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Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > CPE (la fin) - CNE c’est non

CPE (la fin) - CNE c’est non

Mépris
Les jeunes ont les boules
Vu de l’étranger
Les Américains et la précarité
Contrat jeune CEJE
Un seul objectif : la précarité
Quel capitalisme ?
L’ACO soutient le combat des jeunes
Le CPE est mort
Communiqué des 12 organisations, 
          le 10 avril 2006
Chronologie
Surtout n’en parlez plus !

La loi remplaçant le CPE

Le cri de la garg....ouille

 Les manifestants se heurtent à un mur de mépris

Des millions d’heureux
Ecrit le 5 avril 2006

Le premier ministre Dominique de Villepin, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et le président Jacques Chirac survolent la France dans un jet du GLAM.

Soudain, Dominique se tourne vers le p’tit Nico et dit en faisant de l’esbrouffe
– « Tu sais, je pourrais jeter un billet de 500 euros par la fenêtre et rendre quelqu’un très heureux ».

Nicolas lui réplique :
– « Eh bien, je pourrais jeter 10 billets de 50 euros par la fenêtre et rendre 10 personnes heureuses ».

Pour ne pas être en reste, Jacques, soucieux de réduire la fracture sociale, dit :
– « Je pourrais jeter 100 billets de 5 euros par la fenêtre et faire 100 heureux ».

Le pilote soupire et dit à son co-pilote :
– " Non mais as-tu entendu cette bande d’arrogants à l’arrière. ?
Ils ne se rendent pas compte que je pourrais les jeter tous les trois par la fenêtre et rendre des millions de gens heureux ".

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Eliby - 06 23 789 305

 Un pouvoir buté

Le début de cette histoire illustre bien la situation présente : un pouvoir buté, des ministres soucieux d’eux-mêmes et indifférents au malaise du pays.

Mardi 28 mars 2006 : forte affluence en France aux manifestations contre le CPE (contrat première embauche).

1200 personnes à Châteaubriant, du jamais vu depuis 1968. Des gens ont débrayé pour la première fois, d’autres ont manifesté pour la première fois.

Etrangement le mouvement ne touche pas encore les commerçants, ni les femmes au foyer. Comme si leurs enfants devaient échapper un jour à la précarité généralisée qu’on veut nous imposer.

Manif28Mars-2
28 mars 2006

400 jeunes ont pris part au défilé. Les « meneurs » sont toujours des jeunes filles, Marion Guilbaut pour le lycée Guy Môquet, Céline Lefeuvre pour le Lycée Etienne Lenoir. Aucun casseur, bien sûr !

Soutiens internationaux

Les grands médias, bien obligés de relater ces manifestations énormes, ne se privent pas de faire la leçon aux manifestants sur le thème « le monde entier nous regarde et ne comprend pas »..... Sauf que ....

Sauf que La Mée a publié la semaine dernière le communiqué de soutien de la CES (confédération européenne des syndicats, habituellement très modérée !).

Sauf que, selon Force Ouvrière, des messages de soutien ont été envoyés par la FGTB (Belgique), LO (Norvège), TÜRK-IS (Turquie), CGT (Grèce), UIL (Rome), DGB (Allemagne), CMKOS (République Tchèque), Solidarnosc (Pologne), L’UGT (Espagne), CGIL (Italie), Histadrout (Israël), FNV (Hollande). Selon la CGT, des messages sont arrivés de l’USO (Espagne), de la ZSSS (Slovénie).

Sauf que ... le premier Ministre du Luxembourg a, lui aussi, pris position contre la précarité

Il est vrai de dire qu’un ancien commissaire européen affiche, lui, son opposition aux manifestations françaises : notre vieil ami FRITS BOLKESTEIN, déclare (voir l’Humanité) « Les manifestations actuelles contre la flexibilité du travail s’inscrivent dans une logique autodestructrice : on pense protéger l’emploi en rendant très difficile le licenciement (...). De même, si on augmente le SMIC, on exclut beaucoup de ceux qui n’ont pas la productivité requise. À force de craindre de s’attaquer aux avantages sociaux, on conforte le chômage de masse. ».
Pour lui c’est donc clair : il faut des licenciements, des bas salaires, et moins d’avantages sociaux.

Manif28_mars
Serge Adry
Ghislaine Etiembre

Au cours de la manifestation de Châteaubriant, le 28 mars 2006, diverses prises de parole ont rappelé (extraits) :
– « C’est à travers des combats comme celui-ci que les travailleurs ont obtenu des acquis sociaux » (Force ouvrière)
– « M. de Villepin, vous devez retirer le CPE pour engager des négociations sur l’emploi, la précarité et l’avenir des jeunes » (CFDT)
– « Il faut retirer le CPE, au nom de la dignité humaine des salariés » (CFTC)
– « Le maintien du CPE, annoncera non seulement une poursuite du conflit mais nous imposera de prendre de nouvelles décisions intersyndicales qui soient de nature à élever le niveau de la lutte » (CGT).
– « Avec les lois Fillon, Borloo, Robien, Villepin, la même logique est à l’œuvre pour déscolariser les jeunes, imposer une scolarité au rabais à l’issue de laquelle les jeunes seraient désormais condamnés à la précarité ». (FSU)

Puis l’imposant défilé castelbriantais (1200 personnes) a fait le tour complet de la ville (ce qui est une nouveauté !) et en particulier le tour complet de la mairie, la tête du défilé devant attendre un certain temps pour laisser passer les derniers manifestants.

Puis les lycéens des Etablissements Guy Môquet, Etienne Lenoir et St Joseph sont rentrés tranquillement dans leurs établissements. Les deux premiers lycées sont toujours bloqués, les élèves se relayant jour et nuit à la porte (sous un abri qu’ils ont monté) et laissant passer les élèves des terminales Baccalauréat et BEP. L’alimentation est assurée par les parents !

