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Gaza le match terrible : 850 à 13

Ecrit le 10 janvier 2009

 850 à 13

Le 3 janvier les blindés israéliens ont pénétré dans Gaza. Une armée surentraînée, équipée de systèmes de vision nocturne contre une population d’une densité incroyable. On sait déjà que le décompte des morts sera terrible.

Il y a bien évidemment l’incroyable disproportion. Disproportion des forces militaires en présence. Disproportion des victimes.

Pales

Je suis allé sur les lieux que ravagent actuellement les chenilles des tanks israéliens. J’y ai vu des maisons détruites, car trop proches des habitations des colons d’alors. J’ai vu des gamins, excités par notre présence, lancer des pierres sur un tank... et les tankistes riposter à balles réelles, la terre soulevée à quelques mètres des gamins. J’ai vu des fermes détruites, des oliviers arrachés, des orangers mis à terre, des champs labourés par les chars, des fenêtres drapées de plastique.

Oui, j’ai vu, et il y a déjà six ans, des civils, paysans, lycéens, écoliers cartable au dos, tenus en ligne de mire par des soldats sur-armés. J’ai vu des populations civiles victimes de la pression militaire insoutenable de l’armée israélienne.

Ce qui est terrible dans la situation actuelle va au-delà des massacres qui sont perpétrés. Ceux-ci seront condamnés demain par un tribunal de justice international. Les massacres, malheureusement, constituent le lot de l’humanité.

Non, ce qui est terrible, c’est l’aveuglement. Ce sont les phrases de la négation qui - ceux qui s’intéressent à l’histoire du vingtième siècle le savent bien - font plus de ravage dans notre conception même de l’humanité, de la politique, des relations entre groupes, états et pouvoirs que le tragique des faits eux-mêmes.

Ne pas regarder la réalité, et se masquer derrière des mots creux, c’est d’ores et déjà nier le massacre qui s’est mis en place à Gaza.

Avant-hier, Israël, par la bouche même de Tzipi Livni, prévoyait d’envoyer des « convois humanitaires » à Gaza. Une telle distorsion du sens de la langue ne peut qu’entraîner la confusion mentale, et derrière laisser la porte ouverte aux pires dérèglements historiques.

Oui, ce qui est terrible, c’est l’incapacité de nos journaux, de nos médias, de notre réflexion, et de nos dirigeants politiques à sortir du cadre étroit de la propagande pour regarder simplement la réalité en face : maintenir un million et demi de personnes sous un blocus qui détruit tout avenir et qui provoque la faim et nourrit la haine, ne peut que provoquer des réactions. Prendre raison de ces réactions pour accentuer plus encore l’oppression est d’un cynisme sans nom.

La constitution française de 1793 avait déjà prévu cette situation en proclamant :

Article 33.
– La résistance à l’oppression est la conséquence des autres droits de l’homme.

Article 34.
– Il y a oppression contre le corps social, lorsqu’un seul de ses membres est opprimé ; il y a oppression contre chaque membre, lorsque le corps social est opprimé.

Article 35.
– Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Si vous étiez Gazaouite aujourd’hui, que feriez-vous de ces règles constitutionnelles ?

 Nier l’existence des Palestiniens

Ajoutons un dernier mot : dans un premier temps, Israël a simplement cherché à nier l’existence même des Palestiniens. « Les Palestiniens, qui sont-ils ? Ils n’existent pas. » déclarait Golda Meir.

Maintenant, en raison même de leur résistance, et quoi que l’on puisse penser des méthodes de cette résistance, une telle négation n’est plus possible. Alors il s’en invente une autre, plus retorse encore, avec la complicité de toute la soi-disant « communauté internationale » : les Palestiniens n’ont pas de représentants avec qui on puisse discuter… Il en a été ainsi de Arafat, il en est ainsi du Hamas, il en sera ainsi de tout autre représentant à venir, élu ou non, soutenu ou non par son peuple.

La paix, c’est toujours un pacte que l’on tisse avec ses ennemis. Nier l’existence de l’autre, c’est refuser la possibilité même d’une paix possible.

Il faut regarder la terrible réalité en face, et imposer la Paix par la présence des casques bleus de l’ONU le long de la frontière de Gaza. C’est pour cela que l’ONU a été créée. Qui aujourd’hui s’y oppose ? Pourquoi n’entend-on point parler de l’interposition des forces de paix internationales ? De quel aveuglement les flashs des médias sont-ils coupables ?

Ouvrons les yeux, oublions l’idéologie, agissons pour que la Paix redevienne un horizon possible. Et refusons la négation du réel, qui peut entraîner les pires horreurs.

Nul ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Caen, janvier 2009

 

 

Note au 10 janvier 2009

L’offensive lancée par Israël sur la bande de Gaza a coûté la vie à au moins 800 Palestiniens, dont 230 enfants et 92 femmes et des dizaines d’autres civils, et fait plus de 3.300 blessés depuis le 27 décembre, selon des sources médicales à Gaza.

Trois civils et 10 soldats israéliens ont été tués et 154 blessés depuis le début de l’opération « Plomb fondu », selon l’armée.

« Plomb fondu » : ce titre est emprunté à une comptine enfantine du poète Haïm Nahman Bialik, le poète des Pogroms.

