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OGM et Monsanto

 OGM =Organismes génétiquement modifiés.

Monsanto
Contrats léonins
Mauvaise image
Monsanto ne manque pas de santé
Monsanto et l’agent orange
Relaxes
Monsanto attaque la confédération paysanne
Echec à Monsanto

C’est pas moi, mais ... je ne le ferai plus

Selon Sciences et Avenir (numéro de novembre 1999), la firme Monsanto a écrit à la fondation Rockfeller pour annoncer qu’elle renonce à commercialiser des semences porteuses du germe « terminator », celui qui rend ces semences stériles, empêchant les agriculteurs de les re-semer, et les obligeant à en acheter de nouvelles chaque année

Monsanto a mis genou à terre

Selon Sciences et Avenir (numéro de novembre 1999), la firme Monsanto a écrit à la fondation Rockfeller pour annoncer qu’elle renonce à commercialiser des semences porteuses du germe « terminator », celui qui rend ces semences stériles, empêchant les agriculteurs de les re-semer, et les obligeant à en acheter de nouvelles chaque année.

Ce qui est rigolo c’est que le géant de l’agro-alimentaire, s’est défendu depuis 2 ans, de détenir les droits d’exploitation de cette invention. En d’autres termes il continue à dire « c’est pas moi », tout en reconnaissant que c’est lui mais qu’il ne le fera plus. Mais sait-on vraiment ce qui se trame dans le secret des laboratoires ?

Tout a commencé comme dans un rêve. En 1984, Monsanto, numéro quatre de la chimie américaine, inaugure en grande pompe le Centre des sciences de la vie de Chesterfield Village : 250 laboratoires et 26 serres. Quatre ans plus tard il annonce la naissance d’un soja tolérant à son herbicide vedette, le Roundup.

Plus tard les chercheurs du groupe Monsanto mettent au point des plantes cultivées résistantes à des insectes en modifiant le code génétique de la plante pour y introduire le gène qui code la toxine à l’intérieur du maïs : l’insecte meurt... en s’alimentant dans la tige ou les feuilles.

En 1997, Monsanto est fin prêt. Son arsenal commercial aussi. Pour pouvoir commodément vacciner les plantes cultivées, il acquiert 4 semenciers américains, ce qui lui permet de contrôler les trois cultures phares aux Etats-Unis : maïs, soja et coton. Les « farmers » américains vont s’enticher très vite de ces « super plantes », capables de résister aux méfaits des insectes et aux mauvaises herbes.

Des contrats léonins

Mais Monsanto est inquiet : il craint que les « farmers » ne re-sèment leur culture, l’année suivante, bénéficiant ainsi sans payer des fruits de sa recherche.

Il craint également que les agriculteurs n’utilisent, au lieu de son désherbant, toutes les copies moins chères qui inondent désormais le marché.

Alors, l’entreprise Monsanto exige de ses clients qu’ils signent un contrat, s’engageant ni à re-semer leurs cultures, ni à utiliser d’autres marques d’herbicide. Des pénalités exorbitantes et des procès menacent tout contrevenant. Monsanto a même imaginé, la première année, d’inspecter pendant trois ans les champs et les hangars des agriculteurs.

L’arrogance ne paie plus

Les consommateurs, eux, s’inquiètent : ces manipulations n’ont-elles pas des répercussions sur la santé des hommes et sur l’environnement ? Monsanto répond par un slogan : « nous allons nourrir la planète grâce aux biotechnologies ». Et agit en coulisses, à coups de dollars, pour convaincre les esprits récalcitrants.

En 1998, tandis que les premiers bateaux de soja transgénique sont bloqués dans les ports européens, le lobby du soja américain dépense 1,5 million de dollars pour une « campagne d’information » en faveur des OGM, ciblée sur l’industrie de l’agroalimentaire, principalement en Allemagne. En Angleterre et en France, Monsanto investit 25 millions de francs dans une campagne de publicité. « 69 % des Français se méfient des biotechnologies, 63 % déclarent ne pas savoir ce que c’est. Heureusement, 91 % savent lire », annonce le premier encart.