Mercredi 29 mars un vote a eu lieu avec les élèves présents. 55 % d’entre eux ont voté la suite du blocage qui s’est poursuivi jusqu’au 31 mars au soir, dans une ambiance détendue. Les jeunes n’ont pas perturbé l’accès au GRETA   qui avait programmé depuis longtemps une « porte ouverte ».

Au moment où nous écrivons ces lignes nous ne savons pas si le blocage reprendra le lundi 3 avril et si la manifestation du 4 avril sera bien suivie.

 Courrier des lecteurs : Merci à un manifestant

Mercredi 28 mars, 15h50. J’essaie de rentrer péniblement chez moi. Des maux de tête persistants et un état grippal latent rendent ma conduite douloureuse. Arrivée à la hauteur du Carrefour de l’Europe à Segré, je dois me rendre à l’évidence : je vais rester dans ma voiture étouffante jusqu’au soir. La manifestation anti-CPE bloque le carrefour.

Je me range le long du terre-plein central, feux de détresse en action, espérant attirer l’attention d’un contractuel présent (gendarme ou policier, ma tête qui tape m’empêche de le dire) et évoquer avec lui mon problème. Une aspirine serait bienvenue ! Mais je ne souhaite pas déclencher la venue du SAMU.

Les jeunes apostrophent les automobilistes. L’un d’eux me demande si je connais le CPE.

« difficile de l’ignorer, marmonné-je. Mais je suis malade, j’espérais rentrer chez moi et me glisser dans mon lit le plus vite possible. Parfois les manifestants pourraient aussi penser aux autres »

–  « Vous êtes malade, mais faut nous le dire, Madame, me rétorque le jeune homme. On va vous laisser passer, venez, suivez-moi ».

J’hésite, mais le jeune se dirige vers le car de police ou de gendarmerie, explique la situation, puis m’ouvre un chemin parmi les manifestants.

J’avoue, je crains un moment d’être saluée par une bordée d’injures. Il n’en est rien !

Jeune homme, j’espère que vous n’aurez pas ensuite affronté les sarcasmes de quelques camarades, moins attentifs aux faiblesses humaines que vous peut-être. Merci à vos parents (et à tous les adultes) qui ont su vous inculquer une telle courtoisie. Merci à vous, jeune homme, qui avez osé entendre ma difficulté du moment.

Si tous les jeunes vous ressemblent, alors l’avenir gagnera en lumière
Jacqueline R.

 Vu d’ailleurs

Selon Le Courrier International du 29 mars 2006, et « le Temps » (Suisse) : « Isolé et fier de l’être : Dominique de Villepin s’est marginalisé lui-même ». Les étudiants et les syndicats « ne supportent pas que des leçons d’audace soient données du palais doré de Matignon par un Premier ministre qui, de toute sa vie professionnelle, Ecole nationale d’administration (ENA) oblige, n’a connu que le plus doré des contrats à durée indéterminée. »

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Pour le journal belge « Le Soir » : « la classe politique ne s’adresse en réalité qu’à elle-même. Villepin observe Sarkozy. Sarkozy observe Villepin. Et Chirac observe le match. Mais, pendant que tout le monde observe son petit doigt, on en oublie de montrer la lune. Sur l’autocollant le plus répandu dans la manif d’hier, on pouvait lire : ’Rêve général’. »

« Isolé et fier de l’être : Dominique de Villepin s’est marginalisé lui-même », condamne Le Temps

 Entendu sur Radio Aligre (Paris)

Quel peut être l’impact du CPE et du CNE sur la population active ?

Bernard Girard, 28.03.06 : C’est l’un des aspects les plus intéressants de l’étude des économistes Cahuc et Carcillo (1). Ils montrent que ces contrats qui protègent moins bien les salariés vont se traduire par une dégradation de leur bien-être qu’ils chiffrent d’ailleurs. Elle correspondrait, disent-ils, à une diminution de 0,45% de leurs revenus. Mais ils ne s’arrêtent pas là : ils montrent qu’un certain nombre de gens qui cherchent aujourd’hui un emploi, quitteront le marché du travail, jugeant qu’il n’est pas intéressant de travailler pour si peu. C’est un phénomène classique : on sait que la population active augmente lorsque les salaires progressent et attirent sur le marché du travail des gens qui s’en tenaient écartés. Et bien là, c’est l’inverse. Ce qui veut tout simplement dire que les employeurs qui se plaignent aujourd’hui de ne pas trouver de salariés auront encore plus de difficultés à en trouver demain.

(...) Ces événements auront en tout cas eu un mérite : celui de mettre au premier plan la réflexion sur l’emploi et sur la précarité. La société française a montré ces derniers jours qu’elle ne voulait plus de la précarité. Les mesures du type CPE ont également montré les limites de tous ces dispositifs sectoriels conçus pour résoudre les problèmes de telle ou telle catégorie de la population.

(...) Le problème du chômage n’est pas celui du droit du travail, c’est celui de la structure de l’économie française qui ne favorise pas la croissance rapide (...).

(1) Voir l’étude ici : http://surlemploi.free.fr/serendipity/uploads/documents/cahuc-carcillo-cne-cpe.pdf

 Conseil Constitutionnel

Le 30 mars 2006 le Conseil constitutionnel a validé sans réserves le contrat première embauche. Les neuf « Sages » de la rue Montpensier, saisis le 14 mars par des parlementaires socialistes, ont estimé que l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances, qui institue le CPE, n’était pas contestable sur le fond et la forme.

