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Couverture maladie (02)

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Ecrit le 1er janvier 2003 :

CMU : restrictions
Mauvais coups

On savait que l’été était propice aux mauvais coups. Mais voilà que le gouvernement Raffarin innove en mettant à profit la période des fêtes d’hiver :

CMU : attendez !

Avec l’appui du gouvernement, les députés UMP viennent de voter, le 12 décembre 2002, dans la plus grande discrétion, une mesure par laquelle ils limitent la CMU (couverture maladie universelle) pour les pauvres bien de chez nous : au lieu d’être pris en charge illico, ils ne le seront que le premier jour du mois suivant ! Et ce ne seront plus leurs ressources des 12 derniers mois qui seront prises en compte, mais celles de l’année fiscale précédente .

Des détails tout ça ? Non : une méfiance systématique qui retardera l’accès aux soins pour les plus pauvres.

.« L’exclusion des soins pour insuffisance de ressources est incompatible avec les principes républicains » dit Médecins du Monde.

Visites à domicile : Gare !

A la demande de syndicats de médecins généralistes, qui ne veulent plus faire des visites à domicile, le ministre de la santé donne aux praticiens la possibilité d’imposer aux patients une surfacturation de 10 euros, non remboursée par la Sécurité Sociale, en cas de visite jugée « de confort ». Une personne qui n’a plus le droit de conduire (bientôt à partir de 75 ans !) et qui fait venir le médecin, sera-t-elle considérée comme « une visite de confort » ?

Plus grave, ce système transforme les malades en « médecins », non qualifiés. « La semaine passée j’ai été appelé par une dame qui se plaignait de douleurs au cou ou à l’oreille. Sur place j’ai découvert qu’elle venait de faire un infarctus. J’ai dû la faire transférer immédiatement à l’hôpital » raconte un médecin de SOS Médecins.

« En nous déplaçant, il nous arrive de détecter d’autres problèmes dans la famille, comme la maltraitance des enfants ou des personnes âgées » dit encore cette association. « En transformant le patient en médecin, en lui demandant de juger lui-même du degré d’urgence, on va avoir des pépins. Personne ne peut juger du degré d’urgence sans avoir examiné le sujet »

Le patient au service du médecin

« Quand on en est à 10 euros près, on regarde ses dépenses. Les malades les moins fortunés vont retarder les soins. Finir par aller aux urgences. L’hôpital va leur envoyer la facture. Les relancer. Envoyer l’huissier ». Paperasserie, frais de justice, précarisation accrue, expulsions, montée des pathologies lourdes, état sanitaire du pays en chute libre ...

« On cherche à responsabiliser les gens en les empêchant de se soigner, c’est aberrant » dit Médecins sans frontières . Et ce n’est pas une vue de l’esprit . Une personne de Châteaubriant a risqué de peu la saisie de ses maigres biens, pour une facture d’hôpital de SEIZE euros qu’elle n’avait pas payée, croyant avoir présenté sa feuille de CMU ! Il a fallu, coup de chance, qu’un travailleur social apprenne la chose pour arrêter la procédure à temps.

A croire que les députés UMP ont une calculette à la place de cervelle ! Ca se soigne, docteur ?


Ecrit le 1er janvier 2003 :

Handicapés

Il s’appelle Jean Cohonner. Il a 51 ans et un fils polyhandicapé à la suite d’un accident cérébral. L’homme s’occupe de son fils et percevait jusqu’à maintenant une AES (allocation d’Education Spéciale) de 914 euros par mois, depuis 1993.

Oui mais cet homme est seul. Il faut bien qu’il dorme, fasse les courses et la cuisine, ce qui l’empêche d’être 24 h sur 24 à côté de son fils. Alors, en raison d’un décret signé le 29 mars 2002, du temps où Elisabeth Guigou était ministre de la santé, l’allocation versée au père va être réduite à 487 € par mois (cela fait descendre de 6000 F par mois à 3200 F).

« Une trentaine de familles sont dans le même cas dans le Morbihan et 120 sont touchées par une baisse des allocations spéciales » a déclaré à Ouest-France la secrétaire adjointe de la Commission départementale d’Education Spéciale.

Et combien dans d’autres départements ?

On pourra toujours dire que la mesure a été prise par une ministre socialiste. Mais on a vu le gouvernement Raffarin annuler des décisions votées précédemment (par exemple en matière de droit du travail, lorsque cela avantage les employeurs).

Là, étrangement, rien n’a été fait ...


(écrit le 8 janvier 2003) :

CMU : Pétition des médecins

Une vingtaine de médecins de Loire-Atlantique ont pris l’initiative   d’écrire aux parlementaires du département pour leur demander de signer un recours devant le Conseil Constitutionnel, à propos des mesures restrictives concernant la CMU (couverture maladie universelle) : « Le démantèlement de la CMU risque de se poursuivre par la généralisation d’un ticket modérateur pour l’ensemble des bénéficiaires. Ces mesures sont discriminatoires pour l’accès aux soins, inacceptables sur le plan médical et aberrantes en termes de santé publique ». Contact : 06 62 82 11 04


Ecrit le 2 février 2005 :

Tri sélectif chez les dentistes

Trier ses patients dans la salle d’attente selon leur assurance maladie. Cette pratique, illégale et contraire à toute éthique, est pourtant monnaie courante chez certains dentistes et médecins libéraux, selon plusieurs enquêtes de Médecins du monde (MDM).

Dans sa lettre de janvier 2005, le syndicat des dentistes de France a donné à ses 15 600 adhérents une double consigne :
– . inscrire les bénéficiaires de la couverture médicale universelle (CMU) sur « des listes d’attentes » afin qu’ils passent après les autres
– . Dans un deuxième temps », ne plus les prendre en charge que « pour les soins d’urgence » .

Objectif : « Alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de réévaluer les tarifs des soins dentaires. » Et pas seulement ceux en vigueur pour les 5,7 millions de Français bénéficiaires de la CMU.

Le tri dans certains cabinets dentaires laisse augurer de ce qui va se passer avec l’assurance-maladie . les praticiens ne disent pas « je refuse les CMU », mais « je n’ai pas de rendez-vous pour eux avant trois mois ». Les malades ne connaissent pas leurs droits et ne protestent pas

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