Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > RTT , réduction du temps de travail

RTT , réduction du temps de travail

Ecrit le 22 octobre 2003

 Mépris pour les classes « inférieures »

Nicolas Baverez, cet intellectuel qui a commis « La France qui tombe » redoute que la libération du joug patronal n’avilisse le petit peuple. Il a en effet déclaré, mardi 7 octobre 2003, que si « le temps libre »(...) est appréciable pour aller dans le Lubéron, autant, pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance« . Des »faits malheureusement prouvés par des études...", insiste-t-il. Seules les « classes supérieures » sont-elles dignes d’avoir du temps libre ?

Ce mépris pour les classes inférieures rappelle le mépris pour les races dites inférieures. Xavier Ternisien, dans Le Monde du 10 octobre 2003, cite Jules Ferry, qui, après avoir été l’apôtre de l’école laïque, fut le chantre de la colonisation en disant devant les députés : « Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. ». Tu sais ce qu’elles te disent, les classes inférieures .... ?

 Les salariés sont attachés aux 35 heures

Le débat sur les 35 heures fait rage. Il étend même ses ravages de façon rétroactive : c’est ainsi qu’on a entendu Alain Juppé expliquer doctement que les sept salariés (présumés fictifs), payés par la mairie de Paris (et employés au service du RPR), n’avaient pas besoin d’être présents à la mairie puisque, à cause des 35 heures, ils ont une obligation de résultat et non pas une obligation de présence. Sauf que la loi des 35 heures date de 1998. Et que les emplois présumés fictifs l’ont été antérieurement à 1995 !

Les politiques causent. Mais les salariés, que disent-ils ? Selon un sondage du Journal du Dimanche, 62 % des salariés des secteurs public ou privé interrogés affirment « être passés aux 35 heures » ou « bénéficier dans leur entreprise d’un accord de réduction du temps de travail » (RTT), alors que 37 % affirment n’être dans aucun des deux cas mentionnés (1 % ne se prononcent pas).

Parmi ceux qui déclarent être passés aux 35 heures, 66 % sont « tout à fait » (28 %) ou « plutôt » (38 %) « satisfaits » de ce changement, tandis que 34 % ne le sont « plutôt pas » (15 %) ou « pas du tout » (19 %).

Toujours parmi ceux qui affirment être passés aux 35 heures, 65 % jugent leur impact « positif » sur « l’ambiance générale au travail », 59 % le jugent également « positif » sur « l’implication de chacun » et 55 % sur « la qualité du produit ou de la prestation que délivre » leur entreprise. En revanche, 65 % jugent leur impact « négatif » sur « la création de nouveaux emplois » et 53 % sur "le niveau des salaires.

Contents les parents

Plus sérieuse qu’un sondage, une étude de la DARES (le service des études statistiques du Ministère du Travail) révèle que 60 % des parents de jeunes enfants déclarent que la réduction du temps de travail leur a permis de mieux concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Le niveau de satisfaction est d’autant plus élevé que l’organisation du temps de travail est régulière et les horaires maîtrisables et prévisibles.

Une enquête a été réalisée au cours de l’année 2000 auprès d’un échantillon d’allocataires CAF (caisse d’allocations familiales) ayant au moins un enfant âgé de moins de six ans, de six caisses d’allocations familiales réparties sur le territoire français

60 % des parents concernés par les 35 heures ont répondu positivement à la question : « Considérez- vous que la loi sur les 35 heures vous a permis de mieux concilier votre vie familiale avec votre vie professionnelle ? ». Il y a cependant des nuances : les salariés peuvent être satisfaits du point de vue de leur vie professionnelle mais ressentir négativement les effets de la RTT sur leur vie privée ou, inversement, apprécier ses conséquences sur leur vie familiale mais en dénoncer les méfaits sur leurs conditions de travail

Les données de l’enquête

L’enquête conciliation vie familiale et vie professionnelle, CNAF, 2000 révèle que :

1- Le niveau de satisfaction par rapport aux effets de la RTT sur la vie familiale est d’autant plus élevé que l’organisation du travail est régulière, et les horaires maîtrisables et prévisibles.

2- Les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes à déclarer que la RTT a amélioré les conditions d’articulation de leur vie familiale et de leur vie professionnelle

3.- L’âge des enfants influence fortement les appréciations des parents de même que le « climat » régnant dans l’entreprise selon que l’employeur est plus ou moins réceptif aux contraintes hors travail des salariés.

