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Travail jetable

Ecrit en septembre 1999

LIRE PLUS BAS : l’intérimaire et la vieille dame

Le travail jetable

Dans un dossier publié le 7 septembre 1999, le journal Le Monde fait le point sur un phénomène à la mode : la flexibilité. Le mot est emprunté au vocable flexibility venu d’Angleterre. Les hommes politiques français, de gauche comme de droite, préfèrent parler de « souplesse ». Ca fait plus doux, mais la réalité est la même .

Une réalité bien palpable : dans le tableau publié la semaine dernière par La Mée, qui concerne la métallurgie dans la région de Châteaubriant, on constate que les entreprises ont créé 102 emplois stables et 126 emplois intérimaires, entre juin 98 et juin 99.

Cette flexibilité peut être interne ou externe :

– interne : c’est la modulation du temps de travail des salariés, annualisation, temps partiel, etc - ou les mutations fréquentes d’un poste à un autre

– externe : c’est le recours à l’intérim, aux contrats à durée déterminée voire aux licenciements

Les salariés savent que la flexibilité a, pour eux, des conséquences lourdes :
– difficulté d’accès à un logement
– prêts bancaires quasiment impossibles
– stress avec répercussions sur la santé

Ce que l’on sait moins c’est que l’emploi précaire augmente le risque d’accidents du travail, accidents « invisibles » souvent puisqu’ils n’entrent guère dans les statistiques de l’entreprise. De plus, les salariés précaires ne bénéficient pas des mêmes avantages sociaux que les salariés permanents. Le recours à la sous-traitance permet ainsi aux entreprises de vider progressivement de leur contenu les accords d’entreprise, et de faire pression sur les salariés permanents pour qu’ils acceptent des conditions de travail plus pénibles. Enfin comme dit la revue Politis, « dans la mesure où le ballottement du précaire compromet sa construction identitaire, et familiale et son insertion citoyenne, c’est l’exclusion à terme qui le menace ».

Faux ami

Les entreprises ne voient que des avantages à la flexibilité :
– une marge de manœuvre pour la gestion du personnel
– une modération des coûts salariaux
– des rythmes de production adaptés à la demande
– une mobilité professionnelle accrue

Avec le retour actuel de la croissance, il apparaît cependant que la flexibilité a des limites pour les entreprises :
– sur la consommation, car les salariés précaires ont tendance à épargner par précaution
– sur la gestion des entreprises, car le système génère des surcoûts cachés

Au point que des économistes commencent à dire que la flexibilité est un faux ami de la croissance. C’est si vrai que certaines entreprises ont été obligées de compenser les effets néfastes de la flexibilité. Total par exemple s’est porté caution auprès des banques pour des centaines de jeunes qui, sans cela, ne pouvaient avoir accès à un crédit automobile indispensable pour acquérir un véhicule et se rendre sur les lieux de travail non desservis par les transports en commun. De même, les aéroports de Paris ont mis en place un système de location de voitures pour leurs jeunes précaires appelés à travailler selon des horaires décalés. Novotel a renoncé à faire faire le ménage dans ses hôtels par une entreprise extérieure, en raison de la mauvaise qualité des prestations et d’un certain .... manque de souplesse ! (l’entreprise extérieure ne pouvant pas assurer le nettoyage dès la libération d’une chambre)

Plus grave, l’existence d’intérimaires fréquemment renouvelés, détruit la cohésion des équipes de travail. « Finalement, à trop gérer l’emploi, on s’interdit de gérer les compétences »

Enfin il faut bien voir que le coût des intérimaires, s’il n’apparaît pas clairement dans les « charges salariales », pèse sur les « charges externes » et diminue d’autant la compétitivité réelle d’une entreprise

Peut-on faire quelque chose contre le travail précaire ? Martine Aubry le promet ... Ira-t-elle jusqu’à augmenter l’indemnité de précarité d’emploi afin de rendre plus cher l’emploi précaire ? Ira-t-elle jusqu’à imposer un quota maximum d’intérimaires et de CDD, avec sanctions en cas de dépassement ? Rien n’est moins sûr. Tant il est vrai que le gouvernement semble chercher davantage à diminuer les chiffres du chômage (avant les Présidentielles !) qu’à lutter contre le chômage de masse et l’emploi précaire.

