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Echelon et espionnage

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Les grandes oreilles

« Echelon » c’est le nom d’un puissant réseau d’espionnage électronique réservé à cinq pays anglo-saxons, qui capte toutes les communications de la planète. Il s’appuie sur un maillage serré de stations d’écoute, et est à l’affût de tout, prêt à enregistrer la moindre indiscrétion et à la communiquer à cinq Etats parlant l’anglais : Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Nouvelle-Zélande et Australie. Un point. C’est tout.

Trois de ces pays appartiennent à l’OTAN (Eats-Unis, Grande Bretagne, Canada). La Grande Bretagne est aussi membre de l’Union Européenne. Ainsi des « alliés » espionnent leurs alliés ! .

La création de ce réseau date de 1947, c’est-à-dire des débuts de la « guerre froide » entre l’URSS et les pays occidentaux. Il avait à l’époque des buts militaires. Et on peut comprendre qu’il soit nécessaire de lutter contre le crime organisé, le terrorisme, le trafic de drogue, le blanchiment de l’argent, etc.

Mais la « Guerre froide » est finie, l’URSS n’existe plus et « Echelon » demeure, écoutant tout, les mobiles, les telex, les télécopieurs, internet et la messagerie électronique des entreprises et des particuliers, vous, moi, tout le monde. Il intercepte, décrypte, déverrouille les codes les plus secrets et transmet les informations aux gouvernements de la Bande des Cinq. Les Grandes Oreilles sont capables de traiter un milliard de caractères par seconde.

L’objectif n’est plus militaire, mais économique : les discussions et tractations entre entreprises peuvent être ainsi écoutées, permettant à un industriel du « groupe des Cinq » de se positionner avantageusement sur un marché. Le jeu de la concurrence est ainsi largement faussé. C’est comme cela, par exemple, et selon un rapport du Parlement européen, que le groupe américain Raytheon a pu « souffler » un marché de radars, pour le Brésil, qui aurait dû revenir aux sociétés françaises Thomson-CSF et Alcatel.

Les libertés individuelles sont bafouées aussi, quand on apprend que, entre 1967 et 1973, plus de 6000 personnes et 1700 organisations ont été mises sur écoute aux Etats-Unis. Parmi les plus célèbres : Martin Luther King, Malcom X, Jane Fonda et Joan Baez !

« Il y a deux solutions : ou Echelon disparaît, ou il est contrôlé par la communauté internationale » a dit un député européen. Il n’y a aucune illusion à se faire dans cette histoire quand on sait que les quelque 38 000 salariés de ce vaste réseau d’espionnage sont de plus en plus sollicités pour mettre leurs capacités au service d’intérêts particuliers. Privés. Très privés : entreprises, milieux d’affaires, banques, cabinets de consultants, sectes, etc.

Et nous, dans tout ça ? Des fourmis minuscules qui croyons avoir une parcelle de libre-arbitre, une miette de pouvoir, une goutte de liberté et qui nous agitons dans l’espoir de transformer le monde et de lui donner un visage plus humain. A en dégoûter le plus militant des militants ! A avoir envie de rester tranquillement chez soi à lire, à écouter de la musique, à jouir des menus plaisirs de notre petite vie tandis que souffle sur nos têtes le grand vent des affaires, la tempête du crime organisé, l’ouragan de la spéculation. ...