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Agriculture et pesticides

Ecrit le 9 avril 2003 :

 Inspirez ! Ne respirez plus !

La consommation des pesticides a atteint 110 000 tonnes en France en 1999, contre 82 000 tonnes en 1980. L’agriculteur moyen en épand en moyenne 10 à 20 kg par hectare mais les écologistes de « France Nature Environnement » estiment que « moins de 1 % des quantités utilisées atteignent leur cible », ce qui veut dire qu’on pourrait largement réduire l’usage des pesticides, mais ça ne ferait pas l’affaire des industries agro-chimiques.

Ce qu’on savait, jusqu’à maintenant, c’est que les pesticides se retrouvaient dans les sols et dans l’eau, et même dans les eaux de pluie, ce qui fait qu’on trouve des pesticides jusqu’au sommet des montagnes ! Ce qui est nouveau, c’est qu’on a découvert qu’il y a des pesticides dans l’air. L’INRA (institut national de la recherche agronomique), dès 1997, a démontré la présence massive de pesticides dans l’air breton. Dans le Nord-Pas de Calais, un désherbant, le diuron, aurait des concentrations, dans les brouillards, cent fois supérieures aux normes de l’eau potable. Des constats analogues ont été faits dans d’autres régions de France, en Auvergne par exemple, mais aussi aux Etats-Unis et dans d’autres pays européens.

Les produits phytosanitaires ont une durée de vie très longue, jusqu’à 15 ans, qui fait qu’ils peuvent être transportés très loin de leur zone d’épandage.

Les agriculteurs sont les premières victimes potentielles lorsqu’ils pulvérisent ces pesticides sur leurs plantes. Mais les papillons sont touchés aussi puisqu’ils disparaissent à l’époque des traitements. Quant au miel, produit « naturel » s’il en est, il recèle lui aussi des pesticides dans les zones d’agriculture intensive.

Et ça fait quoi, les pesticides ? Des risques de cancers et une moindre qualité des spermatozoïdes des professionnels de l’agriculture. Oh bonne mère !

(d’après un article de Régis Guyotat pour le Monde du 10 mai 2000, et d’après le numéro de mai de Environnement Magazine).

Existe-t-il une énergie propre ?

Il est de bon ton de relever les dangers, tout-à-fait réels, du nucléaire, et de signaler les pollutions qu’engendre l’utilisation du pétrole. On dit que le soleil et le vent sont des énergies propres : mais il y a des écologistes qui protestent parce que la prolifération d’éoliennes défigure les paysages. Et voilà qu’on vient de découvrir que l’énergie hydraulique n’est pas non plus sans reproche.

L’histoire se passe au barrage de Sauviat, dans le Puy de Dôme, au sud de Thiers. Un barrage de rien du tout, 24 mètres de haut, 100 m de large, qui alimente une petite usine hydraulique suffisante pour une ville de 10 000 habitants. Un joli petit lac au milieu d’une forêt, qui se révèle être une gigantesque poubelle.

C’est qu’il y a, en amont du barrage plusieurs industries implantées depuis des décennies : produits chimiques, cartonnerie, peintures : année après année les hommes ont jeté à l’eau leurs effluents qui se sont accumulés contre le barrage.

En 1991, une étude a été réalisée par EDF, elle est restée secrète pendant près de 10 ans. On comprend pourquoi : au fond du lac il y a 210 000 m3 de sédiments gorgés de métaux toxiques : plomb, cadmium, chrome, arsenic, zinc. Si le barrage venait à se rompre ou si une vanne était ouverte par mégarde, c’est toute la rivière La Dore qui serait infectée. Or la Dore se jette dans l’Allier, affluent de la Loire...

En 1967, lors d’une vidange, tous les poissons de la Dore ont crevé. En 1987, même chose sur une longueur de 30 km.

Ce barrage est l’équivalent d’une décharge toxique de classe 1 et il n’y a aucune solution. De plus, normalement, tous les dix ans, il faut vidanger le barrage pour surveiller l’état de l’ouvrage. Dans le cas présent, personne n’ose toucher à rien . Et les riverains vivent avec la hantise d’un accident écologique de grande ampleur.


Ecrit le 5 avril 2006 :

 Pesticides : aïe ma tête !

En Gironde, une étude chiffre
l’impact des produits toxiques
sur les agriculteurs.

Dans un article de Libération (23 mars), Sandrine CABUT fait état d’une étude menée par l’INSERM en Gironde, qui révèle que « l’exposition, professionnelle ou non, à des pesticides favorise la survenue de tumeurs du cerveau. Le risque serait alors multiplié par 2,6 ». Cela concerne les agriculteurs, les viticulteurs ... et les personnes qui traitent les plantes d’appartement avec des produits phytosanitaires !

En général, les agriculteurs ont une sous-mortalité par cancer ...sauf en ce qui concerne les cas de tumeurs cérébrales.