 Problème d’image

Sur le plan commercial, aux USA, l’offensive de Monsanto est un énorme succès. En 1999, plus de la moitié des cultures de soja et 38 % de celles du maïs aux Etats-Unis sont génétiquement modifiées. Monsanto se taille la part du lion ... mais perd la bataille d’images. Ses concurrents et ses clients. lui reprochent « Arrogance », « mépris du client », « impérialisme » il est décrit comme « l’apprenti sorcier », fournisseur d’une « nourriture de Frankenstein ».

La technologie « Terminator », qui vise à stériliser les graines, achève de ternir son image. Monsanto a beau invoquer l’intérêt technique de cette découverte - pour développer, par exemple, la production des fruits sans pépins - « Terminator » n’en reste pas moins le meilleur moyen d’empêcher définitivement les agriculteurs de re-semer une partie de leur récolte. La contestation gronde. Les opposants aux OGM détruisent des parcelles d’essais. L’Europe se dote d’un moratoire retardant la vente de semences transgéniques.

Les investisseurs boudent

La mauvaise image entraîne des revers économiques. Les investisseurs commencent à bouder l’entreprise, qui a vu sa valeur en Bourse plonger de près de la moitié de septembre 1998 à octobre 1999. Les amis d’hier se détournent de peur d’être à leur tour discrédités. Les consommateurs américains sont de plus en plus nombreux à réclamer, eux aussi, plus de contrôle sur la production d’OGM et son étiquetage.

Désormais, les américains Monsanto, DuPont de Nemours et le suisse Novartis redoutent que la contestation ne monte aux Etats-Unis dans le sillage du blocage européen. « Prendre en charge les craintes des consommateurs est devenu ma priorité numéro un au même titre que de délivrer des résultats financiers », déclare le directeur général de Monsanto. « La première chose à faire est de reconnaître les inquiétudes du public à propos des risques éventuels », souligne le 22 septembre, le PDG de DuPont de Nemours. Quant à Novartis, il considère avoir cédé « légitimement » aux préoccupations des consommateurs en supprimant les ingrédients OGM des aliments pour bébé vendus sous sa marque Gerber.

Du fer dans le riz

Pourtant, peu d’experts remettent en cause l’intérêt potentiel de ces nouvelles technologies. La Fondation Rockefeller, par exemple soutient les progrès de la biotechnologie pour augmenter le rendement des récoltes et introduire des éléments nutritifs, comme par exemple du fer dans le riz, à la base de l’alimentation de millions de personnes. Des professeurs d’université estiment que les OGM, sont le seul moyen, de nourrir la population mondiale en pleine expansion. « Nous serons bientôt en mesure de produire du maïs avec le même contenu en protéines que le lait », au grand avantage des producteurs et des écologistes, car il demandera une surface inférieure et moins de déforestation, a affirmé Brian Larkins, de l’université de l’Arizona.

Des recherches sont menées pour améliorer, par génie génétique, le goût des aliments, leur qualité nutritionnelle et leur adaptation pour l’industrie. Par exemple, on travaille la composition en acide gras des plantes oléagineuses, la modification du lait de vache pour se rapprocher de celle du lait humain (nourrissons) et même la possibilité de faire produire, aux plants de tabac, des composants analogues à ceux du sang humain.

Mais le débat ne peut se limiter aux seules questions scientifiques. Il doit prendre en compte les enjeux commerciaux, éthiques et de développement. « Les nations dont les entreprises contrôlent les biotechnologies pourraient dominer celles qui ne les maîtrisent pas. Il n’y a pas d’assurance que les biotechnologies ne vont pas exacerber des conflits internationaux. »

Pas plus de 1 %

Le 21 octobre 1999, la Commission Européenne a décidé que tout produit contenant plus de 1 % d’OGM devra porter une étiquette le signalant et que ce seuil de 1 % s’applique à chaque ingrédient pris séparément. Reste à savoir si elle sera suivie par le Parlement Européen. De son côté le Japon a rendu obligatoire l’étiquetage des OGM

Les choses changent !

