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Accueil > Châteaubriant > Délinquance, incivilités > Délinquance- Benisti - Zéro de conduite

Délinquance- Benisti - Zéro de conduite

Les grands délinquants
Un délinquant qui s’ignore
Le rapport Bénisti
Zéro de conduite à la maternelle

Les grands de la délinquance

ecrit le 13 mars 2002

Le premier qui dit la vérité
il sera exécuté
(Guy Béart)

C’était un tueur froid, le principal responsable des massacres de Sabra et Chatila, en 1982, alors qu’il était chef des Forces libanaises, ce n’était pas un ange. Elie Hobeika ne parlera plus : il a été assassiné jeudi 24 janvier, lors de l’explosion de sa voiture en plein centre de Beyrouth, avec trois de ses gardes du corps. Il avait promis, deux jours auparavant, de faire des « révélations » à propos de l’éventuelle comparution d’Ariel Sharon, chef du gouvernement de Jérusalem, devant la justice belge pour sa responsabilité dans les massacres de Sabra et Chatila.

Rappel : Le 14 septembre 1982, le président libanais élu Béchir Gemayel a été assassiné. Moins de 24 heures plus tard, alors que l’armée israélienne avait envahi le secteur musulman de Beyrouth « pour y maintenir l’ordre », des miliciens pro-israéliens ont pénétré dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, évacués fin août par les combattants de l’OLP (organisation de libération de la Palestine). Pendant trois jours, ce fut un véritable carnage de femmes, d’enfants, de vieillards. Le nombre de morts n’a jamais été établi avec précision. Les estimations varient entre 800 et 2 000 civils.

On parle beaucoup de délinquance en France, c’est souvent de la petite délinquance. Mais les crimes des puissants de ce monde restent impunis. Mieux, ils passent même pour des actes de haute politique.

 

Aux Etats-Unis, le scandale d’Enron - ce courtier en énergie dont la faillite, en décembre 2001, est la plus importante de l’histoire américaine - a connu un nouveau rebondissement, vendredi 25 janvier. Un de ses anciens dirigeants s’est suicidé : J. Clifford Baxter avait été l’un des premiers à dénoncer, en interne, les malversations comptables de sa société. Il faisait aussi partie des dirigeants accusés d’avoir vendu leurs actions avant que le cours de Bourse ne s’effondre. Il aurait dû être entendu par une commission d’enquête parlementaire. Enron était la septième entreprise américaine. Sa banqueroute rejaillit sur le président Bush, dont Enron était un des principaux donateurs. Elle a entraîné la faillite de milliers de salariés-actionnaires. Mais J. Clifford Baxter ne parlera plus.

 

En France le retour de Didier Schuller ne semble plus être qu’une question de jours, mais embarrasse largement Charles Pasqua, Edouard Balladur, Jacques Chirac, par les révélations qu’il a promis de faire sur le trucage des marchés de l’Office HLM des Hauts de Seine. Mais peut-être sera-t-il « suicidé » avant de parler ?

BP  


Ecrit le 23 février 2005 :

 Tout jeune est un délinquant qui s’ignore !

Depuis plus d’un an, un projet de loi sur la prévention de la délinquance est annoncé. L’avant-projet de Sarkozy, parmi toute une série de mesures, projetait tout simplement de considérer comme potentiellement délinquante toute « personne présentant des difficultés sociales, éducatives, ou matérielles ». C’est d’ailleurs le même contenu qu’on retrouve dans le rapport commis par « Espace Risk Management » à Châteaubriant. En conséquence, il fallait signaler à la police, via le maire, toute personne en difficulté, et cette injonction s’étendait à tout professionnel de l’action sociale, au mépris du secret professionnel.

La jeunesse se trouvait particulièrement montrée du doigt, et l’absentéiste devenait un délinquant potentiel, lui aussi à signaler au maire ou au procureur. Une approche sécuritaire, répressive et stigmatisante tendait ainsi à se substituer à une approche éducative ou sociale des difficultés de la population.

Par milliers, le 17 mars 2004, les travailleurs sociaux (notamment) ont marqué leur refus de voir ainsi leurs missions instrumentalisées.

 Benisti

Depuis juin 2004, M. de VILLEPIN annonce un projet de loi, dont il parle beaucoup, mais qu’il refuse de montrer, et qui s’appuie sur le rapport BENISTI (du nom d’un député UMP).

En dehors d’une masse de considérations style « café du commerce », écrites dans un français approximatif, ce rapport comprend la fameuse « courbe Benisti » qui méritera de passer à la postérité. C’est en effet un graphique réalisable par tout enfant de CE1, et totalement incompréhensible par un adulte normalement constitué, qu’il soit sociologue, scientifique ou simple citoyen.

