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Agriculture - abeilles et pollinisation

Ecrit le 23 mai 2007

 Les insectes pollinisateurs en danger

« On s’intéresse aux oiseaux, aux grenouilles, aux chauve-souris, aux plantes, mais on ne fait pas l’inventaire des abeilles » a déclaré Gilles Mahé lors d’une conférence le 12 mai 2007 à Derval, dans le cadre de « Bretagne Vivante ».

Pourtant, 80 % des espèces végétales dans le monde dépendent de la pollinisation par les insectes. Les plantes, en effet, ne peuvent se déplacer, il n’est pas souhaitable non plus qu’elles s’auto-fécon-dent. Dame Nature a donc mis en place un système de transport du pollen, des fleurs mâles vers les fleurs femelles. Diptères, coléoptères, papillons, tous participent à cette grande œuvre, mais les abeilles sont les plus efficaces.

 1000 espèces d’abeilles en France

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Gilles

Selon Gilles Mahé il existe en France un millier d’espèces d’abeilles. On connaît les abeilles mellifères (qui fabriquent le miel que nous dégustons), mais qui connaît les 999 autres espèces ? Elles ont toutes les mêmes caractéristiques : ce sont des insectes velus, qui se nourrissent de nectar et transportent le pollen pour nourrir leurs petits, assurant ainsi la pollinisation nécessaire.

La plus vieille abeille a été retrouvée, dans un morceau d’ambre datant de l’époque de dinosaures, il y a 100 millions d’années.

Il y a trois grandes familles : les abeilles à langue courte, celles qui ont une langue moyenne et celles qui ont une longue longue, celles-ci sont les plus menacées.

Il y a des abeilles qui ont une vie sociale très poussée, avec reine et ouvrières. Mais la plupart des abeilles sont solitaires (chaque femelle vit seule dans son nid) Elles peuvent être nombreuses à gîter dans un même lieu sans avoir de communication entre elles.

L’apis mellifica (celle qui produit du miel) vit dans une ruche. D’autres nichent dans des tiges de plantes ou dans des arbres.

D’autres se font des terriers en poterie ou aménagent des alvéoles en profondeur de la terre. Il existe une abeille (Megachile) « coupeuse de feuilles » qui enroule les morceaux de feuille en cigares contenant du pollen et un œuf.

Certaines abeilles se spécialisent. Une abeille comme « colletes hederae » nourrit ses larves uniquement avec du pollen de lierre. L’abeille caucasienne préfère très nettement les fleurs d’acacias. Les andrènes restent fidèles aux bleuets mais visitent aussi l’amélanchier, les cassis, les framboises et les mûres, les fraises ...

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Abeille et fleur de blé

 Phéromones

Les abeilles, comme beaucoup d’insectes, secrètent des phéromones (odeurs), qui agissent comme des messagers pour les animaux de la même espèce. Un scientifique a trouvé un jour deux abeilles qui lui paraissaient être de la même espèce mais situées dans des régions assez éloignées. Il a récupéré des phéromones d’une femelle exotique, et les a placées sur une simple bille de verre qu’il a transportée vers la seconde colonie d’abeilles. A sa grande surprise, les abeilles mâles de cette colonie se sont ruées sur la bille de verre, pour la féconder ! Cela démontrait une fois de plus le rôle de phéromones sexuelles et l’appétence des mâles pour une femelle exotique .... « C’est bon pour le renouvellement des espèces » a dit Gilles Mahé

Certaines orchidées fabtiquent des phéromones qui attirent les mâles. Ceux-ci tentent alors de s’accoupler avec la fleur !

Il existe aussi une abeille appelée « abeille de la sueur » qui est attirée par la transpiration humaine.