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Ecrit le 7 décembre 2005 :

Monsanto ne manque pas de santé

 OGM ... Couic

Monsanto cherche à réduire au silence la Confédération paysanne par la répression financière

En faisant bloquer les comptes bancaires de la Confédération paysanne pour recouvrer les 196 000 euros de
dommages et intérêts dus, pour la neutralisation de parcelles OGM (organismes génétiquement modifiés) à Monbéqui (82) en 1998, MONSANTO cherche à réduire ce syndicat agricole au silence.

La Confédération Paysanne communique :
« Depuis 1997, la Confédération paysanne s’est opposée aux transnationales de l’agro-chimie et des semences, dont MONSANTO est un des leaders. Notre refus ferme et résolu de l’utilisation des OGM en agriculture nous a amené, à plusieurs reprises, avec d’autres, à nous opposer à cette multinationale qui ne cherche qu’à imposer sa domination et à augmenter ses profits.

La Confédération paysanne ne se laissera pas intimider. D’ores et déjà, toutes celles et tous ceux qui refusent les OGM au nom du droit des citoyens à un environnement sain et à la biodiversité, au nom du droit des paysans à l’autonomie et au nom du droit des consommateurs à une alimentation de qualité, doivent se mobiliser et continuer de soutenir la Confédération paysanne et ses partenaires contre l’impossible coexistence non OGM/OGM et contre cette répression financière destinée à la bâillonner. Le résultat du référendum du 27 novembre 2005 sur les OGM en Suisse - moratoire de 5 ans - a montré la détermination des citoyens à protéger leur environnement et leur alimentation.

Aujourd’hui, en France, un tel moratoire est plus que jamais indispensable pour débattre démocratiquement de la question des OGM comme le demande la déclaration commune « Organismes Génétiquement Modifiés » déjà signée depuis le 10 novembre dernier par une dizaine d’organisations »

 Monsanto

Il y a cinq ans sortait un livre écrit par Isabelle Delforge sur Monsanto. A cette occasion, le chercheur Raoul-Marc Jennar avait rédigé un texte ... toujours d’actualité.(1)

A utiliser amplement
A diffuser largement.

En se souvenant qu’avec le soutien de tous nos gouvernements (ceux de droite bien entendu, mais aussi ceux dits de gauche), la Commission européenne traduit en propositions les attentes de Monsanto.

 Ni saint...

La société transnationale MONSANTO a pris la sinistre succession de sociétés industrielles vouées à la destruction humaine. Elle s’est fait connaître par l’agent orange (au Vietnam), et la semence « Terminator », en passant par la production de PCB, de pesticides et herbicides hautement toxiques, d’hormones de croissance cancérigènes et d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle recherche les profits les plus grands en fabriquant les produits les plus nocifs.

Alors que les productions de MONSANTO sont autant d’atteintes aux droits fondamentaux des êtres humains, les gouvernements réagissent au mieux par l’indifférence, au pire - et le plus souvent - par la complicité.

Le livre d’Isabelle Delforge (1) est un cri. Un cri de la société civile. Un cri citoyen. Dans la lignée d’une Susan George ou d’une Viviane Forrester, l’auteur fournit des clés pour se désintoxiquer des mensonges des acteurs politiques, des manipulations de la publicité et des imprécisions d’une presse trop souvent silencieuse, presque toujours caricaturale et parfois même complaisante.

Ce livre nous montre aussi comment une entreprise transnationale devient peu à peu une pieuvre dont les tentacules enferment les peuples de tous les continents et prend progressivement le contrôle du plus vital de tous les secteurs : la chaîne alimentaire et sanitaire.

En agissant sur l’alimentation et sur la santé, on s’assure un contrôle absolu des peuples placés ainsi dans une dépendance totale. Selon la formule utilisée par un de leurs cadres, « la captation de la totalité de la chaîne alimentaire » est l’objectif ultime des transnationales de l’agrochimie. La fabrication d’OGM et le brevetage du vivant en sont les moyens techniques. L’Union Européenne et l’Organisation Mondiale du Commerce fournissent le cadre légal.

 ... Ni sain

L’objet de la recherche, ce n’est pas l’amélioration de la qualité de la vie et de l’environnement, c’est l’invention de ce qui est susceptible de devenir commercialisable.