Cynisme patronal

Michelin, fabricant de pneumatiques, a annoncé, mercredi 8 septembre, lors de la présentation de ses résultats semestriels, qu’il allait supprimer 7 500 postes en trois ans en Europe, ce qui représente 10 % de ses effectifs sur le Vieux Continent.

L’annonce a de quoi surprendre, puisque le Directeur Financier a expliqué que les comptes du groupe sont excellents : résultat net en progression de 17,3 % au premier semestre de 1999, chiffre d’affaires en hausse de 3,8 %. Et les perspectives pour le second semestre s’annoncent favorables : la bonne tenue du marché automobile devrait soutenir l’activité, et Michelin estime qu’il profitera de la baisse des prix des matières premières dans ses comptes annuels.

Pourtant, cette amélioration sensible des performances demeure « insuffisante », a estimé le manufacturier en annonçant qu’il voulait améliorer sa productivité de 20 % sur trois ans. Alors voilà, ce sont encore les salariés qui vont trinquer : Michelin annonce des suppressions d’emplois avec fermeture de sites et arrêt de certaines activités techniques ou de services. On parle de quelque 7500 suppressions de postes ! Comme quoi, décidément, les salariés ne peuvent jamais être sûrs de rien, victimes de plans sociaux d’urgence, quand la survie de l’entreprise est en jeu, et de plans sociaux « de précaution » quand la situation est bonne.

Au lendemain de l’annonce de ces suppressions de postes, le 9 septembre 1999, le titre Michelin était en hausse de 12,5 % à la Bourse de Paris

Un tel divorce entre l’économique et le social ne peut qu’éloigner les deux mondes. On a entendu M. Philippe Moreau, de la CGPME, regretter, à la Foire de Béré, que le monde de l’entreprise ait souvent une mauvaise image dans l’opinion et affirmer que le travail est un moyen de réalisation personnelle. L’histoire montre qu’en réalité le travail des uns (et le chômage des autres), n’ont qu’un but : le profit financier d’une poignée de gros actionnaires, riches d’avance et qui ne souhaitent que s’enrichir davantage.

Après avoir accepté les restructurations, au nom de la crise et de la mondialisation, comme autant de sacrifices nécessaires à la survie des entreprises, les salariés ne comprennent plus que, la croissance revenue ; ils soient encore sacrifiés sur l’autel de la compétitivité. Il semble que, de plus en plus, les salariés à la production soient réduits à des coûts. C’est ça la « réalisation personnelle dans le travail » avec laquelle on veut nous faire la morale ? Drôle de morale

La belle Amérique

Les économistes de tout poil ont tendance à faire miroiter à nos yeux éblouis le succès de l’économie américaine, qui crée tellement d’emplois que son taux de chômage est très faible. Dans l’imagerie populaire : travail = revenus et amélioration du niveau de vie.

Mais le soleil cache d’importantes zones d’ombre ! Un laboratoire américain de recherches économiques vient de démontrer que les écarts de revenus ne cessent de se creuser aux Etats-Unis.

Au bas de l’échelle, 10 % des Américains ont un revenu inférieur aujourd’hui à celui qu’ils avaient en 1977.

Les classes moyennes (60 % des Américains) ont vu leur revenu progresser de 8 % par rapport à 1977

20 % des Américains ont un revenu supérieur de 43 % par rapport à 1977

10 % des Américains ont un revenu supérieur de 115 % par rapport à 1977

Ce sont évidemment les plus pauvres qui se sont appauvris. Ces chiffres ont été calculés en tenant compte des impôts et des ajustements liés à l’inflation.

