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Accueil > Thèmes généraux > Police > Police - 2004-2006 - bavures

Police - 2004-2006 - bavures

Suzy et le grop loup
Bavures policières
Fiché car syndicaliste
Du vent dans les chiffres
Sarko fier à bras
Ils ont tiré après les consommations d’usage
Dialogue musclé à Châteaubriant
Compréhension
Peau noire et humiliation quotidienne
Cuisine électorale :Poulets en stress
Bavures policières, rapport 2005
La police défise le ministre
Stupéfiant
Peut-on encore critiquer la police de Sarkozy ?

Ecrit le 10 mars 2004 :

 Provocation ? Suzy et le gros loup

Du traitement médiatique des
menaces du « groupe AZF ».

L’Histoire française et internationale regorge de petits faits montés en épingle, de faux débarquements, de faux massacres, de fausses menaces, maniées avec dextérité par des services secrets lorsque le pouvoir politique en a besoin.

L’histoire AZF qui, apparemment, menace la SNCF, a une drôle d’odeur ; "L’affaire ressemble à un extraordinaire roman d’espionnage. Où il est question de faire atterrir un hélicoptère sur la tour Montparnasse. Où le gouvernement communique par l’intermédiaire des petites annonces de Libération”, raconte Le Soir de Bruxelles. Tout aussi perplexe, son confrère La Libre Belgique parle d’une “affaire digne des scénarios de films de série B, mais qui est prise très au sérieux par les autorités”.

Ce dernier quotidien rappelle qu’un “mystérieux groupe terroriste se dénommant AZF” s’est d’abord manifesté en envoyant un courrier de menaces à l’Elysée. Puis, une demi-douzaine de lettres du même type ont été expédiées, parmi lesquelles une demande de rançon en échange de la divulgation de l’emplacement d’une dizaine de bombes que le groupe affirme avoir posées, prêtes à l’emploi, sur le réseau ferré français. Une petite annonce dans Libération, annonce une négociation possible : « Mon gros loup, ne prenons pas de risques inutiles, le plus tôt sera le mieux. Donne-moi tes instructions. Suzy » (Gros loup étant le pseudo du groupe AZF, Suzy étant celui du Ministère de l’Intérieur). Charmant, non ?

Sur indication de leurs correspondants les enquêteurs trouvent le 21 février, une bombe potentiellement dangereuse. Un versement de rançon est même organisé, l’hélicoptère devant larguer les fonds sur une bâche bleue qui n’a jamais été trouvée. « Mon gros loup, pas vu ton foulard bleu. Fais-moi signe. Suzy » dit la petite annonce dans Libération du 3 mars. Nos gouvernants sont bien prompts à verser 5 millions d’euros, à moins qu’ils ne soient sûrs de les retrouver facilement ?

10000 pour 32000

Or ce n’est que le 4 mars que 10 000 cheminots sont chargés d’inspecter les 32 000 km de voies ferrées. Les autorités auraient donc laissé passer une douzaine de jours avant de prendre des mesures de sécurité ? L’inspection n’a rien donné.

Comment se fait-il que cette affaire n’ait éclaté que le 3 mars ? La veille, comme chaque jour, un fax du ministère de l’Intérieur parvient dans les rédactions. Un de plus. Pour détailler les moindres faits et gestes du ministre, Nicolas Sarkozy. Mais cette fois, le document s’intitule « note aux rédactions », parle de ce groupe AZF et de sa menace, et demande aux journaux de n’en point parler

Cours, cours
Courons toujours plus vite

Rien ne filtre dans les médias sauf dans les colonnes de La Dépêche du Midi. L’affaire est lancée, il suffit de laisser rouler. La grande presse quasi unanime s’agite, court, cherche, furète, s’interroge, voire s’indigne que la Dépêche du Midi ait rendu public ce que bon ministre avait demandé de taire... Etonnant, non ?

Cette « affaire » sent l’embrouille, la publicité à bon compte pour rendre Sarko -Suzy indispensable, et la Droite nécessaire pour éviter à la France le terrorisme et le chaos. A la veille d’élections l’histoire est bien venue.

