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Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Chômage-emploi : L’ASSEDIC et le bandit-manchot

Contrôle des chômeurs

Chômage-emploi : L’ASSEDIC et le bandit-manchot

Les victimes seront punies
Accompagner les chômeurs
Ne pas jouer avec les maux
Peti con : l’avis d’un patron
La dernière bougie
Chiffres du chômage
Les djeunes
Le chômage financé par l’impôt
Grève à l’Assedic
L’ASSEDIC et le bandit manchot
Punissez les chômeurs

Ecrit le 10 août 2005 :

 Chômage : les victimes seront punies

Le gouvernement va modifier le contrôle et l’accompagnement des chômeurs. Tiens donc, il contrôle les licenciés et pas les licencieurs ! C’est révélateur d’un état d’esprit. Les victimes sont coupables, c’est bien connu !

Sanctionner ne signifie pas punir, mais avoir le pouvoir de répondre positivement ou négativement à une action donnée. Ainsi, un diplôme sanctionne une bonne année d’étude. La sanction récompense autant qu’elle punit. Mais pourquoi faut-il qu’en matière de chômage seul existe le volet répression ?
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Dessin de Eliby - 02 40 94 35 32

Sanctionner

Le décret prévoit « la mise en place d’une proportionnalité des sanctions afin d’améliorer l’efficacité et l’équité du dispositif », « L’allocation pourra être soit supprimée (droit actuel), soit réduite (modification proposée) », précise-t-il.

L’article 1 prévoit notamment que les chômeurs doivent accomplir « de manière permanente des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou reprendre une entreprise et que ces démarches doivent présenter un caractère réel et sérieux, apprécié compte tenu de la situation du demandeur d’emploi et de la situation locale de l’emploi », dans la région ou le département où il se trouve.

L’ANPE conserve son pouvoir de radiation d’un chômeur s’il ne justifie pas « de l’accomplissement d’actes positifs et répétés de recherche d’emploi », s’il refuse « sans motif légitime d’accepter un emploi », compatible avec sa spécialité ou sa formation et sa possibilité « de mobilité géographique, compte tenu de la situation personnelle et familiale et des aides à la mobilité proposées ». Il serait intéressant de savoir combien de chômeurs ont effectivement refusé un emploi dans ces conditions. Jamais on ne le dit, on préfère laisser planer un doute !

Le refus « sans motif légitime » d’une proposition de contrat d’apprentissage ou d’une formation professionnelle peut également être sanctionné.

Faire baisser les statistiques

Le renforcement des sanctions envers les chômeurs ne vise qu’à faire baisser les statistiques du chômage sans avoir à répondre de la réalité du marché de l’emploi. Punissez les chômeurs

  Accompagnement

Par Agnès Maillard, le 27 juillet 2005
Les dessous de l’accompagnement des chômeurs.

Au lendemain de mon licenciement économique, j’ai eu le droit à un entretien de 30 minutes à l’ANPE pour faire le point sur ma situation, mes compétences, mes projets et mes techniques de recherche d’emploi. 30 minutes, c’est un peu court, mais à la 31e minute, mon interlocuteur a commencé à regarder nerveusement la trotteuse de sa montre. Parce que le temps de passation est chronométré, parce que chaque agent a des quotas de chômeurs à respecter.

Six mois plus tard, j’ai eu le droit à 20 minutes d’entretien, essentiellement destinées à vérifier sur pièces que je cherche bien un boulot : candidatures, stratégies, actions. 20 minutes c’est suffisant pour un contrôle, mais rien pour la partie accompagnement.

Six mois passent, voici le RDV suivant. Une douzaine de chômeurs se retrouvent dans une petite pièce. On nous donne des dossiers de 4 pages à remplir : actions mises en œuvre, démarches, résultats, difficultés, stratégies. Certains ne sont pas des pros du stylo, je les regarde du coin de l’oeil ramer sur leur pensum : pas le droit de copier sur le voisin. Ramassage des copies : prenez un ticket, on va vous appeler.

10 minutes ! Le coup des copies permet de faire tomber le temps de passation semestriel à 10 minutes. Tant pis pour ceux qui sont meilleurs à l’oral. Un an de chômage ! Il va falloir élargir son champ de recherche, non ? Ca, pour être élargi, on va être élargi, oui. A candidaté suffisamment : suivant. La voix résonne comme un tampon encreur : bon pour 6 mois de plus.

