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Délinquance

(écrit le 24 février 2002) :

  La lèpre

Cela fait déjà deux mois que « Le Canard » a révélé que l’argent recueilli au profit des lépreux par le groupe Raoul-Follereau s’égarait dans diverses poches, et notamment dans celles du clergé le plus réac, accessoirement dans celles du pape (interrogé à ce sujet, en latin et en polonais, il n’a pas répondu). Le Monde du 26 janvier 2002 a révélé, lui aussi, que le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après avoir été alerté sur les « nombreux dysfonctionnements » qui entachent la gestion de l’organisation humanitaire de lutte contre la lèpre.

Contri(bu)tion

Le groupe Raoul-Follereau a organisé une conférence de presse le 30 janvier 2002. Face aux journalistes, Michel Récipon, nouveau patron de cette association, dut bien admettre que son groupe avait fauté.

Est-il exact que l’argent des lépreux a servi à faire des travaux dans l’appartement du rédacteur en chef d’un journal libanais ? « Oui », admit Michel Réçipon. Tout comme il est vrai que le groupe Raoul-Follereau a prêté, sans le moindre remboursement, des sommes considérables aux enfants d’un ministre africain. Et qu’il a englouti 1 % de son budget dans le financement d’une exploitation agricole pour complaire à l’un des responsables africains du groupe.

Un comble : c’est à la demande de plusieurs églises africaines que l’association a acheté et diffusé 2 000 exemplaires d’un livre affirmant que le préservatif est un facteur de diffusion du sida

L’inspection générale des affaires sociales, elle, s’est bien gardée d’alerter le Parquet de ses découvertes. Et elle a attendu que soit close la Journée mondiale des Lépreux pour publier son rapport incendiaire sur Raoul-Follereau. Il eût été malséant, en effet, de gêner la quête publique qui a eu lieu le dimanche 27 janvier, journée mondiale des lépreux. L’appât du gain est une lèpre de notre société.


  Juges des enfants... et pédophiles

28 janvier 2002, procès devant les Assises de l’Eure. Sont mis en cause deux éducateurs dont un assesseur du tribunal pour enfants d’Evreux, accusés notamment de viols et d’agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité.

L’assesseur avait, à son domicile, quelque 600 photographies et 75 cassettes vidéo à caractère pornographique, mettant en scène des mineurs, ainsi qu’une disquette informatique contenant 244 photographies à caractère pédophile. Lors de sa garde à vue, il a en outre reconnu avoir eu des relations sexuelles avec des mineurs de moins de 15 ans dont deux frères âgés de 11 et 12 ans qui lui avaient été présentés par un collègue rencontré par minitel. Un autre assesseur du même tribunal pour enfants d’Evreux, a été condamné, fin juin 2001, à 15 ans de réclusion criminelle pour des faits analogues

Vraiment, on ne sait plus à qui se fier.


(écrit le 13 mars 2002)

  Rue Hoche à Châteaubriant

Dans la nuit du 3 au 4 mars 2002, une Ford Fiesta Blanche a été volée dans la rue Hoche à Châteaubriant . Le jeune à qui elle appartenait, et qui avait fait des frais dessus il y a quelques mois, suite, déjà, à des dégradations, en pleurait : assuré aux tiers, il ne recevra aucun dédommagement.

Dans la nuit du 25 au 26 février 2002, un cambriolage a eu lieu dans une cave du HLM de la rue Hoche. Vélo, bouteilles, etc.

C’est aussi dans la rue Hoche qu’une voiture a été volée en fin d’année 2001 et retrouvée brûlée à St Aubin des Châteaux.

Régulièrement, dans cette rue, des voitures sont rayées.

Comme dit un habitant de la rue : « J’ai habité deux ans dans les HLM de la Ville aux Roses, je n’ai jamais eu d’ennuis comme ça. La nouvelle municipalité a fait beaucoup de tintoin autour de l’insécurité mais n’a rien réglé du tout ».

La municipalité, il est vrai, n’est pas épargnée : une élue, commerçante dans la rue Pasteur a eu sa vitrine brisée. Une autre élue, rue de Renac  , a eu sa voiture volée dans son garage.

Ma bagnole !

