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Santé : jour férié pour les vieux


L’holocauste des vieux
Canicule
Un jour férié pour les vieux
Solidarité grand âge

Ecrit le 2 septembre 2003

L’holocauste des vieux

Ce titre choc s’étale à la une de « The Independent » de Londres, qui précise que « le bilan de la canicule française est de 10 000 morts ». Au diapason du quotidien britannique, la presse européenne regarde, médusée, la gestion de la crise en France par Jacques Chirac et son gouvernement.

La première quinzaine d’août a été particulièrement meurtrière. En faisant le compte des décès annoncés dans Ouest France du 11 au 19 août inclus, on trouve 481 décès soit une moyenne de 60 décès par jour, avec une « pointe » à 118 le mardi 12 août. Ces 60 décès/jour représentent une augmentation de près de 60 % par rapport aux chiffres habituels (38-40 décès annoncés en moyenne par jour)

Sur les 420 personnes dont l’âge était indiqué on trouve :

– 55 de moins de 60 ans 13,1 %
– 47 de 60 à 69 ans 11,2 %
– 86 de 70 à 79 ans 20,5 %
– 118 de 80 à 89 ans 28,1 %
– 114 de 90 ans et au delà 27,1 %

Ainsi, 55,2 % des décès ont eu lieu au delà de 80 ans.

La mortalité a été très contrastée, plus forte dans les villes ( + 98 % à Nantes, + 100 % à St Nazaire), avec parfois une mortalité incroyable : 42 personnes sont mortes à Allonnes (Sarthe) du 1er au 15 août 2003, alors qu’il n’y en avait eu que 4 à la même période de 2002. La mortalité a été importante dans les maisons de retraite et hôpitaux.... sauf à Châteaubriant .

Aucun mort à Châteaubriant

A Châteaubriant AUCUN mort n’a été à déplorer ni dans les deux maisons de retraite, ni au long-séjour de l’hôpital. Il y a eu quelques personnes handicapées par la chaleur mais les soins attentifs du personnel (apporter de l’eau bien fraîche, inciter à boire, aider à se dévêtir, fermer les volets), etc ont permis à tous de passer le cap. Bravo !


Communiqué

Organiser une vraie politique de santé publique

Les Verts soulignent les enjeux majeurs de santé publique révélés par cette situation de canicule du mois d’août 2003.

« En premier lieu, nous dénonçons la faiblesse du système de santé de proximité : pas de politique spécifique pour les personnes âgées isolées, pas de mobilisation organisée des relais que sont les pharmaciens, les auxiliaires de vie, les infirmières, les généralistes... La bonne volonté de chacun ne peut pallier le défaut d’organisation globale, le manque de personnels et de matériels, le manque de lits et de moyens budgétaires »

C’est un plan d’alerte et d’information préventif qu’il aurait fallu déclencher, au lieu d’attendre l’afflux des personnes à l’hôpital public et l’inévitable engorgement des urgences.

« Ensuite, cette crise révèle la faiblesse de notre politique nationale de gériatrie, aggravée par la politique de la droite depuis son arrivée au pouvoir, notamment par la réduction de financement de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie »

Les Verts souhaitent que cette crise sanitaire liée à la canicule nous ouvre enfin les yeux. Que ce soit dans les domaines de la pollution de l’air, de l’eau, des sols, il est urgent de prendre conscience que l’axe central de toute politique de santé doit reposer sur la relation indissociable entre santé et environnement.

« Nous sommes confrontés à deux urgences :
– organiser une vraie politique de santé publique disposant de moyens suffisants et articulée autour des pivots que sont l’éducation, l’information, la prévention et la proximité.
– adopter des mesures efficaces pour protéger notre planète et son environnement, celle que nous transmettrons aux générations futures.

Dans l’immédiat il convient de réduire la production des gaz à effet de serre dont les conséquences sur le climat sont désastreuses, notamment en développant les énergies renouvelables et propres (solaire, éolien ...) et en donnant la priorité dans les choix d’infrastructures et d’investissements publics aux modes de transports les moins polluants »

(Communiqué des Verts de Loire-Atlantique)


Absence de médecins

A signaler, à Châteaubriant, la fermeture complète de certains cabinets médicaux, cinq jours de suite les 14-15-16-17-et 18 août 2003.

