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Prudhommes (05) - Résultats 2008

Ecrit le 10 décembre 2008

 Les syndicats contestataires progressent

Chiffres 2008 : Un revers collectif

Participation en France : 25,5 %, le plus bas niveau depuis 30 ans. Trois salariés sur quatre ont déserté les urnes leur permettant d’élire les représentants qui vont les défendre, pour les cinq années à venir, en cas de conflit avec leur employeur. C’est une excellente nouvelle pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Alors que le chômage et la précarisation du travail seront aggravés en 2009, alors que la crise, due à la spéculation, sert de prétexte aux régressions sociales les plus graves, les trois-quarts des salariés s’en foutent. Ils iront pleurer, individuellement, quand une sanction injuste les frappera. Mais l’action collective est bien morte. Juste au moment où elle est le plus nécessaire. Cette élection prud’homale a un goût de démission collective.

  La CGT en tête

Au niveau national la CGT reste à la première place et, avec 33,8% des suffrages exprimés, voit, pour la première fois depuis la création du scrutin en 1979, son score progresser (+1,6 points).

– La CFDT (deuxième organisation nationale) perd près de 3 points à 22,1 %,
– FO 2,3 points à 15,9 %
– et la CFTC 0,7 point à 8.9 %.

La CFE-CGC avec 8,2 % des voix, est en hausse de 1,2 point. Elle récupère à la CFDT la première place dans la section encadrement et sur tous les collèges

De même pour l’UNSA (6,2 %) avec laquelle la confédération de l’encadrement envisage de fusionner courant 2009.

Enfin l’Union syndicale Solidaires enregistre la plus forte hausse avec + 2,5 points et 3,8 % des suffrages, en particulier du fait d’un triplement du nombre de ses candidats par rapport à 2002.

Côté patronal, les employeurs de l’économie sociale (AEES) confirment leur « percée » en recueillant 19 % des suffrages exprimés. L’UDE (Union pour les droits des employeurs) réunissant Medef, CGPME, UPA, FNSEA et UNAPL reste en tête avec 72.1 % des suffrages mais baisse nettement par rapport au scrutin précédent (80,12 %).

Au total, 25,5 % des salariés et 31,25 % des employeurs ont participé au vote, ce qui, de l’avis de nombreux observateurs de droite pro-patronaux, pourrait leur permettre de mettre en question de l’avenir de ce scrutin sous sa forme actuelle. Ils seraient d’ailleurs suivis par les municipalités qui ont dû organiser un bureau de vote dans leur commune et bloquer des élus pendant des dizaines d’heures pour une poignée de votants. La possibilité de voter par correspondance n’a pas eu les résultats escomptés.

Le nombre de votants est pourtant de 4,7 millions (contre 5 617 630 en 2002).

 France : TOUTES SECTIONS

Pour les salariés :
CGT : 33,8% 	(rappel 2002 :  32,2%)
CFDT : 22,1% 	(rappel 2002 : 25,1%)
FO : 15,9% 	(rappel 2002 :  18,2%)
CFTC : 8,9% 	(rappel 2002 : 9,6%)
CFE-CGC : 8,2% 	(rappel 2002 :  7%)
Unsa : 6,2% 	(rappel 2002 : 5%)
Solidaires : 3,8% 	(rappel 2002 :  1,31%)
Divers : 1% 	(rappel 2002 : 1,1%)

Pour les employeurs :
UDE : 72.1% (rappel 2002 : 80%)
AEES : 19% (rappel 2002 : 11,3%)
Divers : 8,9% (rappel 2002 : 4,3%)

 SIÈGES Toutes sections confondues

la CGT a obtenu 	2798 sièges 
la CFDT 		1776
FO 			1130
la CFTC 		  378
la CFE-CGC  		  615
l’Unsa 			  239
et Solidaires 		…88

 Châteaubriant

En ce qui concerne la commune de Châteaubriant :

Le taux d’abstention a été de 68,8 %, plus fort qu’en 2002 et moins fort qu’en France

La CGT fait un très bon score :
– 30,15 % en 1997
– 29,11 % en 2002
– 31,83 % en 2008 (33,8 % en France)

La CFDT progresse un peu et conserve la place de première organisation syndicale à Châteaubriant :
– 35,10 % en 1997
– 33,00 % en 2002
– 34,00 % en 2008 (22,1 % en France). Elle est en tête dans toutes les sections, sauf en Industrie.

Force Ouvrière progresse un peu aussi :
– 16,38 % en 1997
– 15,35 % en 2002
– 16,02 % en 2008 (15,9 % en France)

La CFTC recule beaucoup :
– 9,34 % en 1997
– 11,22 % en 2002
– 6,17 % en 2008 ( 8,9 % en France)

La CGC se maintient :
– 3,20 % en 1997
– 4,60 % en 2002
– 4,57 % en 2008 (8,2 % en France) mais c‘est sans doute parce que l’encadrement est en baisse.

Les syndicats contestataires UNSA et Solidaires ne percent guère :
– 5,84 % en 1997
– 6,71 % en 2002
– 6.33 % en 2008 (10 % en France)

Comme en 2002, la CFDT est en tête dans quatre sections sur cinq (pas en « Industrie »).
La CGT a une bonne présence dans les sections industrie, commerce et activités diverses.
Force ouvrière est surtout présente en « industrie ».

 Loire-Atlantique

Le taux de participation a été aussi faible qu’au niveau national (25 %).

La CFDT est majoritaire en sièges (34) mais pas en voix (30,2 % des voix)

La CGT emporte 28 sièges et devient majoritaire en voix pour la première fois (30,8 % des voix)

FO est la troisième organisation : 10 sièges et 14,3 % des voix

La CFTC avec 6,9 % des voix n’emporte que 4 sièges tandis que la CGC emporte 6 sièges avec 6,6 % des voix.

L’UNSA compte deux sièges (avec 5,6 % des voix) et Solidaires : 1 siège avec 4,7 %. Le groupement des syndicats européens de l’automobile n’a fait que 0.9 %.

 Comme un goût de démission

On aurait pu espérer que, dans les circonstances actuelles, le vote aux élections prud’homales aurait fait pressentir un regain de la combativité sociale. Il n’en est rien. Le temps est à la démission collective, à la recherche d’un sauvetage individuel … hypothétique !

Pourtant, si les 4,7 millions de
votants voulaient relever la tête
et montrer les dents, le gouvernement reculerait bien vite.

Pour autant une colère sociale n’est pas à exclure. Raymond Soubie, conseiller expérimenté en affaires sociales de Nicolas Sarkozy vient de déclarer qu’il n’a jamais, en 40 ans d’expérience, voulu annoncer un quelconque « printemps chaud » ou « automne chaud », mais qu’aujourd’hui, ce n’est plus pareil, selon lui « tout est chaud »... Henri Guaino (conseiller-plume du Président) n’en a pas dit moins, en prétendant qu’une explosion est possible à tout moment…

La mort du code du travail, le travail le dimanche, les 45 heures payées 35, la retraite à 70 ans, les licenciements boursiers …. Cela ne suffit pas encore à provoquer un énorme mouvement social ? Le Président nous abreuve de bonnes paroles et de vagues promesses présentées sous papier-cadeau. Mais l’emballage sonne le creux ….Qu’attend-on ?