Les appréciations des parents varient fortement selon qu’ils ont ou non des horaires de travail « atypiques » : 65 % des parents qui ont des horaires fixes et réguliers estiment que la RTT a amélioré leur vie quotidienne contre 50 % de ceux qui ont des horaires atypiques. De même, pour organiser et planifier suffisamment à l’avance la garde et les activités quotidiennes des enfants, il est important que les horaires de travail soient prévisibles et relativement maîtrisables. L’importance de ces paramètres se reflète dans les appréciations des parents : lorsque leur employeur respecte les délais de prévenance en vigueur (cas de 85 % des salariés concernés), plus de six sur dix expriment leur satisfaction à l’égard de la RTT, contre seulement 37 % dans le cas contraire

La durée effective du travail influence aussi la perception des salariés. Le taux de satisfaction est d’autant plus élevé que celle-ci se situe autour de la norme collective légale. Ainsi, 65 % de ceux qui travaillent en moyenne entre 35 et 38 heures par semaine (soit près de la moitié) sont satisfaits, contre seulement 48 % de ceux qui travaillent plus de 39 heures (soit près de 31 % des personnes interrogées). Les salariés à qui ont été octroyés des jours de RTT sans que leur durée de travail hebdomadaire soit réduite sont généralement mécontents. Les cadres, en particulier, sont toujours soumis à de fortes contraintes temporelles et subissent fréquemment l’intensification de leur charge de travail

L’annualisation des horaires - qui prend des formes diverses, plus ou moins avantageuses pour les salariés - peut être ressentie positivement par les parents si cela leur permet de résoudre le problème souvent épineux des vacances des enfants et de passer plus de temps avec eux durant ces périodes. Néanmoins, la forte augmentation épisodique de la durée de travail et l’irrégularité des horaires peuvent aggraver les difficultés liées à l’articulation de leur vie professionnelle et de leur vie familiale pendant le reste de l’année. Parmi les modalités de la RTT, c’est la réduction de la durée hebdomadaire qui satisfait le plus les parents de jeunes enfants. Ce sont les demi-journées ou journées prises de manière régulière et les jours de congés supplémentaires qui accroissent le plus la satisfaction globale des salariés

Fractionnement des heures

Le fait de fractionner les heures RTT plutôt que d’octroyer des journées ou des demi-journées reste un facteur de dégradation de la vie hors travail. De même, l’intensification du travail dans les entreprises qui n’ont pas embauché, et la fatigue qui s’ensuit, réduisent la disponibilité pour la vie familiale. Parfois, les nouveaux horaires mis en place s’avèrent moins compatibles avec l’emploi du temps des enfants. En outre, la réorganisation du travail s’est parfois accompagnée d’une formalisation beaucoup plus rigide (chaque heure est comptabilisée) et a mis fin aux arrangements à l’amiable entre les salariés et leurs employeurs. Enfin, le morcellement plus fréquent des horaires de travail contribue à l’augmentation du temps passé dans les transports. Ces salariés insatisfaits exercent fréquemment leur activité dans le commerce, la grande distribution, le secteur social, les transports, l’industrie de la confection ou encore les industries pharmaceutiques et chimiques.

Les parents « satisfaits » mettent en avant des arguments communs aux pères comme aux mères, et qui concernent un large spectre de professions. Le maître mot qui revient dans la majorité des réponses est « disponibilité » : pères et mères déclarent pouvoir consacrer plus de temps à leurs enfants qu’auparavant. Cette disponibilité se décline en : samedis libres, mercredis libres ou demi-journées libres (en récupération) ; plus de souplesse journalière qui permet d’accompagner les enfants à l’école le matin ou d’aller les chercher le soir ; plus de temps avec les enfants pendant les vacances scolaires. Certains mentionnent une moindre fatigue qui autorise une plus grande souplesse dans la gestion des congés. D’autres encore déclarent faire des économies sur les frais de garde des enfants en raison d’un besoin moindre en gardes complémentaires, le soir après l’école maternelle ou le mercredi. D’autres, enfin, indiquent la possibilité de nouveaux arrangements entre les parents pour se relayer auprès des enfants. Négocier le mercredi ou une demi-journée libres par semaine offre la possibilité de desserrer les contraintes éducatives. Presque tous les hommes satisfaits de l’effet des 35 heures sur leur vie familiale mettent en exergue le fait qu’ils passent davantage de temps avec leurs enfants, même lorsqu’ils sont séparés de la mère.

Enfin des écarts s’observent entre les salariés - quels que soient leur profession et leur secteur d’activité - entre ceux qui peuvent profiter pleinement de la RTT dans le cadre d’horaires standard, prévisibles et maîtrisables, et ceux ou celles qui ne le peuvent pas car ils sont confrontés à des durées effectives de travail plus longues que la durée légale, ou bien à des horaires atypiques, irréguliers ou mal synchronisés avec les rythmes de vie de jeunes enfants.

