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Grand Auverné : les carrières en force

Ecrit le 30 janvier 2008

« Mais pourquoi veulent-ils passer en force ? » s’interrogent un certain nombre d’habitants du Grand Auverné, du côté des villages de Villechoux, de Villeneuve et La Bauche. Ils évoquent là, avec leurs amis (Bretagne vivante, Loire vivante, L.P.O., Eaux et Rivières de Bretagne et enfin les Amis de la Poitevinière). les révisions du PLU   (Plan Local d’Urbanisme) nécessitées par le projet d’exploitation de deux carrières.

Ce projet, déposé par les sociétés Lafarge et Brangeon, concerne 128 hectares de terre, qui seraient bloqués pour 30 ans avec exploitation de 500 000 tonnes de sable pan an, au sud de Grand Auverné. « Les sociétés ont l’intention de creuser pour y mettre des barges suceuses. Et peut-être une centrale à béton. Ce serait la plus grande carrière de Loire-Atlantique » dit Marianne Ernoult.

 Cacher ?

Pour faire cette double-carrière, il faut que le zonage du PLU   (Plan Local d’Urbanisme) le permette. « Le Conseil Municipal s’est empressé de diligenter une double procédure de révision simplifiée du PLU   » commente Christophe Dougé, qui a l’habitude des procédures en tant que membre de la Commission des Carrières de Loire-Atlantique. « Je n’ai jamais vu un dossier comme celui-là. Habituellement on nous présente, en même temps, le projet de modification du PLU   et l’étude d’impact du projet de carrière, mais ici, pas d’étude d’impact ce qui fait que nous en sommes réduits aux supputations. Une révision globale du PLU   aurait été souhaitable d’autant qu’il y a deux projets ». Mais pourquoi donc avoir choisi cette procédure qui interdit l’accès à toutes les informations ? Y a-t-il donc urgence ?

 L’eau

Les riverains de la carrière s’inquiètent des répercussions sur les eaux. « On s’attend à une baisse de 13 cm minimum du niveau d’eau dans la tourbière voisine … ce qui serait très dommageable étant donné que la biodiversité se situe dans la couche superficielle » explique Claude Jossilin de « Bretagne Vivante ». Par ailleurs le code rural impose aux PLU   d’être compatibles avec le SAGE de la Vilaine (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux). « Or ici, les indications fournies ne permettent pas de dire s’il y a compatibilité ou non ». Le « Petit Don », le seul qui reste alimenté en période de sécheresse, serait sans doute touché.

 Circulation

« Nous n’avons pas d’indications précises, dit Marianne Ernoult, mais nous avons fait des calculs à partir du dossier Lafarge sur la carrière de Lambrun, qui se situe aussi sur la commune ». On peut estimer qu’il y aura 90 camions par jour donc 180 passages, sauf la nuit. « Cela fera donc un camion toutes les 3 minutes. Les routes ici sont étroites, elles n’ont pas la largeur nécessaire au passage des camions excepté la D14. Dans le PLU   nous n’avons aucune information précise sur les routes qui seront empruntées par les véhicules » . Un plan routier serait pourtant indispensable avec calibrage des routes et aménagement des « tourne-à-gauche ».

Et tout ça pour quoi ? Pour 5 à 6 emplois qui ne profiteraient pas forcément à la commune, pour une taxe professionnelle qui serait versée à la Com’Com’  , pour des étangs de loisirs qui serait utilisables, dans 30 ans … tout en étant assez éloignés du bourg, et à condition que, d’ici là, il n’ait pas été décidé de les combler par des déchets ménagers voire des déchets nucléaires, pourquoi pas !

 Faiblesse juridique

« Même l’enquête publique a été bâclée », disent les riverains : en pleine période de fêtes, du 17 décembre au 17 janvier, seulement le matin et pas le samedi ! Il y a eu pourtant deux pleins cahiers et des feuilles volantes.

Le commissaire enquêteur, qui n’a pas jugé utile de prolonger la durée de l’enquête, doit rendre son rapport d’ici un mois. Le Conseil Municipal se prononcera ensuite, à la veille des municipales, à la veille de l’élection d’une nouvelle équipe qui aura la lourde tâche de gérer la situation.