On crée donc des espèces végétales MONSANTO qui résistent aux pesticides et aux herbicides MONSANTO. Et à eux seuls. Le lien de dépendance est établi puisqu’il faut nécessairement avoir recours aux uns et aux autres pour garantir la production. « Chaque graine génétiquement modifiée est la propriété de son inventeur » souligne José Bové, qui ajoute : « Les OGM sont une technique de domination et la brevetabilité est le principal outil permettant cette domination ».

Car, pour conforter et étendre ce lien de dépendance à l’ensemble de la planète, MONSANTO fait breveter les OGM. Ces brevets sont protégés par les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et, dans l’Union Européenne, renforcées par une directive du 6 juillet 1998 dont la portée est plus large encore et qui est, en outre, imposée aux « partenaires » de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 Terminator

Mais cela ne suffisait sans doute pas. Pour garantir une « captation » totale de la chaîne alimentaire et empêcher toute velléité d’indépendance des paysans, le « génie génétique » a donné naissance à une semence qui ne germe qu’une fois, grâce à l’introduction d’un gène auto-destructeur. C’est la semence Terminator dont MONSANTO a acquis les droits.

Elle rend impossible le recours traditionnel à la semence fermière, c’est-à-dire la semence prélevée dans la production de la récolte précédente, ce qui oblige le paysan à acheter chaque année de nouvelles semences.

On comprend dès lors l’indignation d’un José Bové : « Ces pratiques violent le droit ancestral, millénaire, et reconnu partout dans le monde, à prélever sur sa récolte pour celle à venir. »

Afin de s’assurer le contrôle de la chaîne alimentaire mondiale, « de la graine à l’assiette » comme dit José Bové, les transnationales de l’agrochimie, MONSANTO en tête, s’emploient désormais à étendre la pratique des manipulations génétiques et du brevetage à toutes les espèces vivantes susceptibles de servir comme aliments ou comme médicaments dans l’ordre végétal, mais également dans l’ordre animal où le recours aux hormones ou autres activateurs de croissance, l’emploi de farines animales fabriquées à partir de composants dangereux pour la santé (quand il ne s’agit pas tout simplement d’excréments ou d’huiles de vidange...), l’usage intensif d’antibiotiques, montrent déjà que :

l’objectif n’est pas de fournir une alimentation de qualité, mais de satisfaire la recherche de profits toujours plus grands par les branches pharmaceutiques de l’agrochimie mondiale.

Avec les OGM et le brevetage du vivant, un mécanisme de la servitude se met en place où paysans et consommateurs du monde entier deviennent les otages des transnationales du complexe agrochimique.

La généralisation des OGM brevetés dans le cadre des politiques prônées par l’OMC va dépouiller les peuples du Sud de leurs ressources naturelles et maintenir sinon accroître la famine et la malnutrition. Elle favorise déjà l’exode rural et la désertification des campagnes tout en provoquant la destruction massive des éco-systèmes.

D’un point de vue sanitaire, elle fragilise, par les incertitudes qui demeurent, la qualité de la chaîne alimentaire tout en déclenchant des mécanismes susceptibles de rendre incurables certaines maladies chez les plantes, les animaux ou les humains. Enfin, l’introduction dans l’ordre naturel de variétés génétiquement modifiées provoque une « pollution génétique » dont les conséquences sont à ce jour totalement imprévisibles.

Mais de tout cela, MONSANTO n’en a cure, puisque, selon son directeur de la communication :

« Nous n’avons pas à garantir la sécurité des produits alimentaires génétiquement modifiés. Notre intérêt est d’en vendre le plus possible ».

... Quand la qualité de la vie et la sécurité sanitaire laissent indifférents ou négligents la plupart des décideurs politiques, crispés sur le court terme et sensibles aux pressions des milieux d’affaires, ...

... quand les acteurs économiques refusent toute fonction sociale et privilégient la recherche effrénée d’un profit toujours considéré comme insuffisant, ...

... quand la recherche scientifique, délaissée par les pouvoirs publics, doit vendre son indépendance aux bailleurs de fonds privés et renoncer dès lors à sa capacité critique et à une interrogation permanente sur son rôle dans la société,...