(cités par l’International Hérald Tribune
du 6 septembre, et Le Monde du 7 septembre 1999)


_ (écrit le 14 novembre 2001)

L’intérimaire et la vieille dame

Un jeune intérimaire licencié de chez Peguform (Pouancé), Focast (Châteaubriant) ou d’ailleurs . Quelle importance ? Un gars qui disparaît de l’atelier, on s’en aperçoit peu. Dans son quartier nul ne sait que sa situation a changé brutalement. L’affaire n’a pas fait de gros titres dans la presse. Les intérimaires, ça va, ça vient, personnel sans statut, personnel kleenex. Pas de quoi verser une larme, n’est-ce pas ?

Mais pour lui commence le cycle infernal des papiers. Aller à l’ASSEDIC d’abord, remettre l’attestation de fin de contrat. Il arrive que « l’ordinateur » se trompe, à moins que ce ne soit le salarié qui a fait la saisie. Le papier est perdu. « Mais si, je vous l’ai apporté ! » - « Non, je ne l’ai pas, il faudra revenir ». Retourner dans l’entreprise, refaire faire une attestation, ça prend encore quelques jours. Délai de carence. L’indemnisation du chômage attendra un peu. Pour celui qui attend c’est long. Les charges habituelles ne tardent pas, elles. C’est la fin du mois, il faut payer le loyer ....Un HLM ce n’est pas très cher heureusement mais quand même ! Bien sûr, avec le chômage l’allocation-logement va être un peu augmentée. Mais refaire des papiers, attendre. Les patrons disent que c’est compliqué de licencier. Les licenciés savent que c’est pour eux que la vie est compliquée. Et angoissante.

Pour mes enfants

Une vieille dame digne, qui manifeste avec la CGT le 23 octobre dernier, sur la Place des Terrasses à Châteaubriant. Est-ce bien la place d’une vieille dame ? « Nous n’étions pas très nombreux d’ailleurs ». Tous ces gens réclamaient un supplément de retraite de 1000 F par mois « Moi c’est pour payer le loyer du logement HLM de mes enfants : mon gendre, intérimaire, vient d’être remercié ». Et nous voici revenus à la case départ.

Le licenciement c’est une histoire de famille.« Dites-leur qu’il y a beaucoup de gens comme moi qui sont obligés d’aider leurs enfants à s’en sortir, pour qu’ils ne tombent pas dans l’engrenage des dettes qui virerait vite au surendettement. Vous savez, des fois, je n’ai pas le moral, je n’ai pas envie de sortir, d’aller faire un voyage d’une journée, ou de participer à un après-midi dansant organisé pour les retraités »Il existe des « groupes de parole » pour les familles qui ont une personne dépendante à la maison, ou un grand malade. Il faudrait aussi des groupes de parole pour les handicapés de la vie. Un groupe de femmes, « femmes et développement » a organisé l’an dernier une rencontre-débat sur le thème de la solitude. « Ce serait bien de recommencer, sur ce thème ou sur un autre » entend-on dire. Le manque de communication tue le goût de vivre.

Solitude

La situation décrite ci-dessus n’est pas propre à Châteaubriant . En l’an 2000, le Secours Catholique, par exemple, dit avoir accueilli 1 570 000 personnes en difficulté : 837 000 adultes et 733 000 enfants. A partir de 669 700 situations de pauvreté rencontrées sur le terrain, les équipes du Secours Catholique ont constaté qu’en dépit de la reprise de la croissance économique depuis plusieurs années, et des efforts de la loi contre les exclusions (1998), le nombre de personnes sans ressources reste élevé : 16 % des personnes accueillies (en augmentation de 3 % par rapport à 1999). Le Secours Catholique constate aussi l’extension de la solitude et de l’isolement, phénomène de société très préoccupant : entre les deux recensements de 1990 et de 1999, le nombre de ménages d’une seule personne est passé de 27 % à 31 %. La proportion de personnes seules accueillies au Secours Catholique est passée de 39 % à 44 %.

