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AGCS (02)-urgence

Page 1324

(écrit le 26 mars 2003)

AGCS : accord général sur le commerce et les services.

Le printemps est passé inaperçu cette année. Gris et froid, il est venu au lendemain de l’attaque américaine en Irak, et à dix jours de l’échéance de l’AGCS : un « machin » tellement confidentiel que les ministres ont reçu l’ordre formel d’en interdire toute photocopie. Un seul parlementaire européen, par groupe politique, est autorisé à consulter les 22 500 pages, gardées dans un local fermé à clef, sans avoir le droit de prendre des notes ni de commenter ce qu’il a lu avec d’autres.

22 500 pages sous bonne garde

Le 31 mars 2003 aura lieu l’ouverture du grand troc mondial : les 140 pays de l’OMC (organisation mondiale du commerce) doivent préciser quels services ils veulent proposer à la privatisation, dans le cadre de l’AGCS, accord général sur le commerce des services.

– une fois ces accords signés, il n’y aura plus moyen de revenir en arrière, les pays sont définitivement engagés dans la voie de la libéralisation et de la privatisation,
– ces accords agissent sur les législations nationales et territoriales, sans que les Parlements nationaux aient leur mot à dire
– des exemptions sont possibles, valables 10 ans, reconductibles ou pas : personne ne le sait précisément et Pascal Lamy au nom de la Commission européenne propose de demander la non-recon-duction. Par exemple en France, une demande d’exemption pour la culture a été demandée en 1994, qui court donc jusqu’en... 2004 ! (rappel utile : la commission européenne = des technocrates, pas des élus)
– les élus (et donc les citoyens) sont ou évincés des tractations ou manipulés (22500 pages humainement impossibles à dominer...).

La dynamite

Cela ressemble fort à une sournoise et secrète révolution, qui signe la fin d’un certain choix démocratique de société et on attend que cela se passe, le nez au vent des brises printanières ?...

Et les syndicats, les associations, les politiques, les institutions... ils hument aussi ?... Personne n’en parle et la providentielle guerre en Irak, outre qu’elle fait oublier ce qui se passe en Palestine, détourne l’attention des citoyens déjà peu sensibles à ce qui ressemble à un accord bureaucratique européen supplémentaire.

Et pourtant l’AGCS, c’est de la dynamite. Ca va faire sauter tout le modèle social sur lequel sont construits les pays européens. Et tout le monde se tait. Le gouvernement de Droite parce qu’il est fondamentalement d’accord. Et la Gauche aussi (le PS surtout) parce que, au nom de l’Europe, d’une certaine Europe, elle est prête à accepter n’importe quoi.

L’AGCS menace les services publics

(libéralisation ==> privatisation ==> démantèlement ==>
destruction massive d’emplois)

L’AGCS menace les acquis sociaux

C’est la fin des conventions collectives et du droit du travail.
Les employeurs pourront mettre en concurrence du personnel qui bénéficie de 150 ans de conquêtes sociales
avec du personnel venu à titre temporaire d’autres pays
auquel les patrons pourront appliquer les normes salariales
et sociales de leur pays d’origine.
Le but étant de ne pas entraver « la libre concurrence »

L’AGCS menace les droits démocratiques

Puisque les Parlements nationaux n’auront plus leur mot à dire.
Ils n’auront le choix qu’entre la privatisation ...
... et la privatisation
C’est la fin d’une démocratie devenue
un obstacle à la recherche du profit.

L’AGCS sera mis en œuvre
à partir du 1er janvier 2005

Seuls certains services ministériels,
la défense nationale,
les services de police
et l’appareil judiciaire
échappent encore à l’AGCS.

Tout le reste, y compris la santé, la sécurité sociale, l’éducation et la culture seront totalement privatisés, soumis aux seules règles du commerce et accessibles seulement à ceux qui en auront les moyens.

La libéralisation de la santé, c’est la santé à deux vitesses. Des soins de pointe pour ceux qui en auront les moyens. Les autres pourront bien crever.

La libéralisation de l’éducation, c’est l’école pour les enfants de riches, et l’ANPE pour les autres. L’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle. Au début du XXe siècle, un « penseur », M. Destut de Tracy, disait :

Les hommes de la classe ouvrière ont besoin du travail de leurs enfants,
et les enfants ont besoin de prendre de bonne heure l’habitude
du travail pénible auquel ils se destinent.
Ceux de la classe savante au contraire peuvent donner plus de temps aux études

C’est pas une révolution, ça ? Et on laisse faire ? Réunion d’information le 28 mars 2003 à 20h30, salle Omnisports à Châteaubriant


L’AGCS concerne :

– les services informatiques
– les services postaux et télécommunications
– l’éducation : Le 28 janvier, Mme Reding, Commissaire européenne à l’éducation et à la culture, écrivait dans le journal « Le Monde » qu’il faut « rendre nos universités compétitives sur le marché mondial de l’enseignement supérieur. ».
– la santé et les services sociaux
– la culture et l’énergie et tout ce qui n’a pas encore été privatisé


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