Pour le week-end des 16-17 août 2003, pour les 26 communes indiquées dans la presse, il n’était donné que trois adresses :
– Les urgences de l’hôpital
– Un médecin à Derval,
– et un autre à Sion-les-Mines

Même l’association de médecine d’urgence indiquait « de 20 h à 8 h, composer le 15 ». L’attente au 15 s’allonge ...

Pour le week-end des 23-24 août ce fut un peu mieux : quatre médecins de garde (dont un à Châteaubriant) mais l’association de médecine d’urgence indiquait toujours « de 20 h à 8 h, composer le 15 ». Il y a un réel problème des urgences dans la région castelbriantaise ... mais dans la région d’Ancenis c’est pire : pour toutes les communes il est indiqué « composer le 15 ». Quand, de plus, on apprend que des médecins osent dire qu’à Châteaubriant ils ne soignent « que des bœufs », on se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas.


Ecrit le 2 septembre 2003 :

Raffarin, roi de la communication

La polémique enfle à propos des milliers de décès dus à la canicule que la France a subis pendant les deux premières semaines du mois d’août 2003. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le ministre de la Santé Jean-François Mattei persistent à se voir comme irréprochables, et mettent en cause « le système d’alerte ». Cela a entraîné la démission de Lucien Abenhaïm, le directeur général de la Santé, qui a souhaité retrouver sa liberté de parole. Lucien Abenhaïm se défend cependant d’avoir commis la moindre faute et récuse tout dysfonctionnement dans le dispositif d’alerte sanitaire au moment de la canicule. S’il s’avère qu’en France, la canicule a provoqué au moins 11 435 morts (estimation officielle du 29 août) c’est l’équivalent des décès annuels liés à la route et 11 000 fois plus que le nombre de morts (1 !) dû au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui a pourtant fortement mobilisé les hôpitaux français et le service de communication de Jean-François Mattei au mois de mars et d’avril 2003. Rappelons que les attentats du 11 septembre 2001 aux USA ont fait 5700 morts ...

Alors que l’Hexagone se targue régulièrement de posséder le meilleur système de santé au monde, la France est le seul pays d’Europe où la canicule s’est transformée en catastrophe sanitaire d’une telle ampleur. En Espagne, par exemple, le nombre de personnes décédées d’un coup de chaleur, si l’on exclut les pathologies aggravées, serait de 2000 environ depuis la fin de juillet.(*)

Voir plus loin


_ Ecrit le 2 septembre 2003

Un jour férié pour les vieux ?

L’idée avancée par le gouvernement de supprimer un jour férié pour financer l’aide aux personnes âgées séduit la droite et le Medef, qui, depuis, des années, cherche à rogner ces fameux jours fériés.

Le nombre de jours fériés en France se situe dans une honnête moyenne (onze par an, contre seize en Espagne, douze au Royaume Uni, dix en Finlande et Belgique et Italie)

Le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière juge « formidable » cette idée de régler un problème en « travaillant plus ». Edouard Balladur propose de supprimer deux jours. Ironique, le syndicat FO-Défense suggère d’allonger la durée de l’heure, de ne fêter Noël que tous les quatre ans ou de regrouper les fêtes militaires. Christophe Girard (Vert) propose de supprimer le 25 décembre, et d’envisager de faire travailler les enfants.

Les économistes sont plutôt dubitatifs. A l’Observatoire français des conjonctures économiques, on craint que, « dans le contexte actuel d’économie freinée », les entreprises ne soient plutôt tentées de licencier que d’augmenter la production.

Et si on créait une vignette pour les vieux ? On la collerait sur le pare-brise ...


Ecrit le 17 septembre 2003 :

Les 35 heures compromises

En appelant les salariés à supprimer un jour férié, . Raffarin ouvre la voie à une renégociation des lois Aubry, et à une remise en cause des 35 heures que le Medef réclame depuis des mois.