Cherchons toujours à qui profite l’affaire... C’est la seule voie pour rester libres.


Si cette affaire est vraiment une manipulation des services secrets ou du gouvernement, c’est lamentable.

Si c’est une menace réelle malgré ses aspects rocambolesques, il est nécessaire de prendre des précautions.

Le « cocu » c’est le citoyen de base celui qu’on manipule à sa guise sans qu’il puisse dire ....« mais » .... Ras-le-bol !
BP  

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Ecrit le 8 mai 2004

  Bavures policières

Voici un rapport de 383 pages que l’on peut trouver sur internet à l’adresse suivante :http://www.cnds.fr/ra_pdf/CNDS _rapport_annuel_2003.pdf ] . Il émane de la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) que dirige Pierre Truche, ancien plus haut magistrat de France et personnalité incontestée. En préliminaire ; cette déclaration issue de l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : « La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. ».

Légalement saisie par un parlementaire, le premier Ministre ou la Défenseure des Enfants, cette commission a étudié une vingtaine de cas en 2001, elle est passée à une quarantaine en 2002 et à soixante-dix en 2003 dont 61 % venant de la police nationale.

Elle raconte le cas de cet avocat venu assister une personne retenue au commissariat d’Aulnay-sous-Bois, qui a fait l’objet d’une mesure de garde à vue avec test d’alcoolémie.

Et de cet automobiliste se trouvant à bord d’un véhicule stationné irrégulièrement sur le bord de l’autoroute. Estimant à tort que son conducteur, M. C., était sous l’empire d’un état alcoolique alors qu’il était en réalité victime d’un malaise diabétique, les policiers ont violenté le conducteur au lieu de faire appel à un médecin, subtilisé une partie de ses effets, déplacé son véhicule et ont finalement abandonné leur victime sur la voie publique alors qu’elle était encore inconsciente.

La commission a signalé que l’usage des armes de toute nature doit être l’objet d’une rigueur toute particulière, en se référant à ce cas d’intervention de fonctionnaires de police qui ont fait usage de grenades lacrymogènes pour faire évacuer une salle où des familles avec enfants fêtaient un mariage de manière trop bruyante.

La commission a noté en outre qu’une autorisation permanente donnée par une société HLM à la police d’effectuer des patrouilles ne saurait justifier des contrôles d’identité systématiques et violents.

  Qui est responsable ?

Dans la nuit du 19 au 20 juillet 2002, deux frères ont été sévèrement frappés par une vingtaine de policiers, au moment de leur interpellation, puis au commissariat de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). L’inspection générale des services (IGS) a confirmé les violences illégitimes et une information judiciaire a été ouverte à Bobigny. La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait traité cette affaire dans son rapport 2002. Un an plus tard, elle l’évoque à nouveau, illustrant combien il est souvent difficile de sanctionner les policiers. Dans une réponse à la CNDS, le 13 novembre 2002, le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, expliquait qu’il était « prématuré d’envisager des sanctions disciplinaires (...) car aucune responsabilité personnelle incontestable n’est en l’état établie », en raison du nombre important de participants.

Notons que la CNDS n’a aucun pouvoir de sanction : elle ne peut que formuler des recommandations, informer le procureur de la République et les ministres concernés et rendre publics ses avis. Elle est donc à la fois un baromètre précieux ... et une vigie impuissante.

Suite

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Ecrit le 28 avril 2004 :

  Fiché car syndicaliste

Charles Hoareau, ça vous dit quelque chose ?
C’est le responsable du Comité Chômeurs CGT qui a soutenu l’action des 35 chômeurs « recalculés » à qui le Tribunal de Marseille a donné raison contre l’Unedic (La Mée 21 avril 2004).

La veille du rendu du jugement, Charles Hoareau a été convoqué à l’hôtel de police de Marseille pour y donner de la salive, et être inscrit ainsi au fichier des empreintes génétiques élargi par la loi Perben II.

Qu’a-t-il donc fait, Charles Hoareau ? Pédophilie, trafic de drogue ?