On est en février dernier. En fait, les convocations tombent tous les 5 mois, maintenant. La spirale se rétrécit. J’ai tout bien élargi. Je demande un bilan de compétences : « J’ai un profil compétences, mais les chefs d’entreprises cherchent des profils métiers : j’aurais besoin d’aide pour définir à quels métiers correspondent mes compétences. Cela rendrait mon offre de service plus lisible ». le gars de l’ANPE me glisse un regard torve et part sur une diatribe syndicaliste sur la politique de répression anti-chômeurs. J’abonde dans son sens. Il explose les 10 minutes : « Non, vous n’avez pas besoin d’un Bilan de compétence ! ». Affaire classée.

« Dans ce cas, veuillez rayer la mention »nous vous avons proposé des offres d’emplois« , parce que vous ne m’avez jamais rien proposé du tout, vous m’avez même renvoyé des candidatures sans transmettre à l’entreprise ! ». Je marque aux points. Mais je n’avance pas d’un pouce.

12 juillet dernier. J’ai reçu la convocation moins d’une semaine avant. Dommage pour ceux qui se seraient absentés quelques jours. Il parait qu’officiellement, le chômeur a le droit à 35 jours de vacances par an. Convocation à 8h15. J’habite à une heure de route. Le lendemain, j’ai un autre RDV pour finaliser la création de ma petite entreprise. Ca tombe mal, j’avais des papiers à préparer. J’arrive à 9h30, je prend un ticket.

45 minutes d’attente, c’est mon tour. C’est une dame pour une fois.

– Mais vous n’étiez pas au RDV de 8h15 !
– Non, j’ai eu des démarches à faire de dernière minute pour ma création d’entreprise. J’ai choisi d’arriver en retard.
– Mais ce n’est pas possible ! Comment allons-nous faire le tour en 10 minutes ?

Il s’agissait bien de remplir la double page, productivité oblige !

– Tout va bien ! Mon dossier est à jour. Posez vos questions, j’ai tout en tête, je peux vous résumer ma situation en 2 minutes.

Je fais le tour de toutes mes démarches et échecs, lui explique mes stratégies et les moyens mis en œuvre, aborde la question du boulot génial que je n’ai pas eu et que je n’aurai jamais et du fait que, suite à cette révélation, je cherche à créer ma boite, plutôt que de rester le cul dans l’eau. En 2 minutes chrono ! Elle a presque l’oeil humide.

– Vous savez, des chômeurs comme vous, il n’y en a pas beaucoup. Vous êtes vraiment allée au bout des démarches que vous pouviez faire, de ce que nous pouvions faire pour vous. Maintenant, il vous faut vous détendre et attendre que toutes vos actions portent leurs fruits.

– Je suis en fin de droit dans deux jours. Je ne vois pas comment je vais pouvoir attendre tranquillement que mes actions portent leurs fruits.

– Vous avez fait un très bon travail. Finissez les démarches de création de votre entreprise et prenez des vacances, profitez de votre famille, prenez des forces, vous en aurez besoin pour la rentrée.
– Oui, c’est juste que je n’ai plus de revenus.
– Vous avez fait une demande d’ASS ?
– Oui
– C’est très bien. Cela vous aidera bien pendant la première année de votre entreprise. On ne dit pas souvent ça, mais dans votre cas, c’est une bonne chose.

A ce point, je me dis qu’on va me filer la médaille du chômeur du mois, avec portrait dans le hall, comme chez MacDo. Je me dis aussi que s’il y avait vraiment pouvoir de sanction, alors logiquement, je devrais avoir le droit à 6 mois de rab’ pour me soutenir dans ma recherche d’emploi. Mais en fait, vous avez bien compris, dans les mesures d’accompagnement des chômeurs, il n’y a que le volet coercitif, que le pouvoir de dire non, que le bâton, que la punition. Et en fait d’accompagnement, il n’y a que du contrôle. Et les nouvelles lois ne font que renforcer la culpabilisation, la contrainte. Jamais on n’aborde la question du soutien, de l’aide, de la récompense. Non, c’est juste bête et méchant.
– Vous êtes mobile ?
– Pardon ?
– Est-ce que vous êtes mobile ?
– Je me fend alors de mon plus large sourire, et je demande, sur le ton de la confidence

– Pourquoi ? Vous connaissez un coin de France où il n’y a pas de chômeurs ?
Source http://www.ethologie.info/monolecte

 Il ne faut pas jouer avec les maux

Régulièrement, on voit fleurir dans la presse, et dans la bouche des Ministres, des déclarations réductrices sur le thème du chômage ;
– les unes laissent entendre que les chômeurs sont des « fainéants », que nombre d’entre eux vivent au crochet de ceux qui travaillent ;
– les autres affirment que le système d’assurance chômage leur est trop favorable et que des centaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus dans notre pays.

