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Santé

Ecrit en 2000 :

 4 115 000 F d’amende par jour

La protection sociale est en danger en France . Selon M. Claude Reichman, président du Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale, la France a été condamnée par la Cour de Justice des Communautés Européennes, et devra se soumettre à partir d’Août 2000, sinon elle devra payer une astreinte de 4 125 000 F par jour.

Tout ceci résulte de la signature de l’Acte Unique en 1986, selon lequel les Etats membres de l’Union Européenne se sont engagés à supprimer toute frontière intérieure entre eux, et à laisser librement circuler les marchandises, les personnes, les services et les capitaux, notamment dans le domaine de la protection sociale. « Les Etats décidèrent donc de supprimer les monopoles sociaux sur tout le territoire de l’Union, à partir du 1er juillet 1994. » , dit Claude Reichman qui considère qu’en conservant le monopole de la Sécurité Sociale, la France est en infraction avec la législation européenne.

« Toutes les caisses sociales françaises sont visées : la mutualité sociale agricole, la MGEN, la Mnef, la Mutuelle des finances, mais aussi l’ensemble des caisses des professions libérales, et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie » dit M. Reichman. La conséquence : « tous les Français peuvent choisir désormais de s’assurer auprès d’une société d’assurance, d’une institution de prévoyance ou d’une mutuelle, ou de rester à la Sécurité Sociale »

 Foire d’empoigne

Ces conséquences sont importantes : les cotisations Sécurité Sociale que chacun paie sur son salaire, ne devraient plus être obligatoires, mais facultatives. Il n’est même pas sûr que les taux de cotisation soient uniformes. Verrons-nous alors certains organismes faire de la surenchère pour attirer les clients rentables ?

les entreprises continueront-elles à percevoir les cotisations et à les verser aux divers organismes de prévoyance sociale ? Ou bien chacun sera-t-il libre de cotiser (ou de ne pas cotiser) à l’organisme de son choix, comme cela se fait pour les mutuelles complémentaires ?

On risque d’arriver à une plus grande disparité des protections sociales, comme aux USA, au détriment des plus pauvres évidemment.

Mais comme dit M. Reichman : « Cette formidable avancée de la liberté dans notre pays va se traduire par un renouveau économique et social, mais aussi politique, car d’assujettis et d’assistés, les Français vont se transformer en citoyens libres et responsables » . Tu parles !

Quand les inégalités se seront accrues de façon insupportable, ce sera encore à la solidarité nationale de réparer les dégâts.

On a vu, très récemment, une société d’assurance augmenter les cotisations de ses membres handicapés. Quand le système de protection sociale sera « libre » , les sociétés d’assurance pourront pratiquer des prix intéressants pour attirer les clients en bonne santé (donc rentables) et augmenter, à leur guise, les cotisations des clients devenus vieux ou malades.

Laisserons-nous, ainsi, détruire la protection sociale dans notre pays ? Ne serait-il pas mieux d’étendre notre système aux autres pays européens ? Evidemment cela ne ferait pas l’affaire de ceux qui cherchent à faire de l’argent avec la santé des autres.


Ecrit en mars 2000

 Comment allez-vous ?

L’INSEE vient de publier dans « Insee Première » de mars 2000 les résultats de son enquête annuelle sur les conditions de vie des Français. Ceux-ci ont été interrogés sur leur état de santé et ils ont répondu « très bon »,« bon », « moyen » ou « mauvais », opinion toute personnelle et subjective

Globalement un quart des personnes interrogées déclarent qu’elles considèrent leur état de santé comme « très bon ».

Pour la moitié des Français, leur état de santé est bon. Il est médiocre, mauvais ou très mauvais pour 8 % seulement

L’âge et le travail

L’opinion de chacun sur sa santé varie avec l’âge. Mais l’évolution est lente : il ne semble pas exister de seuil au-delà duquel le jugement des personnes se détériore fortement

A age équivalent, une personne qui travaille a une meilleure opinion sur sa santé, qu’un inactif ou un chômeur. Reste à savoir comment interpréter ce fait :

– soit « le travail c’est la santé » : l’appréciation de leur état de santé par les chômeurs traduit une forme de mal-être lié à la privation d’emploi. De même parmi les mères de famille en âge de travailler, les femmes au foyer se jugent en moins bonne forme que les femmes qui travaillent à l’extérieur.