A part ça, pendant la campagne électorale, on en a entendu des ragots Châteaubriant : les Turcs par ci, les Turcs par là. Bizarrement les mêmes personnes ne disent plus rien maintenant et pourtant, à la Ville aux Roses comme ailleurs, il y a toujours des incivilités et les policiers supplémentaires n’ont rien changé à l’affaire.

Tout ça c’est une histoire de « sentiment d’insécurité » et une enquête récente, inédite par son ampleur — 10 500 entretiens — a été faite sur des Franciliens. Elle a montré que, de 1998 à 2000, 15 % à 20 % ’entre eux ont subi une atteinte à leur véhicule et 5 % à 10 % une agression ou un cambriolage et que, en même temps, le sentiment d’insécurité n’est pas lié au fait d’avoir été ou non victime : si les Parisiens sont plus victimes d’agressions et de vols que les banlieusards, ils sont moins préoccupés par la délinquance et moins apeurés dans leur vie quotidienne.

« La voiture représente, et de beaucoup, la principale cible de prédation », notent les auteurs de l’étude qui permet également de se faire une idée du taux de recours aux forces de l’ordre par la population. Paradoxalement, elle constate que les victimes ont plus tendance à se retourner vers la police en cas d’atteintes aux véhicules qu’en cas d’agression physique : le taux de plainte est de 58,84 % pour un vol de voiture contre 31,95 % pour une agression. Pour les agressions, les raisons de non-déclaration mettent en exergue soit la faible gravité de l’incident (« ça n’en valait pas la peine »), soit le scepticisme sur l’intervention policière (« ça n’aurait servi à rien »), note l’étude.

Insécurité et politique

L’étude établit une typologie des enquêtés, en fonction des faits qu’ils ont subis mais aussi de leur plus ou moins grande préoccupation sécuritaire : 21 % des enquêtés n’ont quasiment jamais subi de dommages, sauf de cambriolage - ce qui ne les empêche pas d’être très préoccupés par la délinquance. Plutôt âgés, plutôt féminins, comptant beaucoup de retraités, ils habitent en grande banlieue et se classent clairement à droite. Majoritairement « insécures », ils sont, selon cette enquête, punitifs et xénophobes, imputant la délinquance à une présence excessive d’étrangers et dénonçant le laxisme de la justice. « Ce groupe est l’illustration même de la distance entre le risque encouru et la préoccupation sécuritaire », note l’étude. Ils sont rejoints par 5 % des enquêtés, des retraités plus ruraux, qui se déclarent apolitiques.

Une autre indication de l’enquête concerne les jugements sur les institutions publiques : quand la gauche est au pouvoir, l’insécurité entraîne une mise en cause du pouvoir. Si ceux qui se sentent en insécurité accusent un gouvernement de Gauche et pas un de Droite, c’est qu’ils sont plus proches de la Droite que de la Gauche. Que leurs amis soient aux affaires est de moins en moins apte à les rassurer, ils évitent seulement alors de politiser leur ressentiment.

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Ecrit au printemps 2002

  CTP : zéro !

Selon nos dernières informations, le moral des salariés est en baisse à la mairie de Châteaubriant où se multiplient les dépressions, les arrêts de travail, les départs pour une autre ville et la recherche d’un autre emploi. C’est bien la peine d’avoir un médecin comme adjoint au personnel !

Des baisses de notes administratives se sont produites pour une vingtaine d’agents, parfois jusqu’à 3 points (ce qui est énorme), et cela sans justification objective, sans qu’une faute ait pu être relevée contre l’agent. Simplement une histoire de cote d’amour !

Autre chose étonnante : dans une collectivité territoriale, il doit y avoir Deux CTP par an (comités techniques paritaires, l’équivalent des réunions de délégués du personnel dans les entreprises d’une certaine importance). Eh bien, à la mairie de Châteaubriant, il n’y a eu aucun CTP en un an. C’est dire de quelle façon est traité le personnel. Quantité négligeable. C’est ça qui est difficile à supporter pour ceux qui font bien leur travail.

BP  


(écrit en février 2002)

  Des sauvageons au fascisme,

par Charles Hadji, professeur de sciences d’éducation à l’université Pierre-Mendès-France de Grenoble
Journal le Monde, 16 février 2002

Article 1 : tout jeune, dès l’âge de 8 ans, a le droit de voler la voiture de son choix, et de se livrer avec elle à des rodéos ou à des courses poursuites sans être inquiété par quiconque, et surtout pas par un policier (ce qui relèverait de la provocation).