Dans l’esprit de son auteur, ce graphique pseudo scientifique illustre l’idée que, si l’on n’intervient pas sur certains facteurs, tout enfant qui, à un moment de sa jeunesse, s’écarte du « droit chemin » continuera inexorablement à dévier vers la délinquance.

La courbe du parcours « déviant » débute entre 1 et 3 ans, puis s’aggrave en primaire, au collège et au lycée.

On ne peut que déplorer le laxisme coupable de M. Benisti quand on pense à ce qu’un déviant de 1 an peut faire pour dévier : refuser de manger sa soupe, de faire risette à la dame, faire pipi au lit pour embêter sa mère, dire « non » ...

Une autre étude s’impose sur les pré-déviants de zéro à un an. C’est à ce moment qu’il faudrait intervenir !
Le rapport propose donc d’éliminer les facteurs de risque : la mère qui parle le « patois » est priée de faire un effort. M. Benisti qui signe le rapport, ne s’est sans doute pas rendu compte du « patois » qu’il utilise. Citons par exemple la phrase fameuse : « On a tendant à trop en attendre de l’école ce qui créée un malentendu » (p.14).

Le rapport propose l’intervention de psychiatres dans l’école, l’éloignement du milieu familial, l’exclusion des enfants (soit par l’internat, soit par l’enseignement professionnel).

 Des réactions

Frédéric CHERKI, de Nantes, a attiré l’attention des parlementaires de Loire-Atlantique, sur ce texte « aussi bref que prometteur : remise en cause du secret professionnel, psychiatrisation de l’enseignement, retour aux bons vieux internats du temps des Choristes, aux vertus du travail manuel précoce au bénéfice de l’entreprise et toujours « dans l’intérêt de l’intéressé » (sic).

Voici d’ailleurs quelques morceaux choisis dans leur état original, sans aucune des corrections qui, pourtant, s’imposeraient sur le fond comme sur la forme :

« Un contact direct avec le jeune devra être instauré de gré ou par la contrainte avec une personne formée à cet effet pour le soigner ou lui faire choisir un autre chemin que celui qu’il est entrain (sic) de prendre. » (p. 8).

« Seuls les parents, et en particulier la mère, ont un contact avec leurs enfants. Si ces derniers sont d’origine étrangère, elles devront s’obliger à parler le Français dans leur foyer pour habituer leurs enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer » (p 9).

Si « la mère de famille n’a pas suivie (sic) les recommandations de la phase 1 » (p. 10) et qu’elle persiste à parler « le patois du pays » (p. 10), « l’institurice (sic) devra alors passer le relais à un orthophoniste... » (p 10) car « ces suivis sociaux réguliers devront aussi permettrent (sic) à l’enfant d’être élevé dans une atmosphère saine » (p.10).

Enlever les enfants

« Entre 10 et 12 ans [...] l’enfant devra être placé dans une structure spécialisée d’éducation renforcée si le comportement persiste avec remise à niveau scolaire et cours d’éducation civique intense » (p 11).

« Entre 13 et 15 ans [...] si des faits délictueux apparaissent à cet âge [...] le jeune devra quitter le milieu scolaire traditionnel et rentrer dans la filière d’apprentissage d’un métier dès la fin de l’école primaire » (p 11).[c’est clairement l’apprentissage d’un métier imposé aux enfants dits « délinquants » ou « déviants »....]

Des psychiatres, déjà !

« La première des actions de prévention (...) serait de restaurer l’autorité du corps enseignant sur les élèves et leurs parents. » (p. 14)
d’où l’utilité de « faire intervenir les spécialistes ou les maires dans le milieu scolaire dès que des difficultés chez l’enfant apparaissent » (p. 15)
et « d’arrêter de stigmatiser les enfants en échecs (sic) scolaires (sic) » (p.15) « en créant une structure au sein de l’école mais qui ne soit pas sous la responsabilité de l’éducation nationale ». (p. 15).

« Ouvrir les maternelles aux pédopsychiatres[...] afin de détecté (sic) le plus tôt possible tout trouve (sic) ou difficultés de l’enfant » (p.19-20).

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Dessin de Eliby - 02 40 94 3

Le travail manuel comme punition

« l’enseignement professionnel est un bon moyen de lui remettre le pied à l’étrier pour l’élève en échec scolaire car il lui offre une chance de trouver un métier dans lequel il puisse s’épanouir. » (...) « il pourrait être intéressant de créer des passerelles entre l’éducation nationale et les chambres de commerce afin d’ouvrir des déboucher (sic) aux jeunes. » (p. 15).