... ce qui triomphe c’est une organisation marchande du monde. Au bénéfice exclusif, mais considérable d’une toute petite minorité d’individus et de ceux qui sont à leur solde.

Cette dérive est voulue par les sociétés transnationales et acceptée par leurs relais dans la classe politique. Les accords de l’Uruguay Round gérés depuis 1995 par l’OMC lui ont fourni un cadre légal et l’illusion de la légitimité.

Le livre d’Isabelle Delforge, qui dévoile les objectifs et les méthodes d’un des plus importants acteurs de la marchandisation de la planète, nourrit cette prise de conscience.

C’est un outil indispensable pour la construction d’un monde citoyen.
Raoul Marc JENNAR
Chercheur

Site Internet : www.urfig.org
Tél. 00 33 (0) 468 05 84 25

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Ecrit le 21 décembre 2005

Monsanto etl’agent orange

La firme Monsanto, essaie de faire couler la Confédération Paysanne qui met en garde contre les OGM. 
Monsanto : cette entreprise a fabriqué une des plus terribles armes chimiques : l’agent orange.

 Vies brisées

Liên, Hông et Nga. Trois Vietnamiennes qui ne prononceront jamais leur nom. Pas davantage que leurs frères, Hung et Manh. Tous les cinq sont nés entre 1971 et 1985. Congénitalement sourds-muets et frappés de déficiences mentales. Long, leur mère, et But, leur père, étaient des combattants pendant la guerre. Elle désamorçait les mines. Il faisait partie d’une unité régulière. Tous deux ont été exposés aux herbicides déversés par l’aviation américaine.

A l’hôpital Tu Du d’Ho Chi Minh Ville, depuis 1988, 30 % des nouveaux nés souffrent de malformations : bras ou jambes atrophiés ou déformés, palais fendu, spinabifida, enfants trisomiques.

1988, 17 ans après l’arrêt des largages de défoliants, les substances toxiques se retrouvent désormais dans les fruits et les légumes cultivés dans des sols gorgés de la dioxine produite chez Monsanto. Une deuxième génération née après la guerre est victime des armes chimiques utilisées par les Américains. « Ce ne sont pas des bébés qui naissent, ce sont des monstres » s’indigne le Dr Le Diem Huong après avoir donné naissance à un garçon dont les organes génitaux émergent du visage.

 Agent orange

Pendant la deuxième guerre mondiale, alors que les forces américaines repoussent difficilement l’armée japonaise, l’idée est avancée d’affamer le Japon en détruisant les récoltes de riz au moyen d’un herbicide puissant. Des recherches sont financées par le gouvernement. Elles débouchent sur une combinaison de deux herbicides qui restera dans l’histoire sous le nom d’agent orange. Lors de la fabrication du second herbicide, un produit dérivé apparaît : le TCDD, mieux connu sous le nom de « dioxine ».

L’agent orange est testé sur un atoll du Pacifique. Sa nocivité est telle que le président Roosevelt décide d’y renoncer et interdit à l’armée américaine de s’en servir. Ses successeurs n’ont pas les mêmes scrupules. Le Président Eisenhower autorise en 1959 la mise au point de la technologie aérienne permettant l’épandage du défoliant.
Début des années soixante, Monsanto et six autres firmes américaines (Dow Chemicals, Diamond Shamrock Corporation, Hercules Inc, Uniroyal Inc, T-H Agricultuial & Nutrition Company et Thomson Chemical Corporation) produisent des herbicides contenant du TCDD alors que les recherches médicales établissent de manière incontestable son triple caractère : il provoque le cancer, il cause des malformations congénitales chez le fœtus et il est à l’origine de modifications génétiques.

 Pendant la deuxième guerre d’Indochine

Le 30 novembre 1961, le président John F. Kennedy autorise des actions aériennes en vue de défolier la forêt vietnamienne. Quelques mois plus tard, il signe l’ordre d’utiliser les mêmes moyens pour détruire les récoltes agricoles. L’opération « Ranch Hand » est lancée le 12 janvier 1962, la plus grande guerre chimique jamais menée dans l’histoire de l’humanité.

