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Rémunérations : 3 € pour les salariés, 8 560 000 € pour l’ex-patron

Ecrit le 18 avril 2006

 Le bonus qui enflamme la France

Une-Eliby-Parachute
Dessin de Eliby 06 23 789 305

« Le bonus qui enflamme la France » : c’est sous ce titre que le journal suisse « 24 heures » rend compte des dernières infos, en matière économique, qui révèlent les cadeaux faits à certains grands patrons (il ne faut pas généraliser : nombre de patrons sont loin d’être dans ce cas).

A dix jours des élections présidentielles, la presse, tout à coup, se désintéresse de la campagne présidentielle (qui a sans doute trop duré) et revient vers les faits divers et les traditionnelles assemblées générales d’actionnaires des plus grandes entreprises françaises, révélant en primeur les rétributions, salaires et bonus accordés aux grands patrons. Pour EADS et Alcatel-Lucent elles ont un caractère plus scandaleux que les autres.

 Bonus et licenciements

Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel, s’est vu attribuer un bonus de 5,6 millions d’euros, en plus de son salaire de 2,5 millions. L’entreprise, plombée par la fusion avec Lucent, a annoncé 12 500 suppressions d’emploi dans le monde, dont 1468 en France. Les salariés n’ont pas de quoi être satisfaits.

Notons aussi que le cours en Bourse d’Alcatel est passé d’environ 13,8 euros à l’arrivée de Serge Tchuruk à la tête d’Alcatel fin mai 1995, à un peu plus de 9 euros début avril 2006, lors de l’annonce du rapprochement avec Lucent, soit une baisse de plus de 35% . Les actionnaires n’ont pas de quoi être satisfaits.

M. Tchuruk, 69 ans, est devenu en janvier 2007 le président non exécutif du conseil d’administration du nouveau groupe Alcatel-Lucent. Il a renoncé toutefois à toucher une rémunération annuelle au titre de sa nouvelle fonction, a précisé une porte-parole d’Alcatel-Lucent. « Il ne touchera que des jetons de présence, au maximum 100.000 euros par an. Il y a peu de dirigeants qui font ce choix », a-t-elle souligné.
Bof 100 000 € par an, ça fait encore 8300 euros par mois ...

Au sein du conseil d’administration d’Alcatel-Lucent figure aussi Daniel Bernard, l’ex-PDG de Carrefour , qui a touché en tant qu’administrateur 70.684 euros en 2006.

Mais les critiques les plus violentes se sont concentrées sur Noël Forgeard, ancien coprésident d’EADS, maison-mère d’Airbus, qui touchera un parachute de 8,56 millions d’euros (14 millions de francs). Selon le communiqué publié sur le site internet de l’avionneur, « Noël Forgeard a eu droit à six mois de préavis, représentant une somme de 1 223 317 euros (salaire et bonus) et des indemnités de départ de 4 893 268 euros, soit deux ans de salaire brut annuel ».

Un paquet de 6 millions d’euros auquel s’ajoute une « indemnité de non-concurrence » de 101 917 euros par mois pendant deux ans.

 C’est dégueulasse

N. Forgeard a été éjecté en juillet 2006 en raison des retards accumulés sur la production de l’A-380. En conséquence, son successeur, Louis Gallois, avait annoncé un plan de restructuration, Power 8, avec 10 000 suppressions d’emplois à la clé.

D’ici 2008, Noël Forgeard devrait pouvoir bénéficier, en plus, de 297 000 stock-options, selon les performances du groupe.

La plupart des candidats à l’élection présidentielle ont considéré ces rémunérations comme un scandale. « Celui qui ne paie pas le ticket de RER va en prison, celui qui met au chômage des milliers de salariés touche des millions. Cela ne peut plus durer », prévient le candidat José Bové. « La loi doit sanctionner ces patrons voyous qui pantouflent dans les conseils d’administration, sans être poursuivis pour délit de non assistance à salariés en danger ».

Marie George-Buffet a considéré que c’était une belle prime pour un mauvais patron alors que ce sont les salariés qui créent les richesses.