Retrouver du lien social

La grande majorité d’entre elles est âgée de 20 à 54 ans, avec un pic entre 25 et 29 ans, et les hommes sont presque deux fois plus nombreux que les femmes. Ce qui est révélateur d’une grande détresse de ces hommes puisque, statistiquement, les femmes seules dans la vie sont plus nombreuses que les hommes, (mais sans doute savent-elles mieux se débrouiller)Mis à part les SDF, le niveau de vie de la plupart des personnes seules accueillies au Secours Catholique est supérieur à la moyenne. Le faible niveau de ressources n’est donc qu’une partie de leurs problèmes. C’est surtout de la solitude, véritable phénomène d’exclusion, qu’elles souffrent. A défaut de pouvoir leur trouver du travail, le Secours Catholique met en place des palliatifs, des actions qui font appel à la solidarité, à la créativité, pour les aider à recréer du lien social : ateliers de théâtre, sculpture, dessin, travaux manuels, écriture, pour favoriser leur expression créatrice, retrouver confiance en elles, se remettre dans une dynamique d’insertion.

Ironie méchante

Ironie méchante du sort : on vous met au chômage, on vous exclut du monde du travail, et on vous reproche d’en être exclu, on vous pousse à vous remettre « dans une dynamique d’insertion » ! Certains de ces exclus font des démarches de recherche d’emploi, suivent des formations, d’autres deviennent bénévoles. Le Secours Catholique aide en priorité toutes les personnes isolées à accéder à leurs droits sociaux, comme le RMI. Comme si l’argent, seul, faisait le bonheur.

Pousse au crime

69 % des accueillis par le Secours Catholique déclarent avoir des impayés qui correspondent à des factures ou à des emprunts échus et non payés. Parmi eux, 60 % sont des impayés liés à des dépenses de base telles que l’eau, l’énergie (EDF-GDF) et le loyer et 9 % signalent des impayés comportant des crédits à la consommation.Cette fois c’est le Secours Populaire   qui analyse la situation : « Comme toutes les catégories sociales, les bas revenus constituent une bonne « cible » pour réaliser du profit plus ou moins honnêtement. Un bon arsenal d’arnaques à la consommation leur est d’ailleurs presque réservé comme les offres ou les aides à l’emploi trompeuses ou les activités lucratives à domicile. Évoluant souvent à la limite de la légalité, le crédit à la consommation et les différents systèmes de cartes de crédit jouent les pousse-au-crime ». Dans une enquête parue en février 2000, le magazine Que Choisir relevait que, parmi 26 publicités sur le sujet étudié, seules trois étaient correctes. Il estimait en outre que le quart des contrats de crédit ne respectaient pas la loi. Mais même l’honnêteté ne paie plus puisque 80 % des ménages qui passent en commission de surendettement ont goûté aux joies des cartes de crédit émanant d’organismes aux noms prestigieux. Les taux exorbitants (de 15 à 19 % par an) piègent souvent les consommateurs.

Mes pompes et ma copine

Principal vecteur de cette fièvre acheteuse, la publicité s’intéresse activement aux populations défavorisées. Aux États-Unis par exemple, des firmes comme Nike ou BMG ciblent les jeunes Noirs des quartiers pauvres avec de nouvelles méthodes comme le branding ou le bro-ing qui consistent à activer le bouche-à-oreille sur les prototypes de chaussures ou sur des albums de hip-hop. Face à l’efficacité de la chose, un concepteur de Nike se félicitait de voir que, pour les jeunes, sa marque « occupe la première place dans leur vie - la deuxième va à leur copine ». En quelques décennies, la publicité et le marketing ont contribué à l’évolution de l’idée de bonheur.