– soit « il faut une bonne santé pour travailler » : les personnes à santé fragile sont plus susceptibles d’avoir des difficultés à trouver un emploi. Parmi les hommes en âge de travailler, les inactifs sont en grande partie des personnes malades ou invalides.

Près de la moitié des chômeurs citent le travail comme une condition nécessaire au bonheur, pour un tiers seulement des titulaires d’emplois stables.

Les conditions de travail

Parmi les seuls actifs, la profession exercée joue un rôle. Les cadres s’estiment plus fréquemment en bonne ou très bonne santé. En revanche les ouvriers, qualifiés ou non, les employés de commerce ou personnels de service se distinguent nettement par l’opinion négative qu’ils portent sur leur état de santé.

Cette inégalité se traduit au travers des espérances de vie : à 35 ans, les ouvriers ont une espérance de vie inférieure de 6 ans à celle des cadres. Une des explications : les ouvriers, les caissiers, les chauffeurs, et autres, sont soumis à des contraintes physiques fortes dans l’exercice de leur profession : gestes répétitifs à cadences élevés, positions forcées des articulations, position debout, manutention Des conditions de travail plus difficiles se traduisent donc assez clairement dans les réponses spontanées concernant la santé.

Les femmes, plus malades

Spontanément, les femmes expriment une moins bonne opinion sur leur santé que les hommes (rappelons qu’il s’agit, dans cette étude, de la façon dont les gens se sentent, ou non, en bonne santé).

Bien entendu, cet écart est dû à la plus forte longévité des femmes, leur âge moyen étant plus élevé que celui des hommes. Mais à âge égal, les femmes auraient tendance à déclarer des symptômes et des maladies en plus grand nombre que les hommes ... sauf quand il s’agit de maladies graves !

Soucis

Au delà des facteurs liés à la personne, les conditions de vie influencent les perceptions individuelles : plus le niveau de vie du ménage est élevé, plus les personnes se déclarent en bonne ou très bonne santé. « Dans un sens, on peut penser qu’une personne disposant de revenus plus élevé, a plus facilement accès aux soins. Mais on peut également avancer qu’une personne qui a un revenu confortable vivra mieux une même maladie qu’une personne qui a par ailleurs des problèmes financiers ou des conditions de vie plus difficiles » commente Sylvie Dumartin dans cette étude de l’INSEE (*)

A revenu équivalent, les personnes dont le chef est ouvrier ou employé estiment leur état de santé de façon moins favorable que les autres. Les personnes qui font partie d’un ménage où le chef de famille est « cadre » se considèrent plus fréquemment en bonne santé que celles dont le chef de ménage est technicien ou commerçant, même si leur ménage dispose du même revenu.

Enfin, à conditions égales de niveau de vie, dans un ménage qui a rencontré des difficultés à régler des factures liées au logement (traites, loyers, électricité) ou qui formule des critiques vis-à-vis de son logement (trop d’escaliers, difficile à chauffer, humidité, bruit, ...) les personnes se déclarent en moins bonne forme. « Comme si les sentiments de ’’mal-être’’ se cumulaient dans des domaines différents »

Santé en bref ....

Infarctus

Selon le mensuel Sciences et Avenir (avril 2000), l’infarctus tue de moins en moins. La mortalité a baissé de 20 % en moyenne, sur les 10 dernières années et ce à l’échelle mondiale. Les raisons :

– prise en charge précoce des malades, dès les premiers stades de l’infarctus.
– diminution des facteurs de risque (tabac, excès de cholestérol et hypertension artérielle)

En revanche cet optimisme est tempéré par l’augmentation de l’obésité, et par l’augmentation du tabagisme chez les femmes

Coupez ce sein

Aux Etats-Unis, des centaines de femmes prédisposées au cancer du sein se font opérer préventivement (ablation des deux glandes mammaires). Outre le fait que cette « mutilation » peut être mal vécue psychologiquement, les experts ont constaté que l’opération diminue le risque de cancer sans l’annuler.

Herbe antitumorale

Le cannabis, c’est bon pour la santé ? Une équipe de scientifiques de l’université Complutense de Madrid a inoculé des cellules cérébrales cancéreuses à 45 souris. Quinze d’entre elles, laissées sans traitement, sont mortes dans les 20 jours. Quinze autres ont reçu un traitement classique. Celles qui ont reçu une injection de THC (tétrahydrocannabinol, principe actif du cannabis), ont survécu jusqu’à deux fois plus longtemps que les animaux témoins et il y a même eu rémission totale pour 8 d’entre elles.