 31 mars 2006 : Abracadabrantesque

Selon le discours de Jacques Chirac, le 31 mars 2006 :

  • le CPE est promulgué donc le Premier Ministre sauve la face.
  • Mais concrètement, aucun contrat ne doit être signé à partir de ce texte. Donc il est suspendu, sans le dire, tout en le disant donc Sarkozy est content.
  • C’est une très bonne loi, donc les partisans de la majorité sont contents
  • Dans les faits, il faut faire une nouvelle loi pour corriger la première... et vider le CPE de son sens, donc les opposants sont priés d’être ravis.

« Incompréhensible et inacceptable », ont réagi les syndicats, cependant que la presse nationale et mondiale s’étonne de ce discours confus. « On vient de transformer la politique française en théâtre de boulevard où l’on claque, où l’on ouvre, où l’on ferme les portes » a conclu le député UDF Hervé Morin.

La farce continue ! Une importante manifestation aura lieu le 4 avril.

Que veut dire : promulguer une loi ? (2)

L’édito du Monde

Photos de la manif du 4 avril

Photos de la manif du 4 avril 2006 à Châteaubriant.

1000 manifestants (selon la Gendarmerie)

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Des photos dans l’Express

Les Américains malades de la précarité

le texte en anglais

Danse autour du cadavre du CPE : une bataille d’ego

La suite des événements selon Libération du 8 avril


 Les jeunes ont les boules

Publié le 12 avril 2006 (sans savoir la décision prise par le Premier Ministre le 10 avril) :

Une-Eliby-CPEmassacre
Le H5N1 pour De Villepin
Le Chikungunya pour Nicolas ....
Singing I, I, Yuppee youppee I, 

(paroles originales et musique de ce chant
du folklore américain, ici :
http://bmarcore.club.fr/Tine/E403.html)

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Ils étaient en forme les étudiants de l’IFSI (institut de formation en soins infirmiers), ce mardi 4 avril à Châteaubriant pour leur première manifestation contre le CPE. Une fois de plus, ce sont les jeunes filles qui menaient « le bal » et donnaient le rythme.

Si t’es contre le CPE tape dans tes mains (bis)
Si t’es contre le CPE (bis)
Si t’es contre le CPE, tape dans tes mains
Singing I, I, Yuppee youppee I, 
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L’imposante manifestation de Châteaubriant, encore un millier de personnes selon les gendarmes eux-mêmes, n’a pas consacré beaucoup de temps aux discours : seules se sont exprimées les deux jeunes Marion Guilbaut et Céline Lefeuvre, des lycées Guy Môquet et Etienne Lenoir.

Puis, à bonne allure, le cortège s’en est allé bloquer le rond-point de la Ville en Bois.

Inquiétude

Le CPE fait toujours l’unanimité contre lui. Les manifestations du 4 avril l’ont bien montré. Et les députés UMP qui ont voté le CPE, à la hussarde, à coups de 49-3, s’en mordent maintenant les doigts. Ce n’est pas de si tôt qu’une nouvelle loi « sociale » sera votée sans concertation.

Poète-charretier

A la hussarde ? Oui, si l’on écoute ce que dit le Premier Ministre Dominique Galouzeau de Villepin dans un délicieux langage de poète-charretier : « La France a envie qu’on la prenne. Ça la démange dans le bassin. » [Cette petite phrase et bien d’autres, parfois plus crues encore, sont relatées, entre guillemets, par Franz-Olivier Giesbert dans son dernier livre, La Tragédie du président (Flammarion)]

 Haute trahison

J. CHIRAC et son acolyte Jean-louis BORLOO sont passibles de 10 ans d’emprisonnement. En effet, s’il a promulgué la loi créant le CPE, parue le 2 avril au Journal officiel, le président Jacques Chirac a demandé au gouvernement « de prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu’en pratique aucun contrat ne puisse être signé » . Et le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis BORLOO a écrit, le 3 avril, aux branches professionnelles pour leur demander de ne pas signer de contrat première embauche (CPE).

Or LE CODE PENAL dispose que :

« Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique, agissant dans l’exercice de ses fonctions, de prendre des mesures destinées à faire échec à l’exécution de la loi est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende » selon l’article 432-1 du Code pénal relatif aux « abus d’autorité dirigés contre l’administration ».

On voit quel embrouillaminis a été créé par J.Chirac pour tenter de sauver la mise à De Villepin.

De Villepin, Chirac, Sarkozy ne risquent pas, eux, la précarité : comme beaucoup d’hommes politiques ils s’accrochent à leurs sièges comme des berniques.

En tout cas ils se moquent bien du CPE (contrat première embauche). Leur seule préoccupation est l’issue de cet ubuesque bras de fer autour du cadavre du CPE : au plus haut sommet de l’Etat. Dominique de Villepin veut ne pas perdre la face et garder la main, Jacques Chirac veut garder le pouvoir et Nicolas Sarkozy veut prendre la main et profiter de la crise.

 Finalement , le gouvernement a reculé ...


Ecrit le 12 avril 2006 :

[ceje]

 Contrat Jeune en entreprise

Dès le 29 mars, La Mée signalait l’existence du Contrat Jeune en Entreprise, (CEJE) qui offre aux employeurs les mêmes avantages que le CPE, sauf la précarité.

La mesure vient d’être découverte par Ouest-France du 6 avril 2006 (en page 5) : application jusqu’à 26 ans, exonération de charges pour les employeurs. La seule différence avec le CPE, c’est que le CEJE n’offre pas la possibilité d’une période d’essai de 2 ans, ni la possibilité d’un licenciement sans justification.

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Les Américains, malades de l’insécurité de l’emploi .

C’est ce que révèle le magazine L’Expansion (5 avril 2006), pourtant pas suspect de gauchisme !

une étude de l’Université du Michigan constate que l’insécurité de l’emploi constitue un risque pour la santé physique et mentale, aussi important que celui d’une grave maladie.