Article 2 : tout jeune a le droit de s’opposer par la force à quiconque viendrait perturber le libre jeu de ce droit de libre vol. En particulier, tout jeune au volant d’une voiture librement volée a le droit de défoncer tout obstacle insidieusement dressé sur sa route, y compris (et surtout !) si cet obstacle est constitué par la personne d’un agent de la force publique.

Excessif et caricatural ? N’est-ce pas là ce que proclament, de fait, tous ceux qui mettent le feu aux banlieues et autres quartiers sensibles dès qu’il arrive malheur à un voleur de voiture, et tous ceux qui les soutiennent ?

Il est temps de se délivrer des hypocrisies habituelles, et des petites lâchetés au jour le jour. Mettons les choses à plat, en essayant d’aller à l’essentiel, autour de quelques questions.

Y a-t-il des quartiers difficiles ? oui. Mais difficiles pourquoi ? Entre autres, parce que leurs malheureux habitants subissent quotidiennement de multiples « incivilités », et sont livrés à l’agressive bêtise de quelques tyranneaux de place publique.

Car ces quartiers sont par ailleurs riches : en équipements sociaux ; en habitants de bonne volonté, prêts à aider les autres, et qui ne demandent qu’à vivre en paix avec leurs voisins. Aucun quartier, même populaire, n’a jamais été, par essence, un « ghetto ». Et si certains, hélas, finissent par le devenir, ne le doit-on pas surtout à l’action destructrice de ceux-là mêmes qui clament le plus violemment (quand on les interroge complaisamment) leur mécontentement de vivre... dans un quartier ghetto ?

Y a-t-il des jeunes défavorisés ? oui. Mais pas nécessairement ceux qui se proclament tels, et que l’on voit soudain parader au volant d’une voiture flambant ... neuve ! Nul n’est défavorisé, par essence, du seul fait de son appartenance à un groupe, dont il partagerait toutes les souffrances. Que ce groupe soit d’ordre géographique, culturel, ou religieux.

Le seul vrai handicap subi par les jeunes dans les quartiers « difficiles » n’est-il pas l’impossibilité, où les place l’action destructrice et terrorisante de quelques violents, d’utiliser en toute sécurité les transports en commun, de bénéficier en toute liberté des équipements collectifs, d’apprendre en toute sérénité à l’école ?

Y a-t-il des policiers racistes ? Sans doute. Mais sans doute ni plus ni moins que chez les journalistes, les juges, les footballeurs, les professeurs ou... les jeunes des quartiers sensibles ! C’est plus grave quand il s’agit d’un policier ? Sans doute encore ; mais pourquoi la présomption d’innocence ne s’appliquerait-elle pas, aussi, aux fonctionnaires de police ? Et pourquoi voir par principe, dans tout policier, un ennemi des jeunes ? Beaucoup de policiers sont jeunes ! L’immense majorité d’entre eux s’efforcent, avec courage et détermination, d’exercer au mieux un métier que les temps ont rendu difficile.

La police est une fonction sociale nécessaire. Sans règle imposée, il n’y a pas de vie sociale possible. Décrier systématiquement la police, c’est ouvrir la voie à la loi des plus violents ; tout en méconnaissant la leçon du pourtant anarchiste Georges Brassens, « il y a des flics bien singuliers ».

Redresser les choses

Alors ? N’est-il pas grand temps que se lèvent, avant qu’il ne soit trop tard, tous ceux qui peuvent contribuer à un juste redressement des choses ?

– Les plus hautes autorités de l’Etat, à qui le peuple a confié le pouvoir exécutif : pour réaffirmer solennellement que personne, fût-il fils de César, ou fils de travailleur immigré, n’est au-dessus des lois. Et tant que la loi est loi par la volonté du lé-gislateur, elle s’applique à tous, dans toute sa rigueur. Sans respect de la loi, il n’y a plus de République.

– Les juges, à qui le peuple a confié le pouvoir de sanctionner le non-respect des lois : pour exercer sans peur et sans démagogie ce pouvoir, quelle que soit la loi, quel que soit le contrevenant. Personne ne doit être ménagé, voire épargné, pour la seule raison qu’il habite un palais de la République, ou bien qu’il vit dans un quartier sensible !