Toutefois, plus en amont, les conditions dans lesquelles se sont déroulées les négociations renvoient à la question des rapports de force entre employeurs, syndicats et employés au sein des entreprises, à la qualité du « dialogue social » et à leurs répercussions - directes ou indirectes - sur le « bien-être » des familles, un enjeu de première importance pour la politique familiale.

 Des heures supplémentaires, pourquoi faire ?

POUR justifier l’assouplissement de la loi sur les 35 heures qu’ils mettent progressivement en place, le gouvernement et le Medef expliquent, entre autres, qu’il s’agit de permettre aux salariés qui le désirent de travailler plus. En clair : de faire davantage d’heures supplémentaires, puisqu’il n’est pas question de revenir sur la durée légale du travail, fixée à 35 heures. Pourquoi pas, s’il y a du boulot qui attend.

Ce n’est pas vraiment le cas, si l’on en croit une étude de la Dares, le service des études statistiques du ministère du Travail. Selon ce document, publié il y a deux mois, les salariés des entreprises passées aux 35 heures n’auraient effectué que 46 heures supplémentaires en moyenne au cours de l’année 2001. Il n’existe pas de chiffres plus récents mais la situation économique s’est singulièrement dégradée depuis deux ans : en 2001 la croissance était de 3,8 %, elle est tombée à zéro, ou presque, cette année. Comme le disait récemment, le dirigeant de la CGC (cadres) Jean-Luc Cazette : « Aujour-d’hui,. il n’y a pas de boulot. »

Annualisation à la baisse

46 heures supplémentaires en moyenne, donc, c’est beaucoup moins que les 130 heures annuelles autorisées par la loi Aubry. Un plafond porté à 180 en janvier dernier, grâce à la première loi Fillon d’assouplissement des 35 heures. Les salariés de l’industrie - toujours en moyenne - n’ont eu droit en 2001 qu’à 45 heures supplémentaires, ceux du bâtiment 65, et ceux des transports, champions en la matière, 137.

Un mystère que la Dares explique en disant, en substance, que la flexibilité, si chère au patronat, fonctionne à plein. Quand les carnets de commandes sont maigrelets, les entreprises ramènent la semaine de travail à 30 heures. Ces heures perdues étant rattrapées pendant les périodes de forte activité, où la semaine est alors portée à 40 heures. Avec - soit dit en passant - une perte de pouvoir d’achat pour les salariés qui ne bénéficient plus des majorations des heures sup.

Pourquoi le gouvernement et le Medef continuent-ils à prôner plus d’assouplissement alors que le quota d’heures supplémentaires autorisé n’est aujourd’hui que très partiellement utilisé ? C’est que l’assouplissement projeté a aussi une signification financière. L’un des objectifs est notamment - comme dans certains accords déjà signés - de réduire le bonus de salaire lié aux heures sup, tout en réduisant les charges patronales correspondantes.

(d’après le Canard Enchaîné)


Ecrit le 22 octobre 2003 :

 La noblesse du travail : eh bien, payez-la !

Nos dirigeants ne cessent de vanter la noblesse du travail, et notamment du travail manuel, mais le salaire ne suit pas. On a même entendu, en juillet 1999, M. Christian Saint-André « Chef des ressources humaines » de la fonderie Focast, déclarer que le salaire est un élément accessoire parce que « Quand on aime, on ne compte pas ». A croire que, lui, il n’aime pas son travail. (relire La Mée du 10 août 1999)

Un exemple :

Dans l’usine PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay, les 35 heures ce sera... à la Toussaint. Ainsi en a décidé la direction du groupe, qui a annoncé la fermeture du site du 27 octobre au 2 novembre 2003 en raison de la révision à la baisse des commandes pour la fin de l’année.

PSA a signé en mars 1999 un accord sur les 35 heures qui consiste à moduler le temps de travail sur l’année en fonction des pics de production. Les salariés disposent d’un compteur où sont stockées les heures au-delà de 35. En fin d’année, l’entreprise fait le bilan et paye, le cas échéant, les heures supplémentaires. « On commence à s’apercevoir de la perversité du système, explique Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT. Depuis le début de l’année, beaucoup de salariés ont travaillé un samedi par mois, voire deux, et même un jour férié, bien au-delà des 35 heures. Tout cela est réduit à néant parce que l’entreprise décide de réduire la production du jour au lendemain et de remettre les compteurs à zéro. »

La CGT, qui n’était pas signataire de l’accord, tire un bilan sévère : « On a le sentiment de s’être fait avoir : dans un premier temps, notre temps de travail augmente, on a perdu le paiement des heures supplémentaires et, maintenant, on se retrouve à autofinancer les périodes de chômage. On perd sur tous les tableaux au nom de la flexibilité », proteste M. Mercier.