Bien plus grave que cela ! il a été condamné en janvier 2000 à 5 mois de prison avec sursis pour « violence volontaire » contre des policiers, à une époque où il s’était opposé, sur le port de Marseille, à l’embarquement d’un sans-papier tunisien en cours de régularisation. Ce fichage infamant est un exemple de plus de la criminalisation de l’action syndicale.

Et cela se passe après les élections du 28 mars 2004. Décidément : Raffa-rin compris !

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Ecrit le 11 mai 2004 :

  Du vent dans les chiffres

Ah, quand Sarko était au Ministère de l’Intérieur, au moins il a su faire reculer l’insécurité. Mais dès qu’il a été parti ....

Dès qu’il a été parti, c’est son successeur, Dominique de Villepin, qui a mis les chiffres sur la table (et dans les journaux, dans Le Monde du 29 avril 2004 et dans le Figaro une semaine plus tard) :

Les crimes et délits contre les personnes ont augmenté de 10,1 % au premier trimestre 2004, par rapport à 2003. Et en 2003 ces mêmes violences avaient déjà dépassé de 7,3 % le nombre de 2002.

Parmi les plus fortes hausses : coups et blessures (+ 8 %), homicides (+ 10 %) ou tentatives d’homicide (+ 17 %), atteintes aux mœurs (+ 22 %), et actes antisémites (+ 59 % au premier trimestre 2004).

Sarko causait de sécurité.
Les malfaiteurs, non sans humour,
causaient l’insécurité.
C’est comme à Châteaubriant en somme .

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Ecrit le 26 mai 2004 :

  Fier à bras

Jeudi 6 mai 2004, aux environs de 17 heures, le cortège officiel du Ministre des Finances traverse Clermont-Ferrand à bonne allure. Une voiture de police stoppe brutalement et passe les menottes à un homme qui se trouvait à charger une camionnette. Son crime : avoir fait un bras d’honneur en direction des véhicules. « Je ne savais pas que Nicolas Sarkozy était dans le cortège, a-t-il déclaré. Quel que soit le convoi et quels que soient les gens qui passent dans une petite rue en roulant à toute vitesse, ma réaction est la même : je trouve cela inadmissible ». Peut-être, peut-être. Mais qu’il proteste en son for intérieur. Le ministre est susceptible et, en France, le respect dû aux « grands » ne souffre aucune exception.

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Ecrit le 26 octobre 2004 :

  Ils ont tiré après les consommations d’usage

Questions ... significatives
Un soir de match à la Beaujoire.
Des policiers rentrant au Poste vers 23 h
Un coup de feu.

Un policier mort

Tué par le Brigadier chef.
Dans les locaux de la police.
Ca fait bien.

Ca fait mieux encore quand on apprend que ce soir-là,
comme beaucoup d’autres soirs,
les policiers ont bu.

Certains atteignent les 0,80 g.
Le brigadier-chef est à 1,80 g.
Presque 4 fois le maxi autorisé.
Si cela s’était produit entre jeunes, on aurait vite crié à la dépravation, à la délinquance, appuyée par une consommation excessive d’alcool.
Mais des policiers ! ..... !

Cela ne peut être qu’un « malencontreux accident » « un jeu stupide », dit le Procureur. Le coup est parti « trop vite ». Près de la bouche de la victime. « Erreur de manipulation ». Il ne faut pas laisser les policiers jouer avec le feu.

Le procureur de la République, bien ennuyé, parlera d’un taux d’alcoolémie « significatif ». Significatif euphémisme ! Le taux de pudeur qu’il recèle révèle un légitime souci de ne pas troubler l’ordre public.

Questions :
– Est-il normal que des policiers boivent du vin ou de la bière dans les locaux de la police ?
– Est-il normal qu’ensuite, avec des taux d’alcoolémie « significatifs » ils soient autorisés à rentrer chez eux ?
– Les mêmes policiers sont-ils autorisés à contrôler et verbaliser les automobilistes ?

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Ecrit le 17 novembre 2004 :

  Police Municipale à Châteaubriant : Dialogue musclé

Une petite rue de Châteaubriant
Un ancien commerce devenu habitation
Un bruit sourd
Poing à la ligne ?
Stupéfaction de la famille :
Deux policiers municipaux
Qui se battent.
Un objet non identifié vole.

