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Situation sociale (04)- Manifestations, Plan Borloo

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Ecrit le 2 février 2005 :

 Dix ans, ça suffit !

Lors de ses voeux 2005, Jacques Chirac a souhaité que le vote du referendum de juin 2005 ne soit « pas politique ». Non mais, pour qui nous prend-il ? Raffarin lui, défend un « oui militant ». Les deux compères se sentent inquiets malgré tout : s’ils venaient à perdre le référendum, leur situation se dégraderait. Alors ils se partagent les rôles avec qui veut : les uns peignent l’Europe libérale en rose, les autres démentent tout intérêt « partisan » dans le « oui », les derniers préparent le « rebond » de Chirac si le « oui » l’emporte.

Depuis le 1er janvier 2005, se met en œuvre le démantèlement progressif de la Sécurité sociale, en voie de privatisation par le biais des assurances. Chacun commence à voir ce qui est en jeu.

Depuis le 1er janvier, des échelons supplémentaires sont mis en œuvre pour nous faire prendre une retraite plus tardive avec moins de rémunération. Chacun fait ses comptes et s’aperçoit qu’il va devoir travailler jusqu’à 65 ans : ce qui augmentera le chômage et fera reculer l’espérance de vie.

Depuis le 1er janvier, des mesures sournoises de déréglementation du Code du travail sont en œuvre : le contingent annuel d’heures supplémentaires est allongé à 220 h, la majoration au taux très bas de 10 % des dites heures est prorogée, la feuille de paie est modifiée, le registre inspection du travail est supprimé, l’inspection du travail est attaquée.

La durée légale du travail est maintenue à 35 h mais tout est fait pour que la durée réelle soit largement supérieure, ce qui augmente également le chômage et freine les salaires.

Alors que la France n’a jamais été aussi riche, alors que les grandes entreprises n’ont jamais distribué autant de dividendes, les inégalités se creusent. Les actionnaires se goinfrent et n’investissent pas. L’adage « les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain » n’a jamais autant démontré sa fausseté.

Le gouvernement Chirac-Raffarin a comme politique centrale de poursuivre la hausse du chômage et de baisser le « coût du travail ».

Seuls, quelques poignées de salariés courageux défendent leurs salaires et leur emploi. Quelques dizaines d’entreprises du privé sont secouées par des conflits salariaux. C’est un signe, un encouragement : l’exigence de salaires décents peut provoquer une explosion sociale dans ce pays, et ce sera tant mieux. Car, tout bonnement, trop de salariés ne peuvent vivre de leur travail, on est maintenant en dessous de la limite basse de la rémunération et la limite haute de l’exploitation. Ca va, ça peut, ça doit casser !

Les 18, 19 et 20 janvier, cheminots, hospitaliers, enseignants, fonction publique ont repris la lutte : cette fois le front syndical est reconstitué et c’est primordial. Ce n’est qu’un début, mais on n’est que 500 jours après la grande grève de 2003, et c’est significatif que ça puisse « repartir ».

 Tous ensemble

Le 5 février 2005, les syndicats se sont mis d’accord pour une journée d’action en défense des 35 h : c’est très méritoire, vu le peu de capacité de la gauche à faire face ensemble avec vigueur pour les défendre, pour les valoriser, pour les réactualiser. Mais défendre les 35 h, c’est lié, c’est lutter contre le chômage et pour le pouvoir d’achat !

« Au moment où la direction du PS est tenté par des choix droitiers, au moment ou c’est le blairiste, Strauss-Kahn, appuyé par Martine Aubry et Jack Lang à qui on propose, en « trio » de rédiger le « projet 2007 », il est bon, que le mouvement social frappe à la porte. Il est bon que Chirac finisse le plus mal possible son quinquennat, il est bon que tous les moyens de lui dire « non » soient employés : il a fait assez de dégâts comme cela depuis 2002. Plus vite on l’arrêtera, plus vite une véritable alternative se dessinera. » dit le mouvement « démocratie et socialisme » (http://www.democratie-socialisme.org)

En Loire-Atlantique les organisations CFDT, CFTC, CGT, UNSA, FSU et Union syndicale SOLIDAIRES appellent à manifester le 5 février 2005.

– 14h30 à Nantes, place du Commerce
– 14h30 à St Nazaire, place de la Gare

Sur les mots d’ordre suivants :
– NON A LA REMISE EN CAUSE DE LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL
– POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’EMPLOI
– POUR DE VRAIES NEGOCIATIONS SALARIALES DANS LE PRIVE COMME DANS LE PUBLIC

Un départ groupé aura lieu à Châteaubriant, 5 février à 13 h place Ch. De Gaulle. Inscriptions : CGT - 02 40 81 04 82


 Echos - sohcE

du 2 février 2005

ABRF : selon les salariés, les ABRF rachèteraient une fonderie à Ploermel. En fait c’est plus compliqué. Les ABRF ont racheté l’usine « Sambre et Meuse » dans le Nord en y mettant de l’argent et en demandant aux salariés de mettre le reste (quitte à emprunter). Maintenant Sambre et Meuse ferait la même opération avec la fonderie de Ploermel. Les salariés sont payés si cher qu’ils peuvent bien se payer leur emploi !