« Il faut remettre la France au travail » martelait Jean-Pierre Raffarin peu de temps après sa nomination à Matignon. Sous-entendait-il que les Français, tous les Français et pas seulement les chômeurs, traînent des pieds pour aller bosser ?

En décembre dernier, l’Insee annonçait que la France avait perdu 67.000 emplois en 2003 (une première depuis 10 ans) et, aujourd’hui, le taux de chômage flirte avec les 10%. La faute à qui, aux Français travailleurs ou chômeurs ?

Ceci démontre bien qu’en matière de chômage, il ne faut pas jouer avec les maux de celles et ceux qui se retrouvent du jour au lendemain sans emploi.

 Professionnels à 400 euros/mois

Dans la population des demandeurs d’emploi, il y a certainement quelques milliers de « chômeurs professionnels », quelques milliers d’individus qui profitent du système. Admettons-le ! Mais leur proportion est sans doute comparable à celle des patrons indélicats, des entrepreneurs filous et autres escrocs qui sévissent dans les rangs des dirigeants d’entreprises, des professions libérales, des commerçants ou des artisans... ou d’autres.

Seulement voilà, la marge de manœuvre du « chômeur professionnel » est étroite. Après avoir épuisé son allocation chômage (qui lui est aujourd’hui versée pour une durée maximale de 23 mois), il devra se contenter de l’ASS ou du RMI pour survivre. « L’escroquerie » porte alors sur la somme de 400 euros par mois. Les donneurs de leçon de tout poil réussiraient-ils, eux, à survivre avec ce revenu de misère ?

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des abus de biens sociaux, des détournements de fonds, des stock-options, des fausses factures, des frais fictifs, des avantages en nature, des paiements de la main à la main, des parachutes en or, des petits arrangements comptables... qui s’of-

frent aux dirigeants d’entreprise, aux professions libérales, et à d’autres . L’escroquerie peut alors porter sur des milliers, des centaines de milliers, des millions ou des milliards d’euros.

 Escrocs

Si nous partons du principe que la proportion « d’escrocs notoires » est sensiblement la même dans toutes les classes de la société française, il est certain que les chômeurs ne sont pas les mieux placés pour en tirer le plus de profit.

Par ailleurs, une part non négligeable du déficit des systèmes de protection sociale (assurance-maladie, assurance-chômage) est générée par les dissimulations de toutes natures (notamment le travail au noir) . Et ne parlons pas des « petits » arrangements (pour ne pas parler de grosses magouilles) qui permettent de soustraire des sommes considérables aux yeux du fisc. Mais c’est une autre histoire...

Ceci étant précisé, revenons aux vérités qu’il convient ici de rappeler.

 Chômeur ; un statut enviable

Dans une société hiérarchisée et organisée autour du travail, le fait d’en être privé est vécu pour la très grande majorité comme un traumatisme moral après des licenciements souvent dictés par la spéculation boursière et l’appât du gain d’une classe dirigeante.

Le traumatisme financier n’est pas négligeable : forte dégradation du pouvoir d’achat. Pris en charge par l’Assedic, le chômeur n’est indemnisé qu’à hauteur de 57% de son salaire brut.

Ainsi une personne qui percevait un salaire brut de 1.500 euros par mois (soit 1.200 euros nets) touche une allocation chômage d’environ 860 euros. Le manque à gagner mensuel s’élève donc à 340 euros, ou encore à 4.080 euros sur un an, Rares sont ceux qui peuvent se satisfaire d’une telle dégradation de leur revenu.

Et au bout des 23 mois, si aucune solution n’a été trouvée, le chômeur bascule dans la case peu enviable des « chômeurs de longue durée » et dans les minima sociaux, sous réserve d’y avoir accès. Dans le meilleur des cas, le chômeur perçoit 400 euros par mois, au titre de l’ASS ou du RMI. Dans le pire, le chômeur ne perçoit pas un centime (si la rémunération de son concubin ou de sa concubine, de son mari ou de son l’épouse dépasse un certain seuil).

C’est alors le cercle vicieux : pas les moyens d’acheter ou réparer une voiture, de payer des livres ou des loisirs aux enfants, de payer le médecin ou le dentiste.
Survivre, seulement.