Les habitants en parlent aux voisins
Aux amis et aux copains
L’histoire aux oreilles de la Mée revient.
Un flic qui bouscule un flic
A Nantes un flic a tué un flic

Signe des temps
Image d’une société où tout se dégrade.

Vous avez dit : gardiens de la paix ?
Agents de médiation ?
BP  

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Ecrit le 24 novembre 2004 :

  Compréhension

Un jeune roulait trop vite en BMW, le 23 septembre 2001. II a fauché, à mort, un autre jeune qui roulait en Peugeot 205. Pas gêné, l’homme à la BMW a envoyé sa voiture à la casse, sans attendre une éventuelle expertise. Puis il a « oublié » sa première convocation devant le juge. Le procès a eu lieu en mars 2004. L’homme à la BMW a pris 18 mois de suspension de permis et 6 mois de prison avec sursis. Il est maintenant ... gendarme ... en attente de titularisation. Sûr qu’il saura comprendre les délinquants du volant.

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Ecrit le 30 novembre 2005 :

  Poulets en stress

Dans une lettre adressée au Ministre, M. Jean Pierre Raynaud, président du Syndicat National des Officiers de police, fait le bilan des émeutes de début novembre et des difficultés rencontrées au quotidien :

Problèmes matériels :

Les Officiers de Police, dans les compagnies de rappel, ont pu noter que leurs effectifs, faute de formation et d’information préalable, n’étaient pas en capacité de se servir des matériels mis à leur disposition (casques de maintien de l’ordre, grenades, flashballs).

(...) Le manque d’expérience des unités non spécialisées en maintien de l’ordre a entraîné dans certains endroits des interventions prématurées ou non préparées qui ont provoqué la destruction ou la mise hors service de nombreux véhicules de police.

Nous regrettons la totale absence de soutien psychologique sur le terrain, un apport de cette nature après dix nuits de stress aurait été apprécié.

Il est à noter par ailleurs que très rapidement la logistique des divers approvisionnements a été largement insuffisante. Les fonctionnaires en opération n’ont pas pu se restaurer, se désaltérer ou se reposer.

Problème de gestion :

[A propos du] manque permanent de gradés expérimentés : Alors que les personnels se présentaient de façon spontanée et bénévolement pour se mettre à disposition de leur service, ils ont été invités à rentrer chez eux au prétexte que leur présence en renfort généreraient trop de récupérations. Dans une situation d’urgence qui demandait la présence de tous, cette réponse de « petit comptable » a été très mal vécue.

Cette attitude s’est confirmée depuis par des déclarations régulières laissant entendre qu’il n’y aurait pas de récupérations suite à ces heures effectuées.

Dans le même ordre d’idée ( ...) nos collègues se sont retrouvés bridés : on me rapporte le cas d’un jeune lieutenant de police que l’on a obligé à changer d’indicatif radio afin qu’il n’apparaisse pas sur la main courante, alors qu’il était en dépassement horaire.

Par contre, nous pouvons rassurer les utilisateurs compulsifs des outils statistiques, car, durant tous ces événements, les états-majors n’ont pas manqué d’exiger des Officiers de Police, au petit matin après une nuit blanche, le détail de tous les chiffres indispensables

JP Raynaud se permet aussi de « rappeler qu’avant les évènements, il était dû 6 millions d’heures supplémentaires aux Officiers de Police et qu’à ce jour, aucune réponse sur le sujet n’a été apportée. »

Source : http://www.snop-snapc.fr/actual/letmi161105.htm

Sarko a peut-être maté (provisoirement) les insurgés mais il n’en a pas fini avec ses poulets.


 Bavures policières

[écrit le 26 avril 2006]

Voir ci-dessus un autre article

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen
nécessite une force publique ;
cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels
elle est confiée. »

Article 12 de la Déclaration des droits de l’homme
et du citoyen du 26 août 1789

Le rapport 2005 est en ligne

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), dans son rapport annuel paru le 12 avril 2006 critique les méthodes de la police française lors des arrestations et des interrogatoires.

