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CNE et CDD seniors - la fin ?

Ecrit le 31 octobre 2007

 Contrat dernier emploi ... loupé

Le chômage, à notre époque, ça pourrit la vie à tout le monde. Ceux qui ont du travail, et les dirigeants du pays, ont tendance à considérer que les chômeurs sont des fait-néant. Pour les réduire ils ont tenté la culpabilisation (ça marche, sauf que ça ne donne pas de travail), les coups de bâton (réduction des indemnités) et carottes (avantages donnés à l’employeur).

Dans la panoplie, se souvient-on du Contrat Dernière Embauche ? Il s’agit du « Contrat Senior » lancé par le premier ministre Villepin le 28 août 2006 et adopté après un accord avec la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. D’une durée de 18 mois renouvelable une fois, il était destiné aux personnes de plus de 57 ans. Un élément-clé du dispositif de réinsertion des chômeurs âgés, disait-on. Un grand pas dans la mise au travail d’une France où seulement 36 % des 55-64 ans sont au travail.

Ce CDD-senior a rencontré un franc succès : une vingtaine d’embauches en un an. Combien exactement ? « 18 ou 22 » dit le ministre Xavier Bertrand qui ajoute « Peu importe le chiffre, de toutes façons, on n’a pas fait de stastistiques car ça n’en valait pas la peine ».

Cette histoire montre que, au niveau national, les patrons sont unanimes pour stigmatiser ces salauds de vieux qui ne pensent qu’à la retraite .... Et qu’ils sont encore plus unanimes à ne pas en embaucher. Un colloque de la Dares, (mars 2007) a montré une forte réticence à embaucher des salariés de plus de 50 ans.

Source : http://www.centre.travail.gouv.fr/gallery/file/2654.pdf?PHPSESSID=f509e7dc 5607693d9b36886ce77784fa

 Plombés à 45 ans

En octobre 2005 le magazine Liaisons Sociales titrait son dossier « Plombés à 45 ans » et écrivait : « le marché de l’emploi se ferme comme une huître lorsqu’on a passé 45 ans » ; « 90% des offres d’emploi ciblent les 25-40 ans. ».

Comme dit un quinqua : « une fois soufflées les quarante bougies, mieux vaut se tapir dans un coin et se faire oublier en attendant le pot de retraite et la canne à pêche cadeau qui va avec. Car d’ici là, il faut faire une croix sur les promotions, les augmentations, la formation et, bien sûr, en cas de licenciement, il ne faut pas espérer décrocher un nouveau boulot. ».

A Châteaubriant, lors d’une réunion organisée en avril 2005 par Pays-de-Châteaubriant-Initiative  , on a entendu un jeune chef d’entreprise de 42 ans exprimer sa réticence à embaucher des salariés (un peu) plus âgés : « Les plus anciens ne savent pas qu’à notre époque il faut courir » a-t-il dit.

Alors, quand on parle de repousser l’âge de la retraite, on ne peut que s’inquiéter : la destination des travailleurs « âgés » sera-t-elle la porte, derrière la porte, avec indemnités de chômage versées par l’Etat et sentiments de culpabilité ? Le Medef suggère d’ailleurs que l’Etat assure, par l’impôt, une allocation minimale à l’ensemble des chômeurs.

Et, toujours lui, plus revendicatif que les salariés, le MEDEF réclame « davantage de bonus pour qu’il y ait un intérêt à embaucher des seniors ».
Finalement ce serait bien que l’Etat embauche plein de gens et les mette à disposition des employeurs. Ce serait un partage intelligent : les dépenses pour l’Etat et les bénéf pour les entreprises !

 CNE : deux ans essai pas concluant

Lancé le 4 août 2005, le contrat nouvelles embauches (CNE) était présenté par le gouvernement comme une mesure phare dans la lutte contre le chômage. Il équivalait à une période d’essai de deux ans.

Deux ans après, il a suscité peu de créations nettes d’emplois et une multiplication de recours aux prud’hommes. Début juillet 2007, un arrêt de la cour d’appel de Paris l’a peut-être condamné définitivement en jugeant que la période d’essai de deux ans n’est pas compatible avec la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT). « il est pour le moins paradoxal d’encourager les embauches en facilitant les licenciements » a dit le Président Jean-Louis Verpeaux. Décidément, encore un magistrat à mettre au pas !

Selon le journal Les Echos du 23 octobre 2007, l’organisation internationale du travail s’apprêterait, vers le 15 novembre, à condamner le CNE parce qu’il autorise le licenciement sans cause.

Selon le journal Challenges, les CNE ne représentent que 1,7% des embauches globales et 4,2% des embauches des entreprises de moins de 20 salariés, au troisième trimestre de 2007.