« Les 35 heures, on n’en a pas vu la couleur, renchérit-il. Vu que nos 21 minutes de pauses sont passées dans le temps de travail, on n’a pas le sentiment de moins travailler et quand on s’arrête, c’est à la guise du patron. »

Merci qui ? Merci Monsieur Pébereau

Le plus beau, c’est Pébereau (Michel, de son prénom, PDG de BNP-PARIBAS). Dans une chronique au journal Le Monde du 5 octobre 2003 il a supplié chaque Français de « troquer une demi-heure quotidienne de télévision contre une demi-heure de travail supplémentaire ». (ce qui peut faire 3 heures de plus par semaine, 13 heures par mois)

Le Canard Enchaîné du 8 octobre 2003 se livre à un petit calcul : « En 2002, la rémunération de M. Pébereau s’est élevée à 1 979 906 euros, ce qui le met au rang de 10e des patrons les mieux payés dans l’Hexagone. Mais à ce chiffre il convient d’ajouter 476 511 euros de jetons de présence, sans oublier la plus value de 5 824 400 euros réalisée sur les stock-options qu’il a accumulées depuis des années.

Ainsi pour la seule année 2002, c’est 8 280 817 euros qu’il a encaissés soit en francs de jadis : 54 318 598,00 francs soit plus de 700 ans de travail pour un smicard.

En supposant que M. Pébereau travaille le double de temps des Français moyens, soit 3200 heures par an, sa rémunération représente 2588 € de l’heure.

 33 000 € par mois : Levez le doigt !

A ce tarif-là, il y aurait effectivement beaucoup de Français prêts à « troquer une demi-heure de télévision pour une demi-heure de travail supplémentaire » : les 13 heures supplémentaires par mois représenteraient 33 644 € par mois, soit 220 700,00 Francs par mois. Que les Castelbriantais qui gagnent cette somme, lèvent le doigt !


Ecrit le 15 avril 2004 :

 Allonger le temps de travail

En Allemagne, le débat sur la durée du temps de travail fait l’effet d’une girouette prise dans la tempête. Chaque jour, des experts rivalisent d’avis aussi éclairés que contradictoires : allonger, diminuer, flexibiliser... Un an après le risible pinaillage sur la suppression d’un jour férié censée rendre un point de croissance à une économie déconfite, six mois après la réduction drastique du temps de travail chez Opel (30 heures hebdomadaires) ou Deutsche Telekom (34), voilà revenue la théorie sur les vertus de son allongement. Ce que vient de faire la Bavière, la plus grande région allemande, en imposant les 40 heures à certains de ses employés régionaux.

Depuis février, un accord autorise les personnels hautement qualifiés de la métallurgie et de l’électronique à passer de 35 à 40 heures. 21 000 employés de Daimler Chrysler ont déjà adopté leurs nouveaux horaires et des constructeurs tels que Porsche ou BMW vont suivre. Chez Siemens, ce sont pour l’instant 220 salariés de la branche téléphonie mobile qui ont vu leur temps de travail augmenter et leur treizième mois se changer en prime au mérite.

Et pourtant des tas d’entreprises n’ont pas besoin de davantage de travail car leurs carnets de commande ne se rempliraient pas pour autant, rétorquent les syndicats qui misent sur l’effet « coup de fouet » des semaines courtes et estiment souvent que deux heures de rab’ ne servent qu’à faire fonctionner les machines à café. Et qu’il vaut mieux travailler moins mais travailler tous, plutôt que d’écraser les uns sous la charge de travail et de laisser les autres avec le désespoir d’être au chômage.

Selon un sondage récent sur le travail commandé par le Stern, les Allemands, eux, se disent prêts à 58 % à travailler plus si cela doit les aider à conserver leur emploi, mais à peu près autant ne croient pas à l’efficacité de la méthode.

La Bavière soumet les 200 000 contractuels de la fonction publique bavaroise aux 42 heures hebdomadaires. D’autres Länder devraient suivre malgré les menaces du syndicat du tertiaire Ver.di qui promet un « conflit historique ». En échange, les employeurs s’engagent à ne pas procéder à des licenciements secs.