Dominique de Villepin
ou la Mère DE...NI...

Tout est fait pour que le demandeur d’emploi (DE pour les intimes) devienne un NI (non-inscrit) : démerde-toi, disparais, et n’apparaît plus dans nos listes, désinscris-toi de façon volontaire, « barre-toi », bref...).

De nombreux témoignages racontent les pressions verbales : vous êtes inscrits de longue durée, on ne peut plus rien faire pour vous, alors svp merci de vous désinscrire . Vous êtes au RMI, nous ne voyons pas l’intérêt que vous avez à rester inscrit même si votre insertion passe par votre inscription chez nous

Virer les plus faibles : la voie de la facilité, la voie que s’est donnée la France au pouvoir. Moins d’inscrits à l’ANPE, c’est moins de chômeurs officiels.

Et les non-officiels ? Bof !

Dominique de Villepin s’est engagé à ce que les chômeurs soient reçus une ou 2 fois par mois à l’ANPE et non plus 2 fois par an. Pour multiplier ainsi par 12 le nombre d’entretiens il faudrait accroître le nombre d’employés ANPE (ils sont 23 000 actuellement). Mais il ne promet que 130 postes de plus !

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Dominique de Villepin, Premier Mini
Dessin de Eliby -06 23 789 305

 Petit con
ou l’avis d’un patron

Petit con
(témoignage d’un employeur)

Les affaires marchent bien. J’ai donc besoin de recruter pour étoffer l’équipe. Comme toujours c’est un poste au smic, pas super intéressant, un peu répétitif, mais bon le boulot c’est pas une partie de plaisir non plus. Je passe une annonce, en 3 jours, j’ai une cinquantaine de réponses, je sélectionne 3 qui passeront un entretien pour en embaucher 1.

Les 2 premiers entretiens étaient banals, des gens motivés qui veulent bosser, difficile de les départager. Le troisième entretien était surréaliste. Après avoir parlé de l’activité de la boite, le candidat s’est mis à critiquer un des processus de fabrication qu’il juge archaïque et que de nouvelles techniques existent et sont plus efficaces. Je me retenais de balancer « dégage petit con, tu vas pas m’apprendre mon métier », mais je l’ai laissé parler et après 2 3 questions, il a fini par me convaincre de l’intérêt de son idée.

Je lui ai demandé s’il pouvait la mettre en place, il a dit « oui » et qu’il voudrait bien le faire à condition de lui filer 1.5 fois le smic. A partir de ce moment, il n’a pas arrêté de se vendre et d’insister sur la valeur ajoutée qu’il apporterait pour justifier les 50% de salaire supplémentaire. Il avait raison, si son nouveau processus marche, il me ferait gagner pas mal en productivité et c’est normal qu’il ait une partie du gâteau.

Je l’ai donc embauché pour 1.5 fois le smic et je lui ai confié des responsabilités qui n’ont rien à voir avec le poste initial. Reste à confirmer mon intuition initiale.


Ecrit le 31 août 2005 :

A la fin du mois de juin, les deux dernières salariées d’une petite entreprise de bougies, installée à Châteaubriant, n’ont pas reçu leur salaire de juin. En juillet l’entreprise était vide de machines et de matériaux : les deux salariées se sont obstinées à venir le matin à l’heure, à leur « travail », attendant le soir pour le quitter. Le patron espérait les dégoûter et les pousser à la démission. Elles ont tenu le coup. Il a fini par les licencier avec les indemnités prévues par la loi. Elles ont maintenant signé une CRP (convention de reclassement personnalisé). De ce fait elles ne sont pas chômeuses mais « stagiaires de la formation professionnelle » même si elles n’ont pas de stage.

Les chiffres magiques du chômage : baisse de 1.4 % en juin

Depuis le 1er juin 2005 les 17 000 salariés licenciés économiques (moyenne mensuelle 2004) peuvent bénéficier de la CRP (convention de reclassement Personnalisé) et voir leurs revenus maintenus (pratiquement) pendant 9 mois. Mais en contrepartie ils quittent la liste des demandeurs d’emploi pour basculer vers les chiffres de stagiaires de la formation professionnelle !