Pour la première fois, la destruction de l’environnement devient un objectif de guerre. Il faut empêcher que la forêt et le maquis puissent dissimuler l’adversaire. Il faut détruire les récoltes qui servent à nourrir des populations mal contrôlées et inciter les paysans à fuir les campagnes infiltrées par la guérilla.

Pendant dix ans, l’aviation américaine a déversé 72 millions de litres d’herbicides dont 41 millions de litres d’agent orange sur une superficie totalisant, dans les trois pays touchés, près de 2 millions d’hectares de forêts et de rizières. Les territoires ciblés s’étendent sur les 16.000 km de la piste Ho Chi Minh au Laos et au Cambodge, sur la zone qui s’étend dans le delta du Mékong jusqu’à la péninsule de Camau, au Sud-Vietnam, sur les zones en bordure du Cambodge et du Laos, sur la zone spéciale baptisée Rung Sat, qui contrôle toutes les rivières conduisant à Saigon, et sur la zone démilitarisée au sud du 17e parallèle, frontière entre les deux Vietnam.

 Bilan humain

Impossible à chiffrer de manière précise. Des dizaines de milliers de paysans ont été exposés aux herbicides. Des milliers de combattants vietnamiens et américains également.

Au Vietnam, le taux de concentration en dioxine détecté chez les adultes, mais aussi chez les enfants nés après la guerre est anormalement élevé dans les régions où fut déversé l’agent orange.

Après la guerre, des milliers de soldats américains, australiens, coréens, néo-zélandais ayant servi au Vietnam ont été et sont encore victimes de maladies de la peau, de tumeurs, de cancers du poumon, du larynx, de la trachée, de la prostate.

Le taux des enfants malformés physiquement ou mentalement, nés d’un père ayant servi au Vietnam, est anormalement élevé. La mort subite chez les bébés de soldats exposés à l’agent orange est quatre fois plus fréquente que chez les autres nourrissons. Le taux de mortalité prématurée est beaucoup plus élevé chez les vétérans du Vietnam exposés aux défoliants que chez les autres. [voir des photos sur Google en tapant : agent orange]

Bilan écologique et agricole : du fait des seuls herbicides (auxquels il faut ajouter les dégâts provoqués par les bombardements, au napalm en particulier) :
– 43% des régions cultivées sont empoisonnés.
– 60 % des plantations d’hévéas sont détruits
– 44% de la forêt sont détruits
– 36% des forêts de palétuviers sont détruits.
– 6.250 km2, dans le Sud du Vietnam, restent impropres à la culture 30 ans après.
– au Cambodge, 150.000 ha de forêts et de plantations d’hévéas sont détruits
– au Laos, 160.000 ha de forêts sont détruits
– pollution massive des eaux (en 1995, une rivière du centre du Vietnam contient un taux de dioxine un milliard de fois plus élevé qu’une rivière du Canada en zone industrielle) et des sols provoquant pour de nombreuses décennies un empoisonnement de l’ensemble de la chaîne alimentaire.

 Un des plus grands crimes contre l’humanité

Pendant la première guerre mondiale, une trentaine d’agents chimiques avaient été employés, dont les gaz utilisés par les troupes allemandes en avril 1915 dans la région d’Ypres (Belgique). Les risques que de telles armes faisaient courir aux soldats des deux camps et aux populations civiles incita les gouvernements à adopter ce qui est devenu « le Protocole de Genève de 1925 ».

Celui-ci interdit l’usage de substances solides, liquides ou gazeuses susceptibles d’avoir un effet toxique sur les plantes, les animaux et les êtres humains.

En autorisant l’usage de l’agent orange pour détruire les forêts et les rizières, le président des États-Unis a délibérément violé ce Protocole

Pour avoir fabriqué un herbicide à forte teneur en dioxine et pour l’avoir massivement utilisé comme arme chimique, sept firmes américaines - dont Monsanto - et le gouvernement des États-Unis partagent la responsabilité d’un des plus grands crimes contre l’humanité. Un crime qui produit aujourd’hui encore ses effets.

Un crime resté impuni.