En effet la mobilisation des salariés durant un jour supplémentaire va modifier la durée légale du travail en France - actuellement fixée à 35 heures hebdomadaires ou à 1 600 heures par an. Or c’est sur cette durée, au-delà de laquelle les heures travaillées doivent être rémunérées en heures supplémentaires, que sont fondés les accords de branches et d’entreprises négociés à partir de l’adoption des lois Aubry (en 1998 et en 2000). Deux ministres l’ont confié au journal Le Monde, après la publication des déclarations de M. Raffarin, et quasiment dans les mêmes termes : « L’idée de supprimer un jour férié a au moins un mérite : elle permet de revenir sur les 35 heures. » C’est clair.

Actuellement les 11 jours fériés légaux prévus par le Code du travail, sont, dans la plupart des sociétés, à la fois « chômés » - c’est-à-dire non travaillés - et payés, en vertu d’accords collectifs ou par usage. La décision de faire travailler les Français un jour de plus ouvre la voie à une renégociation des conventions collectives et des accords d’entreprises.

De gré ou de force

Le patronat dispose visiblement du soutien du gouvernement : « Si les renégociations s’avéraient impossibles, explique-t-on au ministère des affaires sociales, le législateur pourrait, au nom de l’intérêt général, imposer une modification des textes. » Une « disposition d’ordre public social » pourrait alors majorer de 7 heures (ou d’une journée) la durée du travail. Autrement dit : dans un cas comme dans l’autre, par la négociation ou par la loi, la fin des 35 heures est annoncée.

Qui paiera quoi ?

Le Medef en fait une condition sine qua non à l’acceptation de l’effort de solidarité réclamé par le premier ministre. Nul ne sait encore par quel mécanisme les fonds dégagés au nom de la « fraternité nationale », selon l’expression de M. Raffarin, pourront atterrir dans les caisses de l’Etat.

Le cadre fixé par le premier ministre ménage en effet deux hypothèses :
– celle d’un surcroît de cotisations patronales
– et celle d’une contribution des entreprises sur la richesse dégagée par cet effort supplémentaire.

Si les chefs d’entreprise sont prêts à y souscrire, c’est d’abord parce qu’elle signifie, à leurs yeux, la fin des 35 heures, déjà assouplis par François Fillon. (il n’est pas dans leurs habitudes d’accepter une hausse de leurs cotisations). Sans doute aussi leur a-t-on promis, sans le dire, la suppression rapide de cette cotisation supplémentaire. Il ne resterait alors que la perte des 35 heures ! Et le tour serait joué.

Le 1er septembre 2003, dans Le Parisien, le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, Jacques Barrot, proposait, lui, que la durée du travail soit définie « dans un cadre contractuel », précisant : « La loi devra définir les impératifs de repos et laisser aux partenaires sociaux le soin de négocier eux-mêmes la durée du travail. » A chaque fois que l’on laisse ainsi le champ libre à la seule négociation, sans les garde-fous fixés par la loi, les salariés ont tout à y perdre.

Dans un entretien publié par Le Figaro, M. Raffarin lui-même s’est dit « favorable à tout ce qui peut avancer par la voie de la négociation sociale » à propos de la durée du temps de travail et a ajouté vouloir « réhabiliter le travail plutôt que l’impôt ».

Tout ça ne sont que des mots, des « raffarinades » car, dans les faits, le chômage est revenu au premier rang des préoccupations des Français. Plus de 2,4 millions de personnes cherchent vainement un emploi, soit 9,6 % de la population active. La barre symbolique de 10 % semble devoir être irrémédiablement franchie dans les prochains mois. Pour la première fois depuis dix ans, l’économie française a détruit 60 000 postes dans le secteur concurrentiel au premier semestre.

Le gouvernement est en plein désarroi,.

