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Accueil > Thèmes généraux > Condition ouvrière et/ou salariale > Libertés syndicales ?

Libertés syndicales ?

Ecrit le 7 avril 2004 :

Il est temps de les arrêter
avant qu’ils ne flinguent la démocratie

Les élections du 28 mars 2004 sont un signal très fort à la droite au pouvoir. Il semble cependant que celle-ci a du mal à comprendre le message. « La base », elle, a compris qu’il se passe des choses anormales dans notre pays. Voici trois exemples :

Manu Militari :
Joli nom pour un syndicaliste

SAINT-MALO, 26 mars 2004 : Un délégué syndical de STMicroelectronics de Rennes a été interpellé à Saint-Malo, à l’entrée d’un meeting du président sortant du conseil régional Josselin de Rohan (UMP), auquel participait le ministre de l’Intérieur.

« Jean-Marie Michel se rendait au meeting quand il a été identifié par les renseignements généraux, qui l’ont embarqué manu militari », a expliqué au téléphone son avocat Me Philippe Brun.

Le syndicaliste a été emmené menotté au commissariat de Saint-Malo, alors qu’il s’apprêtait à pénétrer dans la salle où se tenait la réunion publique, a précisé une salariée de l’usine ST-Microelectronics,

Le syndicaliste avait l’intention d’interpeller le ministre sur la situation des 428 salariés de l’usine rennaise qui doit fermer en avril prochain. « Mais il a été arrêté avant même d’être entré », a dénoncé Me Brun, qui évoque un « abus de droit » et envisage de porter plainte « pour détention arbitraire ».

Deux délégués syndicaux évincés
contre l’avis de la justice

Malgré deux refus successifs de la direction du travail, deux délégués syndicaux d’une société de Bourse nantaise se retrouvent sur le carreau depuis leur licenciement effectif, à la mi-février, avec l’aval ultime, le 10 octobre 2003, du ministère du Travail qui a pourtant statué en sens inverse à deux reprises (un mois et dix mois plus tôt).

Rappel des faits : Fin 2001, en grande difficulté suite à l’effondrement des marchés financiers, la compagnie nantaise annonce six licenciements sur la centaine de salariés du siège et des agences de Paris et Marseille. Dans ce contexte, l’élection de deux délégués syndicaux est alors très mal accueillie par les dirigeants de la société de Bourse dont le PDG, Philippe de Portzamparc, est vice-président du Medef de Loire-Atlantique. Il saisit la justice pour contester la validité de leur désignation, qu’il estime opportuniste, à seules fins de protection individuelle. Premier échec : le 11 juillet 2002, le tribunal d’instance le déboute de sa demande. Le PDG ne fait pas appel, mais relance l’offensive contre ces deux délégués, représentants CGC et CGT.

Par deux fois, l’inspection du travail mène une enquête contradictoire et conclut au refus de licencier. Par deux fois, l’employeur lance un recours hiérarchique auprès du ministère du Travail. Les deux recours confirment l’impossibilité de licencier. Malgré ces revers, Philippe de Portzamparc, tenace, introduit aussitôt un recours, sans élément nouveau, pour obtenir l’agrément officiel de ces licenciements. Les services de François Fillon oublient leurs précédentes conclusions et autorisent finalement l’éviction des syndicalistes.
De bonne élégance

Selon Yves Gevin, directeur général de la BPA, « tout s’est fait dans les règles de bonne gestion et de bonne élégance. Une démarche soft. Ça aurait pu être plus brutal, comme ça s’est fait dans la concurrence ». On appréciera l’élégance .

Ecrit par Nicolas de LA CASINIERE(extraits) Libé du 29 mars 2004


Ecrit le 28 avril 2004 :

Fiché car syndicaliste

Charles Hoareau, ça vous dit quelque chose ?
C’est le responsable du Comité Chômeurs CGT qui a soutenu l’action des 35 chômeurs « recalculés » à qui le Tribunal de Marseille a donné raison contre l’Unedic (La Mée 21 avril 2004).

La veille du rendu du jugement, Charles Hoareau a été convoqué à l’hôtel de police de Marseille pour y donner de la salive, et être inscrit ainsi au fichier des empreintes génétiques élargi par la loi Perben II.

Qu’a-t-il donc fait, Charles Hoareau ? Pédophilie, trafic de drogue ?

Bien plus grave que cela ! il a été condamné en janvier 2000 à 5 mois de prison avec sursis pour « violence volontaire » contre des policiers, à une époque où il s’était opposé, sur le port de Marseille, à l’embarquement d’un sans-papier tunisien en cours de régularisation. Ce fichage infamant est un exemple de plus de la criminalisation de l’action syndicale.

Et cela se passe après les élections du 28 mars 2004. Décidément : Raffa-rin compris !