Des photos : http://www.boston.com/bigpicture/2009/01/scenes_from_the_gaza_strip.html


Note du 21 janvier 2009

 1315 à 13

A Gaza, Ban Ki-moon demande des comptes à Israël

GAZA (AFP) — Le chef de l’ONU Ban Ki-moon a demandé des comptes à Israël lors d’une visite faite le 20 janvier à Gaza où il a inspecté un complexe onusien bombardé, avec d’autres locaux des Nations unies, par l’armée israélienne lors de son offensive qui a dévasté le territoire palestinien.

« Il doit y avoir une enquête approfondie, une explication complète pour s’assurer que cela ne se reproduira plus jamais. (Les responsables) devront rendre des comptes devant des instances judiciaires », a déclaré le secrétaire général des Nations unies.

Il a qualifié ces bombardements d’« attaques scandaleuses et totalement inacceptables ».

Cette visite est la première à Gaza d’un responsable international de ce rang depuis le coup de force du Hamas en juin 2007 contre le Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

« Je ne peux décrire ce que je ressens après avoir vu ce site du bombardement du complexe des Nations unies », a-t-il encore ajouté devant les ruines encore fumantes d’un des entrepôts touché le 15 janvier par un bombardement, qui avait fait trois blessés.

Ces entrepôts de l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) renfermant des dizaines de tonnes d’aide humanitaire avaient ensuite pris feu.

Outre le complexe de l’UNRWA, plusieurs écoles gérées par l’ONU ont été touchées par des bombardements israéliens, dont le plus meurtrier a fait plus de 40 morts le 6 janvier à Jabaliya (nord).

M. Ban a accusé Israël d’avoir employé une « force excessive » durant son offensive de 22 jours, tout en condamnant les tirs de roquettes palestiniennes contre le sud d’Israël, les qualifiant de « totalement inacceptables ».

« Je condamne ces roquettes qui ont été tirées sur vos maisons et villes pendant toutes ces années depuis Gaza », a-t-il déclaré à Sderot, dans la foulée de sa visite à Gaza. Cette ville du sud d’Israël a été la principale cible des roquettes tirées par les groupes armés palestiniens.

« J’attend que les lois humanitaires internationales protégeant les civils soient restaurées et respectées (...) pas violées de manière répétée comme le Hamas l’a fait. J’attend que des comptes soient rendus », a-t-il ajouté.

« Si ces dernières semaines de conflit ne sont pas suivies d’une rapide action politique (...) cela va renforcer le désespoir et la radicalisation parmi les Palestiniens et le désespoir renforce toujours le Hamas », a encore estimé le chef de l’ONU.

Huit organisations israéliennes de défense des droits de l’Homme ont par ailleurs réclamé au procureur général de l’Etat l’ouverture d’une enquête sur la conduite de l’armée durant la guerre de Gaza.

L’offensive de l’armée israélienne, qui a pris fin dimanche 18 janvier 2009, a fait en trois semaines au moins 1.315 morts palestiniens et plus de 5.300 blessés, selon les services d’urgence de Gaza.

Côté israélien, 10 militaires et trois civils sont morts.

Sur le terrain, l’armée israélienne poursuivait son retrait graduel du territoire palestinien au troisième jour d’un cessez-le-feu qu’Israël et le Hamas ont proclamé chacun de son côté.

Une porte-parole de l’armée a en outre affirmé que le calme avait régné pour une deuxième nuit consécutive et qu’aucun incident n’avait été signalé depuis le cessez-le-feu.

Un civil palestinien a toutefois été tué en début d’après-midi par des tirs de l’armée israélienne dans le nord du territoire, selon des sources médicales palestiniennes. L’armée a affirmé ne pas être au courant d’un tel incident.

Des témoins palestiniens ont également affirmé que des navires de guerre israéliens avaient tiré des obus dans la matinée sur la zone littorale dans le nord de la bande de Gaza. Un Palestinien a été blessé par ces tirs, selon des sources médicales. Ces sources ont aussi indiqué que deux enfants avaient été tués dans un quartier de Gaza-ville en jouant avec un obus israélien non explosé.

Alors que se pose désormais la question de la reconstruction du territoire palestinien, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé qu’il était « impossible que le Hamas dirige le processus (...) et obtienne de ce fait la moindre légitimité », lors d’une rencontre avec le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a pour sa part lié la réouverture des points de passage de la bande de Gaza, exigée par le Hamas, au sort de Gilad Shalit, un soldat détenu par le mouvement islamiste depuis juin 2006.

A Bruxelles, le commissaire européen à l’Aide humanitaire Louis Michel a annoncé qu’il se rendrait dimanche et lundi à Gaza et dans le sud d’Israël pour évaluer les besoins humanitaires de la population.

A Koweït, les pays arabes ont conclu un sommet de deux jours sans parvenir à se mettre d’accord ni sur le texte d’un communiqué final consacré au récent conflit de Gaza, ni même sur la création d’un fonds de reconstruction de ce territoire dévasté.

A Genève, le responsable de la santé au sein de l’UNRWA, Guido Sabatinelli, a affirmé que la bande de Gaza ressemblait à une zone frappée par un « tremblement de terre ».

Vidéo Palestine/Israël : histoire d’une terre
– http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=21537