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ADN et chasse à l’étranger

Ecrit le 10 octobre 2007

 ADN Pourquoi tant de Haine ?

Selon la loi actuellement en vigueur en France, les tests génétiques ne sont utilisables que pour des recherches médicales ou scientifiques, ou après une saisine judiciaire (pour confondre un criminel par exemple).

Or, un amendement « Mariani » à la loi sur l’immigration a été voté le 12 septembre 2007 à l’Assemblée Nationale, et au Sénat le 5 octobre 2007 liant le regroupement familial des Etrangers à un test ADN de filiation biologique. Le premier projet parlait de filiation paternelle.

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ADN de barb

Devant la levée de boucliers suscitée par ce projet ADN, le ministre de l’Immigration Brice Hortefeux a défendu devant le Sénat une version modifiée disant que les analyses "seraient
réalisées aux frais de l’État", qu’elles aboutissent ou non à la délivrance d’un visa. Et que les tests génétiques seraient
limités à la recherche d’une filiation avec la mère, mais jamais avec le père, afin d’éviter aux hommes de découvrir accidentellement qu’ils ne sont pas les pères de leurs enfants.

 Un « détail » ?

Le gouvernement a manifesté sa détermination à faire passer cet amendement à tout prix. Le Premier Ministre a parlé de « détail » au sujet de ce test ADN. Un détail, le fichage des personnes ??

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Déta

Pour la communauté scientifique, ceci constitue un détournement dangereux du fruit de leurs travaux.

Pour le Conseil Consultatif national d’Ethique (CCNE) « la filiation passe par un récit, une parole, pas par la science. L’identité d’une personne et la nature de ses liens familiaux ne peuvent se réduire à leur dimension biologique. La protection et l’intérêt de l’enfant doivent être une priorité quand il s’agit de décisions concernant la famille. Le doute devrait jouer a priori au bénéfice de l’enfant »

La prédominance donnée à la filiation génétique « est en contradiction avec l’esprit de la loi française. De nombreuses familles françaises témoignent de la relativité de ce critère : familles recomposées après divorce, enfant adopté, enfant né d’accouchement dans le secret, sans parler de toutes les dissociations que peuvent créer les techniques actuelles d’assistance médicale à la procréation ».

Le droit à vivre en famille, reconnu par la convention européenne des droits de l’homme, serait-il donc réservé aux Français ?

 Méfiance

De plus, « outre la question de la validité des marqueurs biologiques pour mettre en évidence des liens de filiation, le relief donné à ces critères tend à accréditer une présomption de fraude. Le CCNE est préoccupé par la charge anormale de preuves qui pèsent sur le demandeur ».

En contribuant une fois de plus à stigmatiser les candidats à l’immigration et sous prétexte de réduire un désordre, cette disposition ouvre la porte au fichage génétique de certaines catégories de la population.

L’histoire nous a appris à quels désastres s’exposent les peuples qui acceptent de rogner peu à peu leurs principes éthiques, de banaliser l’inacceptable.

Plus de 60 000 personnes ont déjà signé des pétitions « Non au contrôle génétique de l’immigration ». Voici une adresse :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1625

Urgence

Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que la loi en discussion actuellement prévoit d’interdire aux Sans-papiers l’accès aux logements d’urgence destinés aux sans-abri la nuit. Bientôt on les laissera crever de froid et de faim ? Dîtes, si on ouvrait pour eux des camps de concentration ? Cela nous rappellerait notre jeunesse ! Chouette !


Ecrit le 10 octobre 2007

 Protestations

De nombreuses associations et partis politiques, les évêques et la fédération protestante, la CFDT et la CGT ont pris leur distance à l’égard du projet de loi et plus précisément des tests ADN. La contestation a pris une dimension internationale avec les déclarations du président de la commission de l’Union Africaine, Alpha Oumar Konaré, qui a jugé le dispositif « inacceptable » pour l’Afrique.

De son côté M. Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, a déclaré : « Maintenant, c’est l’ADN et puis après on va nous soumettre à quel test encore pour savoir si les chromosomes de nos arrières grand-pères ne comportaient pas « je ne sais pas quoi ? », s’est-il demandé ». Au temps d’Hitler, on recherchait ainsi les Français qui avaient du sang juif.

Rappelons que les tests ADN ont été étendus, sous Nicolas Sarkozy, non plus seulement aux délinquants sexuels, mais aussi aux petits délinquants, aux faucheurs de plants OGM, à des syndicalistes, etc. Tous fichés ! Merveille. Les candidats africains au regroupement familial voisineront désormais avec les criminels dans le grand livre des empreintes génétiques...

Comme dit Ibrahima Mbodj dans « Le Soleil » : « La Mondialisation libérale, qui s’est abattue sur la planète Terre, prône la libre circulation des capitaux et des citoyens des pays riches. A l’autre partie, est dénié le statut de citoyen du monde. Tout est fait pour les décourager de sortir de leur pays et cela va même jusqu’à la cherté plus que partout ailleurs, des billets d’avion émis à partir de l’Afrique. Et pourtant, comme l’ont constaté les astronautes, vue depuis l’espace, la Terre semble si Une et Unique ».


Ecrit le 10 octobre 2007

 La chiasse

Il y a des juges des libertés et de la détention (JLD) qui, statuant sur le cas d’étrangers placés en centre de rétention en vue de leur expulsion, ont refusé de prolonger la rétention et ont prononcé une remise en liberté lorsqu’ils estimaient que la procédure avait été irrégulière.

Le ministère de la Justice a demandé de recevoir la copie des décisions prises sous prétexte que « les statistiques produites ne permettent pas d’évaluer assez finement les procédures traitées par les JLD ».
Or dans ces copies, figurent les noms aussi bien des justiciables que des magistrats ayant statué. ...

Pour le Syndicat de la magistrature « ces demandes caractérisent l’obsession du fichage et de la traque aux Etrangers au plus haut niveau de l’Etat ». Une traque qui va loin puisque certaines des décisions de justice concernent l’adoption en général (et on sait que beaucoup d’enfants adoptés sont d’origine étrangère) .
Ceci est à mettre en parallèle avec tous les conflits qui existent entre la ministre de la justice, Rachida Dati, et les magistrats.

Dernier en date : le procureur général d’Agen, qui avait fait plusieurs demandes de mutation, sans succès, se voit maintenant reprocher d’être en poste depuis 13 ans. C’est le seul reproche qui lui est fait. La ministre veut le muter d’office à la Cour de Cassation, à Paris, alors qu’il n’est qu’à 8 mois de sa retraite. Pour les magistrats du ressort de la Cour d’Appel d’Agen, il s’agit d’une « véritable tentative de caporalisation des magistrats du parquet, inédite dans un Etat de droit ».

En fait il s’agit de précariser les magistrats, comme les autres, pour en faire des oui-oui inconditionnels aux directives du Pouvoir.

A propos, le groupe de travail sur la dépénalisation du droit des affaires a commencé ses travaux, jeudi 4 octobre, alors que les affaires de délits d’initiés au sein d’EADS faisaient les gros titres de la presse. Simple hasard ou perspective d’indulgence envers les grands délinquants ?

ADN-Sarko