Mais les syndicats ne sont pas convaincus. Pour eux, cette mesure va créer du chômage dans un pays déjà en charge de 4,2 millions de sans-emploi. Une vision partagée par certains experts qui ne lui accordent des effets positifs qu’à long terme : « A court terme, le chômage peut augmenter », estime un économiste allemand.
T

Dans l’ensemble, les experts estiment que, pour remettre l’Allemagne sur la voie de la croissance, c’est au coût du travail qu’il faut s’attaquer et non à sa durée.

Pour beaucoup, dont Gerhard Schröder, la réponse aux difficultés passe par davantage de flexibilité. Le chancelier parle d’une entreprise modèle où l’on pourrait passer de 30 à 40 heures selon les semaines et les besoins. Un sujet répulsif pour les syndicats qui voient dans ce flou une remise en cause de leur raison d’être

En France on a tout essayé : la réduction des charges patronales, les emplois aidés, la flexibilité à outrance, les bas salaires. Et ça marche ! Oui, ça marche : les grosses entreprises sont rentables à deux chiffres tandis que les salariés sont priés de prendre la porte, et sans se plaindre encore !

A propos, les graffitis qui rappelaient, sur les murs de la fonderie Focast, à Châteaubriant, que 105 salariés ont été lourdés le 24 mars 2004, ont été effacés d’un coup de peinture le lundi 5 avril 2004. Les 105 sont déjà oubliés. A qui le tour ?

Source : Un article de Libération


Ecrit le 28 avril 2004 :

 Durée du travail

Une étude du Ministère britannique de l’industrie montre que la trop longue durée du travail en Angleterre est une des causes principales de la faible productivité des salariés britanniques. A méditer par tous les acharnés de la lutte contre les 35 heures. -

Rappelons que les 35 heures n’ont pas pour but de diminuer la durée du travail des Français mais de faire en sorte que certains travaillent moins pour que d’autres, condamnés au chômage, aient la possibilité de travailler. Travailler moins pour travailler tous.


Ecrit le 28 avril 2004 :

 CDD allongé : Précarité publique

Une directive européenne n’autorise plus l’enchaînement illimité des contrats à durée déterminée (CDD), notamment dans la fonction publique. Pour s’y conformer, le premier ministre Jean Pierre Raffarin a soumis aux syndicats une proposition habile : créer des CDD d’une durée plus longue que les actuels contrats existants dans la fonction publique, avec la possibilité de les renouveler une seule fois. En quelque sorte : précariser le statut des salariés travaillant pour le secteur public. Décidément : Raffa-rin compris !


Ecrit le 28 avril 2004 :

Perversité

Les CDD dans la fonction publique ont des effets pervers. Un contractuel castelbriantais, passionné dans sa spécialité, a trouvé un remplacement de congé de maternité à ... Mayenne. Mais il ne doit pas dépasser 200 heures. Son chef d’établissement a donc supprimé des heures de cours.

Les parents, pas au courant de la combine, diront que « les remplaçants ne sont pas sérieux, ils ne viennent pas quand ça les arrange ». Le salarié, lui, est bien désolé de cette situation. Bien désolé aussi des conditions qui lui sont faites : deux fois dans la semaine il doit faire une heure de trajet aller et autant au retour pour assurer ... une seule heure de cours à chaque fois..


Ecrit le 28 avril 2004 :

Titularisation

Les salariés « qui en veulent » comme ça, ont-ils des chances d’être titularisés. Vous n’y pensez pas. Le dernier décret, dit « décret Sapin » signé en 2000, prévoyait la titularisation de 150 000 salariés. 7000 l’ont été depuis. L’espoir fait vivre. Même déçu ?


Ecrit le 11 mai 2004 :

 Allemagne : agenda 2010

Allemagne : en arrière, toute ! Le plan « AGENDA 2010 » prévu en Allemagne comporte les dispositions suivantes : à partir de janvier 2004, l’indemnité de chômage n’est payée que 12 mois au maximum (18 mois pour les plus de 55 ans). Après cette période, on aboutira directement à l’assistance publique, 345 euros par mois. A cela s’ajoutera une indemnité de loyer et une contribution pour enfants jusque 14 ans de 207 euros, mais seulement si votre partenaire a un revenu net de moins de 1.000 euros.

Les chômeurs sont invités à devenir « entrepreneurs » : chefs d’une entreprise réduite à eux-même avec un statut d’indépendant, qui loue ses services à une autre. Vous n’êtes pas indemnisé en cas de maladie, vous n’avez pas droit à un préavis, etc. vous représentez une force de travail extrêmement bon marché. Il apparaît ainsi sur le marché du travail une concurrence jamais vue et un grand secteur de bas salaires. De plus le patronat appelle à une augmentation de la durée du travail, sans augmentation de salaire.

voir : 35 heures

voir : Ponts de Mai