Ces tumeurs tuent 2800 personnes par an mais, selon le Pr Goldberg, il est impossible à ce jour d’identifier la ou les molécules cancérigènes en cause.

D’où la nécessité de poursuivre des travaux dans ce domaine et aussi de diminuer le niveau d’exposition des agriculteurs et des particuliers : port de masques et de gants, modification des méthodes d’épandage, sans oublier de ne pas mélanger les produits soi-même.

Interdit au Québec

Depuis le 3 avril 2006, les pesticides pour le gazon sont interdits au Québec.

« Avoir une pelouse parfaite est démodé. De toute manière, il y a souvent des restrictions d’arrosage durant l’été. Il faut accepter les changements, une étape à la fois. Ce sont des gestes bons pour notre environnement et notre santé » dit-on là-bas. « Des études confirment les effets nocifs des pesticides sur la santé. Il y a déjà beaucoup de pollution de toute sorte. C’est un petit geste qui favorise une meilleure qualité de vie ».

Des changements sont suggérés dans l’aménagement paysager. « De plus en plus de gens ajoutent de la nature inerte à leur pelouse en créant des rocailles avec des statues et des fontaines. L’entretien y est moins important. ».

Les pépiniéristes et les fleuristes, au Québec, offrent même des séances d’information sur les produits naturels et alternatifs aux pesticides, et sur l’art d’entretenir un jardin sans polluer l’environnement.

Pesticides : le livre « Révélations sur un scandale français »

Ecrit le 30 mai 2007 :

 Même dans le sang des bébés

La Mée a eu la chance de rencontrer Fabrice Nicolino,
Journaliste à Politis, Canard Enchaîné, Télérama,
Géo, etc , Co-auteur du livre « Pesticides
Révélations sur un scandale français »

Avant guerre, les hommes étaient confrontés aux ravageurs agricoles (comme le doryphore dans les pommes de terre et la cochylis dans la vigne) et pratiquaient le ramassage à la main de ces petites bêtes qui nuisent au développement des plantes

L’industrie chimique a découvert les propriétés chimiques du DDT en 1939 et les militaires américains ont utilisé le produit pour lutter contre les insectes véhiculant le paludisme et le typhus.

Après guerre les paysans français ont découvert ce produit-miracle. C’était l‘époque où on croyait que le progrès technique allait tout régler. C’est l’époque aussi où est né le lobby des pesticides.

Tout a changé quand on a compris que les pesticides n’étaient pas sans danger. Rachel Carlson a écrit le livre Printemps silecieux en 1962, on l’a traitée d’hystérique et le lobby des pesticides est entré dans une ère de mauvaise foi, refusant de reconnaître les risques de ces produits pour la santé. Un peu partout, pourtant, onconstate une résistance des insectes au DDT et la mort des oiseaux

En 1969, un premier congrès mondial est consacré au DDT. Mais le lobby fait organiser un contre-congrès .... truqué. Ce n’est que peu à peu que l’utilisation massive du DDT est interdite.

Mais il y a bien d’autres pesticides (le zyklon B utilisé dans les chambres à gaz !) et des enjeux financiers considérables pour l’industrie chimique. Des enjeux de pouvoir aussi. Le lobby des pesticides contrôle tout, y compris, en France, la Direction Générale de l’alimentation.

La Mutualité sociale agricole estime que plus de 100 000 paysans souffrent de l’épandage des pesticides avec survenue de tumeurs au cerveau (revoir La Mée article 1229). Même les utilisateurs domestiques sont en danger (troubles neurologiques, anomalies congénitales, etc). Mais le lobby veille à ses intérêts financiers et la France officielle, la France industrielle se tait. Que fait la France des citoyens ? Elle ignore tout ....

La moitié de nos aliments sont contaminés et dans les gènes des fœtus humains on trouve plus de 400 polluants, hydrocarbures, dioxines, pesticides, résidus de plastique, de colle, d’encre d’imprimerie ....

Le livre « Pesticides » (384 pages, 20 €) est un livre de combat qui démonte tout le mécanisme de ce qui est un scandale aussi important que celui de l’amiante.

L’article du Canard Enchaîné


 Pesticides et Parkinson

L’exposition aux pesticides double quasiment le risque de la maladie de Parkinson parmi les agriculteurs. C’est ce que vient de prouver une équipe de chercheurs de l’unité Inserm « Neuroépidémiologie » et de l’Université Pierre et Marie Curie. De plus, ce risque augmente avec le nombre d’années d’exposition et, chez les hommes, il est principalement lié à l’usage d’insecticides, notamment de type organochloré. Cette famille, qui regroupe le lindane et le DDT, a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 ; elle persiste dans l’environnement de nombreuses années après l’utilisation. Ces résultats sont publiés en ligne dans Annals of Neurology .
– http://planete.blogs.nouvelobs.com/media/02/02/1234898058.pdf

Vous en bouffez, des pesticides

Les viticulteurs, et leurs voisins, victimes des pesticides