmé, citant le Vietnam. « On a l’occasion de contenir le virus, il faut la saisir. » Un vaccin anti-SRAS « ne serait pas nécessairement la réponse, car il serait difficile de l’introduire dans les pays africains », faute d’un réseau médical suffisant. Un seul cas de SRAS a été recensé pour le moment sur le continent africain, en Afrique du Sud.

 Défendu d’éternuer !

Au temps où la tuberculose était un mal répandu, il était défendu de cracher par terre, et il était demandé d’arroser toujours le sol avant de le balayer, pour éviter de faire voler la poussière.

La transmission du SRAS est plus grave que celle de la tuberculose. Il suffit d’un éternuement, de gouttelettes de salive qui touchent la poignée d’une porte, ou un atelier de tuyauterie …. Il va falloir interdire d’éternuer !

Mais cela ne suffira pas : dans un communiqué daté du lundi 5 mai, l’OMS indique que le nouveau virus peut survivre dans les selles et dans l’urine à température ambiante pendant au moins un ou deux jours. Le virus possède une plus grande stabilité (jusqu’à quatre jours) dans les selles de malades ayant la diarrhée, sans doute parce que ces dernières sont moins acides. La contamination par le biais de matières fécales est très vraisemblablement ce qui explique le grand nombre de cas de SRAS dans le complexe immobilier des Jardins d’Amoy, à Hongkong.

 Mutation culturelle

Le sida présente un moindre risque : il se propage sur des modes relativement canalisés et ne frappe pas de manière si fulgurante. Le SRAS, encore mal connu, se transmet avec si peu de chose ! « Le bruit court en Chine qu’il faudrait se saluer à la japonaise, par courbette, plutôt que se serrer la main. Le SRAS produirait alors une mutation culturelle » dit Francis Deron dans Le Monde du 11 mai 2003, en ajoutant : « La réaction en chaîne à venir n’est pas moins effrayante. Des dizaines de milliers de petits soldats du néocapitalisme chinois travaillent au fin fond de la Chine à fabriquer des produits qui garnissent désormais la plus grande partie des rayonnages des supermarchés occidentaux : de la hi-fi aux jouets en passant par des guirlandes électriques de sapin de Noël. La délocalisation des productions industrielles nourrit des dizaines de millions d’individus pauvres et assujettis à des systèmes d’administration dans lesquels l’organisation sanitaire est une considération mineure, voire négligeable ».

Le SRAS passera-t-il par eux ? La Grande distribution dans les pays occidentaux va devoir en tenir compte. Quitte à supprimer toute délocalisation dans les pays pauvres et à provoquer la révolte des populations.

 La Chine s’éveillera…

Alain Peyrefitte avait écrit autrefois un livre « quand la Chine s’éveillera » . Nous sommes peut-être à la veille d’une révolution mondiale provoquée par le SRAS.

Supprimer les délocalisations sauvages dans les pays pauvres, c’est une excellente chose, mais pas n’importe comment, pas en conduisant des millions d’hommes à la famine . Le SRAS finalement, risque de se révéler plus destructeur que le terrorisme.

 Les symptômes du SRAS

Fièvre, toux ou difficultés respiratoires, contact avec un malade ou voyage dans une zone affectée : ce sont les principaux repères d’une possible infection au virus du SRAS.