 Faut pas faire pipi dans l’eau

Les recherches sur l’environnement n’en finiront pas de nous étonner. On connaissait les nitrates et les pesticides, les métaux lourds et autres dioxines que peut véhiculer l’eau, même quand elle est traitée. Mais on n’avait pas encore pensé aux médicaments.

Mais voilà que les hommes (et les femmes), consomment des médicaments, que ces molécules agissent, ... et se retrouvent en partie dans leur urine. Celle-ci s’en va dans les eaux usées, puis à la station d’épuration et puis ....

Et puis en France le très officiel Office international de l’eau explique que « on a découvert en 1992 dans les eaux résiduaires des stations d’épuration, un métabolite (*) d’un médicament destiné à faire baisser le taux de cholestérol ».

Il y a deux mois, l’Agence américaine pour l’environnement (EPA) a révélé que les scientifiques ont constaté l’apparition, dans les eaux de consommation, entre autres, de traces de substances anticancéreuses, de médicaments contre le cholestérol, d’anti-inflammatoires et d’antibiotiques

Dans l’eau : les médicaments du voisin

Ainsi les sols et l’eau recèlent maintenant des choses auxquelles on n’avait pas pensé : des médicaments, arrivés notamment par le biais des urines humaines. Sans compter les flacons de médicaments entamés vidés directement dans l’évier.

Quel impact cette curieuse contamination a-t-elle sur les êtres vivants ? Ces dernières années, on a découvert que l’eau peut contenir des substances œstrogéniques qui provoquent une mutation sexuelle des animaux vivant dans cet environnement. En Floride, rappelle Eric Thybaud de l’Ineris (Institut national d’évaluation des risques industriels), les premiers effets biologiques perceptibles ont été constatés sur des alligators et des tortues : pénis atrophié, testicules mal formés. En 1994, des chercheurs anglais ont constaté que des gardons vivant dans la Tamise en aval des stations d’épuration présentaient les doubles caractéristiques mâles et femelles. Des études postérieures ont évoqué la responsabilité de l’estradiol, un œstrogène sécrété par les femmes, utilisé aussi dans la pilule contraceptive. Et en avril 1999, il a été découvert que les testicules de flets mâles, pêchés dans l’estuaire de la Seine, contenaient des cellules sexuelles féminines.

Les questions se bousculent. Quel genre de médicament retrouve-t-on dans nos eaux de consommation ? A quelles concentrations ? Quels effets sur l’homme ? Des laboratoires travaillent déjà là-dessus, mais il faudra cinq à dix ans pour avoir les premiers résultats.

D’autres scientifiques relativisent ces craintes. Ils font valoir que ces effets sur l’environnement sont sans doute minimes, en comparaison des bienfaits que les médicaments apportent à l’homme.

« il y a toujours eu des espèces en évolution, d’autres qui disparaissent ! Ces constatations ne vont pas m’arracher des larmes. La vie est une chose dangereuse, et oui, les efforts pour maintenir les gens en vie génèrent peut-être des dangers. Qu’est-ce qui est prioritaire ? Franchement, angoisser à propos d’un éventuel impact des médicaments sur l’environnement met en évidence un aspect négatif des choses extrêmement décourageant pour tout le monde. » dit un chercheur (dans le journal Libération).

Et vous qu’en pensez-vous ?

Du Viagra pour les poissons

L’effet du Viagra a-t-il jamais été testé sur des poissons ? L’histoire se déroule en Amérique, dans le lac Utah, réceptacle des eaux usées d’une population humaine probablement grande consommatrice de ce produit. Alors que le frai des carpes locales s’achève d’ordinaire en mai, la période de reproduction se prolonge cette fois jusqu’à mi-juillet. Après le temps de la ponte, les carpes mâles deviennent agressives, au point d’importuner des nageurs.. Un article diffusé sur le Net (1) avance cette hypothèse : « De nombreux médicaments sont rejetés par le biais des urines. Certaines molécules résistent aux traitements des stations d’épuration. L’écoulement du lac Utah étant très lent, la drogue s’y est accumulée. » D’où la contamination et ses effets stupéfiants sur les poissons. Info ou intox ? Une blague, bien sûr, mais qui circule en tant que rumeur dans le milieu scientifique américain.

