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Radioactifs, demain ?

Ecrit le 20 janvier 2010

 Des matières radio-actives partout ?

Certains sèment la biodiversité, d’autres préfèrent semer la radioactivité. Les ministères de l’Écologie, de la Santé et de l’Économie ont ouvert la porte au « recyclage » des déchets radioactifs de l’industrie nucléaire et des biens de grande consommation. Du ciment radioactif pourra servir demain à bâtir des logements ou des écoles.

Faudra-t-il bientôt se munir du compteur Geiger pour vérifier le taux de radioactivité que dégageront les murs de votre logement, vos équipements contenant du métal ou les matériaux présents sur votre lieu de travail ? Depuis 2002, le Code de la santé publique interdisait l’ajout de substance radioactives pour la fabrication de biens de consommation et de matériaux de construction. Toute acquisition et cession de sources radioactives était sévèrement encadrée. Ce n’est désormais plus le cas. Le 5 mai 2009, les quatre ministères ont signé un arrêté interministériel qui permet de déroger à cette interdiction.

Cela signifie que si demain EDF veut se débarrasser de ses gravats « faiblement radioactifs » générés par le démantèlement de la centrale Brennilis, elle aura la possibilité de les céder ou de les vendre à une cimenterie. Celle–ci transformera les gravats en matériaux de construction, ou en produits de grande consommation : véhicules, outils, logements, écoles, hôpitaux… Seuls cinq catégories de produits restent exclues de toute dérogation : les aliments, les cosmétiques, les bijoux, les jouets et les matériaux en contact avec les aliments et les eaux.

Lâchés dans la nature

Seuls les déchets radioactifs de « très faible activité » sont concernés. Mais qu’en sera-t-il demain avec le système de dérogation ?. Une fois lâchés dans la nature, ces matériaux ne seront plus tracés ni contrôlés. Faible niveau de risque ne signifie pas absence de risque.

 Multiplicateurs de cancer

En rendant possible l’ajout de substances radioactives dans des biens et des matériaux destinés au grand public, le système de dérogation risque bien d’augmenter la radioactivité artificielle, et les risques de cancer. Seuls les industriels y trouvent un intérêt. Avec le démantèlement progressif des centrales nucléaires vieillissantes, le volume des déchets radioactifs sera multiplié par trois d’ici 2020, d’après les prévisions de l’Andra.

Ce retour en arrière est d’autant plus incompréhensible que l’on cherche à réparer les erreurs commises depuis un demi-siècle. L’interdiction, en 2002, d’ajouter ou d’utiliser des substances radioactives ou des biens de grande consommation avait été obtenue après un long travail de la commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité(Criirad) et des associations de consommateurs. Avant cette réglementation tout était permis. Par exemple Saint-Gobain avait introduit des déchets radioactifs dans la fabrication de sa laine de verre, multipliant par vingt les rayonnements. Cogema (devenue Areva) avait ajouté de l’uranium appauvri dans la poudre d’émail jaune destinée à la fabrication des bijoux. Tout est désormais à refaire.

La Criirad a adressé à Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde une lettre ouverte le 6 décembre 2009 pour les alerter « sur le contenu et les conséquences d’un texte, pris en leur nom » et pour qu’ils l’annulent. Plus de 7000 cartes pétitions ont également été envoyées par des citoyens. Après deux mois de silence gouvernemental, la directrice de Criirad sera reçue au ministère de l’ Écologie.

Si rien ne bouge , la campagne pour l’annulation de l’arrêté se durcira avec l’entrée en lice des associations de consommateurs.

(Source : le journal Basta ! http://www.bastamag.net/spip.php?article835)


Ecrit le 20 janvier 2010

 On n’hérite pas de la terre de ses enfants ...

Alain Baraton, jardinier en chef du Parc de Versailles et chroniqueur sur France Inter est venu donner une conférence sur la biodiversité au théâtre de Verre  . Une conférence riche en informations et orchestrée par un excellent orateur.

Dès les premières phrases de M. Baraton le message est clair : cultiver et jardiner biologiquement, c’est possible !

Le parc de Versailles en est un parfait exemple et sous la houlette de notre conférencier.

A l’apogée de Louis XIV, Versailles s’étend sur 800 hectares et contient plus de 2 millions de fleurs. Le parc resplendit et pourtant aucun produit chimique n’est utilisé bien qu’il en existe déjà. Le Nôtre, alors jardiner en chef et grand ami du roi, privilégiait la main de l’homme et cette méthode n’enlevait rien à la beauté du parc bien au contraire ! Si un parc a réussi à prospérer 3 siècles durant sans produits chimiques, quel est l’intérêt de traiter ?

Les principales raisons sont les insectes nocifs aux plantations et le temps gagné grâce aux désherbants. C’est pourquoi à partir de 1918 le parc de Versailles est entièrement traité avec ces pesticides. Le résultat est éloquent : en 1980 il n’y a plus aucun insecte pas même d’abeilles qui sont pourtant nécessaires à la reproduction des végétaux. Il n’y a plus d’insectes ni d’animaux, il n’y a plus de biodiversité et Versailles n’en est pas plus beau.

Aujourd’hui, tous les produits chimiques en dehors de quelques désherbants « propres », ont été bannis du parc de Versailles, et les abeilles, ainsi que tous les insectes et animaux, sont revenus. Versailles resplendit de nouveau.

L’exemple singulier du parc de Versailles soulève donc une question essentielle : pourquoi aujourd’hui traitons-nous encore nos cultures ?

On sait pourtant que ces pesticides polluent les sols et l’air, qu’ils tuent des milliers de personnes dans le monde et qu’en plus ils ravagent la biodiversité.Lorsque l’on possède un patrimoine végétal aussi beau et impressionnant, n’est-il pas insensé de le détruire au profit d’enjeux économiques ?

Aujourd’hui même si nous ne pouvons effacer toutes nos erreurs, il est encore possible de revenir à une situation acceptable en encourageant le commerce de saison, en achetant local et surtout en consommant de façon intelligente (ex : 60% des emballages servent à emballer des emballages !).

Pour y parvenir, M. Baraton a déjà des solutions et ce n’est certainement pas le seul : « Il faut des législations fortes et courageuses pour changer le monde de l’agriculture.

Seule une société plus solidaire et qui fasse preuve d’humanité pourra réussir à sauver la planète. Ce n’est pas en jetant la nourriture et en détournant des cours d’eau au détriment d’autre pays qu’on y parviendra. » 

Face à de tel arguments et à un tel orateur, qui ne lutterait pour le bio ?