Ce rapport, on peut le lire à l’adresse suivante :
http://www.cnds.fr/ra_pdf/ra_2005/cnds_som_intro_2005.pdf

Il se situe dans le cadre de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : « La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. ». Le choix de cette citation en dit déjà long, au vu des pratiques actuelles de la police.

La commission a étudié 108 affaires en 2005 ( 97 en 2004), ce qui manifeste une tendance à la hausse : elle avait été saisie 70 fois en 2003, 40 en 2002 et 19 en 2001.

La Police nationale

La plus grande partie des plaintes examinées en 2005 concernent la police nationale. La Commission nationale de déontologie de la sécurité « n’entend pas discréditer l’action des services de sécurité mais dénoncer des dérives individuelles »

Par les exemples qu’elle donne, elle souhaite attirer l’attention sur les incidents ou violences lors de certaines gardes à vue. Il lui arrive de demander des sanctions disciplinaires mais elle constate que l’autorité administrative choisit généralement d’attendre ...

Le placement en garde à vue

Un nombre accru de dossiers révèle, de la part des services de police, une méconnaissance des textes légaux

I.F. a été soumis à une interpellation vigoureuse de nuit au Mans (72), au cours de laquelle il a été frappé plusieurs fois au moyen de tonfas. Il a été l’objet d’une tentative de strangulation et a reçu un jet de gaz lacrymogène. Une simple infraction au Code de la route s’est transformée en une rébellion. Il a été laissé en sous-vêtements jusqu’à la fin de la garde à vue le lendemain à midi, sans que cela soit véritablement nécessaire à la procédure.

A.R. a été découvert le 10 octobre 2004 vers 6 h 30, par un officier de police, gisant sur un trottoir à une centaine de mètres du commissariat du 17e arrondissement. Il souffrait d’une hémorragie cérébrale qui a entraîné son décès le 14 octobre. Il avait été interpellé le 9 octobre à 10 h 30 pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique. C’est ce que disait le rapport de police mais, en fait, les auditions auxquelles la Commission a procédé ont fait apparaître que l‘éthylomètre donnait des résultats « empreints d’une grande incertitude ». La CNDS se demande si l’état « alcoolique » de AR n’était pas en réalité la manifestation de l’atteinte cérébrale dont il est mort. On ne le saura jamais exactement vu que, selon la Commission, il y aurait eu « des fausses signatures » apposées sur « de fausses pièces de procédure »

La fouille à corps

Saisie de plusieurs cas de fouille à corps, la Commission rappelle que « pratiquée systématiquement, a fortiori avec le déshabillage de la personne gardée à vue », elle est « attentatoire à la dignité et contrevient totalement aux exigences de nécessité et de proportionnalité voulues par l’évolution du droit interne et européen ».

Mme H.R., divorcée, a été soupçonnée d’influencer son fils pour l’amener à relater à son institutrice des faits d’attouchements sexuels par son père. Elle a été placé en garde à vue et fouillée à corps. La CNDS souligne que « le délit invoqué pour le placement en garde à vue était à l’évidence inexistant, et que la fouille à corps subie par H.R. n’était en rien justifiée »

Le menottage

La Commission remarque que le menottage est de plus en plus systématique, alors que l’article 803 du Code de procédure pénale ne le prévoit que lorsque l’individu est « considéré comme dangereux pour autrui ou pour lui-même, (ou) susceptible de tenter de prendre la fuite »,

Vulnérables

L’augmentation sensible du nombre de saisines relatives à des manquements sur des mineurs, parfois très jeunes, et sur des non-nationaux, inquiète la CNDS.

La Commission, relève même « une dégradation constante, et reconnue par tous, des relations entre les mineurs et les policiers (dans une moindre mesure avec les gendarmes), surtout dans les quartiers sensibles ».