(Info du journal Libération )


(écrit le 16 septembre 2002)

 Organisation du Travail et santé dans l’Union Européenne

« Le travail joue un rôle majeur dans la production des inégalités sociales de santé. D’une part il détermine la place qu’on occupe dans la société, donc les conditions de vie, de revenu, de logement et protection sociale, y compris lorsque les personnes en sont exclues. D’autre part les conditions et l’organisation du travail et de l’emploi ont des effets directs sur la santé et sur la production des inégalités sociales de santé » dit un sociologue, S. Volkoff


Deux chercheuses, viennent de publier une analyse sur l’Organisation du Travail et la santé dans l’Union Européenne*.

Parmi elles, Véronique Daubas-Letourneux, qui habite Treffieux et qui fut chargée d’études au Comité de Bassin d’Emploi de Châteaubriant .

C’est à cette analyse que nous empruntons les passages suivants :

Les conditions de travail en Europe se sont dégradées au cours des 10 dernières années. En effet, on constate une juxtaposition :
– de risques professionnels classiques (physiques et chimiques)
– de contraintes de temps et de productivité de plus en plus fortes

Insécurité personnelle

L’amiante, le bruit, le froid, la chaleur, les risques d’accidents : des millions de salariés y sont soumis. L’Europe connaît une inquiétante épidémie de lésions pour efforts répétitifs sous fortes contraintes de temps.

Globalement 28 % des travailleurs européens pensent que leur santé ou leur sécurité est menacée à cause de leur travail. Ainsi plus d’un travailleur sur quatre vit dans une insécurité personnelle. Problèmes de dos, de stress, de fatigue générale, difficultés respiratoires, etc. Les maux de dos sont un indicateur du travail de servitude, travail déqualifié sollicitant des efforts physiques importants. Les gestes répétitifs provoquent des douleurs musculaires dans le cou et les épaules. Lorsque ces douleurs deviennent chroniques et handicapantes on les appelle des TMS (troubles musculo-squelettiques) ou maladies des mouvement répétitifs.

Les problèmes de santé d’ordre psychologique (irritabilité, anxiété, problèmes de sommeil) sont révélateurs d’un travail qui use les personnes d’un point de vue psychologique et peuvent avoir des conséquences néfastes pour la vie sociale et familiale.

Accidents du travail

L’indicateur Eurostat évalue à 150 millions le nombre de jours de travail « perdus » par an, du fait d’accidents du travail. A ces jours perdus d’un point de vue économique s’ajoutent les jours perdus du point de vue du coût humain, compte tenu des accidents laissant des séquelles irrémédiables.

Sélection-exclusion

La part de travailleurs souffrant de problèmes de santé augmente au fur et à mesure de l’ancienneté dans l’emploi. En dressant la carte des personnes touchées par des problèmes de santé au travail, on constate cependant que les courbes baissent nettement à partir de 30 ans d’ancienneté. Cela laisse à penser qu’à un certain âge (proche de 50 ans), les personnes qui souffrent sont éliminées du travail, pour se retrouver plus souvent au chômage que sur un autre poste adapté. Il y aurait donc un processus de sélection-exclusion de l’emploi, en raison de l’altération de la santé, à partir d’un certain âge. L’enquête confirme ainsi ce qui se vit dans les entreprises.

L’hypersollicitation

Les risques d’atteintes physiques sont liés à divers facteurs (comme les atteintes à la dignité et à l’estime de soi) et principalement à l’hypersollicitation

– 33 % des salariés ont des positions douloureuses ...
– 23 % portent des charges lourdes .............
– 21 % sont soumis à des bruits forts ...........
– 15 à 17 % sont soumis à des vibrations ou à des températures très hautes

Tous ceux-là, pour au moins la moitié de leur temps de travail.

L’intensification du travail va en augmentant depuis une dizaine d’années. Une directive européenne datant de 1989 demande de prendre « les mesures nécessaires pour adapter le travail à l’homme en vue d’atténuer le travail monotone et le travail cadencé » et on constate pourtant, en 2000, que la répétitivité des mouvements des bras et des mains touche 53 % des hommes et 46 % des femmes au moins la moitié du temps !

C’est voulu !

Il ne suffit pas de constater l’existence de conditions de travail dangereuses, il importe d’en connaître les causes : une pression temporelle constante induisant un travail dans l’urgence, une organisation en sous-effectifs, une absence de solidarité et un isolement des personnes. Ce sont souvent des choix d’organisation qui font que les conditions de travail deviennent dangereuses.

Par exemple

– 68 % des salariés de l’union européenne voient leurs rythmes de travail dépendre de la demande directe des clients, du public, des élèves. C’est une relation de domination clients-fournisseur.