Cette étude a été menée par l’ISR (institut pour la recherche sociale), auprès de plus de 1000 hommes et femmes, de moins de 60 ans. Seuls ont été retenus ceux qui étaient encore salariés trois ans plus tard.

L’étude a montré que les salariés qui sont confrontés à la précarité ont des problèmes de santé, deux fois plus nombreux que les autres

Multiplication des fusions, flexibilité accrue, développement des boulots à temps partiel, sentiment d’impuissance au sein d’une organisation, les causes de cette insécurité de l’emploi sont multiples.

Or, selon les auteurs, l’angoisse générée par ces situations peut avoir des effets physiologiques « explosifs » : symptômes physiques et nombreuses dépressions.

Notons que cette étude n’a pas pris en compte les problèmes de santé de ceux qui ont perdu leur travail ou qui subissent un chômage prolongé. Sinon elle aurait relevé des effets encore plus explosifs pour la santé publique.

L’étude observe aussi que, aux USA, les salariés noirs sont trois fois plus nombreux que les autres à ressentir une insécurité permanente (et pour cause ! Étant donné la discrimination dont ils sont victimes). Et qu’ils sont quatre fois plus nombreux que les blancs à ressentir de sérieux symptômes de dépression, comme des troubles de l’alimentation, une diminution de l’aptitude à se concentrer ou des pensées morbides.

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Une seule volonté :
La précarité

L’enjeu du conflit actuel est bien situé par un journal américain : pour le Los Angeles Times la loi est nécessaire pour « limiter la sécurité de l’emploi ». Cette sécurité, selon le Times, est la cause principale du fort taux de chômage de la France où « les entreprises françaises rechignent à assumer le fardeau que représente l’embauche de nouveaux employés ». N’hésitant pas à aller un peu plus loin, le Times suggère : « Une réponse plus intelligente aurait été pour les étudiants de demander que la sécurité de l’emploi soit réduite pour les travailleurs de tout âge. ».

C’est bien ça l’enjeu : réduire la sécurité de l’emploi pour tous. Et c’est ce que le gouvernement voulait faire, après le CNE et après le CPE. La fronde actuelle les en empêche.

Mais la précarité reste à la mode,
dans les milieux qui ne la subissent pas.

Dans son édito de Ouest-France du 6 avril 2006, Hugues de Jouvenel parle de « flexibilité équitable » à laquelle il donne le sens de ... précarité partagée .... c’est-à-dire qui s’applique à tous. Bizarre, il ne parle pas d’équitable en matière de revenu ! Alors que de nombreux salariés sont contraints de vivoter avec le SMIC et moins que le SMIC, quelques privilégiés gagnent jusqu’à 1000 fois plus ! L’objet d’un combat social doit-il être de partager « la merde » ou à progresser pour tous ?

 Vu de l’étranger

D’Allemagne : Heureusement que les Français sont là ! ils s¹opposent à une politique européenne qui redistribue de bas en haut, annihile les conquêtes sociales et vide de sa substance le droit du travail. Le seul fait qu’ils aient le courage de partir seuls à la bataille mérite l’admiration. Dommage qu¹ils soient encore isolés.

Dorothea Hahn
Die Tageszeitung

De Grèce : La mesure proposée en France a été votée par l’Assemblée nationale grecque à l’été 2005. Personne n’a alors réagi, mais la précarité était installée.
Les jeunes Grecs veulent s’appuyer sur l’initiative   française pour demander le retrait des mesures draconiennes de diminution du coût des heures supplémentaires et d’extension des horaires de travail qui ont précédé la réforme. Le gouvernement grec craint à présent une grande mobilisation

Christos Mega
Eleftherotypia

D’Espagne : En tentant de faire passer cette loi, le Président et le Premier ministre trahissent, aux yeux de larges pans de la population, un modèle social français dont ils disaient vouloir assurer la défense et la continuité. El Païs

Du Portugal - Les partisans du CPE ne doivent pas avoir lu les divers rapports montrant que cette mesure ne fera qu’augmenter le chômage des jeunes et ne contribuera d¹aucune façon à en combattre les causes. Et, quand ils les ont lus, ils en concluent que tous, jeunes et vieux, devraient être sujets au licenciement non motivé. Le CPE ne valorise ni le mérite ni l¹efficacité. Il s’en remet au libre-arbitre d’un patron. Le CPE est une attaque contre les attentes des jeunes. Franchement, ça donne envie de sortir dans la rue et de crier.

Joana Amaral Dias
Diario de Noticias

 Quel capitalisme ?

Dans un article du 30 mars 2006, l’International Hérald Tribune commente :

Les Français, bien entendu, sont opposés au « capitalisme sauvage » depuis le jour où cette bête brute a commencé à hanter la Grande-Bretagne et ses fabriques diaboliques au XIXe siècle avant de traverser l’Atlantique pour se trouver une nouvelle tanière.

La question essentielle est celle-ci : de quel capitalisme s’agit-il ? Le capitalisme d’actionnaires qui avait cours en Occident depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale a été remplacé par un nouveau type d’entreprises, dont le but et la responsabilité ont changé.

D’après l’ancien modèle, les entreprises se faisaient un devoir de garantir le bien-être de leurs employés, de même qu’elles avaient des devoirs vis-à-vis de la société (dont elles s’acquittaient principalement, mais pas exclusivement, sous forme de charges et d’impôts).

Ce modèle a été remplacé par un autre, selon lequel les chefs d’entreprise doivent créer de la « valeur » à court terme pour les actionnaires, ce que mesurent les cotations en bourse et les dividendes.

