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Education : ni claques, ni fessées

Ecrit le 5 septembre 2007

« Puisqu’on appelle cruauté le fait de frapper un animal et agression le fait de frapper un adulte, notre espoir est qu’on cesse d¹appeler éducation le fait de frapper un enfant » : ainsi s’exprime l’observatoire de la violence éducative ordinaire.

Une étude de l’ONU a été rendue publique en août 2006, portant sur la violence à l’encontre des enfants dans différents contextes : la famille, l’école, les établissements de soins non conventionnels et les centres de détention, le lieu de travail et les collectivités (en mettant à part la situation de conflit armé).

 Violence subie

En dehors des cas d’excision, de châtiments cruels, d’abus sexuels, 80 % à 98 % des enfants subissent des châtiments corporels à la maison, le tiers ou davantage subissant des châtiments corporels sévères infligés à l’aide d’instruments.

La violence contre les enfants au sein de la famille s’exerce souvent dans le cadre de la discipline et prend la forme d’un châtiment physique. Les mauvais traitements et les punitions sévères sont courants dans les familles, tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés.

Les violences physiques s’accompagnent souvent de violences psychologiques. Insultes, injures, isolement, rejet, menaces, indifférence et mépris sont autant de formes de violence susceptibles d’être préjudiciables au développement et au bien-être psychiques de l’enfant - en particulier lorsqu’elles sont le fait d’un adulte respecté tel qu’un parent.

Les enfants, comme le montrent les études, ainsi que les témoignages qu’ils ont eux-mêmes apportés, soulignent la douleur physique et psychologique causée par ces traitements et proposent d’autres formes de discipline positives et efficaces.

 Violence vue

Mais il n’y a pas que la violence subie. Il y a aussi la violence observée : on estime que chaque année, dans le monde, entre 133 et 275 millions d’enfants sont témoins de violences au sein de la famille : disputes entre les parents ou entre la mère et son partenaire.

 Conséquences

Les effets des actes de violence sur les enfants peuvent varier selon leur nature et leur gravité, mais les répercussions à court et à long terme sont très souvent graves et préjudiciables.

La violence peut entraîner une plus grande prédisposition à des troubles sociaux, émotionnels et cognitifs et à des comportements dangereux pour la santé, tels que l’abus de substances et l’initiation précoce à l’activité sexuelle.

Des problèmes sociaux et mentaux peuvent ainsi survenir : anxiété et troubles dépressifs, hallucinations, déficience dans l’exécution des tâches, troubles de la mémoire et comportement agressif.

Une exposition précoce à la violence est associée ultérieurement au développement de maladies des poumons, du cœur et du foie, à des maladies sexuellement transmissibles, à la mort du foetus durant la grossesse ainsi qu’à la violence dans l’intimité avec le partenaire et à des tentatives de suicide.

Qu’elle soit subie ou observée la violence peut avoir des incidences graves sur le bien-être de l’enfant, son développement et les interactions sociales durant l’enfance et l’âge adulte, en faisant croire que seuls les coups peuvent dénouer une situation de crise. Les enfants, comme les auteurs de violences peuvent penser que la violence physique, sexuelle et psychologique est inévitable et normale.

 La fessée

La discipline imposée par châtiment physique et humiliant ainsi que la brutalité et le harcèlement sont souvent perçus comme étant normaux, en particulier lorsqu’il n’en résulte aucune blessure « visible » ou durable.

La fessée est une méthode d¹éducation très ancienne... mais bien d¹autres usages, comme l’escla-vage, l’excision ou la coutume de battre les femmes ont duré pendant des millénaires ou durent encore, sans que cela les rende en quoi que ce soit plus acceptables.

Le Comité des droits de l¹enfant de l’ONU rappelle constamment aux Etats qu’ils doivent interdire la pratique de toute forme de violence, même légère, à l’égard des enfants, aussi bien dans les familles qu’à l’école.

Mais un des principaux obstacles à une évolution dans ce sens, est l’ignorance, Nous ignorons à la fois le degré d’intensité que revêt cette violence dans la plupart des pays et les dangers que présentent les manifestations même les plus faibles de cette violence. Cette ignorance nous amène à ne pas nous en soucier et à la considérer comme normale. Et nous la voyons comme un phénomène dérisoire qui ne concerne qu’une étape de la vie que nous avons dépassée, et donc sans importance réelle, alors qu¹il est très probablement une des principales causes de la violence des adultes.


Note du novembre

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