Aujourd’hui, les messages véhiculés valorisent l’avoir et non l’être. Le geste de consommer est toujours présenté positivement, même lorsqu’il s’agit de surconsommation ou lorsqu’il peut avoir des effets destructeurs sur la planète. Mais le plaisir du consommateur est toujours de courte durée puisqu’une fois acheté, l’objet de son désir se périme extrêmement rapidement. Pour fonctionner, l’économie a besoin de vendre toujours plus, le marketing a donc pour but d’entretenir la frustration et l’insatisfaction permanente. « Pour les plus démunis qui y sont sensibles, cela ne fait que renforcer le sentiment d’exclusion économique ou les pousser à consommer au-dessus de leurs moyens. » dit le Secours Populaire  . L’accumulation des dettes, et des crédits contractés pour les rembourser, augmente le niveau de surendettement des familles. Certaines, qui auraient pourtant des revenus suffisants pour vivre, basculent alors dans la précarité. Le dépôt d’un dossier de surendettement permet d’éviter la saisie des biens de la famille. Cependant souvent elles sont mal informées des démarches à accomplir et beaucoup ont des difficultés à remplir correctement leur demande. Heureusement divers organismes peuvent donner un coup de main. Les Caisses d’Allocations Familiales connaissent bien ces situations et mènent un travail d’information et de sensibilisation auprès des familles. Une conseillère en économie sociale et familiale de la CAF rencontre les familles pour les sensibiliser à une meilleure éducation à la consommation et à la gestion du budget.

A la recherche d’un regard

Mais tout cela, une nouvelle fois, demande du temps. Les personnes en situation d’exclusion ressentent durement le temps qui passe trop lentement alors qu’il passe trop vite pour ceux qui ont du travail par dessus la tête. Alors on voit les hommes, quelquefois les femmes, s’en aller dans quelque café, à la recherche d’un visage connu, à la quête d’un regard, d’un dialogue qui s’engagera, où l’un pourra raconter à l’autre sa situation, pour exister en négatif à défaut de pouvoir exister en positif. L’an dernier, avec la reprise économique qui s’est fait sentir aussi dans notre région, l’espoir a redressé la tête. Maintenant, quand on entend toutes les suppressions d’emploi qui, tous les jours, dans tous les pays, frappent des travailleurs par milliers à la fois, l’espoir en a pris un bon coup sur le nez. Le jeune intérimaire et la vieille dame digne devront attendre des jours meilleurs. Attendre. Toujours attendre ...

2500 par jour

En une trentaine d’année, la publicité a phagocyté la télévision où elle n’est apparue qu’en 1968. Aujourd’hui, tous les programmes sont conçus en fonction des annonceurs et de l’Audimat. Plus de 500 000 spots ont été diffusés en 1999. Dans les pays développés, chaque individu est soumis à 2 500 messages publicitaires par jour tous médias confondus. Parmi cette foule d’informations agressives, on estime qu’une infime quantité (5 %) a une chance d’atteindre un client potentiel. Pourtant, les dépenses publicitaires mondiales n’ont cessé de croître de manière vertigineuse depuis les années cinquante et devraient atteindre 494 milliards de francs en 2001. Les stratégies des grands groupes de communication visent de plus en plus à analyser et à modifier les comportements des individus, y compris en investissant l’espace privé.

Les biens de consommation possèdent aujourd’hui une valeur culturelle qui dépasse leur valeur d’usage. Le besoin social est toujours plus exigeant et transforme le superflu en nécessaire absolu. Les représentations valorisantes poussent les personnes en difficulté à s’identifier à de bons consommateurs, pas à des gestionnaires de petits budgets. La restriction permanente est de toute façon perçue comme insupportable et conduit à des comportements compensateurs basés sur la dépense. Cette logique conduit à délaisser le paiement de l’électricité, du gaz ou des loyers, à contracter crédit sur crédit ou même de faire l’objet d’une tutelle aux prestations familiales. Autant de situations qui ne font que renforcer les difficultés des familles. Le modèle consommateur promet, aux petits revenus, le maintien dans le groupe social Mais, en se laissant convaincre de le réaliser, ces derniers ne font que reproduire ou même aggraver les inégalités.

L’accroissement du chômage et de la précarité n’a pas ébranlé le discours médiatique de surconsommation. Incités à envier et à copier un mode de vie aisé, les exclus de l’économie sont les êtres invisibles d’un monde idéal : celui de la publicité.(d’après les dossiers du Secours Catholique et du Secours Populaire  )

L’intérim dans l’Union Européenne