La Commission a recommandé que « soit évitée toute manifestation ostentatoire [des services de police] non justifiée par les besoins du service »

Soupçonné dans une affaire de vol avec arme commis dans un magasin de vêtements, le mineur S.B. a été interpellé à 6h par le GIPN de Lyon au domicile de ses parents qui abritait également trois autres enfants de 11 ans, 6 ans et 13 mois. L’intervention, manifestement disproportionnée eu égard à la dangerosité de l’individu se révéla traumatisante pour toute cette famille.

À Marseille, un jeune homme âgé de 15 ans a été interpellé dans la foule lors d’une visite du Président de la République, après avoir fait un doigt d’honneur. Ceinturé, plaqué contre un mur, il a été menotté et conduit à pied au commissariat. Il se plaint d’avoir été giflé et insulté. Le procureur, avisé tardivement, a ordonné de mettre le mineur en liberté, ce qui n’a pas été fait immédiatement. Les parents de ce mineur, qui a présenté ses excuses au cours de ses interrogatoires, n’ont en outre pas été prévenus.

Fragiles

Une femme, et son enfant d’un mois, ont été retenus dans un véhicule de la police pendant près de huit heures sans eau ni nourriture. Dès lors, la Commission considère que l’enfant a fait l’objet d’une « situation relevant de la maltraitance »

Budget 2005

Toutes ces observations de la CNDS dérangent. La police n’aime pas que les citoyens l’aient à l’œil.
Est-ce pour cela que, en 2005, le budget alloué à la CNDS a été amputé de quelque 20 %, contraignant la CNDS à différer l’étude de dossiers comportant des frais de mission ?

Voir le site de la CNDS, commission nationale de déontologie de la sécurité

L’article de l’Express sur le rapport CNDS


Ecrit le 7 juin 2006

 La police défrise le ministre

Selon Le Canard Enchaïné du 25 mai 2006, la police des polices s’amuse à défriser son ministre.

La promesse de M. Sarkozy d’améliorer l’accueil des victimes dans les commissariats et les gendarmeries est restée, pour une bonne part, une parole en l’air. Ce constat cruel est cosigné par trois inspections générales, pas moins : celle de l’administration du ministère de l’Intérieur, celle de la police nationale et celle de la gendarmerie. Remis en décembre 2005, leur rapport commun dort dans les tiroirs.

Désagréables jusqu’au bout, ces vils délateurs soulignent que les mauvaises conditions d’accueil faussent les statistiques de la délinquance. Ils dénoncent ainsi « la propension des services à ne pas systématiquement prendre de plaintes pour des faits apparemment avérés »

500 000

Et il ne s’agit pas d’une pratique occasionnelle. Les inspecteurs rappellent qu’en 2004 « plus d’un demi-million de faits commis (et de tentatives) de vols, de vols avec violence et de violences physiques contre les personnes, bien que signalés aux services compétents, n’ont pas été enregistrés comme plaintes ». Précision : grâce à de telles méthodes, les chiffres de la délinquance ont été sous-estimés de 13 % en 2004.

Main miraculeuse

Les policiers se sont contentés, comme l’a indiqué « L’Express » (18/5), de noter ce demi-million de faits délictueux sur les « mains courantes ». Ces registres tenus par les commissariats sont pourtant destinés à consigner seulement les menus incidents qui ne sont « pas susceptibles de suites pénales ». « Le Canard » s’est, à plusieurs reprises, étonné de l’utilisation abusive de ces mains courantes. Mais, cette fois, c’est officiel.

La machine à dégonfler les statistiques a surtout fonctionné pour les délits les plus graves. Ainsi sont passés à la trappe « près d’un quart des vols et tentatives de vols, soit près de 400 000 faits, près d’un tiers des violences physiques, soit plus de 92 000 faits et près d’un quart des vols avec violence, soit plus de 36 000 faits ». A en croire les auteurs du rapport, la situation serait encore plus déprimante : « Ces « chiffres élevés n’incluent pas pour autant l’intégralité des formes de refus de plaintes. » Par exemple, quand les plaignants sont renvoyés vers d’autres services, harcelés de multiples demandes de « compléments de dossiers » ou découragés sur le thème : votre plainte ne servira à rien...

