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La crise, c’est la faute aux 35 heures

Ecrit le 3 février 2010

 La crise, c’est la faute aux 35 heures

A la veille des élections régionales (que l’on imagine mauvaises pour la majorité au pouvoir), Nicolas Sarkozy ressort ses thèmes de campagne de 2007. « Travailler plus pour gagner plus » et « c’est la faute aux 35 heures ».

Après avoir loupé sur la taxe carbone, après avoir dérapé lors du fameux débat sur l’identité française, après avoir esquivé les nombreux scandales (du fils à papa, aux salaires faramineux des amis, en passant par les sondages de l’Elysée), la Droite fait donner son chien de garde, un certain Frédéric Lefèbvre qui balance : « Avec les 35 h, on a rendu plus difficile à la France le chemin vers la croissance ».

Le journal Libération (22/01/2010) démonte ses arguments en disant :

Les salariés auraient payé les 35 heures par une perte de pouvoir d’achat ? Pas vraiment.

« Nulle statistique, sur la période concernée, ne confirme les propos du porte-parole de l’UMP. Au contraire, selon l’Insee, le pouvoir d’achat par unité de consommation n’a jamais été aussi dynamique depuis douze ans, que pendant la période comprise entre 1998 et 2002, augmentant, durant chacune de ces années, entre 2,5% et 2,8%. Ce n’est qu’à partir de 2003 qu’il a commencé à ralentir (+ 0,2%), pour ne connaître une hausse significative (et éphémère) qu’en 2007 (+ 2,4%). Il n’a par contre pas progressé d’un pouce en 2008 »

Les salariés l’auraient-ils payé, alors, « parce que l’on a accroché un boulet aux pieds des entreprises » ?

« Là encore, les études menées n’accréditent pas cette thèse. Selon les travaux des chercheurs Crépon, Leclair et Roux (2004), les 35 heures auraient conduit « à de faibles pertes de productivité globale dans les entreprises passées à 35 heu-res ». Les premières entreprises ayant réduit leur temps de travail ont même vu leur valeur ajoutée croître de 5% de plus que les entreprises restées à 39 heures. L’un dans l’autre, et compte tenu des gains de productivité, des réorganisations opérées et des aides de l’Etat, la réduction du temps de travail aurait été neutre sur la productivité capitalistique. ».

Lefebvre se fait ensuite évasif, estimant « que l’on a rendu plus difficile à la France le chemin vers la croissance ». Notion des plus subjectives, et soulignée par aucune étude sérieuse.

« Une chose est par contre sûre : la croissance en France a été de 3,5%, 3,3%, et 3,9% en 1998, 1999 et 2000, avant de ralentir à 1,9% en 2001 (crise des nouvelles technologies) et à 1% en 2002, puis de remonter aux alentours de 2% en moyenne jusqu’en 2007.

Entre 1996 et 2005, la croissance annuelle moyenne du PIB en France (2,19%) a même été supérieure à celle de la moyenne de l’Union européenne (2,12%), alors que l’Allemagne se traînait à 1,3% et l’Italie à 1,28% »

Reste l’argument massue, mais que peu, même à droite, n’ont osé utiliser jusque-là : « On l’a payé en termes d’emplois. »

« Problème : selon la Dares (service statistique du ministère du Travail), la RTT a généré 350 000 emplois en France… En témoigne l’évolution du taux de chômage, certes aidé par une forte croissance à cette époque, mais néanmoins passé de 10,8% en 1997 à 7,9% en 2002 ».

Et Lefebvre de conclure : « Le partage du temps de travail : une des plus grandes fumisteries qui existe sur le plan économique. […] La meilleure preuve, c’est que si ça avait été si intelligent, on serait pas le seul pays du monde à l’avoir mis en place. »

Outre que la réduction du temps de travail est un mouvement historique et partagé par tous les pays développés depuis des décennies, il se trouve précisément qu’une récente étude de l’Insee fait état, en 2007, d’un temps de travail sur l’année (seule donnée pertinente) de
– 1 559 heures en France, donc inférieur à
– l’Italie (1 566 heures)
– ou au Royaume-Uni (1 607 heures),
– mais largement supérieur à l’Allemagne (1 432 heures)
– et aux Pays-Bas (1 413 heures).

(Source : Libération du 22.01.2010)


Ecrit le 3 mars 2010

 10 à 20 ans de sacrifices

Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, vient d’annoncer, dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica que « l’assainissement (des finances publiques) sera extrêmement douloureux », « des efforts devront être accomplis pendant 10 à 20 ans, faits de sacrifices sur les salaires, de réduction des dépenses sociales et d’augmentation des impôts ».

Autrement dit, la crise provoquée par l’impudence des grandes institutions financières, va retomber pour très longtemps sur ceux qui n’en sont nullement responsables. B.R.A.V.O !


Ecrit le 10 mars 2010

Industrie : notre sauveur est arrivé