Alors si on prend en compte les 70 000 radiés (annoncés par la CGT ) qu’on y ajoute 60 % d’adhérents à la CRP (10000) on n’arrive plus à une baisse de 1.4% ( - 35 200 DE) mais à une hausse de 1.4 %. Mâââ... gique : Voir plus loin

Les Djeunes

Après avoir supprimé 62 000 emplois-jeunes à la fin de l’année 2003, le gouvernement vient d’annoncer 45 000 emplois pour des jeunes dans l’Education Nationale, sur la base de 26 h payées au SMIC (soit un peu plus de 700 €) par mois. Mais 45 000 ça ne fait que 20 000 car il faut compter les derniers 25 000 CES et CEC qui ne seront pas remplacés. Les jeunes recrutés qui, a priori, seront des chômeurs de longue durée en difficultés d’insertion, seront chargés d’encadrer les élèves.... On attend de voir.

Contrats

Contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE  ), contrats d’Avenir (CA), contrat nouvelle embauche (CNE). ... les sigles sont nouveaux, les contrats ne sont pas bien ajustés, les circulaires ministérielles tombent les unes après les autres, complétant voire contredisant les précédentes. Dans toutes les structures d’insertion et d’emploi, c’est l’incertitude maximum : on attend la prochaine circulaire !

BOR-LO-O ... le BORdel LOnguement
Organisé !

A propos : CFDT, CFTC, CGC rejoignent CGT et FO pour attaquer le CNE devant le Conseil d’Etat.


Ecrit le 7 septembre 2005 :

 Ben voyons

Selon Ouest-France du 1er septembre 2005, M. Denis Gautier-Sauvagnac, Président de l’UNEDIC et dirigeant du Medef, propose que l’assurance-chômage soit en partie financée par l’impôt, et non plus par les seuls cotisations des salariés et des employeurs.
Il n’a pas proposé qu’elle soit financée par un prélèvement sur les profits boursiers.

En somme, comme dit la CFTC, les entreprises souhaitent faire supporter à la solidarité nationale une partie de la couverture sociale des salariés. C’est la privatisation des profits et l’étatisation des coûts salariaux !


Ecrit le 5 octobre 2005 :

 Assez Dick !

La Mée a dénoncé, dans son numéro du septembre 2005, les conditions d’accueil des chômeurs dans les agences ASSEDIC.

Le 27 septembre 2005, les agents ASSEDIC des Pays de Loire se sont mis en grève afin de protester contre la détérioration des conditions de travail. Les syndicats dénoncent notamment la baisse des effectifs, passés de 722 à 673 en quatre ans, qui conduit à une déshumanisation des services : « quand une personne se présente à l’accueil, elle est renvoyée vers des outils informatique qui ne fonctionnent pas souvent. Cela engendre des incompréhensions de la part des chômeurs ».

« De plus les sanctions annoncées contre les chômeurs créent de nouvelles tensions : d’un organisme de protection sociale, allons-nous faire un organisme de contrôle social ? » disent les grévistes.

 Guy ... lleret

Les radiations accélérées de chômeurs se multiplient quelles que soient les raisons pour lesquelles le chômeurs ne se sont pas présentés aux entretiens qui leur sont fixés : erreurs d’adresse (de la part de l’ANPE), convocations très tardives, radiations par erreur. Voici une petite histoire, pour rigoler :

Guy, ingénieur de 40 ans à Montpellier, est licencié économique le 19 juillet. Une société privée (à laquelle l’ANPE a sous-traité son dossier), le convoque pour lui apprendre à rédiger un CV et « travailler ensemble sur le pourquoi de son échec ». Guy explique gentiment qu’il a été remercié à la suite des difficultés financières de son employeur et que son « échec » est plutôt celui de son patron. Eh bien ça ne tarde pas : le 4 août il est radié des listes « pour ne pas avoir consenti d’acte positif et sérieux en vue de retrouver un emploi ». Il est guilleret monsieur Guy !


Ecrit le 23 novembre 2005

  L’Assedic et le bandit-manchot

Comme disent les bonnes gens : « Les jeunes, c’est bien connu, ça ne veut pas travailler. Ah si seulement ils avaient fait un bon apprentissage ! ». Et puis encore « les chômeurs, ils sont trop payés ! ».

Voici le cas d’un jeune, de la Région de Châteaubriant, qui a fait un bon apprentissage chez un patron. Quatre ans. Un CAP d’abord, un BEP ensuite. Fin de la formation en août 2002. Il s’inscrit à l’ANPE qui l’envoie s’inscrire à l’ASSEDIC pour ouvrir ses droits. Il apprend alors qu’il a droit à 912 jours à 12,71 € (soit 11 592 euros) au titre de « l’allocation d’aide au retour à l’emploi ».

