Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Banque, assurances > Banques : protestation

Banques : protestation

Ecrit le 6 août 2003

Méfiez-vous des banques

Les banques, elles, vont profiter de l’aubaine pour proposer à leurs clients des placements « plus avantageux », diront-elles. Il n’est pas exclu que de nouveaux « produits » voient le jour avec des motifs que les banques cachent soigneusement :percevoir des droits d’entrée et autres commissions de gestion.

Si l’on en croit les journaux financiers, il existe toutes sortes de placements qui produisent monts et merveille. Prudence !

Par exemple AXA propose des produits « fort intéressants », avec même un « haut rendement ». Voyons voir sur la période 14 septembre 2001-14 septembre 2002 :

Axa Europe Haut rendement - 14,55
Axa Inconvertibles Plus + 4,23
Axa Nouveaux horizons + 2,21

Du 14 septembre 2001 au 13 septembre 2002, le premier a eu un rendement NEGATIF de 14,55 %, le deuxième a eu un rendement de + 4,23 % et le dernier de + 2,21 %. Comme quoi on peut se faire avoir.

Même chose pour le groupe Banques Populaires (sur la même période) :

Natis Tendances Arbitrage + 2,35
BP   Obli Haut Rendement - 3,81

High yield

Force est de constater que les « hauts rendements » (high yield en anglais) accumulent des performances négatives, que ce soit SGAM High Yield de la Société Générale (- 2,22 %), ou CPR High Yield du Crédit Agricole (- 4,12 %), ou Placement Europe Haut rendement du CIC (-5,53 %).

Profil bas

Alors il reste aux épargnants les « produits profilés » sauf que, eux aussi....

Avec BNP Paribas :

NF Floréal France Prudent - 2,09
Antin Equilibre - 12,38

Ah ! Et si on essayait l’assurance-vie. Ca c’est sûr au moins. Est-ce si sûr ? Il convient de distinguer les contrats en unités de compte de ceux en euros. Les premiers ont subi de plein fouet le retournement des marchés avec une perte moyenne de 2 % en 2000, et de 9,7 % en 2001. Les banques ont pourtant garanti ces contrats. Mais l’astuce était celle-ci : le nombre d’unités de compte était garanti, mais pas leur valeur ! Pas folles les banques ! Les contrats en euros sont plus sûrs, mais ne réduisent pas pour autant l’hypothèse des faillites.

Toutes ces complications font que les épargnants modestes, qui ont peu d’argent à placer et pas les moyens de rémunérer un conseiller financier, ont choisi les placements garantis comme le livret A. Mais le gouvernement les attendait au coin du bois : ila baissé le taux d’intérêt !

Insécurité zéro, disait Sarkozy ! Pas en matière d’épargne, en tout cas.


(écrit le 17 septembre 2003)

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs

Après la période des vacances
Après la rentrée des classes
Après la Foire de Béré
La vie économique va reprendre.

C’est le moment où vous allez être l’objet d’une campagne de publicité de votre banque vous proposant un taux « intéres-sant » pour placer un peu d’argent, suite à la baisse du taux d’intérêt du livret A.

Attention : les conseillers bancaires ne sont pas vos amis, ils sont d’abord les amis de la banque. La Mée a montré par exemple Banques : protestation comment des placements « haut rendement » n’ont pas tenu leurs promesses en 2001-2002. Ce mois-ci, le mensuel Que Choisir a mené une enquête sur les conseillers financiers, à partir du cas d’une jeune fille, Sylvie, qui a fait croire à plusieurs banques que ses grands-parents lui ont fait un don de 30 000 €. Apprentie-épargnante, elle s’est très vite rendu compte qu’elle pouvait classer les conseillers bancaires en trois catégories :
– Les peu scrupuleux
– Les prudents
– Les bons pères de famille

Placer leurs produits à tout prix

Les peu scrupuleux cherchent à placer leurs produits à tout prix, ceux qui sont les plus réunérateurs pour la banque. Ils sont présentés sous leur aspect le plus séduisant (rendement « qui peut aller jusqu’à 60 % ». L’important est le mot « jusqu’à »), en oubliant de mentionner les limites.

Par exemple, dans le cas d’un contrat assurance-vie, ils oublient de vous parler de sa quasi rigidité (fonds bloqués pendant 8 ans) et des conséquence fiscales des retraits avant échéance. Il y a ainsi des gens peu fortunés qui, ne pouvant toucher à leur assurance-vie, ont été obligés de faire un emprunt pour un achat urgent qu’ils auraient pu financer avec leur épargne si elle n’avait pas été quasiment bloquée.

Exemple : vous avez 10 000 euros.
Avec un placement de 10 000 € sur 4 ans
à 2,25 % il rapporte 930,83 €
à 3,30 % il rapporte 1386,79 €

Vous y gagnez 455,95 € par rapport au livret A.

Mais il se trouve que vous avez eu un achat imprévu à effectuer et l’obligation d’emprunter 7000 euros à 4 % pendant 3 ans. Cela vous a coûté 440,04 € d’intérêts. Résultat ? Aucun ! Vous n’y avez guère gagné que 15,91 € et des soucis.

Les conseillers peu scrupuleux oublient également de vous parler des droits d’entrée, des frais de gestion, des taux de courtage qui « allègent » considérablement le capital qui sera effectivement placé par rapport à la somme que vous avez versée. Et la différence ? Elle va évidemment dans la poche de la banque (voire de ses vendeurs si ceux-ci sont intéressés au chiffre d’affaires).

