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L’excès d’hygiène ?

écrit le 10 juillet 2001)

 Il ne faut point trop se laver !

S’il faut prendre des précautions, il ne faut point trop en prendre, paraît-il.

Une équipe de scientifiques britanniques publie dans le dernier numéro de la revue anglo-saxonne « Archives of diseases in childhood » une étude selon laquelle "de hauts niveaux d'hygiène à l'âge de 15 mois" peuvent être à l'origine "d'une respiration hachée (comme de l’asthme) et d'un eczéma sévère entre les âges de 30 et 42 mois. En somme, trop laver son bébé aurait de funestes conséquences.

Les pédiatres de l'université de Bristol ont travaillé sur les données concernant plus de 10 000 enfants au sein d'un échantillon représentatif de la population de leur comté, celui d'Avon. Ils ont comptabilisé les douches et les bains, les lavages quotidiens du visage, ceux des mains avant les repas, et même les séances d'essuyage.Selon eux, « l'exposition précoce aux infections protège d'une certaine manière contre les allergies au cours de la vie ultérieure ». Une idée souvent utilisée pour répondre aux parents qui s'inquiètent des infections à répétition de leur enfant gardé en crèche : il vaut mieux être en contact avec des microbes pour fortifier les défenses de l'organisme. Mithridate l'avait découvert il y a fort longtemps. Cette hypothèse s'appuie sur le fait que certaines maladies allergiques sont des pathologies du système immunitaire. Leur fréquence a augmenté au cours des trois dernières décennies, particulièrement dans les pays occidentaux. Les auteurs estiment que « le manque d'exposition à certains types d'agents infectieux au cours de l'enfance aboutirait à des réponses immunitaires déséquilibrées. »L'article ne répond toutefois pas à la question : qu'est-ce que l'excès d'hygiène ? Avec un flegme tout britannique les auteurs disent que « l'importance de l'hygiène pour la santé publique ne devrait pas être sous-estimée ; cependant, la création d'un environnement stérile par une propreté excessive peut être potentiellement nuisible pour le système immunitaire ». Faudra-t-il inscrire cet avertissement sur les savonnettes ?

D’après Paul BenkimounLe Monde du 29.06.02-------------------------------------

 Quel moustique pique les chercheurs ?

Avec l’été (s’il fait chaud !) revient la saison des moustiques et, après les plantes, les chercheurs s’intéressent à eux, pour tenter d’éradiquer une des maladies les plus dévastatrices : le paludisme (2 millions de morts par an). Des chercheurs américains ont réussi à modifier génétiquement des moustiques pour les rendre incapables de transmettre l’agent de la maladie, plasmodium falciparum.« Belle manipulation de laboratoire » dit la revue Sciences et Avenir de Juillet 2002, qui s’interroge : « Dans ce domaine ô ! combien périlleux des OGM, a-t-on pris le temps d’évaluer le risque de relâcher dans la nature de telles constructions ? Plasmodium ne peut-il pas muter et devenir encore plus infectieux et encore plus mortel lorsqu’il sera confronté à cette résistance ? Les crédits alloués à ces travaux ne seraient-ils pas mieux employés ailleurs, dans la recherche de vaccins humains par exemple, ou dans la mise au point de nouveaux médicaments qui ont bien plus de chances d’aboutir à court terme ? ». Pour le moment, les MGN (moustiques génétiquement modifiés) c’est vraiment que du cinéma !