Cette indemnité journalière est calculée sur ce qu’il percevait lors de sa dernière année d’apprentissage.

La somme de 11 592 € représente
le capital « apprentissage »

Mais ce jeune trouve rapidement du boulot en intérim : deux semaines en septembre 2002, et les mois d’octobre et novembre presque complets. La joie !

 2002 - Belote

Décembre 2002 ..... la chute : 24 heures seulement dans le mois. Le jeune demande une indemnisation. Six jours de congés payés, sept jours de différé d’indemnisation, plus les trois jours de boulot : il est donc indemnisé les 14 jours qui restent soit 178 € environ. Il a gagné ainsi moins de 350 euros dans son mois.

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Dessin de Eliby - 02 40 94 35 32

Heureusement, ça ne dure pas. Le jeune travaille à nouveau, toujours en intérim, toujours dans la même entreprise. Il fait 1572 heures dans son année 2003 soit une moyenne de 33 heures par semaine (août exclu).

En Août 2003, il se considère en congés payés et il ne demande rien vu que, les mois précédents, il a eu son salaire un peu majoré par une indemnité de congés payés.

 2004 - Re-Belote

En 2004, il travaille 1575 heures, toujours en intérim. Mais août 2004 est mauvais (15 heures seulement) et septembre s’annonce mal. Le jeune s’en va donc faire un tour à l’ASSEDIC. Ah malheureux ! L’ordinateur lui dit : vous avez droit maximum à 7 mois d’indemnisation à 25 € par jour (donc 5325 €).

Cette somme de 5325 € représente le capital « travail »

REFRAIN : « Mais, cher monsieur, comme votre capital « apprentissage » est plus important que votre capital « travail », nous allons appliquer la règle de l’avantage global et nous allons vous indemniser sur la base du capital apprentissage »

« Oui, mais ça me fera 13,10 € par jour, alors que vous venez de me parler de 25 euros par jour ».

« Eh oui, très cher monsieur, vous avez un avantage global ... qui va se traduire par un désavantage quotidien ».

En 2004, le jeune est indemnisé 18 jours, soit 236 euros environ.

 2005 - et rage de der

Et on remet ça ! le jeune travaille environ 140 heures par mois, d’octobre 2004 à juin 2005. Et là, à nouveau le trou : 45 heures en juillet 2005, 15 heures en septembre. Le jeune fait appel à l’ASSEDIC.

Quelle erreur ! Il apprend alors qu’il a droit à 7 mois d’indemnisation sur la base de 25 € par jour.

REFRAIN : Mais comme son capital « apprentissage » est supérieur à son capital « travail », on lui applique la règle de l’avantage global ... ce qui fait qu’il est désavantagé au quotidien ! Il percevra 13,10 € par jour au lieu des 25 euros annoncés.

Avec les « jours de carence » qui correspondent à de supposés congés payés, et les « jours de différé d’indemnisation », bref .... il ne reste pas grand chose. Pour septembre 2005 le jeune perçoit 5 jours d’indemnisation, soit 65,50 € (alors même qu’il n’a rien perçu sur sa période de congés payés de juillet. Les jours de congé ont donc été déduits deux fois).

Le jeune est en colère. Il ne veut même pas aller à l’ASSEDIC, de peur de s’énerver (et il n’en est pas encore à foutre le feu à la bagnole de ses voisins). Et puis il est en formation, à 30 km de là. Il ne peut se déplacer. Alors il demande à sa mère d’aller à sa place.

“Non, non, ça c’est pas possible. Il est majeur, il faut qu’il vienne lui-même !.” lui dit-on.

La mère, munie d’une lettre de son fils, et de ses numéros d’identification, vient consulter son dossier sur l’ordinateur. Hélas, l’ordinateur est en panne.

Elle a encore la ressource de se servir de « la borne ». Manque de chance la borne ne marche pas. (l’histoire est vraie !)

Finalement, elle parvient à obtenir un rendez-vous avec un conseiller, très aimable d’ailleurs, qui lui dit peu de chose (secret professionnel), et qui lui explique ...... qu’il n’y peut rien. « Il faut qu’il reste deux ans sans s’adresser à l’ASSEDIC, ou alors qu’il arrive à écouler son reliquat » (de plus de 860 jours !).

Et pendant ce temps-là, cela fera toujours 13,10 € par jour.

