Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Crise 2008 à 2015 > Les dégâts de la « prime à la casse »

Les dégâts de la « prime à la casse »

Ecrit le 24 février 2010

 Les dégâts de la prime à la casse

Pour sauver l’industrie automobile, le gouvernement prive les « petits » de moyen de transport

 Casse en prime

Le gouvernement a attribué une « prime à la casse » de 1000 € en 2009 aux automobilistes achetant une voiture neuve, à condition de céder, pour destruction, un véhicule âgé de plus de 10 ans.

Ce n’était même pas une bonne affaire pour les automobilistes : des personnes, ayant des voitures de plus de 10 ans, mais ayant peu roulé, auraient pu revendre leur voiture 2000 € ou plus. Elles ont préféré les 1000 € du gouvernement !

Malgré cette aide directe aux entreprises, Renault a connu une perte nette de 3,1 milliards d’euros en 2009. Le déficit de PSA Peugeot Citroën se chiffre à 1,1 milliard. Un record pour les deux constructeurs.

La prime à la casse, qui a coûté un demi-milliard d’euros, s’est avant tout portée sur des véhicules économiques fabriqués… hors des usines de l’Hexagone. Il est même question de délocaliser la fabrication de la Clio 4 vers la Turquie.

Résultat : l’emploi a souffert : près de 10 000 postes ont été supprimés en France chez les constructeurs, environ 35 000 chez les fournisseurs et les sous-traitants (selon le rapport sur la filière commandé par Christian Estrosi, ministre de l’Industrie), et 9 000 autres dans les réseaux de concessionnaires et les garages. Au total, près de 54 000 emplois ont disparu en un an.

L’hémorragie continuera en 2010 notamment chez les petits sous-traitants, qui, souvent faute de moyens financiers, avaient différé les réductions d’effectifs : 40 000 à 50 000 emplois sont menacés dans le secteur des équipementiers en 2010 et 2011.

 Plus de petite voiture

Ce système de prime à la casse a eu des effets pervers qu’on découvre peu à peu :
– D’une part les entreprises de casse automobile sont surchargées. A Limoges, la gérante d’une casse a même octroyé une prime psychologique à son équipe : les employés sont déprimés de devoir détruire des voitures de plus en plus récentes et en bon état !
– Les stocks de métal s’amplifient. Résultat : les prix sont à la baisse.
– En même temps, dans les garages, on trouve beaucoup moins de voitures à réparer (donc l’emploi souffre, surtout dans les petits garages). Et on ne trouve plus guère de « petite voiture ».

Sont lésées les personnes qui ont de « petits moyens » et qui auraient été ravies d’acheter de bonnes voitures à 1000 ou 2000 €. Mais fini ! Les ménages sont donc obligés de s’endetter lourdement pour acheter le véhicule dont ils ont besoin pour aller travailler .