Ségolène Royal, a réaffirmé son intention de légiférer pour mieux encadrer « le montant et les conditions de versement des rémunérations des dirigeants. » Elle reprend là une proposition de loi déposée par la gauche en 2004, rejetée par l’UMP, l’UDF s’étant à l’époque abstenue de voter. Ce qui n’empêche pas François Bayrou de proposer aujourd’hui une « loi de moralisation de la vie économique »

Nicolas Sarkozy, conscient des remous dans le pays, a fini par s’aligner sur la plupart des autres candidats.

Mais de l’émoi .... à la réalité pratique d’une loi, il peut se passer des mois des mois des mois.


Ecrit le 18 avril 2007

 Eiffage aussi

Jean-François Roverato, patron du groupe français Eiffage (bâtiment) perçoit une rémunération brute de 1.8 million d’euros par an soit 150 000 € par mois. Il a perçu 195 000 actions gratuites en 2005 et 2006, valorisées à 23 millions d’euros, selon le quotidien Les Echos. Une information qui fait tache d’autant plus que la valeur boursière de l’entreprise est en baisse. Les petits actionnaires apprécieront. Les salariés encore plus.

Comment des grands patrons peuvent-ils se scandaliser d’un SMIC à 1500 € par mois quand, eux, ils perçoivent 150 000 euros par mois .... Soit 100 fois plus !

Un patron, c’est bien, mais il ne peut rien faire s’il n’a pas de salariés.

 Et encore des licenciements

Le géant bancaire américain Citigroup a dévoilé, mercredi 11 avril, une vaste restructuration, la première de son histoire, destinée à réduire ses coûts de fonctionnement . « La banque va supprimer environ 17.000 emplois et transférer « plus de 9.500 postes dans des régions à moindres coûts, à la fois au niveau national et à l’étranger » », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Il y a 10-15 ans on nous avait fait croire : l’industrie a besoin de restructurations. Quand ce sera fait, tout ira bien.

Bizarrement les restructurations ne sont jamais finies et elles vont toujours dans le même sens : supprimer des emplois pour augmenter les richesses d’une poignée de dirigeants.

Mais tant que les peuples
laissent faire
Il n’y a rien à faire !


Ecrit le 18 avril 2007

 L’homme qui luttait contre la corruption

Ce n’est pas un Français, celui-là, mais un Américain très influent : nommé par Georges Bush secrétaire adjoint à la défense, sous les ordres de Donald Rumsfeld, il est l’artisan et l’ardent défenseur du renversement du régime de Saddam Hussein et de l’invasion militaire de l’Irak dès le lendemain des attentats du 11 septembre 2001.
Il est notamment chargé de trouver les justifications juridiques de l’invasion de l’Irak et est considéré comme le principal responsable des déconvenues de l’armée américaine dans sa recherche des armes de destruction massive.

Il est président de la Banque Mondiale depuis le 1er juin 2005, et ardent partisan de la lutte contre la corruption.

Hélas, le 12 avril, Paul Wolfowitz a dû reconnaître avoir favorisé une employée (sa copine !). Mme Riza aurait perçu plus de 60 000 $ d’augmentation, portant son salaire à quelque 200 000 $ par an (soit 12 000 € par mois). Comment des dirigeants peuvent-ils accepter cela alors que en France par exemple, 6 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (645 €/mois)


Ecrit le 2 mùai 2007

 2,88 € pour les salariés

25-26 avril 2007 : colère chez les salariés d’Airbus et mouvements de grève. Les salariés contestent le montant de la prime de participation, jugée « dérisoire ». Celle-ci en effet varie de 2 à 10 euros par salarié (hiérarchie oblige !), et s’élève à 2,88 euros en moyenne.

Pendant ce temps-là l’ex PDG, Noël Forgeard est parti avec un parachute dorée de 8 560 000 €.

Les salariés sont humiliés par ce su-sucre qui leur est donné comme à des chiens, tandis que l’ex-patron se gave de millions

Même Presse-Océan, peu suspect de « socialisme », réclame, dans son édito du 28 avril : « aucune des réformes économiques et sociales annoncées n’aura de chance d’aboutir sans un sentiment partagé que les efforts sont équitablement répartis »

Et on annonce 10 000 suppressions d’emplois chez Airbus, dont 4125 en France. (selon Capital.fr du 27 avril 2007)

La rémunération des Hedge funds : Les hedge funds vont bien