« Nous avons beaucoup de soucis à ce sujet » commente un salarié ASSEDIC de Nantes. « On est devant un mur » dit un autre, « il aurait fallu que ce jeune ne revienne pas nous voir car alors l’ordinateur recalcule et comme le capital ..... est supérieur au ...... » (voir refrain), il est très désavantagé. ». En somme, il aurait fallu qu’il calcule son coup ! Une histoire de bandit-manchot !

 Questions

Ce type de situation, peu connu du grand public mais bien connu en interne à l’ASSEDIC, pose de nombreuses questions :

–  durée du travail : un salarié qui travaille 130 à 145 heures par mois est condamné à rester à temps partiel - car aucun employeur ne pourra le prendre en complément (durée légale du travail : 151,55 h)

–  satisfaction de l’employeur : un salarié qui travaille presque continûment pendant 2 ans chez le même employeur, qui est rappelé pour trois mois et encore pour un mois, donne sûrement satisfaction. Pourquoi donc est-il toujours en intérim ? Ne pourrait-il avoir un CDI (contrat à durée indéterminée)

comment un jeune peut-il vivre avec 13,10 € par jour ? soit 393 € par mois, quand il a à payer le prêt de la voiture (165 €), l’assurance (67 €) et la mutuelle (23 €) ? Il lui reste alors 139 euros par mois. Comment ferait-il pour payer un loyer ? Payer sa nourriture ? « Je ne peux pas me permettre d’être mobile. Aller travailler loin de chez mes parents, dans ces conditions, c’est impossible »

Ce jeune qui a travaillé trois ans ne touche pas plus, au chômage, que s’il n’avait rien fait. Et il est prisonnier de critères absurdes. L’ASSEDIC le reconnaît d’ailleurs : « il aurait fallu que ce jeune soit deux ans sans venir nous voir » dit un employé.

Autrement dit il aurait fallu que, dans ses périodes de chômage, il ne fasse pas appel à l’ASSEDIC. Qu’il accepte de
rester sans indemnisation.

Et si le chômage se prolongeait, tant pis pour lui ! Car l’indemnisation ne démarre que 7 jours après l’ouverture du dossier Assedic.

« C’est sûr, l’intérim est très désavantageux pour les jeunes qui sortent d’apprentissage » nous a dit un employé ASSEDIC.« Mais on n’y peut rien »

 Faut-il mettre le feu ?

Comme disent les bonnes gens : « au chômage, les salariés sont bien payés ». Imaginons un salarié qui gagne 1140 € brut par mois. Son salaire journalier est donc de 38 euros. Il a droit à 25,60 € par jour. Mais pas tout de suite !

EXEMPLE :

Imaginons que, pour lui :

    • fin de contrat de travail le 31 octobre
    • indemnités de congés payés : 15 jours
    • indemnités de rupture supérieures au
      minimum légal : 1372 € (cadeau du patron)
    • salaire journalier : 38 €

Alors le calcul se fait ainsi :
– Carence « congés payés » : 17 jours (l’Assédic, payant tous les jours du mois, calcule la carence « congés payés » de la façon suivante : 15 * 7/6)
– Carence « indemnités de rupture » : 36 jours (1372/38) (bouffé le cadeau !)
– Total : 53 jours

L’intéressé est indemnisé le 31 décembre, soit 7 jours après la fin du délai de 53 jours si son inscription intervient avant le 24 décembre ;

sinon, son indemnisation intervient 7 jours après son inscription si celle-ci a lieu ultérieurement. Par exemple, s’il s’inscrit à l’ASSEDIC le 2 janvier il sera indemnisable le 9 janvier.

 Insécurité

Pour le jeune, c’est l’insécurité totale. Sa seule perspective, c’est d’être indemnisé à 13,10 € par jour. Et sûrement pas 30 jours, vu qu’il y a au moins 7 jours de différé d’indemnisation. Heureusement pour lui, dans un an il aura 25 ans, il pourra demander le RMI et percevoir une petite allocation pour arriver à 425,40 € par mois.

Ah non, c’est pas ça, il faut encore retenir 12 % pour le logement (c’est forfaitaire). Il peut donc espérer, au total, 374,35 € par mois s’il ne travaille pas !

Comme il a 164 € de remboursement de sa voiture (car un intérimaire DOIT être mobile), + assurance + carburant + mutuelle, il lui reste ... la solution de rester avec papa-maman. La petite amie attendra .....

Ceci est une histoire vraie,
tout-à-fait vraie.
Et encore, ce jeune-là, il travaille ! Pour ceux qui ne travaillent pas, la situation pécuniaire et morale est pire encore.