Cette politique a eu comme résultat concret : une pression constante visant à réduire les salaires et les avantages sociaux des travailleurs, et l’émergence d’un lobbying politique et de campagnes en faveur de l’allègement des charges des entreprises et de leurs contributions aux finances nationales et à l’intérêt public.

En résumé, le système des pays développés a été remanié depuis les années 1960, enlevant aux travailleurs et au financement de l’État des ressources qui vont maintenant aux actionnaires et aux dirigeants des entreprises.

Il me semble que les troubles sociaux en Europe soulignent l’incompréhension dont font preuve les politiques et les chefs d’entreprise face aux conséquences humaines d’un capitalisme qui considère les travailleurs comme une matière première et qui élargit au monde entier la concurrence des prix de cette matière première.
William Pfaff

 A.C.O. - Action Catholique Ouvrière

Dans une lettre ouverte aux jeunes, l’ACO dit :

Si une loi va contre le droit du travail, contre l’avenir des jeunes, nous avons à la combattre. Et vous le faites !

Vous menez une grande lutte qui prend toute sa place dans le combat du respect et de la dignité de l’Homme quels que soient son statut, son sexe, sa couleur, ses opinions.

Vous avez été le moteur d’une grande mobilisation qui est nationale, inter-génération et inter-professionnelle : le droit du travail ne doit pas être bafoué.

Nous les adultes, nous vos parents, nous vous disons notre respect devant votre savoir-faire, votre détermination. Vous nous montrez que vous avez la volonté de prendre votre histoire en main : vous appartenez au peuple de ceux qui croient en l’Homme debout !

Dans un premier temps, nous avons eu quelques difficultés à vous accepter différents, puis cela a changé notre regard, cela nous a ré-interrogés, re-dynamisés. La frontière entre générations et la frontière de la morosité sont tombées ! Nous sommes dans un combat pour que l’humain soit respecté et que l’humain prime sur l’économie

Pour vous c’est un peu la fête, et vous participez à quelque-chose de grand. Oui, par votre action, vous avez un pouvoir !

Alors que la violence pourrait exploser, vous faites la preuve d’une maîtrise exemplaire d’un mouvement pacifiste.

Vous savez que vous risquez gros pour vos examens, mais votre avenir et l’avenir de tous les jeunes est en jeu.

Engagés dans des organisations, des associations, nous accueillons avec joie l’énergie que vous redonnez aux « batteries » des plus anciens qui avaient tendance à baisser les bras. Nous sommes heureux de voir des jeunes comme vous.

Merci de nous avoir épatés et de redonner la saveur d’un monde où les femmes et les hommes prennent leur vie en main. Notre foi de chrétien nous fait reconnaître ce que vous réalisez pour construire aujourd’hui un monde avec plus de justice, d’égalité, de solidarité. Ce faisant, vous vous construisez vous-mêmes.

En tout cas, quelle que soit l’issue de ce mouvement pour un changement sans la violence, il est une richesse dans notre histoire commune
et un espoir pour l’avenir.

LE 31 MARS 2006,
UNE EQUIPE DU SUD-NANTES,
et l’ A.C.O. du 44


Ecrit le 10 avril 2006 :

 Le CPE est mort !

10 avril 10h30 - Le CPE n’est pas abrogé mais il est « remplacé » ... question de vocabulaire habillant une réalité douloureuse pour le Premier Minstre : la rue a fait échec à la précarité.

Il reste certes le CNE. Mais les patrons auront plus de mal à l’appliquer !

Le mouvement social a remporté une victoire. Dommage qu’il ait fallu 10 semaines de lutte contre une décision imposée d’en haut, sans concertation !

Le film du Week-end

Après l’allocution du Premier Ministre, lundi 10 avril à 10h30, syndicats et opposition n’ont pas tardé à dissimuler leur satisfaction. Le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri s’est félicité de la décision, y voyant un succès du mouvement social.

Le numéro un de la CFDT, François Chérèque, a déclaré à l’AFP que « l’objectif de retrait du CPE était atteint », même s’il attendait de connaître « le contenu détaillé de la nouvelle proposition de loi ». Se félicitant de l’unité syndicale réalisée durant ce conflit, il s’est déclaré prêt « à s’engager dans une phase de consultations et de négociations pour que tous les jeunes aient accès à l’emploi » et a appelé « le patronat à prendre aussi ses responsabilités » à cet égard.

Pour la CGT, Maryse Dumas, secrétaire confédérale, il s’agit de « l’authentique succès ainsi remporté par l’action convergente des salariés, des étudiants et des lycéens ». Elle s’est réjouie « de l’unité syndicale sans faille qui s’est exprimée tout au long du mouvement ».

Côté lycéens, le président de l’UNL Karl Stoeckel a salué « une victoire historique après une mobilisation historique » contre le CPE.

Toujours sur ses gardes, Bruno Julliard, président du syndicat étudiant Unef, a appelé malgré tout à « maintenir la pression jusqu’au vote par le Parlement » de l’article remplaçant le CPE, dont la suppression constitue selon lui une « première victoire déterminante ».

Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a considéré que la disparition du CPE était « un succès pour les étudiants, les salariés et leurs organisations », et constituait « la seule issue possible ».

Jean-Luc Bennahmias, député vert européen et ex-secrétaire national des Verts, félicite les mouvements de jeunesse pour avoir « réussi à faire plier le gouvernement », et estime que le Premier ministre n’a « plus qu’une seule chose à faire, c’est de démissionner ».