– La vitesse des machines touche un salarié sur cinq.

– Le travail de nuit touche un homme sur quatre et plus d’une femme sur 10.

– Le travail posté et le travail du dimanche sont une réalité pour un quart des salariés.

Quatre types de travail

Le rapport distingue quatre types de travail :

– Le travail de servitude (18 % des femmes, 17 % des hommes) : impossibilité d’avoir des discussions sur le lieu de travail, très faible part d’autonomie. C’est la relation de service, soumission, non-choix. Ce type de travail prédomine dans l’hôtellerie-restauration, la vente, les services. Ce sont souvent des salariés à temps partiel subi, des salariés peu qualifiés, souvent jeunes, dans des petites entreprises sans représentation syndicale.

– Le travail flexible (7 % des femmes salariées, 16 % des hommes) : travail le dimanche ou la nuit, travail posté, longues journées ou pas d’horaires fixes, fortes contraintes liées aux exigences des clients. Ce type de travail s’observe dans les secteurs de la santé-action sociale, les transports-communications, et l’hôtellerie-restauration. C’est dans ce secteur que les atteintes à la dignité des personnes sont les plus fortes, de même que les discriminations sexuelles et les violences physiques de la part de collègues ; mais aussi le stress, la fatigue générale, les problèmes de sommeil dus à la déstructuration des temps sociaux.

– Le travail sous automatisme (22 % des femmes salariées, 18 % des hommes) avec des contraintes de rythme de type industriel (vitesse d’une machine ou d’un produit, saisie informatique, traitement des chèques, opérateurs de téléphonie, restauration rapide, etc). Les discussions sur le lieu de travail sont possibles sans donner une réelle autonomie dans le travail. C’est dans ce groupe qu’on trouve le plus de troubles musculo-squelettiques, de problèmes de peau, d’allergies, de risques d’ordre toxique.

– Le travail en autonomie : 53 % des femmes salariées, 49 % des hommes disposent d’une autonomie dans le travail, possibilités de discussion nettement plus fortes que dans les autres groupes, possibilité de choisir ou modifier les méthodes, les cadences ou l’ordre des tâches. Cela semble concerner un travail de cadres ou professions intellectuelles supérieures : administration publique, éducation, finances, .... Ce sont souvent des emplois stables en contrat à durée indéterminée.

Le travail flexible

Les femmes comme les hommes du groupe « travail flexible » ont le plus de difficulté à harmoniser leur temps de travail avec leur vie sociale et familiale. Les auteurs de l’étude posent la question des conséquences, en termes de santé et d’équilibre personnel, de la flexibilisation accrue des horaires, conduisant à une dérégulation de la vie sociale et familiale.

C’est aussi dans ce groupe de « travail flexible » que l’on trouve des risques de harcèlement moral, du fait de l’absence de formes de régulation collective opposant une forme de résistance aux diverses manifestations de violence et d’abus de pouvoir. C’est encore ce groupe de travail flexible qui est le plus exposé aux accidents et à l’absentéisme.

Les auteurs de l’étude estiment qu’il y a, depuis 10 ans, une évolution plutôt négative de la santé au travail en Europe. « D’une part les contraintes temporelles se font plus prégnantes, en dépit du signal d’alarme que constitue, à travers toute l’Europe, l’épidémie de lésions pour efforts répétitifs sous fortes contraintes de temps ».

D’autre part « les indicateurs de mise en péril de la santé psychique mettent également en évidence des atteintes qui se traduisent par les troubles du sommeil, l’irritation, le stress, l’anxiété. ».

Enfin il faut signaler les processus cumulatifs qui entrent dans des formes d’usure prématurée, conduisant à la perte d’emploi, à l’élimination pour cause de dégradation de la santé.

Les auteures concluent en disant que la dégradation des conditions de travail dans l’Union Européenne, et les conséquences qui en résultent pour la santé des hommes et des femmes, sont associées, pour une large part, à des choix d’organisation du travail qui échappent aux dirigeants politiques et aux instances sanitaires. « La transformation des conditions de travail et la protection de la santé au travail ne doivent-elles pas s’inscrire comme une priorité de santé publique de l’agenda politique de l’Europe ? »

Le stress

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NOTES:

(1)enquête faite par l’INSEE en mai 1999, sur 5780 ménages, vivant dans des logements indépendants. En tout 10 987 personnes ont été interrogées. Analyse faite par Sylvie Dumartin et publiée en mars 2000 par Insee Première n° 702