[note : Lors d’une rencontre le 11 mars 2005 avec les élèves du Lycée Etienne Lenoir, en section chaudronnerie à Châteaubriant, les employeurs présents ne leur ont laissé espérer que l’intérim sur une longue période. On voit où ça mène !

Et pourtant, chaudronnerie, c’est une spécialité recherchée !! Mais que faut-il faire pour avoir du boulot ?]

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Ecrit le 30 novembre 2005

  Punissez les chômeurs

Selon l’Humanité du 22 novembre et Les Échos du 21 novembre 2005, le MEDEF propose des coupes claires dans les allocations chômage. Actuellement : un chômeur ayant travaillé 6 mois au cours des 22 derniers mois, a droit à 7 mois d’indemnisation

Celui qui a travaillé 14 mois au cours des 24 derniers mois, a droit à 23 mois d’indemnisation.

Mais attention : « pour déterminer la durée de votre activité, seules les périodes n’ayant pas déjà servi à ouvrir des droits sont prises en compte ». dit l’ASSEDIC.
Ce système est très défavorable aux salariés en intérim.

Pour inciter les chômeurs à reprendre du travail (s’ils en trouvent !!!)

le Medef propose ceci :

– Les chômeurs ayant actuellement droit à 7 mois d’indemnisation passeraient à 6 mois.

– Les chômeurs ayant actuellement droit à 23 mois passeraient à 14 mois.

– Pour les plus de cinquante ans, la durée de 36 mois serait réduite à 24 mois.

– Et les plus de cinquante-sept ans, qui avaient droit à 42 mois, passeraient à 24 mois.

 Accentuez la pression !

Le MEDEF compte aussi accentuer la pression sur les demandeurs d’emploi en redéfinissant les offres qu’un chômeur doit accepter sous peine de perdre ses allocations.
Pendant les trois premiers mois d’indemnisation, le chômeur devrait accepter tout emploi à 90 % de son salaire antérieur et à deux heures de transport maximum par jour.

Ensuite, on passerait à 80 % du salaire et 3 heures de transport.

Après six mois, le seuil serait 57,4 % du salaire antérieur, et quatre heures de transport. Autrement dit, un chômeur devrait accepter une baisse de salaire de moitié !

Enfin, le MEDEF souhaite remettre en cause l’indemnisation des travailleurs saisonniers.

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Ecrit le 4 janvier 2006

 Bonnes nouvelles du front

Bonnes nouvelles en fin d’année 2005, le chômage baisse, le chômage baisse. C’est vraiment une très bonne nouvelle car ....on ne s’y attendait pas.

C’est comme à Châteaubriant : le maire dit qu’avec 8,6 % de chômeurs, la région de Châteaubriant fait preuve de son dynamisme. C’est « drôle » : ce n’est pas ce qu’on ressent.

Communiqué :

Pour le Parti socialiste la baisse du chômage n’est que le résultat statistique de la diminution de la population active et de l’augmentation des contrats aidés.

Car en cette fin d’année 2005, la France ne crée toujours pas d’emplois. Depuis 2002, le nombre total des emplois en France est resté stable, quand dans la période 97-2001 il s’était accru de 2 millions. L’industrie française continue d’en détruire quand les services ne parviennent plus à en créer davantage.

Aussi la baisse du chômage est-elle due au nombre toujours élevé de radiations administratives, à l’accélération de la mise en place des emplois subventionnés, aux plus nombreux départs à la retraite et à la réduction des durées d’indemnisation par les Assedic, la plupart des chômeurs en fin de droits ne s’inscrivant plus à l’ANPE. Le nombre de demandeurs d’emplois basculant dans le RMI a d’ailleurs fortement progressé ces six derniers mois de plus de 40 000 personnes.

Dans ce contexte, les dernières annonces faites par le gouvernement apparaissent comme une nouvelle poudre aux yeux. Le contrat de transition professionnelle ne concerne que quelques centaines de salariés dans six bassins d’emploi. Le plan de formation professionnelle se résume à une année de formation au plus pour les apprentis qu’on permet de recruter dès l’âge de quatorze ans. Le plan pour les Seniors n’est que la traduction d’une négociation sociale décevante.

La seule réalité, c’est le renforcement du contrôle administratif et fiscal des demandeurs d’emploi, comme si la lutte contre le chômage se réduisait pour le gouvernement au découragement des chômeurs.

Chiffres du chômage : doutes

Une méthode radicale de lutte contre le chômage : celle de Al Qaeda

Contrôle des chomeurs - voir la suite p.1277