Entrée ! Entrée !

Un exemple : les « frais d’entrée » sont élevés. Ils peuvent atteindre dans certains cas 4 % de chaque versement. Ainsi, en l’an 2000, une personne a placé 100 000 francs sur un contrat d’assurance-vie : la banque a « bouffé » 4000 F de frais d’entrée !

Pour les épargnants novices, « la rapidité et l’aspect technique des explications rendent difficile une bonne compréhension du produit » dit Que Choisir. Allez donc vous y retrouver dans les FCP (fonds commun de placement) qui peuvent être « élevés au PEA » (plan d’Epargne en actions), dans les « fonds profilés » (qui sont coûteux et composés en partie d’actions dont les valeurs sont fluctuantes avec la Bourse). Depuis trois ans, ces fonds profilés dont un « conseiller » peu scrupuleux vous parlera comme d’un « placement sûr », ont occasionné de lourdes pertes à leurs souscripteurs.

Allez donc savoir s’il vaut mieux, pour une assurance-vie, souscrire un contrat en euros ? ou en Unités de compte ? Les premiers garantissent un rendement modéré mais sûr, les seconds évoluent au gré de la Bourse. Mais dans tous les cas, il faut compter sur les frais prélevés par l’assureur : à l’entrée, à chaque versement, sur la gestion, les arbitrages, les avances, etc.

Ménager la chèvre et le chou

« Les conseillers prudents n’abusent pas de leur position dominante. Ils sont parfois sensibles à la situation particulière de leurs clients et leur recommandent des placements adaptés » dit Que Choisir. Mais là encore il est nécessaire que le client pose de nombreuses questions car « l’information donnée ne relève pas d’une grande qualité ». Seule différence avec un conseiller peu scrupuleux : le conseiller prudent n’hésite pas à mettre en garde son client, sur quelques points fondamentaux, pour qu’il s’engage sans trop de mauvaises surprises.

Les bons pères de famille

Il arrive, dans certaines banques, de rencontrer des conseillers réellement à l’écoute du client, soucieux de ses intérêts. Fiables et de bon conseil, ils favorisent une gestion de « bon père de famille » adaptée aux clients modestes. Malheureusement « ils ne peuvent pallier le manque d’originalité des produits proposés en terme de sécurité et leur peu d’attraits en terme de rentabilité » dit Que Choisir . D’où le risque, pour des profanes casse-cou, de choisir maladroitement des placements plus risqués parce que plus séduisants sur le plan de la rémunération.

Et la Poste ?

Service public = sécurité ? Voire ! Des clients se sont mordu les doigts après avoir souscrit le tristement célèbre « Bénéfic » qui promettait 23 % d’intérêts en trois ans et qui s’est révélé désastreux au point que l’association d’aide contre les abus bancaires a assigné La Poste en justice, je jeudi 26 juin 2003, pour défaut de conseils et d’information en matière de placements financiers, aux dépens de petits épargnants dont certains ont été incités à placer la totalité de leur épargne sur ce produit qui est devenu « maléfic ».

L’un des derniers produits-phare de la Poste est, dit-elle, « garanti » et non pas « protégé » comme l’était Bénéfic. Les souscripteurs ne saisissent pas la nuance. Ce n’est qu’au bout du compte qu’ils savent s’ils se sont « fait avoir » ou non.

Attention

Conclusion : sous les apparences d’un conseiller se cache souvent un vendeur soucieux de son propre chiffre d’affaires.

Alors faut-il faire confiance à un « conseiller en gestion du patrimoine indépendant ». Las ! Les conseils sont chers (150 à 300 € dès la première consultation), alors que les conseils, dans une banque, sont gratuits.

Faut-il alors étudier les documents publicitaires ? Las ! ils n’ont pas valeur contractuelle et on pourra toujours vous dire « que vous avez mal compris les explications données, faute de culture financière et de perspicacité ». De toutes façons, le document publicitaire n’est qu’un document d’appel. Le seul valable est le texte du contrat, mais celui-là vous ne l’aurez que lorsque vous aurez signé !

Pour en savoir plus, le numéro Hors série de « Que choisir » (n° 91, septembre 2003) donne de bons conseils pour 4,40 euros : le plan d’épargne populaire, les pièges de l’assurance-vie, les prêts étudiants, le cinéma à bon compte.


Ecrit le 15 décembre 2004 :

La fête des chèques

L’UFC « Que Choisir » (Union Fédérale des consommateurs) lance un appel à la mobilisation contre les frais bancaires.

Deux possibilités d’action (l’une n’excluant pas l’autre) :

Envoyez des chèques de 0,01 € à UFC, 11 rue Guénot, 75555 Paris cedex 11

2) Multipliez entre vous, collègues de travail, parents, amis, les chèques de UN EURO, à faire encaisser à votre banque évidemment, pour exprimer votre mécontentement.
L’UFC demande :
– non facturation des retraits aux distributeurs de billets et gratuité des retraits au guichet
– division par deux du prix du virement
– gratuité des prélèvements (« gratuité » des retraits aux distributeurs du réseau et retrait au guichet gratuit aux seuls clients ne possédant pas de carte bancaire).

voir micro-crédits

voir : crédits hypothécaires, danger