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Manif du 4 octobre 2005

Ecrit en octobre 2005

Ecrit le 12 octobre 2005 :

 Manifestation du 4 octobre 2005

L’intersyndicale de Châteaubriant a rassemblé plus de 700 manifestants, dont de nombreux salariés du privé devant le théâtre de Verre   pour une prise de parole des syndicats, avant de défiler au centre ville.

Cette importante mobilisation de caractère national a aussi permis de montrer du doigt les problèmes sociaux et industriels de certaines entreprises locales, particulièrement l’UFM Marie dont les pratiques sont dénoncées par les syndicalistes.

Voici des extraits des interventions

Gilles Barracand est intervenu le premier pour
l’union syndicale SOLIDAIRES

« Le gouvernement Villepin multiplie les mauvais coups contre les salariés et les chômeurs. Après le « Contrat nouvelle embauche », ce sont maintenant des mesures fiscales favorables aux couches les plus aisées, la remise en cause de la progressivité de l’impôt, des sanctions contre les chômeurs, la modification des seuils sociaux, la poursuite des privatisations et l’aggravation des attaques contre les services publics »

 Les attaques contre le droit du travail

Le contrat nouvelle embauche (CNE) va permettre aux employeurs de licencier à discrétion un salarié pendant deux ans.

Le CNE s’applique aux entreprises jusqu’à 20 salariés ; c’est 30% de l’emploi salarié qui est concerné, le patronat demandant d’ailleurs son extension à toutes les entreprises.

Une telle mesure est censée favoriser l’emploi, ainsi pour embaucher, il faudrait pouvoir licencier plus facilement !

Le CNE ne créera aucun emploi nouveau, mais permettra simplement aux employeurs d’avoir encore plus de prise sur les salariés embauchés.

De plus, la plupart des petites entreprises étant dépourvues de présence syndicale, les salariés embauchés en CNE seront maintenant totalement sous l’emprise de leur employeur qui pourra les licencier sans même avoir à se justifier.

Pour Franck Allain (CGT-FO) :

« Ce contrat d’une durée de deux ans permet à un patron de licencier un salarié du jour au lendemain sans aucun motif ni justification, même pour fait de grève. Ce contrat amène inéluctablement a une remise en cause fondamentale de notre code du travail ».
« S’il faut deux ans à un patron pour se rendre compte si un salarié est bon, c’est sans doute le patron qui n’est pas bon ! »

Le gouvernement Villepin a décidé que les moins de 26 ans ne seraient pas pris en compte dans le calcul des effectifs. « Il s’agit ainsi d’échapper aux obligations du code du travail concernant la représentation des salariés dans les entreprises. Le Medef propose d’étendre cette mesure aux plus de 50 ans. »

Cette mesure va encore aggraver les inégalités entre les salariés, de nombreuses entreprises passant ainsi brusquement sous la barre des 20 salariés.

Le gouvernement s’est de plus attaqué au financement de la formation professionnelle. Ainsi les entreprises entre 10 et 19 salariés se verront appliquer dorénavant les mêmes règles que les entreprises de moins de 10 salariés.

 Une réforme fiscale injuste

Présentée comme concernant les classes moyennes, la réforme fiscale va, de fait, favoriser une fois de plus les ménages les plus aisés.

Par exemple, un couple avec deux enfants gagnant 75000 euros annuels verra son impôt diminuer de 17,2 % pendant que celui gagnant 25000 euros verra son impôt augmenter de 0,6 %.

La diminution du nombre de tranches fait perdre à l’impôt une part importante de sa progressivité à l’encontre d’une plus grande justice sociale. Enfin le plafonnement des impôts directs- impôt sur le revenu, ISF taxe foncière et taxe d’Habitation-, à 60 % des revenus va conduire à une réduction importante de l’ISF, voire même à sa disparition. Là aussi, c’est tout bénéfice pour les plus riches !

Ces mesures fiscales coûteront 3,5 milliards d’euros au budget de l’État. Les dépenses publiques vont donc diminuer et ce sera donc moins de services publics et de dépenses utiles à toute la population.

Pour Franck Allain le 4 octobre est aussi la journée de la défense des services publics, le gouvernement ayant décidé d’accélérer les privatisations (autoroutes, EDF-GDF, hôpitaux...).

 Les seuils sociaux sont remis en cause

L’augmentation de la prime pour l’emploi, si elle est évidemment bonne à prendre pour les personnes concernées, exonère les employeurs de leur responsabilité en matière salariale.

Le gouvernement a décidé aussi de sanctionner les demandeurs d’emploi, par un décret pris en pleine période estivale, le 2 août 2005. Selon ce décret, un chômeur ne pouvant justifier de recherches significatives ou refusant un emploi, verra ses allocations réduites de 20% pour une durée de deux à six mois, puis de 50% pour la même durée, jusqu’à la suppression totale en cas de refus répétés.
Le gouvernement actuel préfère lutter contre les chômeurs que contre le chômage.

Yves Le Gall (CFDT) :

Il s’interroge sur le « modèle social » français qui se manifeste par :

les 2,5 millions de chômeurs,
les 2 millions de travailleurs pauvres,
le million de bénéficiaires du RMI
L’augmentation des salariés précaires
ou bien ceux qui travaillent sans pouvoir se loger dans des conditions normales...

« Comment peut être reçu un discours froid sur les destructions d’emploi par des salariés frappés par la restructuration de leur entreprise ?

Comment peut être reçu un discours sur la modération salariale dans une grande entreprise de distribution dont le patron vient d’être débarqué avec une indemnité équivalente à 3 000 années de SMIC ? »

La CFDT revendique des résultats sur le pouvoir d’achat. « Améliorer le pouvoir d’achat c’est relancer la consommation, c’est agir sur l’emploi. Aujourd’hui les salariés subissent des dépenses incompressibles qui ne font qu’augmenter : le prix du pétrole, donc de l’essence, mais aussi les loyers, de l’immobilier, l’eau et l’énergie. Ces augmentations grèvent le pouvoir d’achat des salariés. Pendant ce temps le gouvernement continue de faire des cadeaux fiscaux aux plus riches ».

Serge ADRY (CGT) :

Est-ce satisfaire les exigences sociales et démocratiques,
– quand le gouvernement envoie le GIGN, contre les marins de la SNCM, les postiers de Bègles, menace de sanctions les chômeurs
– quand le medef utilise toujours plus, la voie judiciaire pour criminaliser l’action syndicale.
Soyons réaliste ! dit la CGT, « L’action, reste à l’ordre du jour . Convenons de la poursuivre ensemble, pour une plus grande efficacité et pour être utile aux salariés, aux privés d’emploi et retraités. »

 La situation castelbriantaise

L’UFM Marie est en sursis.

Chez Novembal les conditions de travail sont très difficiles.

A la ville de Châteaubriant : les services publics c’est quoi, quand on veut à toute force fermer une école publique, pour mettre du personnel et des équipements publics au service d’intérêts privés ?
France Telecom Châteaubriant est en voie de disparition.

La Poste survivra-t-elle à la création de la banque postale ?

Nous sommes directement confrontés à Châteaubriant au manque d’effectifs à l’hôpital.

A Châteaubriant le seul lien qu’a le public avec EDF est un point-phone installé à la poste.

« Une soixantaine d’intérimaires chez Kuhn Huard en début d’année ; à la FMGC, une soixantaine d’intérimaires aujourd’hui...

Les entreprises locales veulent de moins en moins embaucher en contrat à durée indéterminée._

Si Châteaubriant continue à s’enfoncer dans la crise qu’elle connaît depuis ces dernières années, ce ne sera plus qu’une ville de retraités... »