Les factures impayées s’accumulent dramatiquement dans les ministères (voir Le Canard Enchaîné du 10 septembre). Sur le plan économique, le gouvernement hésite et tâtonne (baisse des impôts en espérant que les ménages consommeront plus, petites aides aux entreprises en espérant qu’elles investiront) et, surtout, laisse filer à vau-l’eau le déficit budgétaire quitte à provoquer une très grave crise avec nos partenaires européens.


Ecrit le 17 septembre 2003 :

Cocorico

L’observatoire de la sécurité routière a annoncé, lundi 8 septembre 2003, une nouvelle diminution du nombre de morts sur les routes de France. En août 2003, selon le bilan provisoire, la mortalité routière (525 tués) comme le nombre des blessés (9 224) ont baissé de 17,2 % par rapport à août 2002, où l’on dénombrait 634 tués et 11 135 blessés.

Couac

Avec 11 435 décès supplémentaires dans la première quinzaine d’août, la France vient de subir son été le plus meurtrier depuis cinquante ans au moins : 54 070 personnes, minimum (*), ont perdu la vie ce mois-là, (premières estimations) contre 40 000 en année moyenne. Une surmortalité jamais atteinte depuis 50 ans, qui dépasse les moyennes de décès en hiver, habituellement plus mortel.

Le surcroît de mortalité enregistré peut être comparé aux bilans humains de séismes de grande ampleur. Dans l’histoire il faut remonter aux années 1970, avant l’apparition des vaccins contre la grippe, pour retrouver un tel pic de surmortalité : l’épisode de l’hiver 1969-1970 est le dernier à avoir causé un nombre très important de morts, avec plus de 30 000 décès enregistrés en décembre et janvier. Enfin, le pic de 2003 apparaît dérisoire au regard de la véritable hécatombe qu’a entraînée la grippe espagnole en 1918-1919 : entre 200 000 et 400 000 décès en France.

Les démographes sont en alerte : pour eux, si le nombre de décès diminue dans les mois à venir, cela signifiera que la canicule a touché des personnes fragilisées qui seraient décédées dans un avenir proche. Si, au contraire, la mortalité reste la même, l’hypothèse que la canicule a entraîné aussi la mort de nombreuses personnes appelées à vivre plus longtemps ne serait plus à exclure.


Note du 10 juin 2004

Canicule

Dans le cadre du plan « Canicule » le centre Communal d’Action Sociale de Châteaubriant recense les personnes âgées qui vivent seules ou sont isolées familialement, géographiquement, affectivement ...

Les personnes qui le souhaitent doivent se faire connaître auprès du Centre Communal d’Action Sociale dès maintenant - 25 rue du Château - 02 40 81 52 40 en communiquant les données nominatives permettant de les identifier et de les joindre (nom, prénom, date de naissance, adresse, téléphone et personne de l’entourage à prévenir en cas d’urgence)

Des mesures concrètes prises par le Conseil général en juin 2004


Ecrit le 31 mai 2006

Solidarité grand âge :
Un nouveau plan

Après la canicule de 2003, un grand plan d’action « Vieillesse et solidarité » a été lancé en France, en novembre 2003, par JP Raffarin. Les réalisations n’ont pas été à la hauteur des promesses, pour des raisons budgétaires. Seul le lundi de Pentecôte ... (note du 4 juin 2006+ : le lundi de Pentecôte reste largement chômé : élèves, mairies, médecins, grands magasins, transports, etc)

Le 26 mai 2006, le premier ministre D. de Villepin a lancé son plan « soli-darité grand âge », montrant ainsi sa capacité à renouveler le vocabulaire ministériel.

Pour Patrick Pelloux, médecin urgentiste, ce plan est fait de « mesurettes par rapport à l’ampleur du vieillissement de la population ».

Le président de l’AMUHF a noté que « plusieurs plans ont été annoncés » par le gouvernement au cours des quatre dernières années pour les personnes âgées « et, à chaque fois, on s’aperçoit que l’argent ne suit pas ». Ainsi, « on n’a pas vu de changement après les améliorations promises en 2003 quant aux maisons de retraite et aux filières gériatriques ».


Le stress

Le retour des grandes épidémies

L’assurance maladie sème la zizanie

Choisir sa façon de se soigner