PCF :
Le parti qualifie de « très grande victoire populaire » le remplacement du CPE annoncé par un Premier ministre « défait ». « Après le 29 mai, c’est la seconde grande victoire en une année contre les politiques libérales. Cette victoire en appelle d’autres ». Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste :
Cette décision « nous encourage à poursuivre tous ensemble contre toutes formes de précarité (...) Il faudra continuer à se mobiliser, se battre pour l’emploi stable ». (lundi 10 avril, France-Info)

Alain Bocquet, président du groupe PCF à l’Assemblée nationale : « L’annonce du remplacement du CPE par un éventuel dispositif d’insertion professionnelle en faveur des jeunes les plus en difficulté constitue un »tour de passe-passe« . »Ce qu’il faut c’est réorienter résolument les choix économiques et de formation mis en œuvre".

Georges Dupon-Lahitte, président de la FCPE  , principale fédération de parents d’élèves :« Mieux vaut tard que jamais ! », s’est-il exclamé, ironisant sur la durée nécessaire pour obtenir le retrait et y voyant « un système compliqué au commun des mortels pour ne pas perdre la face ».
« Cette victoire des jeunes correspond, j’espère, à une sortie de crise qui permettra aux étudiants et lycéens de reprendre le travail et de rattraper les cours ». Il a jugé que « maintenant les organisations syndicales doivent réfléchir à des formes de mobilisation sur des sujets qui ne sont pas étroitement liés à la jeunesse ».
« Ce sont d’abord des affaires d’adultes et de nous, parents », a-t-il commenté, estimant que « ce serait une victoire de leur mobilisation que de s’arrêter maintenant ».
« A partir du moment où étudiants et lycéens se sont mobilisés contre le CPE, il est important de leur dire qu’ils ont gagné, les jeunes doivent continuer à agir mais il ne faut pas leur faire perdre de vue qu’ils ont gagné ».

Enfin, alors que l’UMP s’est félicité d’une « solution d’appaisement », François Bayrou, président de l’UDF, a déploré un « gâchis » et « deux mois perdus » en raison du CPE, tout en se disant rassuré par la sortie de crise.

A l’extrême-droite, le président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers a ironisé sur « le parti unique de la reculade, dirigé par Nicolas Sarkozy (...) qui montre ainsi son vrai visage, c’est le champion de la « rupturette », c’est un capitulard qui réforme sur les plateaux de télé puis recule au premier sifflet et au premier pavé ».


Communiqué du 10 avril 206 :

 Communiqué des douze organisations syndicales

UNEF, CÉ, UNL, FIDL, CFDT, CFE CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA

Après plus de deux mois d’intenses mobilisations pour obtenir le retrait du CPE, les organisations syndicales de lycéens, d’étudiants et de salariés, se félicitent de la décision enfin annoncée de faire disparaître le CPE de la loi.

C’est un authentique succès à mettre à l’actif de la détermination, de la persévérance et de l’unité d’action du mouvement.

Les organisations syndicales appellent les étudiants, les lycéens et les salariés à marquer comme il convient ce résultat de leur action.

Elles restent vigilantes jusqu’à ce que la loi destinée à faire disparaître le CPE soit effectivement votée et promulguée, les actions décidées pour le 11 avril s’inscrivent dans ce cadre.

Ce succès remporté sur le CPE donnera à tous la confiance et la dynamique nécessaires pour permettre que les questions de l’emploi des jeunes, de la formation et de la précarité du travail trouvent rapidement des réponses, ainsi que les questions posées par toutes les organisations syndicales concernant le Contrat Nouvelles Embauches.

Elles demandent que soient créées les conditions pour que les étudiants et lycéens ne soient pas pénalisés. Cela vise notamment les examens, les rattrapages éducatifs, les bourses, les élections étudiantes et aux CROUS. A chaque fois que nécessaire, des négociations avec les organisations, lycéennes, étudiantes et les personnels de l’Education doivent être menées.

Avec ce remarquable résultat, le syndicalisme par sa mobilisation et sa détermination pour le retrait du CPE a fait preuve de son efficacité et de sa responsabilité.


Ecrit le 19 avril 2006 :

 Le cri de la Gargouille

« Le pouvoir doute, le citoyen s’inquiète et l’autorité faiblit quand la rue devient le lieu d’expression de toutes les contestations. (...)
L’épreuve de force tourne presque toujours en faveur des manifestants, parce qu’ils sont le bruit,
l’image, le nombre visible, la couleur et la vie contre le silence gris des conseillers et des courtisans »

Source : Le Cri de la Gargouille (un livre de notre bien-aimé Premier Ministre, M. Dominique Galouzeau de Villepin). 216 pages de « Chroniques et points de vue » où l’homme prétend d’abord donner une magistrale leçon de morale et de politique avent d’expliquer que le génie français s’incarne finalement dans sa faculté de « surmonter les crises ».

M. de Villepin s’en remet à sa gargouille, animal sarcastique qui a su prendre de la hauteur, pour sonner le réveil de toute la nation.... Hélas, suspendu ainsi entre ciel et terre, il n’a pas vu le fossé se creuser entre un pouvoir arrogant, sûr de lui et dominateur, et le peuple las des sacrifices et du mépris.

La crise du CPE, après un week-end de tergiversations, et d’exercices sémantiques (fallait-il abroger ? abandonner ? différer ? modifier ? remplacer ?) s’est dénouée le lundi 10 avril 2006. Au cours d’une longue allocution, M. de Villepin a noyé le mot retenu : « remplacement »

Toute cette histoire est un échec pour la Droite au pouvoir et pour le patronat.

 Echec et désarroi

Echec pour Jacques Chirac, dont les soutiens répétés au CPE, le discours abracadabrantesque du 31 mars et le communiqué du 10 avril, montrent l’absence d’une politique. La fracture sociale est tombée dans le fossé des incompréhensions !