– Les éducateurs, à qui le peuple a confié le pouvoir d’instruire : pour faire preuve d’une autorité légitime et bienvenue, sans laquelle la classe n’est plus qu’une foire d’empoigne, les plus faibles et les plus humbles des élèves étant livrés à la tyrannie des plus violents et des plus pervers.

– Les parents, enfin (et surtout !), à qui la nature a confié la responsabilité de l’éducation de leurs enfants : pour oser dire non. Non aux pulsions agressives ; non aux caprices ; non aux dérives. Aucun ne doit accepter de devenir l’esclave de l’autre. Pas plus les parents que les enfants ! Ni les uns ni les autres ne doivent succomber au vertige de la « liberté du vide ». « Quand on entend dire que d’une façon absolue la volonté consiste à pouvoir faire ce que l’on veut, on peut considérer une telle conception pour un défaut total de culture de l’esprit » (Hegel). C’est bien l’accès à la culture qui est en jeu.

Quand donc les parents cesseront-ils d’avoir peur de discipliner leurs enfants ? Car seule « la discipline transforme l’animalité en humanité » (Kant). Sans la discipline, qui est la dimension simplement négative de l’éducation, l’enfant est condamné à « la sauvagerie », ce qui rend impossible l’instruction, « partie positive de l’éducation ».

N’ayons plus peur d’appeler un chat un chat, et « sauvageon » (c’est le seul mot juste) celui qui n’a pas eu la chance de rencontrer l’interdit structurant qui le fera passer de l’état sauvage à l’état humain.

Laisser, sans rien faire, des adolescents (pire : des enfants !) brûler des gymnases, brûler des écoles, des voitures, des autobus ; cracher sur des chauffeurs, sur des commerçants, sur leurs voisins, sur leurs propres parents, c’est se préparer à accepter le pire des fascismes, fondé sur le mépris de l’autre et la dictature des pulsions de mort.

Certes, cela ne doit pas empêcher, parallèlement, de lutter de toutes ses forces contre l’injustice sociale, le libéralisme sans frein, la laideur urbanistique. Mais il faut comprendre que les deux combats, loin de s’opposer, vont dans le même sens. Car ils n’ont de sens, l’un et l’autre, que si l’on croit au nécessaire respect de la personne humaine.

Or, le respect concerne toutes les personnes, et commence au quotidien, avec ses proches. Cracher à la figure d’un policier, ou d’un pompier, c’est leur dénier la dignité de personne humaine. C’est oublier qu’ils sont peut-être bien, eux aussi, des fils d’immigrés, vivant dans des quartiers difficiles ! C’est cracher à la figure de la République, c’est-à-dire de chacun d’entre nous, y compris à la figure des jeunes des banlieues...

Ayons en mémoire une autre parole de Brassens :

Gloire à qui n’ayant pas d’idéal sacro-saint
Se borne à ne pas trop emmerder ses voisins

Charles Hadji


Ecrit le 5 octobre 2005 :

 Explosion statistique

Le silence est une vertu éminemment politique. La lecture du Canard Enchaîné révèle que les voitures brûlent toujours en France et même que, du 1er janvier au 31 juillet, 21900 voitures ont brûlé en France, davantage que dans toute l’année 2004.(21 100 en 2004). C’est peut-être fait pour relancer la consommation ?

Le Ministère de l’Intérieur a confirmé qu’il ne s’agit pas d’un pétard mouillé mais, affirme-t-il sans rire, il ne s’agit pas d’une hausse de la délinquance, mais seulement d’une explosion statistique. Et que les causes des incendies ne sont pas forcément à rechercher du côté des incivilités urbaines : il y a d’autres causes, comme les escroqueries à l’assurance, et .... l’effacement des traces papillaires.

Papillaires

Papillaire ....... Le mot n’est pas souvent utilisé à propos des empreintes digitales. On trouve cependant, dans un cours de police, l’étude de « la structure de la peau papillaire et de la différenciation des figures digitales », vu qu’il existe des papilles dermiques « saillies coniques du derme, vers l’épiderme, renfermant des terminaisons vasculaires et nerveuses ».

Je comprends : tout ça vous rend un peu nerveux ! Il vaut mieux tirer un rideau de fumée sur ces affaires.

Voir aussi page 40 et page41

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