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Une-Eliby-Abeille
Dessin de Eliby 06 23 789 305

 Crise

Depuis une vingtaine d’années on s’inquiète de l’environnement. On a accusé tour à tour les pluies acides, le trou de la couche d’ozone, les espèces invasives. Mais nul ne semble s’inquiéter de la crise de la pollinisation qui menace la bio-diversité sur la Terre. Bien sûr il y a eu des produits nocifs comme le Gaucho et le Régent. Mais le principal ennemi de la bio-diversité, c’est la disparition des plantes nourricières, l’élimination des sites de nidification, et la généralisation des pesticides même sur les prairies non labourées !
« Conservons les habitats de vie sauvage et les zones humides, enrayons l’apport massif d’azote, et nous retrouverons nos abeilles » dit Gilles Mahé.
Patrick Pérès, apiculteur à Villepôt confirme cette inquiétude. « Actuellement nous perdons encore un quart, voire un tiers de nos abeilles par an ». Il faut alors acheter des reines (à l’unité), ou des essaims.

Patrick Pérès utilise deux familles d’abeilles : les abeilles noires de la région et les abeilles caucasiennes. Il peut faire plusieurs centaines de km pour aller déposer des ruches près des lieux de floraison. « J’ai déposé des ruches dans une forêt d’acacias, près d’Orléans, début mai. Une quinzaine de jours plus tard je vais les rechercher pour avoir du miel d’acacias ». Les abeilles, en effet, vont au plus près. Tant qu’il y a des fleurs d’acacia, elles ne vont pas plus loin ! Dans nos régions on trouve aussi du miel de phacélie (un miel foncé). La phacélie est une plante qui fleurit bleu, utilisée comme couvre-sol et engrais vert. En juillet août, quand fleurit le sarrasin, et qu’il n’y a pas d’autres fleurs, Patrick Pérès récolte du miel de blé noir.

 Adieu papillons

« Je suis très inquiet de la pollution par les pesticides. J’ai dû renoncer par exemple à mettre des ruches du côté de Doué La Fontaine car les plantes y sont trop toxiques. Un indice de pollution ? La mort des abeilles, mais aussi la disparition des papillons, et des hirondelles ». En Grande-Bretagne par exemple, les populations d’oiseaux ont vu leurs effectifs diminuer de 54 % en 20 ans... mais les papillons détiennent la Palme d’Or : 71 % de déclin sur 20 ans !

S’il n’y a plus d’insectes pollinisateurs (abeilles, papillons et autres), les plantes ne pourront plus se reproduire. « Nous sommes en train de tuer la bio-diversité sur notre planète et d’appauvrir la terre ». La disparition des plantes est dramatique quand on sait que les trois quarts de la population mondiale se soignent grâce aux plantes, et que 70% de nos médicaments en sont dérivés .

Par ailleurs, le monde végétal et le monde animal sont si intimement liés que l’extinction d’un seul organisme peut nuire à toute une communauté... A titre d’exemple, lorsqu’une plante tropicale disparaît, on estime qu’elle emporte 30 espèces associées avec elles, et pour un arbre tropical, ce sont 400 espèces qui s’éteignent !

« Les espèces s’éteignent actuellement dans le monde à un rythme environ 100 fois supérieur au taux moyen observé dans l’histoire de la Terre et des millions d’autres espèces sont d’ores et déjà condamnées à une extinction future » s’inquiète l’UNESCO.

De très belles photos ici : http://www.atlashymenoptera.net/

Deux articles très complets : http://aramel.free.fr/INSECTES18ter-1.shtml

et aussi :http://www.gnb.ca/0171/10/0171100025-f.asp



Ecrit le 24 novembre 2010

 Le futur des abeilles

Les abeilles et d’autres insectes pollinisateurs voient leur nombre chuter de façon dramatique, ce qui met leur survie future en péril, avec des conséquences dramatiques pour les écosystèmes et l’agriculture. Mais les groupes responsables de l’élaboration de directives européennes en matière de toxicité des pesticides sont composés d’ « experts » issus de l’industrie des … pesticides.

Rapport à lire ici : http://www.corporateeurope.org/system/files/files/article/futur_des_abeilles_francais.pdf

Les abeilles et les loups

OGM : nous avons été trompés