Eliby-Villepin-Gargouille

Echec pour M. de Villepin qui se façonnait une image de présidentiable et n’a su montrer que son absence de dialogue et sa rigidité. Il appartient désormais au musée des PMU (Premiers Ministres usés), plus vite que M. Juppé, plus bas que M.Raffarin.

  Echec pour le patronat

qui espérait, avec le CPE, arriver à un « contrat unique » instituant la précarité pour tous. Les Français seront méfiants désormais.

L’échec est moins lourd pour M. Sarkozy qui, soutenu par une campagne médiatique, a fini par faire oublier qu’il était partisan du CPE et qu’il est toujours favorable au Contrat Unique.

La majorité a donné au pays un spectacle de folie et de « combat des chefs » - tentative de Sarkozy de s’imposer comme un Premier ministre bis, résistance de Villepin et contre-offensive de Chirac - Chefs totalement indifférents à la réalité sociale.

Le désarroi est sensible chez les parlementaires UMP, soumis à la pression de leurs électeurs et partagés, entre le soulagement de voir cesser les manifestations et la colère d’avoir dû céder à la rue.

 La gauche ?

Les syndicats ont beaucoup amélioré leur image dans ce long conflit. Leur unité, leur unanimité sans couacs, ont donné une impression de force au mouvement. De plus, jamais les décisions d’action contre le CPE n’ont été prises sans l’écoute et l’accord des organisations étudiantes et lycéennes.

Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, les présidents des groupes parlementaires UMP, ont même dit avoir apprécié la qualité de leurs interlocuteurs, lors des dix-neuf réunions qu’ils ont tenues en trois jours avec les syndicats. La majorité parlementaire n’écoutera plus ces derniers de la même oreille.

La gauche a su emboîter le pas, sans chercher à récupérer le mouvement et en a recueilli quelques fruits ... inattendus. Par exemple Mme Ségolène Royal en sort renforcée, du moins selon les sondages, alors qu’elle a été bien timide dans cette affaire (comme elle l’est dans d’autres !)

 Les jeunes

JeunesFilles
L’émergence des filles

Le mouvement a révélé une jeunesse prête à se battre, de toutes les façons. Façon classique : les manifs bon-enfant. Façon plus dure : les actions de commandos, occupation de lycées et facultés,
rond-points, gares, marchés, etc. Un peu partout on a vu l’émergence des jeunes filles
ne laissant pas aux jeunes gens le monopole de la parole
et de la direction de l’action.
Est-ce gagné ? Non, il reste la mal-nommée « loi pour l’égalité des chances » qui est en réalité une loi d’exclusion, de séparation entre les futurs diplômés, et les autres : l’apprentissage à 14 ans, le travail de nuit dès 15 ans. En attendant l’âge du CNE

 Le rôle de la presse

Une fois de plus, et inévitablement, se pose la question du rôle de la presse. L’objectivité n’existe pas, la vérité non plus, et les « bonnes » solutions peuvent être mauvaises pour d’autres. Il y a des journaux qui, comme l’Humanité, annoncent la couleur (la Mée, modestement, est de ceux-là). Et d’autres qui se prétendent objectifs.

Dans le conflit du CPE, les journaux ont tous couvert l’événement (faut bien vendre) et livré leurs commentaires.

Ils ont publié des tableaux comparant les divers contrats de travail existants ....mais ils en ont oublié quelques-uns, comme par exemple le CEJE (contrat jeune en entreprise) ...que la Droite a fini par ressortir ! Quel hasard !

Et puis ils ont publié des « vu de l’étranger » manifestant, tous, une incompréhension vis-à-vis de ce mouvement social. Mais c’est le chien qui se mord la queue ! Les organes de presse, dans le monde, sont quasiment tous aux mains des puissances d’argent qui, évidemment, ne comprennent pas ces trublions de Français qui contestent sporadiquement leur pouvoir !

Il reste çà et là, des défenseurs du modèle français mais leur voix est sciemment étouffée !

 Irréformable la France ?

Depuis toujours (sauf en quelques périodes comme au temps du Front Populaire), c’est la classe dirigeante qui est aux commandes (même quand elle se dit de gauche). Et les « réformes » ont souvent un goût de sacrifices. Ceux qui plaident pour l’effort, sont eux-mêmes privilégiés, protégés contre les aléas professionnels.

Reste à savoir, maintenant, ce que donnera l’année qui vient. Et si les futures élections sauront apporter un vrai changement. La gauche a déçu dans le passé (même si elle fut moins pire que la droite !). saura-t-elle, à l’avenir, quitter les hautes sphères protégées et venir voir, à la base, comment on vit ... mal ?

 Les solutions retenues ?

Pour remplacer le CPE, la droite a simplement renforcé les mesures existantes. Et créé 50 000 emplois aidés dans les écoles, remplaçant ainsi les fameux « emplois-jeunes » de la gauche (tant décriés par la droite) par des « emplois de vie scolaire » qui sont la même chose sous un autre nom et pour 2 ans au lieu de 5. L’objectif étant toujours de masquer le chômage. Ces emplois, même s’ils ne durent que deux ans, et à mi-temps, sont cependant de vrais emplois, alors que le CPE n’était qu’une promesse sans certitude de concrétisation.


Ecrit le 21 juin 2006

  CNE : c’est non

30% des CNE rompus
dans les six mois

Le Contrat nouvelles embauches (CNE) n’aurait pas les vertus vantées par le gouvernement. Selon une étude sur les effets du CNE réalisée par le ministère de l’Emploi et publiée mercredi 14 juin dans Les Echos, seuls 10% des CNE correspondent à des créations d’emplois et 30% de ces nouveaux contrats ont été rompus dans les six mois.

Alors que le Premier ministre estimait que les « 500.000 CNE signés au cours des derniers mois (...) (étaient) des emplois qui n’auraient pas été créés sans ce nouveau dispositif », cette étude ramène le chiffre à 44 000.

