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Marie Ralison-Yon : des Beaux Arts au fromage de chèvre

Ecrit le 18 juin 2008

 Au départ : les Beaux-Arts

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Marie Ralison

Jean-Louis Yon et Marie Ralison se sont connus aux Beaux-Arts à Tours et sont montés à Paris. Lui a appris la gravure aux Arts Déco et a travaillé dans un atelier de taille-douce à Montmartre. Elle faisait de la reliure. « Mon rêve était de relier de très beaux livres. Mais j’ai été condamnée à ne faire, le plus souvent, que des registres d’Etat-Civil ». Et puis un enfant est né dans la famille, allergique au lait de vache. « Alors nous avons acheté une chèvre, puis deux … et nous avons envisagé d’en faire notre métier. Nous avons fait les formations nécessaires et nous avons décidé de nous installer en bio ».

Encore faut-il trouver une ferme ! « Nous avons cherché du côté de la Vienne, des Deux-Sèvres et du Maine et Loire, sans rien trouver. Et on nous a proposé une petite ferme ici, à St Julien de Vouvantes, à la Baudussais. Le fermier exploitait 25 hectares en vaches allaitantes. Fatigué, il souhaitait arrêter mais ne voulait pas que son exploitation soit partagée entre ses voisins. Je n’avais pas encore 40 ans, j’ai pu m’installer avec la DJA (dotation aux jeunes agriculteurs) ce qui a permis au fermier de percevoir une pré-retraite agricole » explique Marie.

 Le lait des chèvres

« Tout de suite nous avons repris cette exploitation avec le projet de transformer le lait de chèvre en fromages ». Le Crédit Agricole a bien voulu prêter mais uniquement pour l’élevage et pas pour la fromagerie. « Heureusement nous avons trouvé Pays-de-Châteaubriant-Initiative   qui nous a consenti un prêt à 0 % et nous a bien accompagnés ».

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Chèvres poitev

Jean-Louis et Marie ont maintenant 55 chèvres de race alpine (sauf quelques chèvres de race poitevine, noires et blanches) et une salle de traite de 10 places. La traite demande 90 min matin et autant le soir et les chèvres donnent chacune 600 litres de lait par an. Tout est transformé : yaourts, tommes, fromages frais (buchettes, crottin, pavé de la Mée, cendré et « Vouvantais ») : soit 5 heures de travail dans la petite fromagerie. En gros de mars à novembre, quand les chèvres ont du lait.

Vendre ces fromages ? « Au début nous faisions cinq marchés par semaine, pour nous faire connaître et pour nouer des liens avec les clients. Maintenant nous n’en avons plus que deux : Châteaubriant le mercredi, rue Aristide Briand, à l’angle de la rue Tournebride et à Nantes le samedi au Marché de la Petite Hollande ». Il y a aussi une AMAP à Orvault (1) avec une quarantaine de clients. Les fromages de la Baudussais sont vendus à Biocoop Nantes, à Biosphère Châteaubriant et sont servis sur des tables de la région comme au Bilig à Châteaubriant et à l’Herberie   à Pouancé.

« Nous vendons tout ! Nous n’avons même pas un peu de stock. Notre objectif est d’aller à 70 chèvres, mais pas plus loin ».

 Choix du bio

Sous le hangar les chèvres sont en liberté sur une épaisse litière de paille. Les mangeoires ont été fabriquées par le CAT de Châteaubriant. Par la porte du fond, quand le temps leur convient, les chèvres vont pâturer dans le champ voisin. Dans la Nursery, il naît une centaine de chevreaux par an. « Nous gardons les chevrettes pour étendre et renouveler le troupeau. Les chevreaux sont destinés à un engraisseur du Maine et Loire qui les vend en Hollande ou en Allemagne ».

« Nous ne regrettons pas notre ancien métier : il nous faisait évoluer dans un milieu frivole et hors du temps. Ici nous avons le contact avec la terre, et avec un groupe sympathique d’agriculteurs ayant les mêmes idées que nous » dit Marie. La ferme participe à des animations avec 50 idées pour un été, Bretagne Vivante et la Ligue de Protection des Oiseaux et, bien sûr, le marché bio du Petit Auverné.

Le reste de l’année Jean-Louis et Marie entretiennent la ferme, préparant prairies et terres pour le pâturage des chèvres, paille pour les litières, céréales et de foin pour leur nourriture. Mi-janvier c’est la préparation des mise-bas et du redémarrage de la saison. Fin janvier : mises-bas. Février : Transformation fromagère jusqu’à fin novembre. Décembre jusqu’à mi- janvier : un peu de repos « Nous ne prenons pas de vacances, lactation oblige ! Ne pas oublier que les chèvres sont à nourrir même quand elles n’ont plus de lait ! »

Marie s’est investie aussi dansla transformation « bio » des cantines de St Julien et du Petit Auverné.

(1) AMAP : Association Pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et de producteurs bio.

Boulanger bio : de la galère au pétrin

Marché bio du Petit Auverné

Cantines bio : http://www.terra-economica.info/a4328.html