ABRF : les salariés ont été priés de rester chez eux le vendredi 21 janvier. Même chose le 28 janvier. Sarkozy dit « Travaillez plus pour gagner plus ». Ici c’est l’opposé ! Les salariés sont payés si cher qu’ils peuvent bien se payer des congés.

Décembre : une entreprise castelbriantaise a payé, fin janvier, la moitié des salaires de ... décembre. Le reste est à la traîne. Les salariés sont payés si cher qu’ils peuvent bien payer les agios de leurs découverts en banque.

Harcèlement : les cas de harcèlement moral et sexuel ne sont pas rares dans les entreprises castelbriantaises. Le Sous-Préfet en a même été avisé. Les salariés sont payés si cher qu’ils peuvent bien supporter d’être maltraités.

Cèdre : l’association Robin des Bois critique, sur son site internet (http://www.robindesbois.org/), l’entreprise CEDRE, installée à Issé, qui traite les déchets d’équipements électriques et électroniques. Celle-ci répond point par point sur son propre site (http://www.cedre-environnement.com/) et réfute toutes les accusations. Son argument principal : un bureau d’étude indépendant a démontré, en décembre 2004, que le site n’est pas et n’a pas été pollué. De son coté la CFDT estime que cette opération Robin des Bois n’est qu’un coup médiatique et que les 24 salariés ont, depuis longtemps, pris en charge leur situation pour améliorer leurs conditions de travail et pérenniser leur emploi. Voir par ailleurs

Pauvreté : les réformes actuelles nous conduisent à la pauvreté, disent les retraités CGT - La baisse « alarmante » du pouvoir d’achat est signalée aussi par les retraités de la gendarmerie. De tous côtés les retraités se plaignent des hausses du gaz, de l’électricité, de l’essence, du téléphone, etc.


Ecrit le 16 mars 2005 :

 Un millier de manifestants le 10 mars 2005

A l’appel de l’intersyndicale CFDT, FSU, CFTC, UNSA, CGT, FO, Solidaire et de la section du parti communiste de Châteaubriant un millier de manifestants, dont de nombreux lycéens, se sont rassemblés devant le théâtre de verre   avant de défiler jusqu’à la mairie.

Une manifestation imposante comme Châteaubriant n’en avait pas vu depuis longtemps, à la mesure des inquiétudes et des revendications.

Sonotone

Malgré le succès des manifestations du 20 janvier et du 05 février derniers, le gouvernement et le patronat ne renoncent ni à la remise en cause des 35 heures, ni aux suppressions de postes dans la fonction publique et dans le secteur privé.

Surdité gouvernementale, mais aussi discrétion sur les profits records des entreprises en 2004, sur la hausse du chômage qui a dépassé la barre des 10 % en janvier et sur l’augmentation des prix bien supérieure à celle des salaires et des minima sociaux.

Les revendications syndicales portent particulièrement sur la réduction du temps de travail, l’emploi et la lutte contre le chômage ainsi que l’amélioration du pouvoir d’achat.

A Châteaubriant, le bassin d’emploi a perdu 450 emplois industriels au cours du dernier trimestre 2003 et du premier trimestre 2004. Si le nombre de demandeurs d’emploi est resté stable de décembre 2003 à décembre 2004, l’emploi précaire est en très forte augmentation.

Les services publics sont touchés : fermeture du service d’intervention de France Telecom, fermeture de bureaux de poste en milieu rural, des services de proximité d’EDF, suppression de postes d’enseignants...

Des lycéens
responsables

Mobilisés depuis le mardi 8 mars, les lycéens se sont organisés en réalisant un travail d’information et de débats. Les banderoles rappellent leurs inquiétudes face à la réforme Fillon. Pour eux, les restrictions budgétaires et de personnels montrent que l’éducation, mise au service de l’économie, n’est pas une priorité.

Ils redoutent toujours le projet de réforme du baccalauréat et reprochent au ministre la suppression des TPE (travaux personnels encadrés).

Avec leurs professeurs, ils dénoncent la diminution de la dotation horaire du lycée pour l’an prochain qui entraînera deux ou trois suppressions de postes (enseignement, CDI, CPE).

Ils reprendront les cours, tout en restant mobilisés et demandeurs de négociation et d’un réel dialogue.