Raoul Marc JENNAR
chercheur URFIG/Fondation Copernic

NDLR : l’action Monsanto (OGM, etc...)
est bien cotée en bourse !


Agent orange

Le 26 janvier 2006, un tribunal de Séoul a condamné Dow Chemical et Monsanto à verser 62 millions de dollars à 6 800 Sud-Coréens supplétifs de l’armée US qui avaient été exposés aux défoliants durant la guerre du Vietnam. Victoire relative, puisqu’il y avait 20 000 plaignants, mais quand même : si les États-Unis se sont absous de tout crime de guerre passé, présent et à venir, la condamnation de leurs fournisseurs d’agent orange est une première. Cet herbicide a ravagé les terres et la santé de 2 à 5 millions de Vietnamiens, mais eux peuvent s’asseoir sur leurs indemnes. Depuis, Monsanto s’est recyclé dans les OGM, dont il s’apprête à bombarder l’Europe. Prochain procès dans cinquante ans ?

Extrait de CQFD


Ecrit le 18 janvier 2006 :

 Deux relaxes

Les faucheurs volontaires d’OGM (organismes génétiquement modifiés) ont enregistré, le 12 janvier, une nouvelle victoire avec la relaxe par le tribunal correctionnel de Versailles de neuf membres de la Confédération paysanne poursuivis pour destruction de maïs transgénique en juillet 2003, à Guyancourt (Yvelines). Les magistrats ont estimé que leur action avait été motivée par « l’état de nécessité » face à la diffusion des semences transgéniques qu’ils avaient invoqué lors de l’audience

Cette décision intervient près d’un mois après celle du tribunal correctionnel d’Orléans (Loiret) qui avait lui aussi relaxé 49 prévenus aux mêmes motifs qu’ils avaient agi motivé par « l’état de nécessité ».

Toutefois, les jugements ne sont pas définitifs puisque les parquets de Versailles et d’Orléans ont annoncé leur volonté de faire appel des relaxes prononcées en première instance.

Avec ce jugement qui déboute également les parties civiles de leur demande de dommages et intérêts, « le principe de précaution est reconnu », ont déclaré les Verts dans un communiqué


Ecrit le 16 mars 2006

 Monsanto attaque la confédération paysanne

Réagissant à la saisie de ses comptes bancaires sur demande de Monsanto, la Confédération paysanne affirme sa volonté de poursuivre avec encore plus d’énergie « son combat contre l’invasion transgénique des champs des paysans. »

« Au lendemain de deux jugements ayant reconnu l’état de nécessité des actions de neutralisation des cultures de plantes génétiquement manipulées, Monsanto prouve à nouveau son mépris des paysans et de la société civile. »

La Confédération pay-sanne renouvelle son soutien aux « faucheurs volontaires » auxquels Biogemma et Pioneer réclament plus de 280 000 euros sous menace de la saisie de leurs biens personnels.
http://www.confederationpaysanne.fr/article.php3?id_article=787


Note du 7 mai 2006 :

Vendredi 28 avril 2006 le Parlement Polonais a décidé d’interdire les OGM en Pologne :
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=27107

Le tribunal de Bobigny a constaté que Monsanto France, qui saisissait les comptes de la Confédération Paysanne suite à une action de 98 n’avait plus d’existence légale depuis 2001 :
http://www.confederationpaysanne.fr/article.php3?id_article=845

Le Conseil d’Etat a jugé illégaux les essais OGM de Monsanto de 2004, en disant que la Commission du génie Biomoléculaire aurait dû connaître la localisation précise des essais et non pas seulement leur région :
http://www.actualites-news-environnement.com/20060430-ogm-conseil-etat.php

voir Transgéniques

Les agriculteurs malades des pesticides

Note du 21 mai 2008 :le miracle américain


NOTES:

Un site très complet sur les OGM (organismes génétiquement modifiés) en agriculture :
http://terresacree.org

(1) Nourrir le monde ou l’agrobusiness. Enquête sur Monsanto, par Isabelle Delforge. Publié à Bruxelles par Les Magasins du Monde Oxfam et Oxfam-Solidarité, à Poitiers par Orcades.