« De nombreuses expérimentations sont faites (...) par exemple dans le var (sic), des maisons des parents ont été créées à côté des écoles dans lesquels (sic) ils (sic) font venir des pédopsychiatres et ça fonctionne bien. » (p. 15)

Modèle de charabia bénistique

« Pour pouvoir mettre fin à ces difficultés de valeurs qui paralysent toute tentative d’action, il serait souhaitable de mettre en place des outils statistiques fiables et indiscutables qui permettent de montrer de façon objectif (sic) et irréfutable les difficultés et les actions à mettre en œuvre sans que les valeurs propres à chacun ne viennent interférer. » (p.17).

« La dernière partie du rapport Benisti est tout aussi préoccupante à mes yeux » dit F. Cherki : le groupe Benisti a trouvé judicieux d’assortir ses propos d’un rapport commandé à PJC-Conseil, société du Luberon « partenaire d »AREVA" (société inscrite dans la filière du nucléaire).

« A la lecture de ce rapport, j’ai d’abord cru à un canular de mauvais goût » dit M. Cherki qui y voit « un collage maladroit de considérations irréfléchies et d’idées à deux sous ».

Le prérapport Bénisti a provoqué la colère d’associations et de syndicats, réunis dans un collectif National Unitaire social — qui a manifesté le jeudi 3 février à Paris.

http://www.jabenisti.com et
http://www.abri.org/antidelation/article755.html

[ndllr : le « patois benistien » est garanti d’origine ! ]


Ecrit le 15 février 2006 :

 Zéro de conduite à la crèche

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant.

Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité.

Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d’héritabilité [génétique] du trouble des conduites ».

Un rapport de l’INSERM insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc.

Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?

Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne.

Avec une telle approche déterministe, le moindre geste, les premières bêtises d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une personnalité pathologique qu’il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie.

A partir de six ans, l’administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants.

L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à l’extrême des phénomènes d’ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique !

Une pétition à ce sujet est proposée :
http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org


Ecrit le 24 mai 2006 :

 Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans

Plus de 181 000 personnes ont signé l’appel « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans ».

La critique à l’égard des conclusions du rapport de l’Inserm (institut de recherche) a été largement diffusée par les signataires et par la presse. La contestation du caractère scientifique de ce rapport se généralise et le débat de société s’est engagé. Cependant les dernières annonces gouvernementales sur le projet de loi de prévention de la délinquance sont autant d’alertes qui incitent à poursuivre le mouvement.
Qu’avons-nous fait depuis janvier ?

Un entrevue avec le premier ministre est prévue le 23 mai. Le Comité consultatif national d’éthique a accepté d’examiner la question. Un ouvrage collectif « Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans » sortira en librairie le 8 juin 2006. Un colloque, pour mener le débat scientifique et de société, se tiendra samedi 17 juin 2006 à Paris.

Mais les propos tenus à l’Assemblée nationale par M. Sarkozy le 10 mai dernier, lors de la présentation du plan national de prévention de la délinquance (http://www.assemblee-nationale.fr/12/cr-cloi/05-06/c0506042.asp#TopOfPage) indiquent qu’il persiste malgré tout à vouloir « déceler les troubles du comportement » avec « des rendez-vous fixes, à trois ans, à six ans », dans le cadre de la prévention de la délinquance, et qu’il continue d’évoquer l’hypothèse d’un « cahier de suivi comportemental de l’enfant ».

Les personnes intéressées peuvent consulter le site internet : http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org


Ecrit le 5 juillet 2006

 Délinquant avant 3 ans

Projet de loi de prévention de la délinquance : le gouvernement renonce au zéro pointé pour les enfants turbulents.

Depuis plusieurs mois le collectif « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans » s’est mobilisé, rejoint par plus de
188 000 signataires,
pour que le gouvernement renonce à inscrire des dispositions sur le dépistage précoce de troubles comportementaux dans son projet de loi sur la prévention de la délinquance, à partir d’une corrélation abusive entre des difficultés psychiques de l’enfant et une évolution vers la délinquance,

Le mouvement a porté ses fruits : le préfet Hagelsteen, secrétaire général du comité interministériel de prévention de la délinquance, a annoncé le 12 juin 2006 que le projet de loi ne comporterait pas de mesure de dépistage précoce de troubles psychiques chez l’enfant, mais que ces dispositions pourraient être intégrées au projet de loi sur la protection de l’enfance. (mais là encore ... méfiance)

La déconnexion obtenue entre le dépistage précoce et la prévention de la délinquance constitue un grand succès pour tous ceux qui se mobilisent aux côtés de
Pasde0deconduite.

La vigilance reste nécessaire .

En prison dès 3 ans ?


 

 Une étrange enquête « médicale »

Mai 2007 : une étrange enquête médicale

et aussi article 1359

Surveillance des familles