Mistigri policier

Frisant l’impertinence, les rapporteurs soulignent que « la pression exercée sur les services en matière de statistiques de la délinquance » explique, en partie, « l’existence de pareilles dérives ». Ainsi, pour ne pas plomber leurs propres résultats, nombre de commissariats et de gendarmeries refusent d’enregistrer les plaintes concernant des faits commis en dehors de leur zone de compétence. Le rapport note également que le « comité national d’évaluation dont la mise en place a été annoncée en décembre 2003 », pour vérifier les conditions d’accueil, n’a « pas encore vu le jour ». (...)

Pour améliorer la situation, le rapport avance une proposition radicale : l’instauration de « visiteurs mystères », chargés de vérifier anonymement les conditions d’accueil des usagers.

Pour que la démonstration soit parfaite, « Le Canard » suggère de créer par la même occasion des « suspects mystères » destinés à tester le confort des cellules et la qualité des paires de baffes...


Ecrit le 7 juin 2006

 Stupéfiant

Lu dans Ouest-France du 2 juin 206, en page 5 : « un nouveau règlement de la police demande, pour la première fois, aux policiers de s’abstenir de consommer des produits stupéfiants « pendant et hors service ». Il s’agirait d’une « première » justifiée par le fait que la police « est concernée par des problèmes de toxicomanie dans ses rangs ». Les contrevenants s’exposent à de graves sanctions


Ecrit le 29 juin 2006
(non publié dans l’édition papier)

 Mon histoire est cicatrice

Ma vie c’est mon histoire
et j’en porte les cicatrices
J’ai des jours pleins d’espoir
et j’en ai dautres qui sont tristes
Je tire une taff sur mon spliff
et puis j’emmerde la police
Ce qui me sépare du crime
c’est quand je pense à mon fils
 
Rien à foutre rien à perdre
ya déjà tellement d’histoire
Il faut que je sème les bonnes graines
et continue à y croire
Faut pas que je mette ma cagoule
et que je vive la vie de bandit
Pour qu’il maccorde son pardon
et ptet une place au paradis
C’est chaud la merde
depuis petit je veux sortir du ghetto
Négro crois moi ici on donne pas cher de ta peau
Ya qu’un seul espoir de vie métro boulot dodo
Courir après les crédits ou finir dans le caniveau
 
Si tu crois que je kiff le risk
parce que je me soucie pas de tout
Si tu veux connaître ma vie
je cours après 4 Franc 6 sous
Des fois je travaille
le plus souvent je m’enfonce dans mon trou
Alors je demande a Dieu un peu de sa force
quand je me met à genoux
Jai plus que mes yeux pour pleurer
mais mes larmes ne coulent pas
Pourtant je kiff
à nouveau les sourires
les fou rire quand il y en a
Je revoie ma femme qui se repose
et mon fils m’appeler Papa
Je ne saurai quoi lui dire
quand il me demandera pourquoi
 
Combien de temps j’aurai de l’énergie
je ne sais pas
Je vie ma vie à fond
tant que la mort n’est pas la
Je positive
et mes erreurs comprises m’approchent du bonheur
Jai rien à perdre tout à gagner
aujourdhui je n’ai plus peur
J’espère toujours et je peux pas m’empécher de rêver
D’imaginer un monde meilleur
où faut pas souffrir pour kiffer
Un monde où les intentions suffisent
pour que les choses puissent changer
Un monde où le bonheur n’existe que pour être partagé

Cette chanson a valu à son auteur une interpellation musclée et le conduira devant la justice

voir Police

Voir : société trop policée

Des retraités pour faire la police dans les tribunaux

Peau noire et humiliation quotidienne

Bavures

Une bavure est si vite arrivée

Suzy et le grop loup
Bavures policières
Fiché car syndicaliste
Du vent dans les chiffres
Sarko fier à bras
Ils ont tiré après les consommations d’usage
Dialogue musclé à Châteaubriant
Compréhension
Peau noire et humiliation quotidienne
Cuisine électorale :Poulets en stress
Bavures policières, rapport 2005
La police défise le ministre
Stupéfiant
Peut-on encore critiquer la police de Sarkozy ?