Alors que le Premier ministre estimait que « 90% des CNE signés sont toujours en activité », cette étude établit que 30% des CNE ont été rompus dans les six mois suivant l’embauche (en partie du fait de l’employeur, 38 % — en partie du fait du salarié, 45 % — ou d’un commun accord, 17 %)

Pour le Parti socialiste, cette étude de la DARES confirme « l’échec » du gouvernement.

Le PS rappelle son engagement à abroger, s’il revient au pouvoir en 2007, « ce contrat de travail au rabais, véritable machine à fabriquer de la précarité sans effets réels sur l’emploi »

CNE

Abusifs

Selon l’Humanité, les prud’hommes sont très sollicités pour des contestations de ruptures de CNE.

La CFTC a recensé quelques cas de rupture abusive de CNE :

– À Limoges, un salarié de vingt et un ans est embauché en octobre 2005 en CNE sur un poste qui avait vu passer quatorze salariés en trois ans. Le CNE est rompu en janvier 2006, après que le salarié a dû prendre un arrêt maladie pour dépression, à la suite du harcèlement de l’employeur.

– Dans les Ardennes, un commercial a été embauché en septembre puis débauché en février, mais une clause de non-concurrence l’empêche en principe de travailler pendant un an dans un rayon de 200 kilomètres.

– Dans un commerce alimentaire de la Sarthe, un salarié embauché en CNE après avoir effectué 2 CDD, est licencié sans motif deux semaines plus tard.

– Dans les Deux-Sèvres, deux salariés ont été licenciés au bout de quelques semaines alors qu’ils ne savaient pas qu’ils étaient en CNE.

Etc etc .... Alors, le CNE c’est NON.

Le rapport de la Dares


Ecrit le 13 décembre 2006

 Des CNE .... abusifs


Après Longjumeau : La Roche sur Yon, Lunéville et Bayonne

Piqué

D’après Ouest-France du 28 novembre 2006 : le 14 septembre 2005 un jeune homme est embauché en CNE (contrat nouvelle embauche) dans une entreprise d’aviculture du Bocage vendéen. Deux mois plus tard il se pique avec une aiguille en vaccinant des canards, sans gants de protection. Hospitalisation, puis arrêt de travail jusqu’au 14 janvier 2006. Et là, licenciement, non motivé.

CNE-2

Le Conseil des Prud’hommes de La Roche sur Yon a estimé que « la flexibilité de l’emploi ne peut justifier une atteinte au principe d’équilibre des droits des parties que s’il est mesuré et raisonnable ». L’entreprise a été condamnée à verser au salarié les salaires perdus, et les heures supplémentaires effectuées, et à payer 7300 € au titre de dissimulation d’activité. Au total : près de 10 000 €.

Epuisés

A Lunéville, à l’automne 2005 un magasin embauche des salariés en CNE (contrat nouvelle embauche). Certains d’entre eux effectuent jusqu’à 75 heures par semaine. « Une journée pouvait commencer à 9 heures pour finir à 21 heures 30 », témoignait ainsi (dans l’Humanité du 23 juin 2006) Christophe, trente-six ans, qui a travaillé plus de trois mois dans le magasin avant d’être licencié le jour de son retour de congé paternité. D’autres salariés sont « remerciés » après un arrêt maladie.

« Certains étaient épuisés », dit le conseiller juridique de la CFDT. Les heures supplémentaires ne sont pas payées. En lieu et place, les salariés ont touché un chèque de remboursement de frais pour de soi-disant formations. Des formations dont l’employeur n’est jamais parvenu à démontrer l’existence lors des audiences.

Le jugement aux Prud’hommes a été plusieurs fois repoussé. Pas moins de quatre audiences ont été nécessaires. Finalement l’employeur a été condamné pour travail dissimulé. Il devra payer environ 40 000 euros. Le conseil a estimé que le CNE était légal, mais il a apprécié un abus de droit dans la rupture.

Bayonnés

A Bayonne les syndicalistes de la CGT n’ont pas caché leur joie à l’énoncé du jugement du Conseil des Prud’hommes. Celui-ci a condamné une société de messagerie bayonnaise (5000 € de dommages et intérêts) et un restaurant du lac Moursicot à Biarritz pour licenciement abusif. (10 900 €) (Journal du Pays Basque, 5 décembre 2006).

Le licenciement pour faute de ces deux employés aurait dû supposer la mise en place d’une procédure disciplinaire. La simple lettre recommandée, qui normalement suffit dans le contrat de type CNE, a été jugée insuffisante.

A la différence du Conseil des Prud’hommes de Longjumeau en mars 2006, celui de Bayonne n’a pas statué sur la conformité ou non du CNE avec la convention 158 de l’Organisation internationale du travail. Il s’est limité à indiquer que le licenciement aurait dû suivre une procédure normale.

Alain Duzert, secrétaire général de l’Union locale CGT de Bayonne, considère que c’est un coup de frein « au droit divin de licencier » et espère mettre les employeurs, qui embauchent en CNE, en état « d’insécurité juridique »


Une autre façon de voir la justice
– Le journal d’un juge : http://jprosen.blog.lemonde.fr/jprosen/
– Et celui d’un avocat : http://maitre.eolas.free.fr/

rappel des faits

CPE : les 10 leçons d’une crise nationale

A propos, ça veut dire quoi ... CPE ? Créé Pour Emmerder ?

Bataille juridique autour du CNE


NOTES:

1) Voir l’étude ici :

http://surlemploi.free.fr/serendipity/uploads/documents/cahuc-carcillo-cne-cpe.pdf

2) Que veut dire : promulguer une loi. Promulguer n’est pas la même chose que publier